Poésies de Benserade/Le monde va le train

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Poésies de Benserade, Texte établi par Octave UzanneLibrairie des bibliophiles (p. 146).



SONNET EN BOUTS-RIMEZ.


Le Monde va le train qu’il plaît à Jupiter,
Depuis le médecin jusqu’au pharmacopole,
L’homme abonde en son sens, et le moindre frater
Se croit aussi sçavant qu’Arnaud et que Nicole.
 
On se lève, on s’habille ; a-t’on dit un Pater ?
On retourne à son fait. L’écuyer caracole,
Le Marchand sur le prix commence à disputer,
Le pilote à la mer observe la boussole,
 
L’ambitieux travaille à se rendre immortel,
Le Brave se veut battre et médite un cartel ;
Chacun a son tracas, chacun a son affaire.
 
L’un s’adonne à la prose, un autre écrit en vers ;
Mais s’agit-il de vaincre et régir l’ Univers ?
On ne demande plus quel Roy le pourra faire.

Attention : la clé de tri par défaut « Le monde va le train » écrase la précédente clé « monde va le train ».