Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome27.djvu/11

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MÉLANGES

��RELATION

��DU BANNlSSEMEiNT DES JESUITES

DE LA CHINE

PAR L'AUTEUR DU COMPÈRE MATTHIEU K (1768)

��La Chine, autrefois entièrement ignorée, longtemps ensuite défigurée à nos yeux, et enfin mieux connue de nous que plu- sieurs provinces d'Europe, est Fempire le plus peuplé, le plus florissant, et le plus antique de l'univers. On sait que, par le dernier dénombrement fait sous l'empereur Kang-hi, dans les seules quinze provinces de la Chine proprement dite on trouva soixante millions d'hommes capables d'aller à la guerre, en ne comptant ni les soldats vétérans, ni les vieillards au-dessus de soixante ans, ni les jeunes gens au-dessous de vingt, ni les man- darins, ni les lettrés, encore moins les femmes : à ce compte, il paraît difficile qu'il y ait moins de cent cinquante millions d'âmes, ou soi-disant telles, à la Chine.

Les revenus ordinaires de l'empereur sont deux cents millions

��1. Je rétablis le litre de l'opuscule de Voltaire tel qu'il est dans l'édition ori- ginale, in-8° de 28 pages, qui dut paraître à la fin de mars.

Dans beaucoup d'éditions des OEuvre^ de Voltaire la Relation est classée parmi les Dialogues, et intitulée l'Empereur de la Chine et frère Rigolet.

Voltaire, à qui on avait attribué le Compère Matthieu (voyez tome XXVI, page 411), prenait sa revanche en donnant un de ses ouvrages comme étant de l'auteur du Compère Matthieu. (B.)

27. — Ml'^LANGES. VI. 1

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