Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/126

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LE CHÂTEAU

moi… Non… elle eſt heureuſe. Tu es maintenant l’unique objet de mes ſoins… Monſeigneur, vous plaît-il m’accorder la vie de mon fils ? Retourne dans ton Couvent, lui dit Manfred, ramène-moi la Princeſſe, fais tout ce que je t’ai dit, & je te promets la grace de ton fils… Quoi ! Monſeigneur, faut-il que j’achete la vie de mon fils aux dépens de ma probité !… Pour moi, s’écria Théodore, j’aime mieux ſouffrir mille morts que de bleſſer votre conſcience. Qu’eſt-ce que le Tyran exige de vous ? La Princeſſe eſt-elle en ſon pouvoir ? Protégez-la, vieillard vénérable, & que toute ſa colère retombe ſur moi. Jérôme mit tout en uſage pour modérer l’impétuoſité de ſon fils ; & Manfred alloit répliquer, lorſqu’on entendit tout à coup les pas des chevaux, & le ſon de la trompette qui étoit pendue hors de la porte du