Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/37

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Étoiles,
Ainsi, sans plus, et chaque nuit !
Et de votre imperceptible cœur pâle,
Etoiles,
Ainsi chaque nuit
Comme si de vos ténus battements d’ailes
Nous éventiez,
Des ombres bleu-tendre de la nuit
Et de son haleine parfumée !…

(Fumerolles.)

LA MEULE

Depuis l’aube où, travailleuses,
S’unirent en d’incessants couples d’abeilles
Vos mains aux miennes,
S’est dressée,

Haute, la penchante ruche silencieuse :
Notre âme est mûre, érigée.

Gerbes par gerbes que les doigts liants amoncellent
Des quatre points de la plaine de vie,
Elle porte toute la moisson vers le ciel
En une tour ronde comme le monde
Et toute d’or comme le soleil.

Me voici étendu sur la couche de l’ombre
Qu’elle allonge, d’herbe déjà douce reverdie,
Vers le nord,

Et je laisse tourner autour d’elle l’infini…

Les vents ne ruineront point son immobile trésor,
Ni les oiseaux, à lui dérober quelque épi.
Etendu à son ombre je peux enfin fixer l’azur
Et je décourage le sort.

Midi…
Tout nous rassure :
Les bois quittés et leur nuit d’inquiétude
Ne sont plus qu’un nuage bas au loin pesant
Encor aux limites marines des champs ;
Les champs sont aplanis des houles mûrissantes