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Proverbes dramatiques/L’Auteur et l’Amateur

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Proverbes dramatiquesLejaytome III (p. 243-267).


L’AUTEUR
ET
L’AMATEUR,

QUARANTE-QUATRIEME PROVERBE.


PERSONNAGES.


M. DELOUREVILLE, Amateur. Habit brun, galonné d’or, boutonné, perruque à nœuds.
M. PASTOUREAU, Poëte. Habit noir, chapeau & épée.
BÉRY, Laquais de M. Deloureville. En livrée.


La Scène est dans le Cabinet de M. Deloureville.

Scène premiere.

M. DELOUREVILLE, BÉRY.

M. DELOUREVILLE.

A quelle heure vous a-t-on dit qu’on repétoit ?


BÉRY.

Monsieur, les Musiciens arriveront à six heures.


M. DELOUREVILLE.

A six heures ?


BÉRY.

Oui, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

Allons, c’est bon. Apportez-moi ces papiers qui sont dans le Sallon.


BÉRY.

Je les ai mis ici, sur votre bureau. (Il s’en va.)


M. DELOUREVILLE.

Oui, les voilà.


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Scène II.


M. DELOUREVILLE, feuilletant des papiers.

De la Musique travaillée, ce n’est point là ce qu’il nous faut, je lui ai dit… Bon, en voici un autre qui ne fait pas un seul vers alexandrin dans son récitatif…


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Scène III.

M. DELOUREVILLE, M. PASTOUREAU, BÉRY.

BÉRY, annonçant.

Monsieur Pastoureau.


M. PASTOUREAU.

Monsieur, ces Messieurs m’ont dit qu’ils avoient eu l’honneur de vous parler de moi, & que vous aviez eu la bonté de leur dire que vous verriez volontiers mon Poëme.


M. DELOUREVILLE.

Ah ! oui, je me rappelle, c’est un Opéra-Ballet ?


M. PASTOUREAU.

Oui, Monsieur, c’est Jupiter & Léda.


M. DELOUREVILLE.

Jupiter & Léda ? Ah ! Monsieur, c’est une chose bien difficile à faire qu’un Opéra. Asseyez-vous donc.


M. PASTOUREAU.

Monsieur, je serai charmé que vous vouliez bien me donner vos conseils ; je les suivrai avec grand plaisir.


M. DELOUREVILLE.

J’ai toujours été épouventé de cette entreprise ; c’est ce qui fait que je n’ai jamais osé la tenter : je sais bien tous les moyens qu’il faut employer pour réussir, & bien des Auteurs m’ont eu l’obligation de leurs succès ; mais c’est après bien du travail.


M. PASTOUREAU.

J’espere, Monsieur, que vous voudrez bien avoir les mêmes bontés pour moi.


M. DELOUREVILLE.

Oui-dà, voyons, voyons votre Poëme.


M. PASTOUREAU.

Voici, Monsieur, comme je commence. Je veux d’abord une ouverture analogue au premier Acte.


M. DELOUREVILLE.

Monsieur, ce n’est pas cela, ce n’est pas cela.


M. PASTOUREAU.

Mais je vous demande pardon, je veux une musique douce, qui peigne le repos, l’ennui même, s’il est possible. Je ne veux que des flûtes très-adoucies…


M. DELOUREVILLE.

Vous voyez bien que vous voilà tout-à-fait hors des principes.


M. PASTOUREAU.

Comment, Monsieur, je ne peux pas commencer par des flûtes ?


M. DELOUREVILLE.

Non, Monsieur, gardez-vous-en bien ; vous ne trouveriez pas de Musicien, qui voulût se charger de mettre votre Poëme en musique, & il aurait raison.


M. PASTOUREAU.

Pourquoi donc cela ?


M. DELOUREVILLE.

Rien n’est plus aisé à comprendre. Avec des flûtes, où seroit le premier coup d’archet ?


M. PASTOUREAU.

Mais le premier coup d’archet…


M. DELOUREVILLE.

Ne sauroit se retrancher, non, Monsieur, vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Eh bien ! Monsieur, voyez toujours le plan de mon Poëme.


M. DELOUREVILLE.

Monsieur, Monsieur, vous aurez de la peine…


M. PASTOUREAU.

Lorsqu’on levera la toile, on verra l’Olimpe assemblée ; les Graces, les Jeux & les Ris dansent dans une Gloire ; Jupiter bâille. Neptune vient parler à Jupiter, qui se réveille : Junon est inquiete ; les Graces, les Ris & les Jeux disparoissent & suivent Jupiter. La Jalousie s’offre à Junon & elle la suit.


M. DELOUREVILLE.

Eh ! Monsieur, vous n’y êtes pas, ce n’est pas cela, ce n’est pas cela.


M. PASTOUREAU.

Quoi, Monsieur, vous n’êtes pas enchantée de cet Acte-là ?


M. DELOUREVILLE.

Non, Monsieur, l’Acte du Ciel n’est jamais le premier, vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Mais, Monsieur, cela fait une espece de Prologue ; il me semble qu’on ne peut pas mieux commencer.


M. DELOUREVILLE.

Oh ! non, ce n’est pas cela, il faudroit…


M. PASTOUREAU.

Ah ! Monsieur, dites ?


M. DELOUREVILLE.

Non, non, voyons la suite.


M. PASTOUREAU.

La décoration représente un bocage, au bord de la mer. Léda paroît suivie des Nymphes, qui dansent pour l’amuser, mais Léda, après avoir reçu leur hommage, leur ordonne de s’éloigner ; elle confie son amour pour le Triton Glaucus, à Corinne son amie. La mer s’agite : elle espere qu’elle va voir son amant : il paroît un Cigne qui s’approche d’elle ; elle le croit envoyé par Glaucus ; elle le caresse, & elle est entourée d’un nuage épais, dans lequel elle est enlevée. Les Nymphes se réunissent pour plaindre Léda. Chœur de plaintes qui attirent Glaucus, & lui apprennent son malheur. Il va implorer Neptune.


M. DELOUREVILLE.

Mais, Monsieur, un moment, vous voyez bien que vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Comment, Monsieur ?


M. DELOUREVILLE.

Votre Acte ne finit pas par un Ballet, je n’approuve point cela.


M. PASTOUREAU.

Mais, cependant à présent…


M. DELOUREVILLE.

Je le sais bien ; & puis Glaucus n’a pas un entretien avec Léda.


M. PASTOUREAU.

Il n’en aura point, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

Il n’en aura point ?


M. PASTOUREAU.

Non, Monsieur, je ne veux point de récitatif, ni de Scènes.


M. DELOUREVILLE.

Vous n’en voulez point ?


M. PASTOUREAU.

Non, Monsieur, tout est en action.


M. DELOUREVILLE.

Vous ne réussirez pas, Monsieur, ce n’est pas cela.


M. PASTOUREAU.

Voyez jusqu’au bout.


M. DELOUREVILLE.

Je vous attends à l’Enfer.


M. PASTOUREAU.

Je n’ai point d’Enfer.


M. DELOUREVILLE.

Point d’Enfer ! point d’Enfer ! & vous faites un Opéra ?


M. PASTOUREAU.

Oui, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

Mais, Monsieur, il faut des oppositions.


M. PASTOUREAU.

Je ne dis pas le contraire.


M. DELOUREVILLE.

Allons, voyons, voyons ; mais vous n’y êtes pas, si vous ne mettez pas d’Enfer. Faites donc un…


M. PASTOUREAU.

Quoi, Monsieur ?


M. DELOUREVILLE.

Je vous dirai après, continuez.


M. PASTOUREAU.

La Scène représente le Palais de Neptune, bâti en coquilles, en corail, en perles, & toutes les productions de la mer, que l’on trouve dans les cabinets d’Histoire Naturelle.


M. DELOUREVILLE.

Il doit être formé de glaçons verds & de pierres rouges, avec des herbes. Vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Mais tout cela n’est pas cher, & je ne veux rien épargner pour Neptune ; je veux que cette décoration soit peinte par Agricola[1].


M. DELOUREVILLE.

Monsieur, Monsieur, ce n’est pas cela !


M. PASTOUREAU.

Glaucus vient attendre Neptune. Monologue de Glaucus. Neptune paroît, il l’implore contre le Cigne qui a enlevé Léda. La Cour de Neptune est composée de tritons & de Néréides. Junon paroît sur un arc-en-ciel, & se plaint à Neptune, de ce qu’il trouve que Jupiter, pour lui faire une infidélité, prenne la forme d’un habitant de la surface des eaux. Neptune lui promet de s’en plaindre au Destin, & il lui fait donner une fête par la suite. Ixion, dont l’amour pour Junon la fait suivre par-tout, l’assure qu’il va la venger, en dérobant le feu du Ciel, pendant que Jupiter est sur la Terre, pour lui brûler ses ailes de cigne. Il part. Les habitans des eaux sont allarmés, & craignent la sécheresse que ce feu pourra produire. Junon remonte sur son arc-en-ciel, en recevant leur priere d’arrêter le projet d’Ixion.


M. DELOUREVILLE.

Eh ! Monsieur, vous confondez ici…


M. PASTOUREAU.

Monsieur, cela marche très-bien.


M. DELOUREVILLE.

Non, vous dis-je, vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Comment ?


M. DELOUREVILLE.

Ce n’est pas cela ; ne voyez-vous pas que voilà tous les Élémens confondus, & qu’il faut les distinguer ?


M. PASTOUREAU.

Mais…


M. DELOUREVILLE.

Voilà l’air, le feu, & l’eau ensemble.


M. PASTOUREAU.

Non, Monsieur, ma fête est d’habitans des eaux.


M. DELOUREVILLE.

Mais le feu, où sera-t-il ?


M. PASTOUREAU.

A la fin.


M. DELOUREVILLE.

Quoi ! l’Enfer au dernier Acte ? on n’a jamais fini par des Démons ; ce n’est pas cela, vous n’y êtes pas.


M. PASTOUREAU.

Je n’ai point de Démons.


M. DELOUREVILLE.

Point de Démons ! point d’Enfer ! impossible de réussir ; vous n’y êtes pas. Il faudroit du moins…


M. PASTOUREAU.

Parlez, Monsieur, je vous écoute.


M. DELOUREVILLE.

Non, non ; nous verrons après.


M. PASTOUREAU.

Jupiter a transporté Léda à la Chine.


M. DELOUREVILLE.

A la Chine ?


M. PASTOUREAU.

Oui, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

A la Chine, c’est bien quelque chose ; mais je ne vois pas-là d’Enfer ; & puis ce seroit trop tard.


M. PASTOUREAU.

Permettez. Il est obligé de retourner au Ciel pour punir Ixion. Pendant ce temps-là, le Roi de la Chine veut enlever Léda. Mercure fait venir les combattans de Jupiter, les Chinois sont repoussés ; le Roi est prisonnier. Glaucus paroît & apprend à Mercure que le Destin lui a accordé Léda, & que Jupiter & Junon, en faveur de cet arrêt, se sont raccommodés. Mercure rend la liberté au Roi de la Chine & à ses combattans. Le Roi donne une Fête chinoise à Glaucus & à Léda, qui chantent un duo, à quoi un chœur chinois répond. Ixion, qui est précipité du Ciel après le retour de Jupiter, met, en tombant, le feu à un artifice chinois, superbe, qui termine l’Opéra. Vous voyez bien, Monsieur, que voilà du feu.


M. DELOUREVILLE.

Oui ; mais ce n’est pas là sa place, non plus que celle des combattans : il faut corriger cela, & suivre la marche indiquée.


M. PASTOUREAU.

Monsieur, aidé de vos conseils, je ne demande pas mieux ; mais voyez, du moins, les vers, s’ils sont lyriques.


M. DELOUREVILLE.

Montrez. Avec de la docilité, vous pourrez faire quelque chose ; mais vous n’y êtes pas encore : je vous aiderai, parce que je vous trouve des dispositions. Voyons quelques morceaux.


M. PASTOUREAU.

Voici, si vous voulez, le Monologue de Glaucus, dans le Palais de Neptune.


M. DELOUREVILLE.

A la bonne-heure.


M. PASTOUREAU.

Cruel Destin, suspends ta rigueur !
Charmant Amour, dont je chéris la flamme,
Ne veux-tu régner dans mon cœur,
Que pour troubler mon âme ?

Je crois, Monsieur, que cela doit vous plaire ?


M. DELOUREVILLE.

On voie bien que vous avez des idées ; mais ce n’est pas cela… Je voudrois…


M. PASTOUREAU.

Mais, Monsieur, la priere au Destin amene le dénouement.


M. DELOUREVILLE.

C’est la tournure de ce Monologue qui devroit être autrement. (Rêvant.)

Cruel Destin, suspends la rigueur !

C’est une invocation ?


M. PASTOUREAU.

Oui, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

Je sens bien cela ; mais je voudrois tourner ce vers-là…


M. PASTOUREAU.

Comment ?


M. DELOUREVILLE.

Attendez.

Cruel Destin…

Laissez-moi faire, laissez-moi faire.


M. PASTOUREAU.

Je ne dis mot.


M. DELOUREVILLE.

Passez-moi l’écritoire, je vous prie.


M. PASTOUREAU.

La voilà.


M. DELOUREVILLE.

Voyons. (Il prend une plume.)

Cruel Destin, suspends ta rigueur !

Je ne peux pas vous passer cela.


M. PASTOUREAU.

Mais…


M. DELOUREVILLE.

Ne me distrayez pas… je voudrois mettre… Non… Pourquoi pas ?

Rigoureux Destin, suspend ta cruauté…

Non, non ; ce n’est pas cela non plus. Que diable, Attendez.

Cruel Destin, suspends… suspends
Cruel Destin…


M. PASTOUREAU.

Vous n’avez que ta rigueur à mettre.


M. DELOUREVILLE.

Je crois que vous avez raison. Voyons.

Cruel Destin, suspends… ta rigueur !

Oui, c’est ce qu’il falloit mettre.


M. PASTOUREAU.

Mais, je l’avois mis aussi.


M. DELOUREVILLE.

Suspends ta rigueur ?


M. PASTOUREAU.

Oui, vraiment, voyez. (Lui montrant.)


M. DELOUREVILLE.

Oui, oui, vous avez raison. Allons, je vous passe ce vers-là. Mais pour…

Charmant Amour, dont je chéris la flamme.


M. PASTOUREAU.

Mais, Monsieur, que direz-vous à la place ?


M. DELOUREVILLE.

Ce que je dirois ?… mille choses au lieu de cela.

Charmant Amour…

Mais voyez donc comme cela est commun !


M. PASTOUREAU.

Je conviens… mais voudriez-vous mettre

Tendre Amour, dont je chéris la flamme ?


M. DELOUREVILLE.

Non | non.

Dont je chéris la flamme !


M. PASTOUREAU.

Il faut adoucir le reproche que je fais à l’Amour.


M. DELOUREVILLE.

Sans doute. Par conséquent, vous n’y êtes pas. Voici ce qu’il faut dire. (Il rêve.) Ne m’interrompez pas. Oui, non ; c’est que ce que vous dites-là à l’Amour, me dérange. Comment y a-t-il ?


M. PASTOUREAU.

Charmant Amour, dont je chéris la flamme.


M. DELOUREVILLE.

Charmant Amour…


M. PASTOUREAU.

Charmant AmourDont je chéris la flamme.


M. DELOUREVILLE.

Charmant AmourDont je chéris la flamme.

On peut laisser ce vers-là. Voyons les deux autres.


M. PASTOUREAU.

Ne veux-tu régner dans mon cœur,
Que pour troubler mon âme ?


M. DELOUREVILLE.

Un moment donc. Je ne suis pas content de cela ; vous n’y êtes pas du tout.

Ne veux-tu régner…


M. PASTOUREAU.

Oui, parce que le Musicien aura dequoi faire une roulade, sur le mot régner.


M. DELOUREVILLE.

J’entends bien ; mais…

Ne veux-tu régner dans mon cœur,

Vous n’y êtes pas.

Dans mon cœur, ne veux-tu régner.


M. PASTOUREAU.

Comme cela, vous ne rimeriez plus à…


M. DELOUREVILLE.

Comment, je ne rimerais plus ?


M. PASTOUREAU.

Non, Monsieur.


M. DELOUREVILLE.

Pourquoi cela, Monsieur ?


M. PASTOUREAU.

Parce que le premier vers dit :

Cruel Destin, suspends ta rigueur !


M. DELOUREVILLE.

Oui, mais le second.


M. PASTOUREAU.

Le second est :

Charmant Amour, dont je chéris la flamme.


M. DELOUREVILLE.

Oui, oui, vous avez raison, laissons :

Ne veux-tu régner dans mon cœur…


M. PASTOUREAU.

Que pour troubler mon âme ?


M. DELOUREVILLE.

Non pas, s’il vous plaît, je ne veux pas de ce vers-là. Vous me trouverez difficile…


M. PASTOUREAU.

Monsieur, je ne dis pas…


M. DELOUREVILLE.

Mais je ne vous passerai pas cela. Je veux absolument que vous disiez…


M. PASTOUREAU.

Voyons, Monsieur, je m’en rapporte entièrement à vous.


M. DELOUREVILLE.

Vous allez voir, vous allez voir, j’ai une idée. Dites-moi une rime à flâme… Non, je le tiens.

Ne veux-tu régner dans mon cœur…
Ne veux-tu régnerDans mon cœur…

Eh, mon Dieu !…

Ne veux-tu régnerDans mon cœur…


M. PASTOUREAU.

Que pour troubler mon âme ?


M. DELOUREVILLE.

Que pour ?


M. PASTOUREAU.

Que pourTroubler mon âme.


M. DELOUREVILLE.

Que pourTroubler mon âme ?

N’est pas mal.

Que pour troubler mon ame ?

J’en suis très-content ! Vous voyez bien qu’à force de chercher on trouve.

Que pour troubler mon âme ?

Le voilà, il faut l’écrire.


M. PASTOUREAU.

Mais c’est écrit, voilà comme il étoit fait.


M. DELOUREVILLE.

Oui ? (Il lit.) Ah ! c’est vrai. Cela ne fait rien. Je suis très-content, à présent, de ce Monologue.


M. PASTOUREAU.

Monsieur, j’espère que par la suite, aidé de vos lumieres…


M. DELOUREVILLE.

Vous y pouvez compter, je me ferai un plaisir de vous dire naturellement ce que je pense.


M. PASTOUREAU.

Je vous en serai très-obligé.


M. DELOUREVILLE.

Il n’y a que ce moyen-là de former les jeunes gens. Ah ça, je suis très-aise d’avoir fait connoissance avec vous.


M. PASTOUREAU.

C’est moi, Monsieur…


M. DELOUREVILLE.

Je verrai ces Messieurs, mais dites-leur toujours que je suis très-content de votre Poëme, parce qu’avec les petites corrections que j’y ferai comme cela, je compte qu’il ira.


M. PASTOUREAU.

Monsieur, je leur dirai, & si vous permettez, quelquefois j’aurai l’honneur…


M. DELOUREVILLE.

Oui, le matin sur-tout, parce qu’on travaille mieux. Adieu, Monsieur Pastoureau, charmé de vous avoir vû.


M. PASTOUREAU.

Où allez-vous donc, Monsieur ?


M. DELOUREVILLE.

Adieu. Je passe de l’autre côté, puisque vous le voulez.


Fin du quarante-quatrième Proverbe.


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Explication du Proverbe :

44. Plus de bruit que de besogne.



  1. Peintre Allemand qui peint des coquilles en miniature.