Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/134

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dans un désespoir, qui augmentoit la violence de la maladie et nous emportoit nos meilleurs Matelots. Pour surcroit de malheur, les calmes et les vents contraires nous contrarièrent tellement, que nous mimes neuf jours à faire, en courant la bande de l’Ouest, le même chemin que nous avions fait en deux jours, en portant vers l’Est. Ce fut dans ce triste état, avec un Vaisseau délabré, manquant d’eau, et notre Equipage si affaibli, que nous n’avions pas plus de dix Matelots en état de service à chaque Quart, dont plusieurs étoient même trop faibles pour travailler dans les maneuvres hautes ; ce fut, dis-je, dans cet état, que nous voguames jusqu’au 9 de Juin, que nous découvrimes à la pointe du jour, l’Ile de Juan Fernandez. Je finirai ce premier Livre, à ce période tant désiré et si important pour nous, après avoir remarqué que, pendant le tems qui s’écoula entre la résolution que nous primes le 28 de Mai, de tourner le Cap vers le Continent, et la vue que nous eumes enfin de cette Ile, nous perdimes soixante et dix à quatre-vingts hommes, que nous aurions sans doute sauvés, si nous avions trouvé cette Ile dès cette première fois, сomme nous l’aurions surement fait, en gardant le même cours quelques heures de plus.