Un monde inconnu/Tome II/24

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Alexandre Cadot, éditeur (Tome IIp. 255-280).

XXIV

— Le poignard s’émousse toujours sur la soutane d’un ministre du Seigneur, répéta Yrigoyen avec la comique gravité d’un homme qui, pris de vin, veut essayer de garder sa dignité.

Bientôt le digne padre, entraîné par l’influence de ses copieuses libations, se laissa glisser doucement à terre, et y resta au bout de deux minutes, plongé dans un profond sommeil.

Livré aux pensées que la singulière entrevue que je finissais d’avoir avait fait naître en moi, je m’en allai distrait et soucieux, lorsqu’un incident tout à fait imprévu vint me rappeler subitement à ma position présente. Une voix claire et impérative partie à quelques pas de moi, fit entendre le mot quieto (reste tranquille) avec la brusquerie d’un cavalier parlant à son cheval. Croyant au premier abord que cette interpellation m’était adressée, mon premier mouvement fut de me jeter d’un pas en arrière, et de porter la main à mes pistolets ; mais je vis bientôt que je m’étais trompé. Ce mot avait été prononcé par le Pelon, que je reconnus très bien, car il faisait clair de lune, et était adressé à Matagente qu’il s’efforçait de retenir par la gorge, ainsi qu’eut fait un maître boucher avec son dogue.

— Éloignez-vous, me cria le Pelon.

Loin de tenir compte de cette recommandation, et assuré de l’immense supériorité que donnait, tant sur lui que sur son compagnon, la bonne paire de pistolets dont j’étais muni, je m’avançai au contraire d’un pas, tout en me tenant parfaitement sur mes gardes :

— Ah ! vaurien, lui dis-je, nous sommes seuls ici, et sans avoir à craindre d’être interrompus. Aussi je compte mettre à profit cette occasion pour te faire une question.

— Faites, cabellero, me répondit le Pelon, plus intimidé encore par le canon de mon arme, que par la manière leste dont je l’abordais.

— Explique-moi donc pourquoi ton ami voulait s’élancer tout à l’heure sur moi, et quel motif t’a fait le retenir, toi, qui ne me connais pas, et qui n’avais aucun danger à courir, puisqu’il me prenait à l’improviste ?

— Parce que cet imbécille de Matagente vous avait pris pour un de ses ennemis, et que moins stupide et moins emporté que lui, j’ai eu le temps de reconnaître son erreur, avant qu’il ait eu celui de consommer son crime, me répondit le métis.

— Bien vrai ?…

— Quel intérêt, caballero, aurais-je à vous faire un mensonge, et quel autre motif m’eût porté à retenir tout à l’heure cette brute de Matagente ?

À cette nouvelle apostrophe du Pelon, Matagente souffla comme un buffle en colère, sans que le métis daignât y faire attention.

— À présent, puis-je me permettre de vous souhaiter une bonne nuit, et me retirer, senor ? continua-t-il avec cet air de soumission servile que garde d’ordinaire le Mexicain de bas étage envers les étrangers, et surtout dans le tête-à tête.

— Oui ; bonsoir.

Nous nous éloignâmes chacun de notre côté.

— Eh bien ! me demanda don Luis, lorsqu’une demi-heure après je fus de retour, comment s’est passée votre entrevue avec le digne padre ?

— Mais, très bien.

— Puis-je sans indiscrétion vous prier de m’en raconter les détails ?

— Comment donc !…

Je me mis pour satisfaire mon hôte à lui dire tout ce qui m’était arrivé depuis que je l’avais quitté. Lorsque je fus au récit de ma rencontre avec le Pelon et Matagente, il m’interrompit par une énergique exclamation.

— Et le Pelon a bien positivement retenu le bras de son sanguinaire compagnon ?

— Oui.

— Caramba ! ceci me semble bien suspect. Mais, dites-moi : vous rappelez-vous si, avant de passer dans son arrière-boutique, là où il vous raconta son histoire, Yrigoyen avait fermé la porte de son magasin ?

— Non, il l’avait laissée ouverte.

— Ouverte ! répéta don Luis d’un air distrait, et, tout en attachant autour de son corps le ceinturon de son sabre. — Alors il faut, senor, que sans perdre une seule minute nous allions…

Ici le vieux guérillero s’arrêta court et sembla réfléchir pendant quelques secondes, puis il reprit :

— Mais, non, il serait trop tard… Nous ne pourrions plus que nous compromettre sans être d’aucune utilité. Ce que nous avons de mieux à faire, c’est d’attendre jusqu’à demain les événements. Bonsoir, dormez tranquille, car je veillerai pour vous. À demain.

Le capitaine don Luis me fit un affectueux salut de la main, et sortit.

La grande confiance que m’inspirait sa loyauté, jointe à la fatigue que je ressentais encore de la route, malgré ma sieste de la journée, furent deux raisons pour me faire passer une si bonne nuit, que lorsque le lendemain matin je me réveillai suivant mon habitude à la pointe du jour, il me sembla qu’à peine avais-je dormi deux heures. Don Luis, déjà levé, fumait son cigare.

Buenos Dias tenga v., amigo, me dit-il en me tendant la main, je vous fais mes compliments sur votre admirable sommeil.

— Bien obligé, don Luis ; mais à vos traits pâles et fatigués, je crains bien de n’avoir pas le droit de vous présenter les mêmes félicitations.

— Et vous auriez raison ; car j’ai passé la nuit entière assis sur cet équipal[1], je ne pouvais reposer.

— Comment veiller seul ainsi ?

— Oh ! je n’étais point seul, reprit don Luis d’une voix triste. J’avais pour compagnons des souvenirs et des pressentiments ; mais ne parlons pas de toutes ces choses. Prenez plutôt votre chocolat afin que nous puissions aller faire un tour.

— Regardez, me dit-il, lorsque nous nous trouvâmes bras dessus bras dessous au milieu de la Bonanza ; regardez combien est triste et hideux le réveil du coupable. Après les horreurs de la nuit, voici Nabogame qui étend ses bras fatigués de crimes et se met les mains devant les yeux pour ne point voir le soleil. Quelle différence de réveil entre les gens qui récoltent de l’or toute la journée, et ceux qui ne récoltent que les fruits de la terre. Les premiers maudissent le jour qui va leur montrer de sangfroid ce qu’ils ont fait d’horrible dans le délire de la nuit, et ils ont peur. Les derniers se réjouissent, chantent et pourtant ce jour nouveau ne doit leur apporter que de grandes fatigues et un modique salaire.

Comment expliquer le contraste, don Pablo ?

— Par l’effet d’une conscience satisfaite.

— Oui, vous avez raison, par la conscience et les souvenirs !

La voix de mon hôte était tellement émue en prononçant ces mots, qu’elle m’alla droit au cœur ; je fis semblant de ne pas m’apercevoir, que deux grosses larmes sillonnaient sa mâle et énergique figure. Nous continuâmes silencieusement notre promenade.

Après plusieurs détours, je crus reconnaître l’endroit où nous nous trouvions.

— Senor don Luis, n’est-ce point par ici que demeure le padre Yrigoyen ?

Cette question arracha à ses tristes pensées don Luis, qui me répondit vivement :

— Yrigoyen… Yrigoyen… C’est vrai. J’avais oublié un moment le but de cette promenade, doublons le pas.

— Que voulez-vous dire ?

— Vous le saurez tout à l’heure ; mais n’entendez-vous point le bruit de la foule, là, derrière ces maisons ?

— En effet, que signifie…

— Ça signifie qu’à présent le senor curé doit être auprès de Dieu, à lui rendre compte de sa vie.

— Mort ! Yrigoyen !… dites-vous, senor don Luis ?

— Oui, mort, et mort assassiné !

En ce moment nous venions de tourner une enfilade de cabanes qui nous cachaient la foule, et nous nous trouvâmes devant un spectacle d’une lugubre confusion. Sur une table légèrement inclinée, était étendu de tout son long le cadavre horriblement défiguré du pauvre curé espagnol, que j’avais vu si joyeux et si robuste encore la veille. De larges taches violettes qui devaient avoir été produites par la pression effrénée de doigts de fer, maculaient les contours de son cou. Au milieu de sa poitrine horriblement labourée de coups de couteaux, se remarquait surtout une hideuse blessure, dont les bords tout meurtris et écartés montraient que l’assassin avait dû y retourner plusieurs fois son arme. La figure du cadavre rendait encore en ce moment l’expression de la poignante douleur et de l’impuissante rage qui avaient précédé ses derniers moments. C’était épouvantable à voir.

Au pied de ce lit de parade, que rendait plus hideux encore le reflet d’un chaud soleil, Matagente, étendu sur son côté dans la poussière, s’occupait à étancher le sang qui ruisselait d’une profonde blessure qu’il avait reçue dans le dos, et poussait par moment un grognement de douleur tenant le juste milieu entre le cri de la hyène et le rugissement du taureau ; du reste, il semblait ne donner qu’une très médiocre partie de son attention au cadavre d’Yrigoyen, gisant devant ses yeux : sa propre souffrance l’absorbait.

— De l’eau ! de l’eau ! murmura-t-il enfin, en jetant sur ceux qui l’entouraient un regard qu’il voulut rendre suppliant, et qui, malgré lui, resta féroce, de l’eau ! au nom de Dieu !

Personne, dans la foule, ne répondit à cette prière ; mais, si on ne songeait point à le secourir, du moins n’oubliait-on point de l’interroger.

— Qui a tué le digne curé, scélérat ? lui vociférait-on aux oreilles.

— N’est-ce pas que c’est bien toi qui l’as poignardé, infâme ?

— Comment as-tu été blessé au dos ?

— Qui t’a blessé ? etc., etc.

— De l’eau ! de l’eau ! continua de dire Matagente d’une voix de plus en plus sourde et étranglée, de l’eau, et je répondrai à tout, j’avouerai tout. Je ferai ce que l’on voudra.

On lui apporta enfin un verre d’eau qu’il but avidement d’un seul trait.

— Eh bien ! parle donc maintenant ! Quel est celui qui a tué le révérend Yrigoyen ?

— Le Pelon, répondit Matagente, dont les yeux brillèrent d’un indéfinissable regard de haine, lorsqu’il prononça le nom de son ancien ami.

— Et toi, qui t’a blessé ?

— Le Pelon.

— Pourquoi ?

— Parce que je voulais défendre notre digne et infortuné padre.

— Mais quel peut avoir été le but de cet infâme Pelon, en tuant un aussi saint homme.

— Son but, répondit Matagente, dans le regard duquel brilla une lueur passagère d’intelligence, son but était de le dépouiller d’un million de piastres, au moins, que le bon padre… oh ! que je souffre… avait dans son arrière-boutique. — Un million de piastres !… oh ! caramba !… et qui doit se trouver encore à peu près intact, dans un grand coffre en bois…

La phrase de l’Indien n’était pas encore achevée, que déjà la foule, semblable à une avalanche, s’était précipitée dans l’arrière-boutique, dont j’ai donné la description, brisant tout devant elle, se pressant, s’étouffant avec des blasphèmes, et laissant là, sans plus y prendre garde, le cadavre et le blessé.

— Au nom de nuestra senora del Carmen senor don Luis, s’écria alors Matagente en étendant ses mains suppliantes vers mon hôte, qui, le seul de tous ceux présents, ne s’était point jeté sur la curée du mort, au nom du ciel, sauvez-moi !… Votre bras, je vous en conjure, pour me soutenir, et votre maison pour asile.

Don Luis, sans daigner répondre à ces humbles interpellations, se retourna vers moi :

— Allons nous-en, don Pablo, car je pense que vous devez avoir assez de ce spectacle.

Pour toute réponse je lui montrai Matagente.

— Oh ! ne vous inquiétez pas de ce vaurien, reprit-il avec sangfroid, sa blessure est un bien léger à-compte pour tous ses crimes. Venez.

Curieux pourtant, comme tout voyage un pur-sang, de connaître plus intimement les détails de cette affreuse catastrophe, j’insistai auprès de don Luis pour qu’il me permît de venir en aide au blessé.

— Faites comme bon vous semblera, cher senor, me répondit-il, mais souvenez-vous quec’est un vrai serpent coralillo que vous allez réchauffer dans votre sein.

Nonobstant ce prudent avis, je soulevai l’Indien de terre, et, lui ayant permis de s’appuyer sur moi, je pris, précédé de don Luis, le chemin de la maison.

Une fois arrivé, le vieux guérillero, après avoir consenti à soigner la blessure de l’Indien, ce dont il s’acquitta en homme qui connaît son métier, me regarda fixement, puis me dit :

— La curiosité n’entre-t-elle pas pour beaucoup dans votre pitié pour ce malheureux ?

— Je vous avouerai, capitaine, que vous venez de deviner très juste.

— Alors elle va être satisfaite, reprit-il ; et, prenant cette intonation de voix brève et sévère, à laquelle sont habitués les gens qui ont passé leur vie à commander, il s’adressa à Matagente, qui, couché sur lin banc, semblait vouloir dormir.

— À quelle heure as-tu assassiné le curé ?

— Ce n’est pas moi, senor…

— Tu mens, c’est toi. À quelle heure ?

— Presque de suite après avoir rencontré ce caballero, répondit-il en me désignant du doigt.

— Raconte-nous donc les détails de ce meurtre, et n’oublie point surtout, qu’au moindre mot de mensonge de ta part, et je verrai dans tes yeux si tu dis vrai, j’achève ce que le Pelon a déjà si bien commencé.

Don Luis, en parlant ainsi, montra du doigt son couteau.

— J’obéis, caballero. Ce matin, à la suite d’une altercation que je venais d’avoir avec cet infâme brigand, il me promit, au moment où, maître dé sa personne, j’allais le tuer, de me faire gagner un million de piastres si je lui faisais grâce de la vie. Cette offre me désarma, et ce fut alors qu’il me fit connaître que le curé Yrigoyen, que personne de nous ne croyait aussi riche, avait, dans son arrière-magasin, un énorme coffre plein de poudre d’or. Notre intention n’était pas, d’abord, d’en venir aux dernières extrémités, mais seulement de le voler, et c’est au hasard qu’il faut attribuer sa mort.

Le même hasard se mêle toujours à tout ce qu’entreprend cet infâme, dit à demi-voix don Luis. Mais arrive au fait, Matagente. Je sais que vous étiez déjà placés en embuscade pendant que don Pablo causait avec Yrigoyen. N’est-ce point vrai ?

— Tellement vrai, caballero, que nous avons entendu toute la conversation.

— Et vous êtes entrés dès que le curé est resté seul ?

— Si, senor ; notre première action fut d’aller droit au bienheureux coffre, dont nous soulevions déjà le couvercle, lorsque, moins ivre que nous ne l’avions pensé, le padre, en entendant le bruit que nous faisions, poussa un énergique : Qui vive ? Nous nous arrêtâmes, le Pelon et moi, espérant qu’il allait se rendormir. Tout à coup nous le vîmes sauter en bas de son lit et étendre la main vers une paire de pistolets suspendue au mur. Le danger pressait ; j’étais presque ivre… et…

— Et ? dit sévèrement don Luis, en voyant que l’assassin hésitait à poursuivre.

— Et, ma foi, perdant la tête, je me précipitai sur lui, puis, le prenant dans mes bras, je le retins fortement sur son lit.

— Sans le blesser ?

— À vrai dire, je crois que, pendant la lutte, mon couteau effleura son épaule ; mais la blessure n’était point mortelle. Pendant ce temps-là, le Pelon, qui continuait à faire des paquets de l’or qu’il retirait du me cria de venir prendre sa place et de lui céder la mienne, ce que je fis avec plaisir. — Senor curé, dit-il en s’adressant alors à Yrigoyen, sur le corps duquel il se trouvait à cheval, pas un mot, je vous prie, c’est un assassinat que vous m’épargnerez. L’infortuné, au lieu de tenir compte de cette recommandation, se mit au contraire à crier au secours. Pour toute réponse, le Pelon lui appuya un peu fortement sont couteau sur la poitrine. — Vous me tuez ! hurla Yrigoyen. — Oh ! n’ayez point peur, lui répondit mon compagnon, le poignard d’un Mexicain s’émousse toujours sur la soutane d’un ministre du Seigneur, et vous avez votre soutane, saint père ! Enfin, pour ne point abuser de votre patience, senores, je vous dirai que le curé, criant toujours, le Pelon finit par s’exaspérer à un tel point, que, d’une main, il le prit à la gorge pour étouffer ses cris, tandis que de l’autre il se mil à le cribler de coups de couteau, et que bientôt tout rentra dans le silence.

— Et toi, que faisais-tu pendant cette affreuse scène ?

— Moi, senor, j’étais à moitié penché dans le coffre pour en retirer l’or, lorsque soudain le couvercle, vivement poussé, me tomba sur les épaules, et je me trouvai pris, tout comme dans une trappe à castor. C’est en ce moment que je sentis le froid d’un poignard me pénétrer dans les reins, et tout en perdant connaissance, je distinguai la voix de cet infâme Pelon, qui me disait : « Voici ta part, adroit Matagente, la part qui te revient pour la troisième manche de cette partie que tu regardais ce matin comme finie. Adieu donc, porte-toi bien. » Je m’évanouis alors tout à fait. Voilà, caballeros, tout ce que j’ai à vous dire.

Après celte horrible narration, faite avec un révoltant sangfroid, nous restâmes plongés tous les trois dans un assez long silence, que don Luis rompit le premier.

— Comptez-vous rester longtemps à Nabogame, don Pablo ?

— Non, senor, je partirai demain.

— El vous aurez raison. Comme vous désirez probablement connaître l’issue de toute cette affaire, je vous dirai que mon intention était d’abord de faire sauter la cervelle à ce monstre, me répondit don Luis en me désignant du doigt Matagente, qui fit un geste d’effroi, mais depuis j’ai changé d’avis, et je me contenterai seulement de le renvoyer dès qu’il sera en état de marcher, car je n’ai pas le droit, moi, de punir un assassin. En parlant ainsi, mon hôte me semblait en proie à une vive émotion.

Ayant appris qu’une caravane, composée de Mexicains, à moitié honnêtes gens, devait partir à quelques jours de là, je remis mon départ à cette époque, et je dois avouer que ce ne fut pas sans regrets que je quittai mon hôte, que son noble caractère me faisait chérir davantage chaque jour. Je dus aussi appeler à mon secours toute ma rhétorique pour lui faire accepter comme souvenir une excellente paire de pistolets, que j’avais avec moi (et que, vieux soldat de cœur et d’âme, il regardait toujours avec envie), car je n’aurais jamais osé lui offrir de l’argent pour prix de son hospitalité.

Le douzième jour après mon départ de Nabogame, j’arrivai, sans avoir été dérangé ou distrait par aucun incident remarquable, à Altala, port chétif et misérable, d’où une une mauvaise goélette cabotière, jaugeant une trentaine de tonneaux, me déposa, brûlé par le soleil et par la soif et après une abominable traversée de quinze jours, à Monlerey, le principal port de la Californie (Nouvelle).

  1. Chaise faite de roseaux et de peaux de taureaux très commune en Senora y Sinaloa.