Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome7.djvu/14

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Paresseux que vous êtes :
Songez que vous servez les belles et les dieux.


Une suivante
(Elle parle.)

Eh ! doucement, monsieur Grégoire,
Nous sommes comme vous du temi^ie de Bacchus ;
Comme vous nous lui rendons gloire :
Nous sommes tous très-assidus
A servir Dacclius et Vénus.
Le grand-prétre du temple est sans doute allé boire,

Elle chante


Il reviendra : faites moins l’important.
Alors que le maître est absent,
Maître valet s’en fait accroire.


Grégoire

Pardon, j’ai du chagrin.


La suivante

On n’en a point ici.
Vous vous moquez de nous.


Grégoire

Va, j’ai bien du souci.
Nous attendons la noce, et mon maître m’ordonne
De représenter sa personne,
Et d’unir les amants qui seront envoyés
De tous les lieux voisins pour être mariés.
Ah ! j’enrage.


La suivante

Comment ! c’est la meilleure aubaine
Que jamais tu pourras trouver :
Toujours ces fêtes là nous valent quelque étrenne :
Rien de mieux ne peut t’arriver.
J’ai vu plus d’un hymen. L’une et l’autre partie
S’est assez souvent repentie
Des marchés qu’ici l’on a faits ;
Mais le monsieur qui les marie.
C’est l’aimable Daphnis et la belle Glycère
Qui viennent se donner la main.
Que Daphnis est charmant !


Glycère, en colère.

,

Non, il est fort vilain.