Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome3.djvu/289

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ACTl’ II, SCÈNE VIII. 279

I.K CHEVALIER, à Trigaudin.

Tout ceci comincnce un peu à ui’inquiétor. Voici mon frère qui vient é|)ouser (iotton et niarraclier ma fortune.

TRIGAUDIN.

Hentrez donc, et gardez-vous de vous montrer.

(Le baron, Gotton, Trigaudin et lo chevalier rentrent dans le château.) JKltÙMi : .

Bon courage, camarades ; mettons nos armes en état, (juils y viennent : par la morgue, tatigué, jarnigué ! je vous les…

MARTIN.

Les A’oilà ! les voilà !

(Martin, Jérôme et quelques paysans s’enfuient précipitamment dans le château, et s’y renferment. )

SCENE YIII.

ijh (j().M 1 jb, arrivant avec ses gens ; LE BARON, à une croisée au-dessus de la porte d’entrée ; LES PRÉCÉDENTS, dans Tintérieur du château.

LE COMTE.

Hé ! mes amis ! n’est-ce pas ici ?… Qu’est-ce que cela signifie ? \oilà une assez plaisante réception ! sur mon honneur ! on nous ferme la porte au nez. Holà ! hé ! qu’on heurte un peu, qu’on sonne un peu ; qu’on sache un peu ce que cela veut dire. Mais, mais, voilà qui est hien singulier, hien étonnant. Je m’attendais que Ton enverrait au-devant de moi, que l’on ferait mettre les habi- tants sous les armes, que les magistrats du canton viendraient me haranguer ; et au lieu des honneurs qu’on me doit… Ah ! j’aperçois ([uelqii’un. Est-ce que ce n’est pas ici la maison du sieur baron de la Canardière ?

LE BARON, à sa fonôtre.

Oui, c’est ici mon château, et c’est moi qui suis monsieur le baron. Que lui voulez-vous, monsieur l’aventurier ?

LE COMTE.

Vous devriez un peu vous douter qui je suis. Je m’attendais à être reçu d’autre sorte. Écoutez, bonhomme, je viens ici avec une lettre de M. Trigaudin, pour épouser M’^^ de la Canardière ; mais tant que vous me tiendrez ainsi à la porte, il n’y a pas d’ap- parence que nous puissions conclure cette affaire.