Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome6.djvu/311

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ACTE III, SCliNE II. 301

H I r\ c A \.

Oui, soigneur, Obéide Marche vers la cabane où son père réside,

AÏHAMARE.

C’est elle ; je la vois. Tâche de désarmer Ce père malheureux ; que je n’ai pu calmer… Des chaumes ! des roseaux ! voilà donc sa retraite ! Ah ! peut-être elle y vit tranquille et satisfaite ; Et moi…

SCÈNE II.

OBÉIDE, SULMA, ATHAMARE.

ATHAMARE.

Non, demeurez, ne vous détournez pas ; De vos regards du moins honorez mon trépas : Qu’à vos genoux treml)lants un malheureux périsse.

oiîKin ?:. Ah ! Sulma, qu’en tes bras mon désespoir finisse ; C’en est trop… Laisse-moi, fatal persécuteur ; Va, c’est toi qui reviens pour m’arracher le cœur.

ATHAMARE.

Écoute un seul moment.

OBÉIDE.

Eh ! le dois-je, barbare ? Dans l’état où je suis que peut dire Athamare ?

ATHAMARE.

Que l’amour m’a conduit du trône en tes forêts, Qu’épris de tes vertus, honteux de mes forfaits, Désespéré, soumis, mais furieux encore, J’idolâtre Obéide autant ([ue je m’abhorre. Ah ! ne détourne point tes regards effrayés : Il me faut ou mourir ou régner à tes pieds. Frappe, mais entends-moi ’. Tu sais déjà peut-être Que de mon sort enfin les dieux m’ont rendu maître ; Que Smerdis et ma femme, en un même tombeau, De mon fatal hymen ont éteint le flamberait ;

i. Dans Tancrkle, acte 111, scène vi, Aménaide dit :

Frappez, mais écoutez.

C’est la célèbre réponse : Frappe, mais écoute, faite par Alcibiade aux menaces d"Eurybiade. (B.)