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Voluptés bizarres/IV

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Georges de Lesbos
( ?)
S. N. (p. 46-58).

Voluptes bizarres frise ch1-4-7



CHAPITRE IV.


DU DANGER DE FAIRE CACA DANS UN WAGON.


Le lendemain matin, comme les deux jeunes femmes se promenaient dans le jardin, la porte de l’allée principale roula sur ses gonds, et deux hommes pénétrèrent à l’intérieur…

L’un, grand, barbu, bâti en Hercule, taillé à coups de hache, n’était autre que le protecteur de Suzanne, le Russe, ce fameux Russe, si vicieux, dont la courtisane avait entretenu son amie… Pinoskoff présenta son compagnon…

— Raoul Belverge, fit-il, un gaillard qui mène la vie à grandes guides, et qui sait s’amuser… Avec cela, veuf depuis huit jours, ce qui est un avantage tout particulier…

— Monsieur est veuf ? questionna Hélène, en rendant le galant salut que lui adressa le jeune homme…

— Oui, ma belle, répliqua Raoul, en souriant… Oh ! c’était un joli petit crampon, qui s’avisait d’être jaloux avec cela !… vous comprenez, si je l’ai lâchée et l’ai renvoyée à ses troupeaux !

— Vous étiez lié avec une gardeuse de troupeaux !…

— Oui… je l’avais découverte, il y a deux ans, dans une grasse prairie de la Normandie… Je l’ai lavée, savonnée, parfumée, habillée, et m’en étais fait une petite femme, tout à fait présentable… Le malheur, c’est qu’elle s’avisa de m’aimer pour de bon… et si cette grande passion ne s’était point allumée, il est très probable que je ne l’aurais pas encore lâchée … Car elle vous avait un galbe tout à fait extraordinaire !…

— Alors, fit Hélène avec surprise, c’est parce que votre maîtresse vous aimait, que vous l’avez quittée…

— Parbleu ! oui !

— C’est très drôle !

— N’est-ce pas ?…

Au déjeuner, Hélène fut placée aux côtés du snob, qui se laissait aller au charme répandu par la jeune femme… On causait amicalement, tandis que le Russe, grand buveur et beau parleur, contait à Suzanne d’invraisemblables histoires de chasse…

Sous la table, les pieds commençaient à folâtrer… Raoul s’était emparé du petit peton de la jeune femme et son genou frôlait la cuisse ronde de cette dernière, effectuant d’expressives pressions, qui troublaient fort la pauvre Hélène…

Après le déjeuner, on alla faire un tour au jardin, lequel était très vaste et tout planté de beaux arbres fruitiers…

Hélène, au bras de Raoul, s’en allait par les allées, très heureuse de sentir la main du joli gommeux effleurer les pointes de ses seins.

Raoul eut un soupir.

— Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire, fit Hélène, en plantant son clair regard dans les yeux du jeune homme.

— C’est vrai, répondit laconiquement celui-ci…

— Qui vous fait donc soupirer ainsi ?

— Oh ! un tas de choses !

— Et… peut-on savoir ?…

— Cela dépend…

— De quoi ?

— De vous !

— De moi ?

— Promettez-moi de ne pas vous emporter, si je vous dis le motif de ma tristesse…

— C’est promis…

— Eh bien ! je ressens au cœur un grand trouble… Je suis anxieux, lorsque je me demande s’il m’est permis de vous aimer !…

— Vous m’aimez ?

— Cela ne vous froisse pas ?…

— Mais non, je vous assure…

— Vous me rendez trop heureux, fit Raoul, en prenant doucement la taille de la jeune femme, qu’il attira contre lui, continuant de marcher à petits pas… Ainsi, votre mari ne serait point un obstacle, et je pourrais espérer ?…

— Mais oui, mon ami, tout ce que vous voudrez !…

— Hélène, Hélène, vous me transportez !…

— Tant mieux !…

Derrière eux, le Russe et Suzanne riaient aux éclats…

— À la bonne heure, ça va bien, ça va même mieux que ça, disait Pinoskoff à sa maîtresse… Ce Raoul a le diable au corps, parole !… Eh bien ! si c’est ça qu’il appelle venir se mettre au vert !…

— Il n’est pas comme vous, celui-là, horreur d’homme !…

— Certes, car il a vingt-huit ans et j’en ai cinquante, bien sonnés !…

— Ce qui veut dire que sans omelette…

— Je serais évidemment un homme flambé…

— Grosse canaille !…

— C’est ça, et passe-moi la main dans les cheveux !

Hélène et Raoul poursuivaient leur amoureuse causerie…

— Si vous saviez quel effet vous me produisez, faisait Raoul…

— Ah !… et… peut-on savoir !…

— Regardez…

Elle jeta les yeux sur la braguette, où le membre raidi laissait sa trace révélatrice…

Raoul s’amusa à le faire remuer, et ce manège parut si drôle à la jeune femme, qu’elle éclata de rire…

Mutine, elle frôla de sa main gantée la verge du bandeur…

Oh ! combien il eût désiré voir cette main demeurer là, plus que l’espace d’un clin d’œil !…

Au détour d’une allée, Raoul ne put résister plus longtemps à l’impérieux désir qui lui mordait le cœur… prenant la jeune femme aux tétons, il les baisa avec une précipitation folle, et, comme Hélène, riant, faisait tressauter ses seins magnifiques, Raoul colla ses lèvres sur les lèvres de la mignonne, éteignant ce rire perlé qui l’excitait encore…

Elle s’échappa de ses bras, et courut à un magnifique cerisier, rouge de fruits…

Avant que Raoul ait eu le temps de se reconnaître, elle avait placé une échelle le long de l’arbre et y avait grimpé…

Et lui, sous les jupes courtes, pouvait admirer les mollets ronds et bien faits d’Hélène, les cuisses grosses, et, tout au fond, le gros fessier, bien épanoui dans la pénombre des jupons…

— Oh ! les beaux fruits, faisait Hélène…

— C’est vrai, sont-ils gros, répliquait Raoul…

— Jamais je n’en ai vu de pareils…

— Ni moi non plus…

Et grimpant à l’échelle, il fourra sa tête sous les jupes de la jeune femme, embrassant le voluptueux fessier, qui se remuait fort agréablement…

— Voulez-vous bien finir ! s’écriait Hélène, qui, s’agitant trop fort, perdit l’équilibre et vint poser ses fesses sur le visage de Raoul…

Un barreau craqua et les deux jeunes gens roulèrent à terre, sans grand mal, car l’herbe des pelouses amortit leur chûte…

Mais Hélène avait les jupes par dessus sa tête, et très étourdie par cette dégringolade inattendue, elle oubliait de voiler la chair de ses cuisses, que la dentelle du pantalon, retroussé, laissait gaiment sourire…

Raoul se précipita entre les splendides cuisses, et, braquant son membre dans la fente ménagée dans l’entre-jambe du pantalon, il essaya de l’enfoncer dans les profondeurs cythérennes… En sentant pénétrer dans son ventre l’instrument avec lequel on bâtit les hommes, Hélène poussa un cri et tenta de se reculer…

Peine perdue… Raoul s’était couché sur elle, et ses deux mains avaient saisi ses merveilleuses fesses, par lesquelles il la tenait étroitement enlacée…

— On vient, fit Hélène, en entendant crier le sable de l’allée…

— Que le diable les emporte !… s’écria Raoul, très ennuyé d’un pareil contre temps.

Il se releva rapidement, tandis qu’Hélène se rajustait quelque peu, toute ébouriffée…

— Ah ! ah ! je vous y prends, faisait le Russe… Peste ! sais-tu que tu vas très vite en besogne, mon cher Raoul !…

Hélène tourna à dos au Pinoskoff, tandis que Suzanne, les sourcils froncés, regardait jalousement Raoul…

Le soir, le dîner fut triste…

Suzanne ne soufflait mot…

Le Russe bavardait toujours et était seul à s’amuser de son incohérent verbiage…

Une heure après, Hélène se levait…

— Où allez-vous ? demanda Raoul…

— Je vais chez moi…

— Pourquoi ?…

— Il faut que j’y aille, vous dis-je…

— Non point… Vous ne retournez plus chez votre mari, je vous enlève… Suzanne vous prêtera quelques effets de première nécessité… Nous partons cette nuit-même…

Il l’avait enlacée et la baisait aux lèvres…

— Veux-tu fuir ? demanda-t-il.

— Fuyons, répondit-elle…

— Ainsi, vous partez ? questionna Suzanne, blême de colère.

— On ne lui répondit pas…

Hélène, sur les genoux de Raoul, causait amoureusement avec ce dernier…

— Le cochon ! se dit Suzanne, tu me payeras tout ce que je souffre !… Viens, ajouta-t-elle tout haut, en prenant Hélène par la taille…

Et quand elles furent seules, dans la chambre, où, la nuit précédente, leurs foutres avaient coulé, Suzanne fondit en larmes, jurant qu’elle se vengerait tôt ou tard de ce sale gandin, qui l’enlevait à son amour…

Une heure après, à la gare voisine, Hélène et Raoul prenaient place dans un coupé spécial, et roulaient à toute vapeur vers Paris…

Il l’avait placée sur ses genoux, et la jeune femme, les jupes troussées par dessus les cuisses, appuyait ses petits pieds sur la banquette, écartant les jambes, tandis que Raoul la branlait avec la tête de son dard…

Tout-à-coup, Hélène se leva, très rouge…

— Je vous en supplie, fit-elle, mettez-vous à la portière…

— Et pourquoi ?…

— Oh ! dépêchez-vous, surtout !…

— Mais dites-moi…

— J’ai envie de faire caca…

— Que ne le disiez-vous, cher ange !

Il alla mettre le nez à la portière, tandis qu’Hélène saisissant rapidement un journal qui se trouvait sur les coussins, relevait ses jupes, dégrafait son pantalon, et, accroupie au-dessus du journal déployé, fesses nues, laissait tomber de son divin anus de jolies petites crottes, que Raoul entendait choir sur le papier bavard…

N’y tenant plus, il se retourna, le membre sorti du pantalon, et il se mit à se branler, regardant la jeune femme, très gênée, et qui n’osait plus se relever…

Mais tout-à-coup, elle se dressa, tournant le cul, qui apparut tout blanc, dans l’envolement des jupons, et elle jeta par la portière le trop plein de ce gros sournois…

Prompt comme l’éclair, Raoul s’était précipité, et sa verge toute raide vint s’enfoncer entre les fesses splendides de la jeune femme…

— Oh ! que c’est bon, faisait Raoul, poussant du ventre.

Il la culbuta sur les coussins…

Et, durant toute cette belle nuit d’été, jamais wagon-coupé, dit la chronique, n’entendit de pareils cris, et n’assista à de semblables débauches.


frise de fin de chapitre