Stances (Les Poèmes d’Edgar Poe)

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Traduction par Stéphane Mallarmé.
Les Poèmes d’Edgar PoeLéon Vanier, libraire-éditeur (p. 69-72).

STANCES

La journée la plus heureuse, l’heure la plus heureuse, mon cœur atteint et fané l’a connue. — Le plus haut espoir d’orgueil et de puissance, je sens qu’il est passé.

De puissance ! dis-je ? oui ! je me le figure, mais il y a longtemps que c’est évanoui ; hélas ! les visions de la jeunesse ont été, qu’elles fuient.

Orgueil, qu’ai-je maintenant à faire avec toi ? Un autre front peut bien hériter du poison que tu m’as versé : sois tranquille, mon esprit.

Le jour le plus heureux, l’heure la plus heureuse que verront mes yeux, sont vus déjà. Le regard le plus brillant vers l’orgueil et la puissance, je le sens, il a eu lieu :

Mais que cet espoir d’orgueil et de forces s’offrît maintenant avec la peine alors sentie ; cette heure très brillante, je ne voudrais la revivre. —

À son aile s’alliait de l’ombre et, quand elle a volé, tomba une essence, puissante — pour détruire une âme qui la savait.