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LA
MÉPRISE D’ARRAS[1]
(1771)


[2]Il est nécessaire de justifier la France de ces accusations de parricide qui se renouvellent trop souvent, et d’inviter les juges à consulter mieux les lumières de la raison et la voix de la nature.

Il serait dur de dire à des magistrats : Vous avez à vous reprocher l’erreur et la barbarie ; mais il est plus dur que des citoyens en soient les victimes.

Sept hommes prévenus peuvent tranquillement livrer un père de famille aux plus affreux supplices. Or, qui est le plus à plaindre ou des familles réduites à la mendicité, dont les pères, les mères, les frères, sont morts injustement dans des supplices épouvantables, ou des juges tranquilles et sûrs de l’impunité, à qui l’on dit qu’ils se sont trompés, qui écoutent à peine ce reproche, et qui vont se tromper encore ?

Quand les supérieurs font une injustice évidente et atroce, il

  1. Les éditeurs de Kehl ont, dans leur table chronologique, rangé sous l’année 1771 la Méprise d’Arras, dont il existe en effet une édition portant cette date. Les Mémoires secrets en parlent au 17 novembre de la même année. La Méprise d’Arras fut reproduite, en 1772, dans le tome XI des Nouveaux Mélanges, puis, en 1774 (la majeure partie seulement et avec quelques différences), dans l’édition in-4° des Questions sur l’Encyclopédie. Voltaire publia plus tard un écrit sur le même sujet. Voyez le Fragment sur le procès criminel de Montbailli. L’héroïde d’Imbert intitulée Thérèse Danet à Euphémie est l’histoire de Montbailli. (B.)
  2. Les cinq premiers alinéas et beaucoup d’autres formaient, en 1774, la seconde section de l’article Lois, dans les Questions sur l’Encyclopédie. Entre le quatrième et le cinquième, Voltaire avait intercalé un alinéa qu’on peut voir dans le Dictionnaire philosophique, au mot Lois criminelles, tome XIX, page 626. Nous indiquerons quels sont les passages de la Méprise d’Arras que l’auteur n’avait pas reproduits en 1774.