Page:Wagner - La Tétralogie de l’Anneau de Nibelung, 1894.djvu/173

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DES CYCLES GEKMANtQUES ET SCANDtNAVES 169

vailleurs il est le dernier à quitter la danse, et, quand tout s’est endormi, sa gaieté solitaire persiste bien avant dans la nuit, comme une veille de grillon. Mais d’autres ébats, dans la campagne, sous le clair de lune, succèdent à la rougeoyante danse des moissonneurs. pailletée d’épis. Fondus au vague de l’azur lunaire, voici voltiger les Elfes en farandoles argentées. Ils sont l’âme de l’apaisement de la nuit, et leur rythme est comme le déroulement d’un soupir de béatitude. Tels, impondérables dans l’ampleur de l’éther, par les collines et par les clairières, ils décrivent leurs volutes. Et, à ce frôlement, un éveil fantômal a frémi dans la campagne

alors, tout le panthéisme possible à la Nature se lève, s’esquisse. En essors innombrables, voici les esprits des eaux, des forêts, des montagnes. Les Nixes chantent au bord des cascades, que ce chant active, auprès des moulins qui en tournent plus vite, ou bien, vagabondes, elles s’en vont conter des histoires aux bergers assemblés autour d’un feu, dans la prairie. C’est une immense églogue nocturne et fantastique. De la nappe lumineuse de l’étang, leWassermann émerge, sous son chaperon vert ; il barbotte tel qu’une énorme grenouille, et les ondes, en fuites ondulées autour de ses ébats, semblent se propager, par delà les rives, dans l’ondulation de la forêt remuée de myriades de hantises. Là, dans un rayon de lune, les Vierges-cygnes s’essorent en aspirations de lys ou bien, espérantes au bord du lac, en la magnifique candeur de leurs ailes, elles attendent le Chevalier qu’elles mèneront vers d’inef1’ables exploits (1). Mak voici vers ce rêve, en bercements innnis, lents, voici, du fond des (t) Dans t’E<Ma.S<M«M<~r,

tes Viergescygnes,qui sont Valkyries, protègent,et parfoisépousenttes héros.Cettetraditionscandinaves’est hypostasicodanscertaineslégendesfrançaiseset attemandesdu Moyen-Age, telles que le Lac du Bt~re, et surtoutle CAfM~fa. Cy~, du minnesiingerConradde Wurtzbourg. « AuCygnecorrespondtouteune épopéechevaleresque,où l’oiseau.tant de fois chanté par la muse