Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/21

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J’allais dire : à moins que vous ne me permettiez de vous payer convenablement ; mais par crainte de réveiller Colney Hatch, je changeai la phrase en :

— J’ai peur de vous éloigner de votre travail… ou de votre amusement.

— Oh ! ne vous préoccupez pas de cela, ce sera pour moi l’occasion de rendre service à un de mes amis, qui veut prendre mon travail ici. C’est un tisserand du Yorkshire, qui s’est plutôt surmené entre son tissage et ses mathématiques, travaux renfermés tous les deux, comme vous voyez ; et, comme il est de mes bons amis, naturellement il est venu me trouver pour lui procurer quelque travail en plein air. Si vous croyez pouvoir vous arranger avec moi, je vous prie de me prendre pour guide.

Il ajouta aussitôt :

— Il est vrai que j’ai promis d’aller en amont chez des amis intimes, pour la moisson de blé ; mais ils ne seront pas prêts avant une semaine au moins ; d’ailleurs, vous devriez bien venir avec moi, voir des gens très agréables, tout en prenant note de nos parcours en Oxfordshire. Vous ne pourriez guère mieux faire si vous voulez voir le pays.

Je me sentis obligé de le remercier, quoiqu’il pût en advenir ; et il ajouta vivement :

— Eh bien, alors, c’est décidé. Je vais appeler mon ami ; il habite la maison des Hôtes, comme vous, et, s’il n’est pas encore levé, il devrait l’être par ce beau matin d’été.

Là dessus, il prit un petit cor de chasse d’ar-