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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 4/Lecture 7

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 323-332).

LECTURE SEPTIÈME.
HYMNE I.
À Indra, par Bharadwâdja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Vos prêtres ont pour vous cultivé l’amitié d’Indra ; par leur culte, par leurs chants, ils ont capté sa bienveillance. Indra porte la foudre à la main, et il est très-libéral. Rendez-vous ce (dieu) agréable, afin qu’il secoure nos seigneurs.

2. Il est monté sur un char d’or ; de sa main coulent tous les biens qui conviennent à l’homme ; ses larges bras retiennent les rênes, (qui dirigent) dans leur route les chevaux généreux attelés à son char.

3. Tes pieds sèment les richesses qui ornent (le monde), ô dieu qui te balances (dans les airs)[1] ; tu es triomphant avec ta foudre, tu es libéral à cause de ta puissance. Tu revêts ta brillante cuirasse, et tu vas, éblouissant les yeux comme le soleil.

4. Cependant le soma a été versé, accompagné du ghrita et des gâteaux d’orge. Les prêtres, avec la plus respectueuse dévotion, chantent les hymnes, récitent les prières et accomplissent les rites sacrés.

5. Ta puissance n’a point de bornes. Le ciel et la terre tremblent devant ta grandeur. Le père de famille, t’invoquant avec les (Marouts), tes auxiliaires, se hâte de préparer les libations : de même (le pasteur recherche) pour ses troupeaux l’eau (qui doit les rafraîchir).

6. Ainsi, que l’adorable et bienfaisant Indra, (ce dieu) à la face azurée, se montre grand, soit avec ses auxiliaires, soit sans eux. Qu’il apparaisse avec sa force incomparable, et qu’il triomphe de ses ennemis et des Dasyous.


HYMNE II.
À Indra, par Bharadwâja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Indra, incomparable et immortel, croît et augmente ses forces ; il distribue ses biens (à ses serviteurs). Indra est plus grand que le ciel, plus grand que la terre. Le ciel et la terre ne sont chacun qu’une moitié de lui-même.

2. J’adore sa puissance vitale, qui s’étend partout. Ce qu’il fait, personne ne peut le détruire. (À lui nous devons que) le soleil chaque jour brille à nos yeux ; son titre de gloire est d’avoir créé les vastes mondes.

3. Ton œuvre admirable, aujourd’hui comme autrefois, ô puissant Indra, est d’avoir ouvert une voie aux rivières. Les montagnes (célestes) se sont placées comme des dispensatrices de la nourriture (humaine). Les cieux se sont par toi couverts de masses compactes.

4. Oui, c’est la vérité, ô Indra ; il n’est point de dieu semblable à toi, il n’est point de mortel plus grand. Tu as frappé Ahi, gardien endormi des Ondes, et tu les as précipitées vers la mer.

5. Ô Indra, tu as brisé l’enveloppe compacte du nuage ; tu as ouvert la porte à ces ondes qui se sont élancées de divers côtés. Tu es le roi du monde et des hommes ; tu as fait le soleil, le ciel, l’aurore.


HYMNE III.
À Indra, par Souhotra, fils de Souhotra.
(Mètres : Trichtoubh et Sakwarî.)

1. Ô Indra, maître de la richesse, tu es incomparable ; dans ta main tu tiens les nations. Les hommes t’adressent des prières diverses pour obtenir des enfants, les eaux du ciel, la jouissance du soleil.

2. Ô Indra, la crainte que tu inspires fait trembler la terre et les monts les plus solides. Le ciel et la terre, les montagnes, les forêts, tout ce qu’il y a de fort frémit sur ton passage.

3. Ô Indra, tu as avec Coutsa attaqué Souchna, qui enchaînait les Ondes ; tu as frappé Couyava dans ta recherche des vaches (célestes) ; tu as dans le combat détaché une roue du soleil[2] ; tu nous as protégés contre l’impie.

4. Tu as brisé les cent villes incomparables de Sambara le Dasyou ; ô (divin) époux de Satchî, ô (dieu) dont le soma achète la faveur, tu voulais dans ta sagesse combler de tes biens Divodâsa qui t’honorait par ses libations, et Bharadwâdja qui t’honorait par ses hymnes.

5. Ô (dieu) fort et secondé par de fidèles auxiliaires, monte sur ton char terrible pour le grand combat. Héros fameux et engagé dans une large voie, viens nous secourir et nous donner de la gloire aux yeux des hommes.


HYMNE IV.
À Agni, par Souhotri.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ma bouche s’ouvre pour des paroles nouvelles, abondantes, fortunées en l’honneur du héros armé de la foudre, grand, fort, agile, intrépide, objet de toutes les louanges.

2. Chanté par les sages (Angiras), il a en leur faveur orné avec le soleil les deux grands parents, et fendu la montagne (des Asouras). Il a ouvert le pâturage des vaches (célestes) à la prière de ses chantres.

3. Il a par une noble victoire obtenu ces vaches avec les sages qui portent les holocaustes et qui ont sans cesse le genou ployé (devant les dieux). Pour plaire à ses amis, il a, sage aussi bien qu’eux, avec sa force accoutumée, brisé les forteresses (des Dasyous).

4. Ô (dieu) généreux, pour récompenser nos hommages et accomplir le bonheur des mortels, viens, avec l’abondance, la force, et la fécondité, entendre les hymnes nouveaux de ton chantre.

5. Indra, indomptable vainqueur, rassemble toutes ses forces, et, lançant ses chevaux, il précipite les ondes vers la droite[3]. Les ondes, poussées par un choc irrésistible, vont chaque jour augmenter la masse insurmontable (de la mer).


HYMNE V.
À Indra, par Sounohotra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô généreux Indra, donne-nous un (prince) qui soit courageux, affable, libéral, qui te plaise par ses libations, qui, bon cavalier, possède une bonne cavalerie, et qui dans les combats soutienne l’attaque des ennemis.

2. Ô Indra, les mortels, par des hymnes divers, t’appellent à leur secours au milieu des batailles. Tu as avec les sages (Angiras) donné la mort aux Panis. Aidé de toi, ton serviteur obtient promptement la nourriture (du ciel).

3. Ces deux races ennemies, les Dasyous et les Aryas, sont également soumises à tes coups, ô Indra, ô le plus noble des héros. Comme la hache coupe le bois, tes armes tranchantes déchirent (ton adversaire) dans le combat.

4. Ô vaillant Indra, par tes puissants secours augmente notre fortune, toi notre ami, notre sauveur, partout présent. Nous demandons tes bienfaits, et nous t’appelons au milieu des combats, au fort de la mêlée.

5. Ô Indra, sois notre ami contre l’étranger. Sois bon pour nous dans tes rencontres. En chantant tes louanges, en versant des libations, puissions-nous mériter la protection d’un (dieu) noble, brillant et sauveur !


HYMNE VI.
À Indra, par Sounohotra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Vers toi, ô Indra, se dirigent d’un commun accord les Hymnes, les Libations, et les puissantes Prières. Aujourd’hui comme autrefois, les Louanges des poëtes et leurs Invocations respectueuses se réunissent à l’envi autour d’Indra.

2. Ce (dieu) grand, incomparable, est invoqué, célébré, loué dans les sacrifices avec le plus vif empressement ; Indra est pour nous tel qu’un char magnifique et solide. Qu’il soit par nous chanté avec transport !

3. Nos œuvres et nos louanges font la gloire d’Indra ; elles viennent augmenter sa grandeur. Si cent, si mille chantres célèbrent ce (dieu) digne de nos éloges, que ce soit pour son plus bel ornement !

4. En ce jour la prière est en l’honneur d’Indra une espèce de libation, et je m’approche de ce (dieu) pareil au soma limpide. De même que les eaux font le bonheur de l’homme perdu dans le désert, les invocations et le sacrifice font la joie d’Indra.

5. À la gloire d’Indra j’ai chanté cet hymne accompagné de prières. Que dans la grande bataille avec Vritra Indra soit notre sauveur, et que ce (dieu) partout présent fasse notre bonheur !


HYMNE VII.
À Indra, par Nara.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Quand auront lieu les rites qui constituent le char (du sacrifice) ? Quand, pour prix de nos louanges, nous donneras-tu des milliers de biens ? Quand couvriras-tu notre piété de tes trésors ? Quand rendras-tu nos prières fécondes en richesses ?

2. Ô Indra, quand viendra le moment où, engageant les uns contre les autres les héros amis de la victoire, tu nous donneras, comme gage de ton triomphe, les vaches (célestes) et leur triple trésor[4] ? Ô Indra, en nous accordant ces vaches, tu nous communiques une force merveilleuse.

3. Ô puissant Indra, quand voudras-tu accorder à ton chantre la faveur de multiplier pour toi les offrandes (sacrées) ? Quand viendras-tu atteler pour ainsi dire nos prières à ton char ? Quand arriveras-tu à nos invocations accompagnées de libations ?

4. Ô Indra, comble nos vœux en donnant à ton chantre une opulence abondante en vivres, riche en vaches et en chevaux. Assure aux Bharadwâdjas une fortune illustre et brillante. Fais que leurs vaches soient toujours fécondes.

5. Ô vaillant Sacra, nous te chantons aujourd’hui, toi qui déchires du haut du ciel ton (superbe) ennemi. Que je ne sorte pas sans avoir obtenu par toi le lait de la vache (de mon sacrifice). Ô (dieu sage), donne aux Angiras le fruit de leurs œuvres saintes.


HYMNE VIII.
À Indra, par Nara.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Oui, ton ivresse est le bonheur du monde ; c’est de toi que viennent les biens terrestres. Daigne nous dispenser l’abondance, toi qui parmi les dieux répands ton influence vitale.

2. Les mortels adorent incessamment sa puissance ; ils célèbrent sa force. Au (dieu) qui enchaîne ses ennemis, qui les frappe et les terrasse, ils procurent une vigueur nouvelle pour qu’il aille donner la mort à Vritra.

3. Autour d’Indra se rassemblent pour le servir les (Marouts), ses auxiliaires, les Forces aux formes mâles, et les cavales (qu’il attelle à son char). Telles que les fleuves vont à la mer, les Prières, animées par l’Hymne, arrivent près du (dieu) qui remplit tout.

4. Ô Indra, chanté par nous, verse les torrents de ta superbe et magnifique opulence. Tu es le maître unique et incomparable des nations, le roi du monde entier.

5. Écoute nos prières, toi qui aimes nos cérémonies, et (brilles) comme le soleil. Va conquérir pour nous les trésors de ton ennemi. Chanté d’âge en âge, fais-nous connaître ta force et tes bienfaits.


HYMNE IX.
À Indra, par Bharadwâdja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô terrible Indra, que tes coursiers amènent ton char magnifiquement garni. L’Hymne fortuné t’appelle. Réjouissons-nous aujourd’hui, et puissions-nous croître en bonheur !

2. Le pur et brillant soma prend place dans le vase (sacré), et vient rapidement participer à l’œuvre (sainte). Que l’antique Indra, le roi céleste, nous fasse sentir la joie que lui donne le soma.

3. Que ses impétueux coursiers amènent rapidement à nos offrandes le robuste Indra sur son (char) aux belles roues ; que (dans sa course) il surpasse l’immortelle (agilité) du vent.

4. Le grand et puissant Indra, (entouré de) nos seigneurs, prend l’holocauste du sacrificateur. Cet holocauste, ô héros armé de la foudre victorieuse, te donne le pouvoir de terrasser l’impie et de combler tes serviteurs de tes bienfaits.

5. Indra est l’auteur d’une abondance durable. Qu’Indra, au bruit de nos chants, sente croître sa splendeur. Qu’Indra soit le glorieux vainqueur de Vritra. Que ce noble maître se hâte de nous combler de ses bienfaits.


HYMNE X.
À Indra, par Bharadwâdja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que le merveilleux Indra boive notre soma ; qu’il réponde à la grande et brillante invitation que nous lui faisons. Dans ce sacrifice, offert en l’honneur de la race divine, que ce (dieu) libéral accueille nos offrandes, nos cérémonies, nos hymnes.

2. Le poëte va frapper des accents de son hymne les oreilles d’Indra, qui habite loin de nous. Que notre prière monte vers ce dieu, et le dispose en notre faveur.

3. Pour vous, j’invoque par de solennelles prières l’antique et immortel Indra. Que des fêtes, que des chants aient lieu en son honneur, et que le nom d’Indra anime nos louanges.

4. Que la grandeur d’Indra, formée par le sacrifice et le soma, soit maintenue par nos cérémonies, nos chants, nos hymnes, nos prières, par les aurores, qui succèdent aux nuits, par les mois, les automnes, les jours.

5. Ce (dieu) grand et terrible, qui naît pour la force, qui s’accroît d’une manière incomparable pour la gloire et l’opulence, ô Sage, honorons-le aujourd’hui pour l’encourager à vaincre Vritra.


HYMNE XI.
À Indra, par Bharadwâdja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô dieu, bois de cette noble et douce boisson que nous donne le sage et céleste Soma[5], auteur de nos joies, porteur (de nos vœux), compagnon renommé de la Prière du sage. Donne à ton chantre une abondance dont la vache fasse le principal ornement.

2. Indra vient avec bonheur recevoir (le jus) de nos mortiers et (le lait) des vaches (du sacrifice) : il se mêle à nos cérémonies ; il s’unit aux pieux (Angiras) ; puis il va briser la caverne imprenable de Bala, et de sa parole puissante terrasse les Panis.

3. Ô Indra, le soma illumine l’obscurité des nuits au moment des deux crépuscules et dans la saison des libations[6]. Les (dévas) l’ont pris pour le héraut des Jours. Il préside à la naissance des pures Aurores.

4. Il a éclairé de ses rayons (les mondes) obscurs. Il amène les Libations saintes. Il s’avance avec les chevaux du sacrifice, et du sein du foyer resplendissant il remplit les vœux des humains.

5. Ô roi antique, au poëte qui te chante donne et des trésors et l’abondance. Accorde à ton chantre des ondes, des plantes, des vivres, du bois, des vaches, des chevaux, des guerriers.


HYMNE XII.
À Indra, par Bharadwâja.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Bois, Indra ; cette (liqueur) est versée pour exalter ton ivresse. Lance tes deux coursiers. Daigne écouter nos chants et venir à notre fête. Donne l’abondance à celui qui t’honore par ses hymnes et ses sacrifices.

2. Ô grand Indra, bois de ce soma que tu as goûté à ta naissance même. Enivre-toi et agis avec force. Les prêtres, les vaches, les ondes, le mortier, tout a contribué heureusement à former ce breuvage qui t’est réservé.

3. Le feu est allumé ; le soma est versé, ô Indra ; que les robustes coursiers t’amènent. Je t’invoque avec dévouement. Indra, viens pour notre bonheur.

4. Viens, ô Indra, comme tu es toujours venu, avec empressement, avec intérêt, et bois notre soma. Écoute nos prières. Que ce sacrifice augmente et nourrisse ton corps.

5. Ô Indra, que tu sois au ciel ou loin d’ici, dans ce monde ou dans un autre, en quelque endroit que tu sois, ô dieu qui te réjouis de nos chants et que traînent deux coursiers azurés, viens à notre secours avec les Marouts, et protége notre sacrifice.


HYMNE XIII.
À Indra, par Bharadwâja.
(Mètre : Anouchtoubh et Vrihatî.)

1. (Dieu) bon, viens au sacrifice : les breuvages sont purifiés pour toi. Ô Indra, ô le premier de ceux que notre culte honore, ô toi qui portes la foudre, viens dans notre demeure, comme les vaches (viennent à leur étable).

2. Bois avec cette langue si belle, si large, qui t’a toujours servi à goûter le miel de nos libations. Le prêtre se présente avec l’holocauste qui t’est destiné ; ô Indra, que ta foudre se dresse pour conquérir les vaches (célestes).

3. Ce soma généreux et limpide, qui brille de mille couleurs, a été composé pour le généreux Indra. Ô (dieu) sauveur et terrible, que traînent deux coursiers azurés, bois ce (soma) dont tu as toujours été le maître, ce (soma) qui est ta nourriture.

4. Ô Indra, ce soma est pour le sage qui te plaît une source de richesse et de bonheur. Viens donc à notre sacrifice, et comble nos vœux ardents.

5. Ô Indra, nous t’invoquons ; viens en ces lieux. Que ce soma ajoute à l’ornement de ton corps. Satacratou, prends plaisir à nos libations. Protége-nous dans les combats au milieu des nations.


HYMNE XIV.
À Indra, par Bharadwâja.
(Mètres : Anouchtoubh et Vrihatî.)

1. (Ô prêtre), apporte ton offrande au (dieu) sage qui la désire, au héros intrépide, impétueux et bienfaisant.

2. Honorez avec vos libations, avec vos coupes remplies de douces liqueurs le victorieux Indra, qui aime surtout à boire votre soma.

3. Si vous lui prodiguez les breuvages (pieux) et les libations, le (dieu) sage veille sur vous. Il attaque ses ennemis avec plus de courage.

4. Ô prêtre, présente donc à ce (dieu) cette libation précieuse. Qu’il nous préserve du mal dont nous menace un ennemi puissant et avide de butin.


HYMNE XV.
À Indra, par Bharadwâja.
(Mètre : Ouchnih.)

1. Ô Indra, nous t’avons versé ce soma, dans l’ivresse duquel tu as tué Sambara en faveur de Divodâsa. Bois.

2. Ô Indra, nous t’avons versé ce soma, dont tu aimes la douce ivresse le matin, à midi et le soir. Bois.

3. Ô Indra, nous t’avons versé ce soma dans l’ivresse duquel tu as délivré de la caverne les vaches célestes. Bois.

4. Ô Indra, nous t’avons versé ce soma, dans l’ivresse duquel tu possèdes une puissance digne de toi. Bois.


HYMNE XVI.
À Indra, par Samyou, fils de Vrihaspati.
(Mètres : Anouchtoubh, Virât et Trichtoubh.)

1. Ô magnifique Indra, que ce soma généreux et puissant soit versé pour toi. Ô maître de l’offrande, livre-toi à une douce ivresse.

2. Ô fortuné Indra, que cet heureux soma, qui t’engage à donner la richesse pour prix de la prière, soit versé pour toi. Ô maître de l’offrande, livre-toi à une douce ivresse.

3. Ô Indra, que ce soma, qui augmente ta force, qui te donne la victoire, à toi et à tes auxiliaires, soit versé pour toi. Ô maître de l’offrande, livre-toi à une douce ivresse.

4. En votre faveur, je chante cet Indra bienfaisant, maître de la force, vainqueur du monde, chef adorable et vigilant.

5. La Prière augmente la grandeur de ce (dieu) maître de la richesse, toujours victorieuse. Ô Ciel et Terre, que votre divinité reconnaisse la force (d’Indra), partout présente.

6. Faisons de nos hymnes une espèce de lit d’honneur pour Indra, (Dieu) sage près duquel s’élèvent les (Marouts), ses compagnons et auxiliaires.

7. (Indra) est un ami qui s’intéresse à son serviteur. Il reçoit nos louanges, il boit (notre soma,) et comble les Dévas de ses bienfaits. Avec les (Marouts, dieux) fermes et rapides, il accepte nos offrandes, il protége et sauve ses amis.

8. Que le sage (Indra) suive la voie du sacrifice et boive (notre soma). Que les Dévas le disposent en notre faveur. Glorifié par nos louanges, qu’il découvre à notre vue son aimable forme.

9. Accorde-nous une brillante puissance. Repousse les fortes armées de nos ennemis. Augmente notre abondance et nos ressources, et protége-nous dans la distribution des richesses.

10. Ô magnifique Indra, traîné par deux coursiers azurés, comble-nous de tes bienfaits ; ne nous abandonne pas. Parmi les mortels nous ne voyons pas de protecteur tel que toi. On te proclame comme l’auteur de tout bien.

11. Ô généreux Indra, ne nous livre pas à notre ennemi. Que l’amitié (d’un dieu) aussi opulent ne nous manque jamais. Le monde est plein de ta puissance. Tue les impies, extermine les méchants.

12. Indra, avec le bruit du tonnerre nous envoie, en même temps que les nuages, l’abondance et de vaches et de chevaux. Tu es, depuis longtemps, le patron de l’homme pieux. Ne souffre pas que je sois la victime des riches impies.

13. Ô prêtre, ô héros, présente au grand Indra tes libations. Il est le roi du monde, et il a grandi sous l’influence des chants anciens et nouveaux des poëtes.

14. Dans l’ivresse de notre (soma), le sage Indra a détruit, avec une force incomparable, les nombreuses magies de ses ennemis. À ce héros, à la face superbe, donne pour breuvage ce soma, aussi doux que le miel.

15. Qu’Indra boive le soma que nous lui versons. Qu’il se livre à la joie et frappe Vritra avec sa foudre. Qu’il vienne de la contrée lointaine à notre sacrifice, (dieu) sauveur, trésor de prières, patron de l’homme pieux.

16. Que cette coupe, remplie pour Indra, puisse lui plaire ! Qu’il boive cet immortel (breuvage) ! Que ce (soma) réjouisse l’âme généreuse du dieu ! qu’il concoure à vaincre nos ennemis et le mal !

17. Ô magnifique héros, dans ton ivresse (sainte), donne la mort à nos ennemis, parents ou étrangers. Ô Indra, renverse, précipite, terrasse ces hordes insolentes qui te menacent de leurs traits.

18. Ô magnifique Indra, donne-nous, dans nos batailles, de riches et heureuses dépouilles. Ô Indra, fais que tes serviteurs acquièrent par tes victoires la jouissance des ondes et le bonheur d’une nombreuse famille.

19. Que tes rapides et généreux coursiers, attelés à ton char fécond, retenus par tes rênes fertiles, viennent se joindre à nos transports de joie libérale, et t’amènent près de nous avec ta foudre.

20. Ô généreux Indra, que les Libations joyeuses, humides de ghrita, viennent, telles que des flots abondants, se placer dans le vase (sacré) ; que pour un (dieu) libéral et bienfaisant, elles apportent le jus extrait des (mortiers) généreux.

21. (Dieu) riche, généreux et bon, de toute part éclate ta libéralité, au ciel, sur la terre, dans les ondes, dans tous les êtres. Pour toi est versé ce jus, aussi doux que le miel.

22. Le divin Soma, à peine né, va, compagnon d’Indra, surprendre Pani. Il (détruit) la force magique du misérable, et lui enlève et son butin et ses armes.

23. Soma a fait les Aurores, épouses (du Soleil) ; il a au milieu (des airs) allumé les feux de cet astre. Il a pour ce céleste (voyageur), dans trois brillantes stations, préparé une triple source d’immortalité.

24. Soma a consolidé le ciel et la terre. Il a attelé le char dirigé par sept rênes. Entouré des vaches (du sacrifice), il soutient et dirige avec sagesse les dix holocaustes[7].


HYMNE XVII.
À Indra, par Samyou.
(Mètres : Gâyatrî et Anouchtoubh.)

1. Qu’il soit notre ami, cet Indra toujours jeune, qui est venu de la contrée lointaine diriger heureusement Tourvasa et Yadou.

2. Qu’Indra nous donne les biens de l’impie ; qu’il s’arrête près de nous, et qu’il s’empare par la victoire des dépouilles qui peuvent nous convenir.

3. Sa direction est grande : sa bénédiction fructueuse ; ses secours impérissables.

4. Amis, chantez, honorez (le dieu) qu’exaltent nos prières. Sa sollicitude pour nous est extrême.

5. Ô vainqueur de Vritra, tu es défenseur de tous sans distinction. Puissions-nous être comptés au nombre de tes amis !

6. Tu nous délivres de l’ennemi ; tu nous forces de te célébrer par nos hymnes. Les hommes te chantent comme un héros.

7. On trait la vache pour son lait ; et moi, j’appelle par mes chants le (dieu) saint, exalté par l’œuvre sainte, ami (de l’homme pieux) et digne de nos hymnes.

8. Dans les bras de ce héros, qui triomphe des armées, se trouvent placés tous les biens, célestes et terrestres.

9. Invincible époux de Satchî, ô toi qui portes la foudre, brise la force de nos ennemis, détruis leur magie.

10. Équitable Indra, maître des offrandes, nous t’invoquons, en t’offrant le soma et les mets (sacrés).

11. Ô toi, qui jadis as été invoqué, qui aujourd’hui l’es encore pour notre plus grand bien, écoute notre prière.

12. Ô Indra, puissions-nous, par nos prières, t’aider à conquérir cette abondance féconde, ces dépouilles célèbres que nous te demandons !

13. Ô Indra, ô héros chanté dans nos hymnes, sois grand dans ta munificence, vainqueur dans le combat.

14. Ô vainqueur des ennemis, nous avons besoin de ton prompt secours : lance rapidement notre char.

15. Ô vainqueur habile surtout à conduire le char de bataille, attaque avec le nôtre ton (superbe ennemi), et rends-toi maître de ses dépouilles.

16. Chante donc un (dieu) incomparable, qui veille sur tous les êtres, maître par sa naissance même, et plein d’une force généreuse.

17. Protége-nous, ô Indra, toi qui es le parent et l’ami de ceux qui te chantent, toi qui les rends heureux par ton secours.

18. Ô (dieu) qui portes la foudre, prends ton arme pour la perte des Rakchasas, et triomphe de tes ennemis.

19. J’invoque le (dieu) antique, l’ami, le compagnon des (hommes) généreux, l’âme du chant, le héros de nos Rites sacrés.

20. Seul, il règne sur tous les biens terrestres, seigneur invincible, digne objet de nos chants.

21. Ô maître des vaches (célestes), viens avec tes coursiers, et comble notre vœu, en nous envoyant, comme prix de ta victoire, l’abondance de vaches et de chevaux.

22. Au puissant Indra, si souvent invoqué, offrez des libations et des chants ; que ce soit pour ce (dieu) vaillant comme (un gras pâturage) pour la vache.

23. Quand ce protecteur a entendu nos prières, il ne saurait tarder à répandre sur nous ses bienfaits.

24. Ennemi du Dasyou, qu’il se rende au pâturage qui renferme les vaches du brigand Couvitsa. Que par sa prudence il nous en ouvre les portes.

25. Ô Satacratou, ô Indra, que ces chants viennent vers toi comme les (vaches) nourricières (viennent) vers leur veau.

26. Ton amitié est difficile à détruire. Ô héros, que ton serviteur désire une vache ou un cheval, tu produis pour lui et cette vache et ce cheval.

27. Jouis donc avec ton grand corps de nos libations, et que nous profitions de ton bonheur. Ne laisse pas ton chantre à l’affront.

28. Ô (dieu) que nous honorons par nos chants et nos libations, nos hymnes doivent être pour toi ce que la vache nourricière est pour le veau.

29. (Dieu) puissant, que vers toi s’élèvent les hymnes de tes chantres avec les offrandes de tes serviteurs dévoués.

30. Ô Indra, que nos louanges te touchent, et que ton nom en soit surtout exalté. Comble-nous de tes richesses.

31. (Que le dieu nommé) Vrivou[8] vienne, tel que le large Cakcha[9] du Gange, se placer sur la tête grossie des Panis.

32. Que les dons de ce Vrivou, aussi rapide que le Vent, tombent sur nous par milliers. Il est disposé à glorifier le serviteur libéral envers lui.

33. C’est ainsi que tous nos pères de famille, avec les poëtes, chantent ce Vrivou, ce seigneur qui répand par milliers ses présents (sur la terre).


HYMNE XVIII.
À Indra, par Samyou.
(Mètre : Vrihatî.)

1. Poëtes (dévoués), nous t’invoquons pour obtenir de toi l’abondance. Ô Indra, ô maître des hommes pieux, les mortels t’(appellent) contre leurs ennemis, dans les combats où les portent leurs coursiers.

2. Ô admirable Indra, ô (dieu) dont le bras est armé de la foudre, nous te louons pour ta force. (Ton serviteur) a le désir de la victoire ; accorde lui un riche butin de vaches et de chevaux.

3. Nous invoquons Indra, qui est sage et vainqueur de ses ennemis. Ô maître des hommes pieux, ô (dieu) souverainement libéral et fécond, fais notre bonheur dans les combats.

4. Tu possèdes, pour terrasser tes ennemis, la vigueur du taureau. Quand tu les combats, quand tu les réduis en poussière, tu te montres digne de nos chants. (Dieu) sauveur, protége-nous dans le combat ; donne-nous des enfants, la (jouissance) des ondes et la (vue) du soleil.

5. Ô merveilleux Indra, (dieu) à la face superbe, à la main armée du tonnerre, apporte nous cette abondance pleine, puissante, supérieure dont tu remplis le ciel et la terre.

6. Roi protecteur, nous t’invoquons entre les Dieux, ô toi, auxiliaire formidable, vainqueur suprême. Donne-nous une victoire facile sur tous les méchants Rakchasas.

7. L’éclat et la force nécessaires aux enfants de Nahoucha[10], la nourriture que demandent les cinq espèces d’êtres, enfin tous les actes les plus virils, voilà, ô Indra, ce que nous attendons de toi.

8. Ô Maghavan, cette force que tu as déployée devant les hommes en faveur de Trickchou, de Drouhyou, de Poûrou[11], accorde-nous-la, pour nous faire vaincre nos ennemis au milieu des combats.

9. Ô Indra, ton heureuse protection s’étend sur les trois mondes et sur les trois saisons[12]. Daigne nous favoriser, nos Seigneurs et moi. Emploie pour nous ton arme brillante.

10. Les ennemis qui désirent s’emparer de nos vaches nous attaquent avec courage. Ô magnifique Indra, nous te chantons ; sois le gardien de nos corps, et reste près de nous.

11. Ô Indra, fais notre bonheur ; conduis-nous heureusement dans le combat, au moment où volent dans les airs les traits ailés, à la tête aiguë.

12. Quand nos héros étendent leurs corps pour couvrir et défendre leurs pères, alors prête à leurs personnes, prête à leur famille un rempart inattendu, et repousse leurs ennemis.

13. Ô Indra, lorsqu’au milieu du choc des batailles, ou dans une route inégale, ou sur une voie tortueuse, tu pousses nos coursiers pareils à des éperviers affamés, (viens nous seconder).

14. Quand (tu pousses ces coursiers) au milieu de clameurs terribles, emportés comme des ondes qui se précipitent dans la vallée, et, tels que des oiseaux attachés à leur proie, s’acharnant à la poursuite des vaches, (alors viens nous seconder).


HYMNE XIX.
À Indra, par Garga, fils de Bharadjwâdja.
(Mètres : Trichtoubh, Anouchtoubh, Gâyatrî, Vrihatî et Djagatî.)

1. Il est doux et piquant, il est limpide et agréable comme le miel, ce (soma) dont s’enivre Indra, quand il va déployer dans les combats sa force invincible.

2. Il est doux et enivrant, ce (soma) qui enflamme Indra, quand il attaque Vritra, quand il détruit les armées de Sambara, et ses quatre-vingt-dix-neuf corps[13].

3. Le soma excite ma voix ; il donne l’essor à la Prière qu’il désire. Tel qu’un sage, il crée les six larges (choses)[14], dont le monde au loin se constitue.

4. C’est lui qui a fait la largeur de la terre, la hauteur du ciel. Il a placé l’essence humide dans les trois choses[15] qui nous dispensent une douce liqueur : il a formé l’air.

5. Il a créé cet admirable océan (de l’air), pour le lever des pures Aurores. Grand, généreux, et allié des Marouts, il a fondé le ciel sur une large base.

6. Ô vaillant Indra, ô vainqueur de Vritra, viens boire le soma dans notre coupe, et va, pour nous, conquérir la richesse. Prends part à la libation de midi, et toi, qui habites la région de l’opulence, donne-nous une opulente fortune.

7. Ô Indra, toi qui es comme notre chef, jette les yeux sur nous. Apporte-nous une longue félicité. Aide-nous à traverser heureusement (les maux de la vie). Sauve-nous ; sois pour nous un bon, un fortuné conducteur.

8. Ô sage Indra, donne-nous une large habitation, un jour brillant, un bonheur assuré. (Ô dieu) fort, puissions-nous reposer dans tes bras, grands, larges, protecteurs !

9. Ô magnifique Indra, soutiens-nous sur le vaste siége de ton char, traîné par deux excellents coursiers. Donne-nous une foule de biens, apporte nous la plus riche abondance. Qu’un autre ne fasse point de tort à notre opulence.

10. Ô Indra, sois-moi favorable, accepte nos offrandes ; de même que l’on aiguise la lame d’un glaive, ainsi que l’on prépare pour toi la prière. Je m’attache à toi, et t’adresse avec confiance ma demande : exauce-la ; fais que je sente la puissance divine.

11. J’invoque Indra, (le dieu) sauveur et gardien (des hommes), Indra le héros invoqué justement dans nos prières, Indra (surnommé) Sacra, objet de tous nos hommages. Que le magnifique Indra nous soit propice !

12. Qu’Indra, qui possède tous les biens, qui est riche et conservateur, nous protége par ses secours. Qu’il tue nos ennemis ; qu’il nous délivre de toute crainte. Puissions-nous être les maîtres d’une mâle puissance !

13. Puissions-nous éprouver la bienveillance et l’heureuse amitié d’un (dieu) digne de notre culte ! Qu’Indra, riche et sauveur, éloigne de nous nos secrets (ennemis).

14. Comme les eaux qui viennent de la colline, les Prières et les Rites semblent s’unir pour courir vers toi, ô Indra. Ô (dieu) tonnant, tu confonds en toi, ainsi qu’un vaste domaine, les sacrifices, les ondes, les vaches, les libations.

15. Qui peut dignement le louer, l’honorer, lui sacrifier, quand on voit chaque jour Maghavan attaquer un terrible ennemi ? Sous les pieds de ce maître souverain, les grands sont abaissés et les petits élevés.

16. Héros terrible, on le célèbre comme terrassant l’un et le remplaçant par un autre. Ennemi des impies, roi du ciel et de la terre, Indra protége les mortels enfants de Manou.

17. Indra quitte ses illustres amis, et passe à de nouvelles amitiés. Il descend à des gens sans nom, et demeure avec eux de longues années[16].

18. Indra se revêt de formes diverses. Ce (monde) que vous voyez, c’est lui. Indra se montre sous mille apparences magiques. (À son char) sont attelés mille chevaux.

19. (Quelquefois) il attelle à ce char deux coursiers azurés, et il brille tel que Twachtri. Au milieu de nos seigneurs assemblés, quel (autre) héros peut chaque jour venir s’asseoir ?

20. Ô Dieux, nous sommes arrivés dans une région privée de vaches. La pieuse et large Terre a été dans l’affliction. Ô Vrihaspati, pense à rechercher ces vaches. Ô Indra, en faveur de ton chantre, qui est en ce (triste) état, (indique) la voie (où elles seront retrouvées).

21. Ô (Indra), naissant d’un côté (du ciel), chasse à travers l’autre moitié les (nuits) noires, qui blanchissent des rayons du jour. Il donne la mort, au sein même du nuage, aux deux brigands avides de trésors, à Vartchin et à Sambara.

22. Ô Indra, Prastoca[17] a donné en ton honneur dix écrins (de joyaux) et dix chevaux. Nous avons reçu de Divodâsa les trésors de Sambara, cédés à Atithigwa.

23. J’ai reçu de Divodâsa dix chevaux, dix écrins (de joyaux), dix vêtements avec des provisions, dix lingots d’or.

24. Aswattha a donné à Pâyou[18] et aux Atharvans dix chars, cent larges vaches.

25. Le fils de Srindjaya a honoré les Bharadwâdjas, en leur faisant de magnifiques présents de toute espèce.

26. Ô (char)[19] composé d’un bois fort et solide, sois notre ami, notre sauveur ; sois le compagnon des héros. Tu es entouré de la dépouille de la vache ; sois vigoureux, et que le (guerrier) qui te monte obtienne par la victoire un riche butin.

27. Honore par ton holocauste ce char, qui porte la foudre d’Indra, qui est fort de toutes les forces du ciel et de la terre, qui renferme la sève vigoureuse des bois dont il est formé, qui lance autour de lui les Ondes, et se couvre de la dépouille des vaches (célestes).

28. (Dans ce char se trouvent) la foudre d’Indra, la force des Marouts, le germe de Mitra, l’ombilic de Varouna. Ô char divin, tu aimes nos offrandes ; reçois nos holocaustes.

29. Ô Tambour compagnon d’Indra et des autres dieux, retentis au ciel et sur la terre. Que les différents mondes entendent tes sons ; et fais fuir au loin d’épouvante nos ennemis.

30. Retentis, et donne-nous la force et la splendeur. Résonne pour confondre les méchants. Ô Tambour, extermine les Rakchasas. Tu es (comme) le poing d’Indra, sois robuste.

31. Viens donc, (ô Indra), et pousse vers nous les (vaches célestes). Le tambour résonne comme un signal. Que nos héros s’assemblent avec leurs chevaux ailés ; ô Indra, que nos conducteurs de chars soient vainqueurs.

  1. C’est la traduction de l’épithète Nritou, qui signifie danseur.
  2. Voy. page 241, col. 1, note 1. Cette aventure a eu lieu en faveur d’Étasa.
  3. C’est-à-dire vers le midi : c’est de ce côté que se trouve la mer pour les Indiens.
  4. C’est, dit le commentaire, le lait, le lait caillé, et le beurre (kchira, dadhi, ghrita).
  5. Libation personnifiée.
  6. Ici se trouve le mot saradas, que j’ai cru devoir rendre par l’idée de libations, comme en d’autres passages.
  7. Cet hymne se termine sur un des manuscrits par trois distiques qui ne sont qu’un commentaire de la dernière expression dasayantra, regardée comme synonyme de dasendriya. On donne de ce mot diverses explications ; j’ai pensé que l’auteur faisait allusion à ces dix espèces d’holocaustes dont il a été question plusieurs fois. Voy. page. 51, col. 2, note 2 ; page 121, col. 2, note 1, et page 176, col. 1, note 5. On pourrait aussi penser que dasayantra a quelque rapport avec les dix doigts qui expriment le jus du soma.
  8. Vrivou est un mot de la même famille que Vritra : il exprime l’idée de couvrir ; ce qui convient au nuage, qui couvre le ciel. Vrivou me semble donc devoir être une épithète d’Indra considéré dans le nuage qui féconde la terre et devient la source de tous les biens. Dans les Lois de Manou, livre X, st. 107, il y a un passage que le commentateur veut faire rapporter à cet endroit du Rig-Véda. Il y est question de Bharadwâdja qui accepte plusieurs vaches du charpentier Vridhou. Ce rapprochement ne saurait être exact.
  9. Le commentaire ne me donne aucun renseignement sur ce mot cakcha. Je ne sais si c’est un poisson ou toute autre chose. Le seul détail qui me soit donné, c’est que le cakcha existe dans le lit élevé du Gange (gangâyâh coûlé ounnaté bhavah). Le dictionnaire donne le mot comme pouvant être un nom de plante, un nom du buffle.
  10. Les enfants de Nahoucha, suivant le commentaire, ce sont les humains. Voy. cependant la note 1 de la page 300, col. 1.
  11. Ce sont les noms de trois princes anciens, dont le premier n’a pas encore été nommé.
  12. La saison du froid, celle du chaud, et celle des pluies, sitochnavarcha.
  13. Ailleurs ces corps sont des villes aériennes.
  14. Ces six choses sont le ciel, la terre, le jour, la nuit, les ondes, les plantes.
  15. Ce sont les plantes, les ondes, les vaches.
  16. J’ai rendu le mot saradah par années, d’après le commentaire, qui l’explique par samvatsara. J’aurais mieux aimé le traduire, comme je l’ai fait déjà plusieurs fois, par le mot libation, et j’aurais dit qu’Indra passe dans les lieux où il trouve de copieuses libations.
  17. Nom d’un prince, fils de Srindjaya. Le commentateur a l’air de croire que ce Prastoca porte encore les noms de Divodâsa et d’Aswattha.
  18. Pâyou est un fils de Bharadwâdja.
  19. L’apostrophe s’adresse à Vanaspati, qui dans cette circonstance doit signifier assemblage de pièces de bois. Je suppose qu’il est question allégoriquement du char d’Indra. Un char composé de pièces de bois est recouvert de peaux de vaches. Ces peaux de vaches, dans l’allégorie poétique, représentent les nuages.