Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome6.djvu/74

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ACANTHE.

Ciel ! est-ce un rêve ?


LE MARQUIS.

Ciel ! est-ce un rêve ? On va tout vous apprendre
Mais à nos vœux commencez par vous rendre,
Et par régner pour jamais sur mon cœur.


ACANTHE.

Moi ! comment croire un tel excès d’honneur ?


LE MARQUIS.

Vous, libertin, je vais vous rendre sage ;
Et dès demain je vous mets en ménage
Avec Dormène : elle s’y résoudra.


LE CHEVALIER.

J’épouserai tout ce qu’il vous plaira.


COLETTE.

Et moi donc ?


LE MARQUIS.

Et moi donc ? Toi ! ne crois pas, ma mignonne,
Ou’en faisant tous les lots je t’abandonne :
Ton Mathurin te quittait aujourd’hui ;
Je te le donne ; il t’aura malgré lui.
Tu peux compter sur une dot honnête…
Allons danser, et que tout soit en fête.
J’avais cherché la sagesse, et mon cœur.
Sans rien chercher, a trouvé le bonheur.


fin du droit du seigneur.