Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/34

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mais puisque j’entends que vous êtes tisserand, j’aimerais vous demander quelque chose sur cette profession, à laquelle je m’intéresse… ou m’intéressais.

— Oh, dit-il, j’ai peur de ne pas vous être d’un grand secours à ce sujet. Je ne fais que le genre de tissage le plus mécanique, et ne suis guère qu’un pauvre professionnel, bien inférieur à Dick. Et puis, outre le tissage, je m’occupe un peu d’impression à la machine et de composition, bien que je m’y connaisse peu dans les impressions fines ; de plus, l’impression est en train de disparaître, à mesure que décroît cette plaie de faire des livres, en sorte que j’ai dû me retourner vers d’autres choses pour lesquelles j’avais du goût, et je me suis mis aux mathématiques ; et je suis en train d’écrire une sorte de livre d’antiquités, sur l’histoire paisible et privée, pour ainsi dire, de la fin du dix-neuvième siècle, — plutôt pour arriver à donner un tableau du pays avant le commencement de la bataille, que pour autre chose. C’est pourquoi je vous ai posé ces questions sur la forêt d’Epping. Vous m’avez assez embarrassé, je l’avoue, bien que votre renseignement soit très intéressant. Mais plus tard, j’espère, nous en reparlerons, lorsque notre ami Dick ne sera pas là. Je le sais bien, il trouve que je suis une sorte de rabâcheur, et il me méprise parce que je ne suis pas très adroit de mes mains : c’est ainsi à présent. D’après ce que j’ai lu de la littérature du dix-neuvième siècle (et j’en ai lu pas mal), il est évident pour moi