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Pour l’« Hippolyte » de Monsieur de la Pinelière

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Poésies diverses, Texte établi par Charles Marty-Laveaux10 (p. 73).

XXI

Pour l’Hyppolyte de Monsieur de la Pinelière.

Cette petite pièce, signée Corneille, se trouve au verso du dix-huitième feuillet d’Hippolyte, tragédie par de la Pinelière, Angeuin, à Paris, chez Antoine de Sommaville, au Palais… M.DC.XXXV. Ces vers sont reproduits dans la Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne (supplément au tome I, p. 39, no 201) et dans les notes sur la vie de Corneille (p. xcvii et xcviii) par M. Édouard Fournier. C’est la première fois qu’ils sont réunis aux Œuvres de Corneille. Nous avons eu occasion de parler de l’Hippolyte de la Pinelière dans la Notice de la Galerie du Palais (tome II, p. 4).


Phèdre, si ton chasseur avoit autant de charmes
Qu’en donne à son visage un si docte pinceau,
Ta passion fut juste et mérite des larmes
Pour plaindre le malheur qui le met au tombeau.

Et si tu parus lors avec autant de grâce 5
Qu’en ces vers éclatants qui te rendent le jour,
Estime qui voudra son courage de glace,
Sa froideur fut un crime, et non pas ton amour.

Aussi, quoi qu’on ait dit du courroux de Thésée,
Sa mort n’est pas l’effet de son ressentiment, 10
Mais les Dieux l’ont puni pour t’avoir méprisée,
Et fait de son trépas un juste châtiment.