Page:William Morris - Nouvelles de Nulle Part.djvu/55

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— Ah, voici le Palais du Parlement, vous en servez-vous encore ?

Il éclata de rire, et il lui fallut quelque temps avant de pouvoir se contenir ; puis il me tapa dans le dos, et dit :

— Je vous comprends, voisin ; vous pouvez bien être étonné que nous le conservions, et je sais là-dessus quelque chose, mon aïeul m’a donné à lire des livres sur le jeu bizarre qu’ils jouaient là-dedans. S’en servir ! Ah, oui, on s’en sert comme d’une sorte de marché supplémentaire, et comme magasin d’engrais, et il est commode pour cela, parce que c’est au bord de l’eau. Je crois qu’on a eu l’intention de l’abattre tout au commencement de notre époque ; mais il y avait, m’a-t-on dit, une bizarre société d’antiquités, qui avait rendu des services dans des temps passés, et qui aussitôt se mit en travers pour empêcher la destruction, comme elle a fait pour beaucoup d’autres constructions que la plupart des gens regardaient comme des bâtisses sans valeur et des fléaux publics ; et elle fut si énergique, et avait de si bonnes raisons à donner, qu’en général elle gagna sa cause. Je dois dire qu’en définitive j’en suis heureux, parce que, vous savez, au pis, ces vieilles constructions grossières servent de repoussoir aux belles constructions que nous bâtissons maintenant. Vous en verrez plusieurs autres par ici : l’endroit où habite mon arrière-grand-père, par exemple, et un grand bâtiment appelé Saint-Paul. Et puis, à ce sujet, nous n’avons pas besoin de regarder à quelques pau-