Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/30

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charmes étêtés, mêlés à des fourrés de houx. Mais lorsque la corporation de Londres l’occupa il y a environ vingt-cinq ans, l’étêtage et l’élagage, qui faisaient partie des vieux droits communaux, furent abolis, et on laissa pousser les arbres. Mais il y a maintenant bien des années que je n’ai vu l’endroit, sauf une fois, lorsque notre Ligue alla en partie de plaisir à High Beech. Je fus alors vivement affligé de voir combien tout cela était construit et changé ; et l’autre jour, nous avons entendu dire que les philistins allaient le transformer en parc. Mais quant à ce que vous disiez qu’on cesse de construire, et qu’on laisse les arbres pousser, ce ne sont que trop bonnes nouvelles ; … seulement vous savez…

Ici je me rappelai tout à coup la date de Dick, et je m’arrêtai court, assez confus. Le curieux tisserand ne prit pas garde à ma confusion, mais dit vivement, comme s’il eût été presque conscient de manquer aux bonnes manières :

— Mais, dites donc, quel âge avez-vous ?

Dick et la jolie fille éclatèrent de rire tous les deux, comme si la conduite de Robert était excusable par son excentricité ; et Dick lui dit, tout en riant :

— Arrêtez, Bob ; ça ne va pas d’interroger ainsi les hôtes. Vraiment, trop d’étude vous gâte. Vous me rappelez les savetiers radicaux, dans les vieux romans grossiers, qui, selon les auteurs, étaient prêts à fouler aux pieds toutes bonnes manières dans la recherche du savoir utilitaire. Le fait est que je commence à croire