Page:Weiss - À propos de théâtre, 1893.djvu/63

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tiennent Fosca[1], le Store baissé[2], les Caprices de Diomède[3]. M. Gustave Claudin ne nous fatigue pas la tête d’observations et de descriptions. Il glisse et n’appuie pas. Il est tout en surface. Il a dans l’esprit le dilettantisme et l’indifférentisme de Musset avec des retours, par bouffées, de morale patriarcale et même paterne, qui lui viennent de son métier de docteur hebdomadaire ès bon sens à l’usage du petit abonné bourgeois. Mixture, en somme, assez singulière ! Sa méthode de composition et d’esthétique consiste tout bonnement à réaliser par le livre les songes extravagants de parisianisme que la vie elle-même n’accomplit guère. L’aventure galante, le Store baissé, histoire un peu leste, s’engage chez la fleuriste du passage de l’Opéra et se dénoue dans un bel appartement des Champs-Élysées ; elle pourrait tout aussi bien se dérouler à Bagdad du temps de l’ingénieux Calife, ou à Cachemire du temps de Togrul Bey et des Mille et un Jours. Au contraire, Fosca est un tableau mi-partie de province et mi-partie parisien, dont Berquin applaudirait les dissertations vertueuses, sinon toutes les péripéties. Mais le héros privilégié de Fosca n’en est pas moins

  1. Paris, G. Charpentier, 1880.
  2. Paris, É. Dentu, 1883.
  3. Paris, G. Charpentier, 1878.