Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome26.djvu/443

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dernière classe des derniers écrivains ? Faut-il encore être faussaire ? Ne savais-tu pas, ô Cogé ! quels châtiments étaient ordonnés pour les crimes de faux ? Tes pareils sont d’ordinaire aussi mal instruits des lois que des principes de l’honneur. Que ne lisais-tu les Institutes de Justinien, au titre De publicis Judiciis, et la loi Cornelia ?

Ami Cogé, la falsification est comme la polygamie : c’est un cas, un cas pendable[1].

Écoute, misérable, vois combien je suis bon : je te pardonne.

DERNIER AVIS AU LECTEUR.

Ami lecteur, je vous ai entretenu des plus grands objets qui puissent intéresser les doctes, de la formation du monde selon les Phéniciens, du déluge, des dames de Babylone, de l’Égypte, des Juifs, des montagnes, et de Ninon. Vous aimez mieux une bonne comédie, un bon opéra-comique ; et moi aussi. Réjouissez-vous, et laissez ergoter les pédants. La vie est courte. Il n’y a rien de bon, dit Salomon[2], que de vivre avec son amie, et de se réjouir dans ses œuvres.

FIN DE LA DÉFENSE DE MON ONCLE.
  1. Molière, Monsieur de Pourceaugnac, acte II, scène xi.
  2. Ecclésiaste, iii, 12.