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CHAPITRE VIII


Description de Quibo, et ce que nous y fimes.


Le lendemain de notre arrivée à cette Ile, on envoya un Officier à terre, pour chercher l’Aiguade. Il revint avant midi, après l’avoir trouvée, et on détacha d’abord la double Chaloupe pour prendre sa charge d’eau ; en même tems nos Vaisseaux levèrent leurs ancres, pour s’avancer davantage, et à deux heures après-midi, nous remouillames à vingt-deux brasses, fond de gros gravier, mêlé de coquilles brisées : l’Aiguade nous étant au N. O. demi-quart au Nord, à trois quarts de milles. Je donne ici une Carte de l’extrémité Orientale de l’Ile, et de notre Mouillage, où les sondes sont marquées, telles que nous les trouvames. La Pointe du S. E. de l’Ile, comme je l’ai déjà dit, est à 7° 20’ de Latitude Méridionale.

L’Ile de Quibo est fort commode pour y faire de l’eau et du bois : les arbres couvrent tout le terrain, jusqu’où la Mer monte, et un gros Ruisseau d’eau douce coule dans la Mer par dessus un Rivage sablonneux : desorte que nous ne mimes guère plus de deux jours à nous fournir de tout le bois et de l’еаu dont nous avions besoin. Toute l’Ile est médiocrement élevée, excepté un seul endroit, et n’est proprement qu’une Forêt continue d’arbres toujours verds. Nous y trouvames entre autres quantité de Canificiers, ou d’arbres qui portent la Caffe, et quelques-uns de ceux qui portent des Limons. Il nous parut assez singulier de ne trouver dans un pareil Climat, et dans un azile aussi tranquille, d’autres Oiseaux que des Perroquets, des Perriques et des Aras : à la vérité, il y avoit de prodigieuses volées de ces derniers. Après eux les Animaux qu’on y voit en plus grande quantité sont des Singes et des Lézards que nous tuions pour les manger ; car quoiqu’il y eût plusieurs herdes de Fauves, les Bois étoient trop épais pour la chasse ; nous en vîmes beaucoup, mais nous n’en pumes tirer que deux. Nos Prisonniers nous assurèrent qu’il y avoit beaucoup de Tigres, mais nous n’avons jamais vu que la trace d’un seul sur le rivage. Les Espagnols nous dirent aussi qu’il y a dans ces Bois une espèce de Serpens très dangereux, qu’on nommme le Serpent volant ; il s’élance du haut des branches des arbres, sur tout Animal, Ноmme оu