Scènes de la nature dans les États-Unis et le Nord de l’Amérique/La Frégate Pélican

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LA FRÉGATE-PÉLICAN.


Avant d’avoir visité les Clefs de la Floride, je n’avais vu que quelques Frégates, en naviguant sur le golfe du Mexique ; et encore était-ce d’une certaine distance qui me permettait tout au plus de les reconnaître à leur manière de voler. Toutefois, en approchant de la Clef Indienne, j’en pus déjà remarquer plusieurs ; et à mesure que je descendais vers le sud, leur nombre s’augmentait rapidement ; mais sur les Tortugas, je n’en aperçus qu’un très petit nombre. Cet oiseau pénètre rarement, à l’est, plus loin que la baie de Charlestown, dans la Caroline du Sud ; et cependant il abonde en toute saison, depuis le cap Floride jusqu’au cap Sable, ces deux points extrêmes de la Péninsule. Maintenant, jusqu’à quelle limite s’avance-t-il dans le midi ? C’est ce que je ne puis dire.

La Frégate-Pélican vit en société, comme nos vautours. Vous les voyez par bandes plus ou moins nombreuses, suivant les circonstances. De même encore que les vautours, elles passent la plus grande partie du jour à voler, en cherchant leur nourriture ; et ainsi qu’eux enfin, lorsqu’elles sont repues ou qu’elles veulent se percher, elles se rassemblent en troupes considérables, soit pour s’éventer avec leurs ailes, soit pour dormir à côté les unes des autres. Elles se montrent, non moins qu’eux, paresseuses, despotiques et voraces ; elles tyrannisent les oiseaux plus faibles, et dévorent les jeunes de toute espèce en l’absence des parents ; en un mot, ce sont de vrais vautours de mer.

Vers le milieu de mai, époque qui me semblait très tardive pour un climat aussi chaud que les Clefs de la Floride, les Frégates se réunissent par troupes de cinquante à cinq cents couples ou plus. On les voit alors voler à une grande hauteur au-dessus des îles où, depuis nombre d’années, elles ont coutume de nicher. Pendant des heures entières, elles se font la cour, puis se rabattent vers les mangliers où elles se posent, et commencent ensemble à réparer leurs anciens nids, sinon à en construire de nouveaux. Elles se dérobent mutuellement leurs matériaux, et pour s’en procurer d’autres, font des excursions sur les Clefs les plus voisines. Tout en fendant l’air d’une aile légère et comme en se jouant, elles cassent les petites branches sèches des arbres, d’un seul coup de leur bec puissant, et les emportent. C’est en réalité un beau spectacle de les voir, surtout quand il y en a plusieurs, passant et repassant par-dessus les cimes chenues ; leur mouvement est si rapide, qu’il s’accomplit comme par magie. Je ne connais que deux autres oiseaux qui exécutent la même manœuvre : l’un est le faucon à queue fourchue, l’autre notre hirondelle de cheminée ; mais ils ne sont ni l’un ni l’autre aussi adroits que la Frégate. Parfois il lui arrive de laisser tomber le petit bâton qu’elle charrie de cette manière à son nid ; et quand c’est au-dessus de la mer, elle plonge après et le reprend dans son bec, avant qu’il ait touché les flots.

Les nids se trouvent ordinairement placés au midi, dans les arbres qui penchent sur les eaux : les uns sont bas, d’autres à une grande élévation, tantôt un seul, tantôt plusieurs à la fois sur le même arbre, selon la force du manglier, mais, dans certains cas, bordant tout un côté de l’île. Ils se composent de bûchettes entre-croisées sur une hauteur d’environ deux pouces, et sont d’une forme aplatie, mais pas très larges. Quand les oiseaux couvent, leurs longues ailes et leur queue en dépassent les bords de plus d’un pied. Ils pondent deux ou trois œufs, plus souvent trois, qui ont 2 pouces 7/8 de long et 2 pouces de large. La coquille est lisse, épaisse, d’un blanc verdâtre, et fréquemment salie par la fiente du nid. Les jeunes sont couverts d’un duvet blanc jaunâtre, et l’on dirait à première vue qu’ils n’ont pas de pieds. Leur accroissement est lent ; leurs parents leur dégorgent la nourriture, et ils n’abandonnent le nid que lorsqu’ils sont capables de les suivre.

À ce moment, le plumage des jeunes femelles est marbré de gris et de brun, à l’exception de la tête et du dessous du corps, qu’elles ont blancs. La queue peut avoir la moitié de la longueur qu’elle acquerra lors de la première mue, et de même que les primaires, est d’un noir brunâtre ; mais après le renouvellement des plumes, les ailes s’allongent, et leur vol désormais est aussi élégant et aussi ferme que celui des vieux oiseaux.

Au second printemps, toujours chez les femelles, le plumage des parties supérieures devient d’un noir brun, et cette couleur s’étend au-dessus de la tête et autour du cou en taches irrégulières, puis continuant en angle aigu vers la poitrine, se trouve partagée à droite et à gauche par le blanc qui, de chaque côté du cou, monte et gagne la tête. Les basses couvertures de la queue, ainsi que les parties inférieures du ventre et des flancs, sont également d’un noir brunâtre. Seules, les épaules n’ont point changé de livrée. La queue et les ailes ont pris tout leur développement.

Au troisième printemps, le noir de la tête et du cou, en descendant jusqu’à l’extrémité de l’angle sur la poitrine, se montre plus vif. Il en est de même pour le ventre et les couvertures de la queue ; le blanc des espaces intermédiaires est aussi beaucoup plus pur. On commence à distinguer çà et là des teintes d’un bronze clair. Les pieds, qui d’abord étaient jaune sombre, se couvrent d’une riche couleur rouge orange, et le bec est d’un bleu pâle. Dès lors l’oiseau peut se reproduire, bien qu’il lui faille encore une mue pour apparaître dans le dernier état de son plumage, qui doit être lustré en dessus et d’un blanc parfait à la gorge.

Les changements que subissent les mâles sont moins remarquables : d’abord, quand ils ont toutes leurs plumes, leur couleur est uniformément celle qu’on voit sur les parties supérieures des jeunes femelles, et dans la suite les teintes ne font que se prononcer. Le brunâtre devient noir, et ils montrent plus pures ces nuances de vert, de pourpre et de bronze que, sous certaines incidences de la lumière, reflète chaque partie de la tête, ainsi que le cou, le corps et même les ailes et la queue des vieux mâles. Ils s’accouplent aussi la troisième aimée. — Mais il est temps de revenir aux mœurs de cet intéressant oiseau.

La Frégate-Pélican est douée d’une puissance de vol supérieure peut-être à celle de tout autre oiseau. Quelque vif que soit le coup d’aile du sterne de Cayenne, des petites mouettes ou du labbe, elle semble ne se faire qu’un jeu de les dépasser. L’autour, le faucon d’Islande et le pèlerin, que je crois les plus légers de leur famille, sont obligés d’user de tous leurs moyens, quand ils donnent la chasse à la sarcelle aux ailes vertes ou au pigeon voyageur ; et encore ne les rattrapent-ils souvent qu’au bout d’un demi-mille. Mais l’oiseau dont je parle tombe pour ainsi dire du ciel, avec la rapidité de la foudre ; et quand il approche de sa victime que son œil perçant épiait, tandis qu’elle pêchait au loin, il s’élance, manœuvre de droite et de gauche pour lui couper la retraite, puis ouvre son bec recourbé et la force d’abandonner le poisson qu’elle venait de prendre. Voyez : là-bas, sur les vagues, saute le brillant dauphin, qui lui aussi poursuit une troupe de poissons volants, et s’attend à les saisir au moment où ils vont retomber dans l’eau. La Frégate l’a remarqué ; elle ferme les ailes, plonge vers lui, et remonte bientôt avec l’un des pauvres fuyards, chétive proie qu’elle tient en travers dans son bec. D’autres fois, planant à plus de cinquante verges au-dessus de la mer, elle aperçoit un marsouin en pleine chasse, s’élance encore, et en passant enlève le mulet qui déjà se réjouissait d’avoir échappé à son redoutable ennemi. Mais ce poisson est trop gros pour son gosier ; alors elle monte en le mâchonnant, et semble vouloir se perdre dans les nuages. Cependant trois ou quatre autres maraudeurs de son espèce la guettaient et viennent d’être témoins de sa bonne fortune ; les ailes toutes grandes ouvertes, ils se précipitent après elle, s’élèvent en décrivant de larges cercles, tranquillement et comme certains de bientôt la rejoindre. Parvenus tous à la même hauteur, ils s’en approchent, la harcèlent à coups d’ailes, et c’est à qui lui ravira sa proie. Ah ! l’un d’eux s’en est emparé !… Mais non : à son tour, le poisson contesté lui échappe et roule dans l’air ; un autre, qui l’a déjà repris, voit bientôt la bande entière à ses trousses ; et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’enfin, ballotté de bec en bec et tout à fait mort, l’infortuné poisson tombe rapidement et disparaisse cette fois sous les flots. Cruel désappointement pour tous ces ventres affamés ; mais ils l’ont bien mérité !

Des scènes comme celles-ci, vous pouvez en voir chaque jour, pour peu que vous vous donniez la peine de visiter les Clefs de la Floride ; mais il m’en reste d’autres à vous décrire et qui me rappellent des souvenirs non moins agréables. Me reposant un jour, sous la fraîche véranda du major Glassel, à la Clef de l’Ouest, j’observais une de ces Frégates qui venait de forcer un sterne de Cayenne, encore en vue, à lâcher un poisson que le ravisseur aux puissantes ailes avait sans peine arrêté dans sa chute. Ce poisson, long d’environ huit pouces, était un peu fort pour le sterne. La Frégate s’enleva, l’emportant en travers dans son bec ; puis elle le jeta en l’air et le reprit comme il tombait, mais par la queue. Une seconde fois elle le lâcha pour le rattraper, lorsqu’il n’était descendu que de quelques mètres, mais encore par la queue ; le poids de la tête, je m’imagine, l’avait empêchée de le saisir autrement ; pour la troisième fois lancé en l’air, il fut enfin reçu comme il fallait, la tête en bas, et avalé sur le coup.

À l’heure où la lumière du matin commence à réjouir la nature, où les chantres des airs attendent, silencieux encore, les premiers rayons du soleil et se disposent à saluer son retour de leurs plus brillants concerts, la Frégate ouvre ses ailes et quitte la retraite où elle a passé la nuit. Doucement et sans effort, le cou ramené en arrière, elle glisse et semble vouloir essayer la vigueur renouvelée de son vol. Elle s’avance vers l’abîme, monte, monte encore, et, longtemps avant tout autre oiseau, peut voir l’astre étincelant sortir des flots. Quelle limpidité dans l’azur des cieux ; quelle riche couleur d’un vert foncé sur la mer qu’aucun souffle n’agite ! tout annonce une magnifique journée ; et maintenant l’oiseau secoue ses ailes avec transport, et bien loin, au sein des airs, son essor l’emporte là où ne peut atteindre la faible vue de l’homme. Il flotte à présent, dans ces régions pures et sereines où l’imagination seule peut le contempler ! Mais déjà le voici qui reparaît : les ailes à demi fermées, il descend lentement vers la mer ; un instant il s’arrête, puis se replonge dans les airs. Trois fois il s’est approché de la surface de l’Océan ; enfin, d’un mouvement brusque et violent, il bat des ailes, semblable au guerrier qui fait tournoyer sa claymore ; tout va bien ! et il part, en poussant des bordées de côté et d’autre, pour chercher la proie.

Cependant le soleil arrive au milieu de sa course ; des nuages menaçants obscurcissent l’horizon, la brise, que l’on ne sent point encore, commence à soulever les ondes ; un brouillard épais s’étend sur l’abîme, les cieux s’assombrissent ; déjà les vents déchaînés font écumer les vagues, et à leur mugissement répondent les roulements lointains du tonnerre. La nature entière est enveloppée de ténèbres, les éléments sont confondus : seule, la Frégate tient vaillamment tête à l’ouragan. Si son vol ne peut en forcer l’impétuosité, du moins elle ne recule pas et continue de se balancer comme le faucon, dont l’œil est fixé d’en haut sur sa proie. Mais la tempête a redoublé de fureur ; alors l’oiseau s’élève obliquement : en quelques vigoureux coups d’aile, il surmonte les nuages tumultueux et ne tarde pas à entrer dans une atmosphère paisible, où il vogue à l’abri des orages, attendant qu’au-dessous de lui le monde ait repris sa tranquillité.

Souvent j’ai vu la Frégate se gratter, en volant, la tête avec ses pieds. C’est ce que j’avais remarqué notamment chez l’un de ces oiseaux qui, s’étant laissé tomber au travers des airs, comme ils ont parfois coutume de le faire, vint à portée de fusil juste au-dessus de ma tête, où je le tuai. Je cherchais depuis longues années quel pouvait être l’usage des ongles pectinés pour les oiseaux ; celui-ci, que je me hâtai de ramasser, me l’apprit. En examinant les deux pieds à la loupe, j’en trouvai les dentelures toutes garnies d’insectes tels qu’on en voit à sa tête et principalement autour de ses oreilles. Je remarquai aussi que ces ongles sont, dans cette espèce, beaucoup plus longs, plus aplatis, et ressemblent davantage aux dents d’un peigne, que ceux d’aucune autre que je connaisse ; et je conclus, en conséquence, que cet instrument, plus ou moins utile en d’autres cas, sert incontestablement ici à l’oiseau pour nettoyer les parties de sa peau que son bec ne peut atteindre.

Parfois on voit ces Frégates se chasser et se pousser l’une l’autre, comme en folâtrant ; après quoi, elles partent à tire-d’aile et en droite ligne, jusqu’à ce qu’elles soient hors de vue ; mais, si leur vol est libre et puissant, à un degré qu’aucun autre ne surpasse, en revanche elles éprouvent la plus grande difficulté à se mouvoir sur la terre. Néanmoins elles peuvent s’enlever d’un banc de sable, quelque uni et bas qu’il soit. En pareil cas, de même que lorsqu’elles se reposent sur l’eau, ce qu’elles ne font que rarement, elles commencent par relever perpendiculairement les ailes ; la queue s’étale et se redresse, et au premier coup qu’elles en donnent simultanément sur le sol, elles bondissent et puis s’envolent. Les pieds, outre ce que j’en ai dit, ne leur servent guère qu’à supporter le corps, quand elles s’abattent sur une branche. Dans cette position, elles se tiennent difficilement droites, bien que pouvant marcher de côté, comme les perroquets. Jamais elles ne plongent. Leur bec, par sa forme, rappelle celui du cormoran qui, lui non plus, ne plonge jamais en volant pour prendre un poisson, mais se laisse seulement aller dans l’eau, de dessus sa perche ou son rocher, quand quelque danger le menace. C’est, du reste, ce que font les anhingas et différents autres oiseaux.

Quand notre Frégate a besoin d’un poisson mort, d’un crabe ou de tout autre objet flottant qui convient à son appétit, elle s’approche de l’eau à la manière des goëlands, les ailes hautes et battant sans cesse, jusqu’à ce que le bec ait accompli sa fonction. Cela fait, elle se renlève immédiatement et dévore sa proie.

Elle voit très bien la nuit, et cependant ne va jamais à la mer que le jour. Maintes fois, et à différentes heures, j’ai longé sur ma barque des îles couvertes de mangliers où se tenaient perchés des centaines de ces oiseaux, qui paraissaient profondément endormis. Alors, pour les faire partir, je n’avais qu’à tirer un coup de fusil, et sur-le-champ je les voyais prendre l’essor et fendre l’air avec autant d’aisance qu’au milieu du jour ; puis ils revenaient se percher, quand le bateau s’éloignait. Ils ne sont point farouches, et même semblent ne pas craindre le fusil. Rarement partent-ils tous, quand on tire après eux ; ils ne s’effrayent sérieusement qu’après qu’on en a tué un grand nombre. Ce qui surtout est cause qu’on a du mal à s’en procurer, c’est qu’en quittant les arbres ils montent de suite à une hauteur considérable. Mais nous avions d’excellents fusils ; et Tom le Long, celui de notre digne pilote, se distinguait entre tous. Dans une de ces rencontres, ils planèrent pendant plus d’une demi-heure au-dessus de notre tête, et nous en tuâmes près d’une trentaine. Nous pouvions entendre le coup les frapper ; et en tombant, le bruit de leurs grandes ailes qui tournoyaient en l’air ressemblait à celui d’une voile battant contre le mât, dans un temps calme. Dès qu’ils se sentent touchés à mort, ou même très légèrement, ils rendent gorge, comme les vautours, les mouettes et quelques sternes. Une fois tombés, si l’on cherche à s’en approcher, ils continuent de vomir le contenu de leur estomac, qui parfois exhale une odeur insupportable. On peut mettre la main dessus, bien qu’ils soient à peine blessés, sans qu’ils montrent grande disposition à se défendre ; seulement ils se tourmentent et se débattent jusqu’à ce qu’on les ait achevés. Prenez garde, toutefois ; car si vous vous avisez de leur introduire le doigt dans le bec, vous ne le retirerez pas sans dommage.

Ils sont d’un naturel morne et silencieux ; le seul cri que je leur aie entendu pousser, était une sorte de croassement. Ils dévorent les jeunes du pélican brun, lorsqu’ils sont encore tout petits ; n’épargnent pas ceux des autres oiseaux dont les nids sont plats et se trouvent exposés à leurs attaques, pendant l’absence des parents ; mais aussi gare à leur propre couvée, que ne traite pas mieux le busard des dindons, plus vorace qu’eux ! Quant à cette croyance où l’on est que la Frégate force les pélicans et les boubies à lui dégorger leur proie, je puis assurer que c’est une erreur. Le pélican, s’il se voyait attaqué ou poursuivi, n’aurait qu’à se poser sur l’eau ou partout ailleurs, et d’un seul coup de son bec puissant et acéré, il mettrait à la raison le téméraire agresseur. Pour la boubie, non moins fortement armée, elle obtiendrait, je n’en doute pas, le même succès. Le sterne de Cayenne et autres espèces de ce genre, ainsi que plusieurs petites mouettes, qui tous abondent sur les côtes de la Floride, leur servent ordinairement de pourvoyeurs. Les Frégates les contraignent de rendre gorge ou de laisser tomber leur proie. Ceux des habitants de la mer qui chassent pour elles sont les dauphins, les marsouins et, par occasion, le requin. Leur vue est extraordinairement perçante : et parfois elles se précipitent d’une grande hauteur, pour ramasser sur l’eau un poisson mort, long de quelques pouces. Leur chair est coriace, noire, et j’estime qu’il n’y a qu’un estomac mourant de faim qui puisse s’en accommoder.