Page:Wylm - L'Amant de la momie, paru dans Le Matin, 24-10-1912 au 06-12-1912.djvu/239

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— Vous souvenez-vous de ce qui nous est arrivé ? demanda-t-il gravement.

— Oui.

— Une chose me préoccupe. Avez-vous gardé la mémoire de votre conversation avec Nefert-thi ?

— Oui. Je me souviens très exactement de ce que nous avons dit.

Et Magda pensa en elle-même que Rogers aurait bien dû se souvenir et se préoccuper d’autre chose encore ; mais elle n’en avoua rien.

— Je crains que vous n’ayez été amenée à consentir certaines promesses sous une influence plus forte que votre volonté.

— Ces promesses sont faites, cependant.

— Écoutez mon histoire, mademoiselle, avant de les ratifier, car vous ignorez la vérité.

Rogers raconta toutes ses aventures à la jeune fille ; il lui peignit son chagrin quand il avait été séparé de Nefert-thi, et instinctivement, comme pour marquer sa sympathie, Magda tendit sa petite main à Edward, qui la garda dans les siennes sans que sa propriétaire songeât à la retirer.

Quand il eut terminé, ces confidences avaient noué, entre les deux jeunes gens, un lien subtil, qui créait une intimité plus grande. Rogers tenait toujours la main de Mlle Roberty et la pressait affectueusement.

Il expliqua ensuite ses projets. Il savait que des influences ennemies s’acharneraient sur Nefert-thi et sur lui, ainsi que sur la troisième personne de leur trinité, sur Merytaten-Magda.

— Le danger que nous courons est mortel, chère mademoiselle Magda. J’en sais assez pour ne me faire aucune illusion sur sa réalité. Je ne veux pas que vous y soyez exposée.

« Je crois qu’il y a un moyen de rendre la vie aux corps embaumés : la fable du Phénix renaissant de ses cendres est une allégorie dont le sens mystique est vrai.

« Je vous conjure de ne pas vous joindre à nous, je ne veux pas engager ma respon-