Revue Musicale de Lyon 1903-12-15/Correspondance de Paris

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CORRESPONDANCE DE PARIS
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GRANDS CONCERTS

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Damnation de ci, Damnation de là, nos deux grands chefs d’orchestre ont en effet avant-hier soir exécuté, avec un égal succès, comme vous le pensez, le chef-d’œuvre du Maître dauphinois. Ce matin même MM. Colonne et Chevillard coudoyaient dans le gentil et tranquille square Vintimille, d’autres notoriétés musicales ; Alfred Pruneau, Georges Marty, Gabriel Pierné, votre distingué compatriote Alexandre Luigini, Georges Hüe, Théodore Dubois, etc., venus faire un émouvant pèlerinage au pied de la statue de Berlioz.

L’auteur si passionné et si ardemment sincère du Rêve et de l’Attaque du Moulin a lu un très beau discours au nom de l’Association des artistes musiciens.

Puisque les concerts me laissent quelque répit, j’en veux profiter pour vous dire un mot de la première matinée littéraire et musicale qui eut lieu hier au coquet petit théâtre Victor-Hugo, sur la Butte Sacrée et dont l’initiative est dûe à deux charmants et accueillants Lyonnais, MM. Louis Payen, et Emile Vuillermoz. Après un prologue dit par M. Armand Bour et dû à la plume délicate et spirituelle de M. Payen, on entendit Trois Rondels de Charles d’Orléans, des fragments d’œuvre de Verlaine, de Victor Hugo, de Louis Bouilhet, Albert Samain, de Catulle Mendès et d’autres que j’oublie, puis la musique, cette sœur ailée de la poésie, vient à nous sous la forme de mélodies de MM. Fauré et Georges Huë, chantées par Mmes Raunay et Mayrand.

Qui dira en particulier la chaste et tendre mélancolie de Soir de Fauré, sur l’admirable poème de Samain ?

Qui dira également la grâce musquée, un peu précieuse mais si exquise de la Pavane pour une infante défunte de M. Maurice Ravel, la fraîcheur, la saveur un peu debussyste, mais si personnelle quand même de ses Jeux d’eau, merveilleusement interprétés par l’artiste si délicat que j’ai toujours apprécié en M. Ricardo Vinès ?

Voilà un heureux début et je suis bien certain que nos deux jeunes et ardents compatriotes ne voudront point faillir à d’aussi belles promesses. D’ailleurs succès oblige.

Edouard Millioz.
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