Tableau historique et pittoresque de Paris/L’Institution de l’Oratoire

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L’INSTITUTION DE L’ORATOIRE.


Cette maison, située dans la rue d’Enfer, étoit consacrée à recevoir ceux qui se destinoient à entrer dans la congrégation de l’Oratoire. C’étoit là qu’ils recevoient les premières instructions du ministère auquel ils étoient appelés. Ce fut Nicolas Pinette, trésorier de Gaston, duc d’Orléans, qui l’acheta en 1650, la fit réparer d’une manière convenable, et la donna ensuite à cette congrégation en toute propriété. Les prêtres de l’Oratoire obtinrent, peu de temps après, par le crédit de Gaston lui-même, des lettres-patentes qui les gratifièrent de tous les privilèges dont jouissoient les maisons de fondation royale.

L’église, dont la première pierre fut posée au nom de ce prince le 11 novembre 1655, fut bénite en 1657, sous le titre de la Présentation au temple.


curiosités de l’église de l’institution.
tableaux.

Sur le maître-autel, la Présentation au Temple ; par Simon-François ;

Sur la porte d’entrée, Notre-Seigneur devant Pilate ; par Charles Coypel.


sépultures.

La chapelle de la Vierge renfermoit un mausolée élevé, en 1661, à la mémoire du cardinal de Bérulle. Ce saint prélat y étoit représenté à genoux dans une niche ; au dessus, une grande urne de marbre noir renfermoit sa main et son bras droit. Ce monument avoit été exécuté par Jacques Sarrazin, auquel on devoit aussi la statue du même personnage que l’on voyoit aux Carmélites[1].

Dans diverses parties de l’église avoient été inhumés :

Jeanne-Marie-Françoise Chouberne, l’une des bienfaitrices de cette communauté, morte en 1655.

Henri de Barillon, évêque de Luçon, mort en 1699.

Le maréchal de Biron, mort en 1756.



La maison de l’institution étoit également célèbre par les hommes distingués qu’elle a produits et par les personnages illustres qui s’y sont retirés pour s’occuper uniquement du soin de leur salut.

Ses bâtiments étoient accompagnés d’un vaste enclos bien cultivé[2].

La bibliothèque, peu considérable, offroit un choix de très bons livres et possédoit quelques manuscrits précieux.

prêtres de la communauté.

C’étoit ainsi que l’on nommoit en 1658 une réunion d’ecclésiastiques qui s’étoit formée dans une maison de la rue Saint-Dominique. Ce sont les mêmes qui se rendirent depuis si malheureusement célèbres sous le nom de Solitaires de Port-Royal-des-Champs, où ils s’étoient retirés.



  1. Ce dernier monument a été donné au collége de Juilly.
  2. Cette maison, réunie au monastère de Port-Royal, sert maintenant d’hospice pour les femmes en couche.