Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome3.djvu/100

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90 ADÉLAÏDE DU GUESCLIN.

Mais so mOler ici |)arini les assiégeants,

Me cliercliei-, m’altaquer, moi, son ami, son frère…

ADÉLAÏDE.

Le roi le veut, sans doute.

VENDÔME.

Ah ! destin trop contraire ! Se pourrait-il qu’un frère, élevé dans mon sein. Pour mieux servir son roi levât sur moi sa main ? Lui qui devrait plutôt, témoin de cette fête. Partager, augmenter, mon bonheur qui s’apprête.

ADÉLAÏDE.

Lui ?

VENDÔiME.

C’est trop d’amertume en des moments si doux. Malheureux par un frère, et fortuné par vous. Tout entier à vous seule, et hravant tant d’alarmes, Je ne veux voh’ que vous, mon hymen, et vos charmes. Qu’attendez-vous ? donnez à mon cœur éperdu Ce cœur que j’idolâtre, et qui m’est si hien dû.

ADÉLAÏDE.

Seigneur, de vos bienfaits mon âme est pénétrée ; La mémoire à jamais m’en est chère et sacrée ; Mais c’est trop prodiguer vos augustes bontés, C’est mêler trop de gloire à mes calamités ; FA cet honneur…

VENDÔME,

Comment ! ô ciel ! qui vous arrête ?

ADÉLAÏDE.

Je dois…

SCÈNE IV.

VEND03IE, ADÉLAÏDE, TAÏSE, COUCV.

COUCY.

Prince, il est temps, marchez à notre tête. Déjà les ennemis sont au pied des remparts. Échauffez nos guerriers du feu de vos regards : Venez vaincre.

VENDÔME.

Ah ! courons : dans l’ardeur qui me presse, Quoi ! vous n’osez d’un mot rassurer ma tendresse ?