Une famille parisienne à Madagascar avant et pendant l’Expédition/Partie I/Chapitre 2

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CHAPITRE II

Lettre d’un revenant


Quelques jours après, Michel Berthier trouva dans son courrier du matin la lettre suivante :


Manakarana, province du Boueni, Madagascar,

17 août 1892.


Mon cher Michel,

C’est un revenant qui t’écrit. Tu ne te souviens peut-être plus de ce cerveau brûlé d’oncle Daniel qui fut, de tout temps, l’épouvantail de la famille ? Si par hasard tu ne m’as pas complètement oublié, tu dois penser que je dors depuis belles années au fond de quelque trou tropical, sous une latitude extravagante. Quant à moi, j’ai conservé un souvenir très précis de ta physionomie, et il me semble que je te reconnaîtrais tout de suite si je me trouvais nez à nez avec toi, bien qu’il y ait quelque chose comme vingt-huit ans, si je sais compter, que nous nous sommes quittés. Je te vois encore avec ton képi et ta tunique de collégien et je t’entends me questionner avidement sur les « pays de sauvages » que j’avais déjà visités. Tu étais à peu près le seul qui paraissais t’intéresser à l’éternel voyageur, au Juif errant de la famille ; c’est pour cela probablement que j’ai emporté de toi une meilleure impression que des autres. Ce n’est pas, du reste, que j’aie gardé rancune à tous ces braves gens qui me jugeaient d’après leurs idées européennes. Toi, grâce à ton âge, tu n’écoutais que ton instinct ; et ton instinct te disait que je n’étais pas l’original excentrique et égoïste que tout le monde imaginait autour de toi. Peut-être, il est vrai, si tu avais eu quelque dix ans de plus, ne m’aurais-tu pas jugé moins sévèrement que tes parents. Quoi qu’il en soit, avant de te faire part du motif de cette lettre, il faut que tu saches tout d’abord ce que je suis devenu depuis que tu n’as entendu parler de moi. Après avoir fait l’élevage des bœufs et des moutons en Australie pendant de longues années avec des fortunes diverses, j’allai au Japon pour le compte d’une forte maison d’opium de Calcutta, puis à Bangkok où je gagnai pas mal d’argent dans le commerce des bois. En mai 1883, un peu las d’avoir roulé du nord au sud et de l’est à l’ouest, je rentrais en France avec un magot de taille raisonnable, lorsque les hasards d’une relâche forcée en rade de Diégo-Suarez me donnèrent l’idée d’explorer les parties les plus intéressantes de l’île de Madagascar. Je n’avais point annoncé mon retour en France et personne ne m’attendait ; j’étais donc parfaitement libre d’interrompre mon voyage à mon gré. Je l’interrompis. J’avais la chance de tomber dans la bonne saison, la saison sèche ; je pus donc visiter l’île presque d’un bout à l’autre dans les meilleures conditions. Au cours de mes excursions j’eus maintes fois l’occasion de remarquer des richesses naturelles de toute sorte qui demeuraient stériles et improductives par suite du manque de bras et de voies de communication. Après avoir passé quelques semaines à Tananarive, la capitale, je regagnai la côte occidentale par Majunga et Manakarana où, à la suite d’une imprudence, je tombai gravement malade de la fièvre. Heureusement pour moi, je fus très bien soigné par un ancien chirurgien de marine de passage dans la région, et j’eus la chance de me rétablir assez vite. Une fois convalescent, en attendant le prochain bateau de Maurice, j’employai mes loisirs forcés à battre les environs. Là encore je fus frappé des ressources merveilleuses qui demeuraient inexploitées. Et, comme je ne pouvais me retenir de gourmander à ce propos les amis que j’avais à Manakarana, ceux-ci m’offrirent aussitôt de me faire apporter contre une rétribution insignifiante tous les produits naturels ou autres de la région, si je voulais me charger d’en trouver le placement. Je n’étais pas venu à Madagascar pour faire le commerce ; j’hésitai donc longtemps ; mais enfin, sur les instances répétées de mes amis, je cédai. Bientôt le bruit se répandit de village en village qu’un vazaha (c’est le nom qu’on donne aux étrangers à Madagascar) établi à Manakarana achetait toutes les productions du pays, quelles qu’elles fussent. En moins d’un mois, je fus envahi, débordé. Tout ce qui était susceptible d’être acheté dans un rayon assez étendu m’arriva à la fois : caoutchouc, gomme copal, bois d’ébène et de palissandre, maïs, riz, orseille, pois du Cap, cire, vanille, cuirs de bœuf salés et jusqu’à des tortues de terre pesant de trois à cinq kilos. Je fus obligé d’improviser des dépôts provisoires, de louer ou d’acheter toutes les cases qui se trouvaient disponibles autour de moi. Au lieu d’argent, mes vendeurs indigènes préféraient être payés en denrées de provenance européenne. Or, une heureuse coïncidence voulut qu’à ce moment même un brick de commerce du port de Marseille, chargé précisément d’articles d’échange, le San Thomé, capitaine Marius Richard, à destination de Port-Natal, dût relâcher à Majunga en attendant la fin de je ne sais quelle épidémie qui ravageait la côte orientale sud d’Afrique ; cette épidémie menaçant de se prolonger, le capitaine cherchait à se défaire de sa cargaison à n’importe quel prix, afin de pouvoir regagner son port d’attache dans les délais voulus. C’était justement mon affaire, j’achetai le tout en bloc et, comme je payais comptant, je l’eus pour peu de chose. Je me trouvai ainsi à la tête d’un stock considérable de faïence, de quincaillerie, de verroteries, d’armes à feu, de poudre de chasse, de miroirs, de colliers en cornaline, de toiles de Madapolam, de toiles écrues d’Amérique, de guinées de l’Inde, de tissus imprimés, etc., qui me permit de régler en empochant des bénéfices considérables mes opérations avec les indigènes. En même temps, le capitaine Marius Richard me proposa de m’acheter une partie de mes marchandises du pays, pour constituer au San Thomé un chargement de retour. Seulement les habitudes de la maison Tallard, Breton et Cie, pour le compte de laquelle il naviguait, étaient de n’effectuer ses paiements qu’à trois mois. Je ne connaissais ni la maison Tallard, Breton et Cie, ni le capitaine Marius Richard ; je risquais donc gros en acceptant. Je n’hésitai pas cependant. Sous ses allures volontiers bruyantes, surtout quand il avait bu sa double ration de rhum, j’avais deviné que Marius Richard était un très honnête homme. Je ne devais pas me repentir d’avoir eu confiance en lui ; car à la date fixée je reçus mon argent. En attendant, j’avais écoulé presque entièrement mon stock d’articles d’échange européens ; et simultanément un nouvel approvisionnement de produits indigènes m’avait été apporté de plus de vingt lieues à la ronde. J’écrivis alors à la maison Tallard, Breton et Cie, pour lui proposer de faire avec elle une nouvelle opération dans les mêmes conditions que la première, en stipulant que la cargaison du nouveau bateau à moi destiné serait composée des articles qui m’étaient le plus demandés, à savoir outre les porcelaines, les faïences, la verrerie, la mercerie, la quincaillerie, la bimbeloterie, la bijouterie, les articles de Paris, qui sont de vente courante, des toileries diverses imprimées et unies – pas les trop belles qualités, car celles-ci s’écoulaient plus difficilement, – des vins et des spiritueux divers, champagne, amers, absinthe, etc., des médicaments, de l’huile d’olive, du savon, du sel marin de Marseille, du sucre raffiné, des conserves alimentaires et autres comestibles du même genre. Cette seconde opération m’ayant rapporté les mêmes bénéfices que la première, j’en fis une troisième, puis une quatrième, toujours avec la même maison ; si bien que pendant huit ans le San Thomé accomplit plusieurs voyages par an pour m’apporter une pleine cargaison d’articles d’échange, qu’il remplaçait par une autre cargaison, non moins pleine, de produits malgaches. Enfin, il y a deux ans, la maison Tallard, Breton et Cie ayant liquidé, j’achetai le San Thomé pour mon propre compte, et le brave Marius Richard passa à mon service.

Depuis ce moment, mes affaires ont pris un développement qui ne peut que s’accroître dans l’avenir. Malheureusement je commence à me fatiguer, et je prévois que d’ici quelques années je serai forcé de m’arrêter. En même temps je me demande pourquoi je me donne la peine de travailler ainsi, et pour qui. Si encore j’avais quelqu’un, un enfant, un parent quelconque, pour partager avec moi la direction et les bénéfices de ma maison de commerce, et la reprendre plus tard, quand je ne serai décidément bon à rien ! C’est alors que j’ai pensé à toi, mon cher Michel. Si rien ne te retient en France, pourquoi ne viendrais-tu pas me retrouver ici, où ton avenir serait assuré et où, dès à présent, tu pourrais compter sur une existence des plus larges et des plus agréables ? Quand je pense à la vie mesquine que vous menez là-bas, alors même que votre fortune vous permet un certain luxe ; et surtout au milieu de quelles tracasseries, de quelles vexations de tout genre vous vous débattez, j’en hausse les épaules de pitié. Et dire que si j’avais écouté mes parents, qui certes ne voulaient que mon bien, mais dont la nature timorée s’effarait de la moindre initiative, je serais sans doute aujourd’hui un sous-chef de bureau en retraite, ou un ancien commerçant retiré des affaires, avec trois mille francs de revenus amassés péniblement à force d’économies et de privations ! Et encore rien de moins certain. Avec mon humeur indépendante, il est probable que je n’aurais fait que des bêtises, et que je serais devenu une espèce de meurt-de-faim, inutile ou plutôt nuisible aux autres et à moi-même ; tandis qu’aujourd’hui j’ai un comptoir d’échanges qui me rapporte bon an mal an, presque sans risques sinon sans peine, une soixantaine de mille francs, et mon compte à la banque Roux et Frayssinet frères s’élevait à la fin du mois dernier à deux millions tout ronds qui ne demandent qu’à faire des petits. Avec un peu plus de fatuité, je pourrais me dire en outre que j’ai créé dans un pays perdu, ou à peu près, un établissement qui n’est pas sans intérêt, et travaillé dans mon petit coin au développement du commerce et de la prospérité de la France. Ah ! pourquoi manquons-nous si souvent, nous autres Français, de cet esprit d’initiative qui fait la fortune de tant d’Anglais, d’Américains, d’Allemands même ? Je crois bien que si par aventure je me trouvais en ce moment à Paris, j’aurais des envies folles d’arrêter les passants sur le boulevard pour leur crier : « Qu’est-ce que vous faites là, espèces de serins, à vous promener la canne à la main, en vous plaignant que les alouettes ne viennent pas vous tomber toutes rôties dans la bouche ? Vendez bien vite tout ce que vous avez, mettez votre argent dans un portefeuille, ledit portefeuille dans la poche de côté de votre veston, et courez à Marseille vous embarquer sur le premier bateau pour Madagascar. C’est la fortune à bref délai pour vous et pour les vôtres. Seulement n’attendez pas qu’il soit trop tard. Si vous ne vous hâtez pas, vous trouverez la place prise, et ce sera tant pis pour vous. »

Ne crois pas que j’exagère, mon cher Michel. C’est peut-être le salut de notre pays que cette question de l’expansion coloniale. En France, on passe son temps à s’entre-dévorer pour des misères, des mots, des utopies, ou pour des convoitises, pour des appétits. Au lieu d’ouvrir la porte toute grande aux efforts individuels, vous ne savez quelles barrières inventer pour les refouler ; au lieu de chercher à vous entendre pour vaincre les difficultés sociales, vous en inventeriez plutôt d’imaginaires. Aussi aboutissez-vous à de jolis résultats aux scandales de Panama, de Cornelius Herz, du baron de Reinach ! Vous vous donnez un mal du diable pour arriver à fabriquer des bacheliers ; et qu’est-ce que vous en faites ensuite ? Des oisifs forcés, que la lutte pour la vie sur le sol natal trop encombré élimine et étouffe, ou des déclassés que trop souvent la faim pousse au crime. Envoyez-nous tous ces gens-là ; nous vous rendrons des hommes honnêtes et utiles qui auront gagné une fortune à leurs enfants, tout en ajoutant au domaine colonial de la France. Le voilà, le moyen de vous sauver de votre pourriture ! La voilà, la vraie solution de la question sociale !

Mais je m’emballe, moi, et les feuillets s’entassent sur les feuillets. Il est vrai qu’une fois n’est pas coutume, et que je ne t’ai jamais beaucoup fatigué de ma prose. Enfin je me résume et j’en reviens à ma proposition. Je ne sais pas quel est l’état de tes affaires. Je m’imagine seulement qu’à sa mort, mon pauvre Victor, ton père, n’a guère dû te laisser qu’une aisance à peine suffisante pour vivre, comme celle qu’on peut acquérir à Paris après trente ou quarante ans passés au service de l’État. Il me semble bien aussi me souvenir que tu devais entrer dans la banque ou dans l’industrie. Enfin, n’importe ! De deux choses l’une : ou tu es riche, heureux, bien posé, et alors déchire ma lettre et n’en parlons plus ; ou ta situation, au contraire, est plutôt modeste, aléatoire, rien moins que brillante. Dans ce cas fais tes paquets et viens me rejoindre au plus vite. Si tu as un capital disponible, je t’offre de te prendre tout de suite comme associé et de t’abandonner ensuite l’affaire le jour où je me retirerai ; si tu n’as pas le sou, tu entreras chez moi comme employé privilégié avec une large participation aux bénéfices, et, pour l’avenir, tu n’auras pas à regretter de m’avoir écouté. Réponds-moi le plus tôt possible, j’aime les choses qui ne traînent pas. Prends cependant le temps de réfléchir. Si par hasard le commerce ne te dit rien, il y a ici d’autres voies ouvertes à l’activité des gens qui ne craignent pas leur peine, l’agriculture par exemple. Évidemment toutes les parties de l’île ne sont pas également fertiles. A côté de forêts magnifiques, de plateaux propices à la culture et qu’il serait aisé de rendre admirablement productifs, on trouve des terrains complètement arides, avec un sol ingrat, rocailleux, d’où l’on ne saurait rien tirer. Mais, en somme, avec ses bons et ses mauvais côtés, Madagascar, qui a une superficie plus grande que celle de la France, nous offre autant de chances d’avenir, au moins, que les meilleures de nos colonies. Une difficulté, il est vrai, qui retardera longtemps encore le développement de l’île, c’est le manque de bras. Dans la région que j’habite, notamment, les indigènes sont d’un caractère nomade et se soucient peu de cultiver la terre ; pour les remplacer, on est obligé d’aller chercher des travailleurs en Afrique, et jusque dans l’Inde. L’absence de voies de communication praticables pour relier entre eux et aux ports principaux les divers centres de production est également un obstacle sérieux. Mais tout cela pourra s’arranger à la longue ; c’est une simple affaire de temps et d’argent. La preuve en est qu’on compte déjà à l’intérieur de l’île un certain nombre d’exploitations en pleine prospérité et d’un rendement merveilleux. J’ai eu occasion de voir dans le Sud des plantations de café, de canne à sucre, de coton, de vanille et de tabac qui étaient tout simplement admirables. Il y a aussi des forêts de caoutchouc en pleine exploitation, à côté d’autres bois immenses où se trouvent des arbres d’essence supérieure, aptes à toutes sortes d’usages, comme l’ ébène, le palissandre, le bois de rose, le tamarin, et d’autres arbres propres au pays. Ajoute à cela l’élevage des bêtes à cornes et des bêtes à laine, qui se fait dans des conditions tout particulièrement favorables ; et des mines de cuivre, de fer, de plomb argentifère, d’argent et d’or, comme l’exploitation aurifère de M. Suberbie, dans la région du Betsiboka et de l’Ikopa, au-dessous de Mavetanana. Tu n’auras donc que l’embarras du choix, si tu préfères l’industrie, ou la culture, au commerce.

Quant aux habitants du pays, ils n’aiment guère le travail, mais ils sont doux et faciles à vivre. Il y a bien quelques bandes de maraudeurs – on les appelle des Fahavalos, – mais ils ne s’attaquent qu’aux gens isolés et désarmés. Enfin les autorités de l’île ne sont guère gênantes, surtout à la distance où nous sommes de la capitale. De temps à autre on voit apparaître un particulier couleur de pain d’épice et habillé comme un général anglais ou comme un chef de gare ; c’est le gouverneur hova de la ville voisine qui vient essayer de mettre son nez camard dans vos affaires. Mais avec quelques pièces de cent sous en argent et deux ou trois litres de rhum on a raison assez facilement des velléités vexatoires de ce vilain monsieur. Reste le climat. Pas fameux, le climat, surtout sur la côte et pendant les six mois de la saison pluvieuse, de novembre à mai. Mais il ne faut pas exagérer, non plus. En somme, j’ai vu des Européens établis depuis des vingt et des trente ans aux Indes et dans l’Extrême-Orient, où il fait beaucoup plus chaud qu’à Madagascar, et qui ne s’en portaient pas plus mal. A plus forte raison peut-on vivre, et vivre très vieux, ici, à condition de se garder du voisinage des marais et des eaux stagnantes et de ne pas s’exposer directement aux rayons du soleil qui sont mortels. En adoptant le casque colonial de moelle de sureau, les costumes de laine blanche, les manteaux de caoutchouc ; en ne faisant qu’un usage extrêmement modéré des alcools ; enfin en observant avec soin toutes les pratiques hygiéniques, on n’a pas grand’chose à craindre, sauf bien entendu le chapitre des accidents toujours possibles. La meilleure preuve, c’est que depuis dix ans ma seule maladie a été l’attaque de fièvre qui fut la cause première de mon installation à Manakarana et qu’avec mes soixante-deux ans bien sonnés j’ai encore, Dieu merci ! bon pied, bon œil, bonnes dents et bon estomac. Tu vois que la proposition que je te fais de venir vivre avec moi n’offre guère que des avantages. Ne te décide pas toutefois sans y avoir réfléchi mûrement. Je n’ai pas besoin d’ajouter combien ton acceptation me rendrait heureux. Tu es à toi seul toute ma famille, que je sache, et je ne voudrais pas partir pour mon dernier voyage sans t’avoir revu. Aussi le jour où j’assisterai à ton débarquement sur notre petite plage, en face de mon comptoir, je t’embrasserai de bon cœur, tu peux en croire ton vieil oncle affectionné.

DANIEL BERTHIER-LAUTREC.


P.-S. – J’y pense, en me relisant. Depuis le temps que je n’ai entendu parler de toi, peut-être t’es-tu marié, peutêtre as-tu des enfants. Si cela est, amène tout ton monde avec toi ; la place ne manque pas ici, et plus j’aurai de neveux, de nièces, de petits-neveux et de petites-nièces à aimer et à dorloter, plus je serai content.