Page:Wilson, Langlois - Chefs-d’œuvre du théâtre indien, tome 1.djvu/12

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AVERTISSEMENT

Notre admiration, qui n’est plus exclusive, cherche le beau partout où il est, sans s’attacher aux préjugés de nation et de siècle : heureux si, en nous relâchant d’un système trop sévèrement prohibitif, nous ne laissons pas importer chez nous quelques théories hasardeuses et funestes, et si, en voulant augmenter nos jouissances intellectuelles, nous évitons de nous livrer aux attraits imposteurs de ce luxe nouveau d’idées que le bon goût ne saurait approuver ; heureux surtout si nous avons soin de nous rappeler que la sagesse fut toujours et doit rester le caractère distinctif de l’écrivain français !

Au nombre de ces littératures étrangères, que nous étudions pour accroître le domaine de nos connaissances et de nos plaisirs, est venue, depuis un demi-siècle, se ranger avec éclat la littérature sanscrite. Nouvelle pour nous, malgré son antiquité, long-tems méconnue, même dans les pays qu’elle avait autrefois civilisés, et qui, sans le savoir, la conservaient comme en dépôt, il semblait d’abord qu’elle ne dût livrer à notre curiosité que quelques livres de doctrine religieuse, défendus contre l’injure des siècles par la piété des brahmanes. Mais, peu à peu, quel