Walden ou la vie dans les bois/Fabulet/4

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Traduction par Louis Fabulet.
Éditions de la Nouvelle revue française (p. 98-111).
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BRUITS


Mais pendant que nous nous confinons dans les livres, encore que les plus choisis et les plus classiques, pour ne lire que de particuliers langages écrits, eux-mêmes simples dialectes, et dialectes provinciaux, nous voici en danger d’oublier le langage que toutes choses comme tous événements parlent sans métaphore, le seul riche, le seul langage-étalon. Beaucoup s’en publie, mais peu s’en imprime. Les rayons qui pénètrent par le volet ne seront plus dans le souvenir le volet une fois grand ouvert. Ni méthode, ni discipline ne sauraient suppléer à la nécessité de se tenir éternellement sur le qui-vive. Qu’est-ce qu’un cours d’histoire ou de philosophie, voire de poésie, quelque choix qui y ait présidé, ou la meilleure société, ou la plus admirable routine d’existence, comparés à la discipline qui consiste à toujours regarder ce qui est à voir ? Voulez-vous être un lecteur, simplement un homme d’études, ou un voyant ? Lisez votre destinée, voyez ce qui est devant vous, et faites route dans la futurité.

Je ne lus pas de livres le premier été ; je sarclai des haricots. Que dis-je ! Je fis souvent mieux que cela. Il y eut des heures où je ne me sentis pas en droit de sacrifier la fleur du moment présent à nul travail soit de tête, soit de mains. J’aime une large marge à ma vie. Quelquefois, par un matin d’été, ayant pris mon bain accoutumé, je restais assis sur mon seuil ensoleillé du lever du soleil à midi, perdu en rêve, emmi les pins, les hickorys et les sumacs, au sein d’une solitude et d’une paix que rien ne troublait, pendant que les oiseaux chantaient à la ronde ou voletaient sans bruit à travers la maison, jusqu’à ce que le soleil se présentant à ma fenêtre de l’ouest, ou le bruit de quelque chariot de voyageur là-bas sur la grand-route, me rappelassent le temps écoulé. Je croissais en ces moments-là comme maïs dans la nuit, et nul travail des mains n’en eût égalé le prix. Ce n’était point un temps soustrait à ma vie, mais tellement en sus de ma ration coutumière. Je me rendais compte de ce que les Orientaux entendent par contemplation et le délaissement des travaux. En général je ne m’inquiétais pas de la marche des heures. Le jour avançait comme pour éclairer quelque travail mien ; c’était le matin, or, voyez ! c’est le soir, et rien de remarquable n’est accompli. Au lieu de chanter comme les oiseaux, je souriais silencieusement à ma bonne fortune continue. De même que la fauvette, perchée sur l’hickory devant ma porte, avait son trille, de même avais-je mon rire intérieur ou gazouillement étouffé qu’elle pouvait entendre sortir de mon nid. Mes jours n’étaient pas les jours de la semaine portant l’estampille de quelque déité païenne, plus que n’étaient hachés en heures et rongés par le tic-tac d’une horloge ; car je vivais comme les Indiens Puri, dont on dit que « pour hier, aujourd’hui et demain ils n’ont qu’un seul mot, et expriment la diversité de sens en pointant le doigt derrière eux pour hier, devant eux pour demain, au-dessus de leur tête pour le jour qui passe ». Ce n’était autre que pure paresse aux yeux de mes concitoyens, sans doute ; mais les oiseaux et les fleurs m’eussent-ils jugé suivant leur loi, que point n’eussé-je été pris en défaut. L’homme doit trouver ses motifs en lui-même, c’est certain. La journée naturelle est très calme, et ne réprouvera guère son indolence.

J’avais dans ma façon de vivre au moins cet avantage sur les gens obligés de chercher leur amusement au dehors, dans la société et le théâtre, que ma vie elle-même était devenue mon amusement et jamais ne cessa d’être nouvelle. C’était un drame en maintes scènes et sans fin. Si toujours en effet nous gagnions notre vie et la réglions suivant la dernière et meilleure façon de nous apprise, nous ne serions jamais tourmentés par l’ennui. Suivez votre génie d’assez près, et il ne faillira pas à vous montrer d’heure en heure un point de vue nouveau. Le ménage était un gai passe-temps. Mon plancher était-il sale, que je me levais de bonne heure, et, installant dehors tout mon mobilier sur l’herbe, lit et bois de lit en un seul paquet, aspergeais d’eau le plancher, le saupoudrais de sable pris à l’étang, puis avec un balai le frottais à blanc ; et les villageois n’avaient pas rompu le jeûne que le soleil du matin avait suffisamment séché ma maison pour me permettre d’y aménager de nouveau, de sorte que mes méditations se trouvaient presque ininterrompues. Rien n’était amusant comme de voir tous mes ustensiles de ménage sur l’herbe, en petit tas comme un ballot de bohémien, et ma table à trois pieds, d’où je n’avais enlevé les livres non plus que la plume ni l’encre, là debout emmi les pins et les noyers. Ils avaient l’air contents eux-mêmes de sortir, et comme peu disposés à se voir rentrés. J’avais parfois envie de tendre une toile au-dessus d’eux et de m’établir là. C’était une joie de voir le soleil briller sur le tout et d’entendre souffler dessus la libre brise ; tant les objets les plus familiers paraissent plus intéressants dehors que dans la maison. Un oiseau perche sur la branche voisine, l’immortelle croît sous la table aux pieds de laquelle la ronce s’enroule ; des pommes de pins, des bogues de châtaignes, des feuilles de fraisier jonchent le sol. Il semblait que ce fût la façon dont ces formes en étaient venues à se transmettre à notre mobilier, aux tables, chaises, et bois de lit, – parce qu’ils s’étaient jadis tenus parmi elles.

Ma maison était située à flanc de coteau, immédiatement sur la lisière des plus grands arbres, au milieu d’une jeune forêt de pitchpins et hickorys, à une demi-douzaine de verges de l’étang, auquel conduisait un étroit sentier descendant de la colline. Dans ma cour de devant poussaient la fraise, la mûre, et l’immortelle, l’herbe de la Saint-Jean et la verge d’or, les chênes arbrisseaux et le cerisier nain, l’airelle et la noix de terre. Vers la fin de mai, le cerisier nain (Cerasus pumila) adornait les côtés du sentier de ses fleurs délicates disposées en ombelles cylindriquement autour de ses courtes tiges, lesquelles, à l’automne, s’affaissaient sous le poids de grosses et belles cerises, pour retomber en guirlandes comme des rayons de tous les côtés. J’y goûtai, en compliment à la Nature, toutes peu délectables qu’elles fussent. Le sumac (Rhus glabra) croissait en abondance autour de la maison, se frayant un chemin à travers le remblai que j’avais fait, et poussant de cinq ou six pieds dès la première saison. Sa large feuille pinnée des tropiques était plaisante quoique étrange à regarder. Les gros bourgeons qui tard dans le printemps sortaient soudain des tiges sèches qu’on avait pu croire mortes, se développaient comme par magie en gracieux rameaux verts et tendres, d’un pouce de diamètre ; et parfois si étourdiment poussaient-ils et mettaient à l’épreuve leurs faibles articulations, qu’assis à ma fenêtre il m’arrivait d’entendre quelque frais et délicat rameau soudain retomber à la façon d’un éventail jusqu’au sol, en l’absence du moindre souffle d’air, brisé par son propre poids. En août les lourdes masses de baies, qui, en fleur, avaient attiré quantités d’abeilles sauvages, prenaient peu à peu leur belle teinte de velours cramoisi, et par l’effet de leur poids de nouveau courbaient et brisaient les membres délicats.


Tandis que je suis à ma fenêtre cet après-midi d’été, des busards se meuvent en cercle à proximité de mon défrichement ; la fanfare de pigeons sauvages, volant par deux ou trois en travers du champ de ma vue, ou se perchant d’une aile agitée sur les branches des pins du nord derrière ma maison, donne une voix à l’air ; un balbuzard ride la surface limpide de l’étang et ramène un poisson ; un vison se glisse hors du marais, devant ma porte, et saisit une grenouille près de la rive ; le glaïeul plie sous le poids des « babillards » qui çà et là voltigent ; et toute la dernière demi-heure j’ai entendu, tantôt mourant au loin et tantôt revivant tel le tambour d’une gelinotte, le roulement des wagons de chemin de fer qui transportent les voyageurs de Boston à la campagne. Car je ne vivais pas aussi en dehors du monde que ce garçon qui, paraît-il, envoyé chez un fermier dans la partie est du bourg, ne tarda pas à s’échapper pour rentrer à la maison, déprimé à n’en pouvoir mais et avec le mal du pays. Il n’avait jamais vu d’endroit si triste et si loin de tout ; les gens étaient tous partis je ne sais où ; oui, on n’entendait même pas le sifflet des locomotives ! Je me demande s’il est encore un endroit de cette sorte aujourd’hui dans le Massachusetts :


« In truth, our village has become a butt
For one of those fleet railroad shafts, and o’er
Our peaceful plain its soothing sound is – Concord[1]. »


Le chemin de fer de Fitchburg touche l’étang à environ cent verges au sud de là où j’habite. Je me rends d’ordinaire au village le long de sa chaussée, et me trouve pour ainsi dire relié au monde par ce chaînon. Les hommes des trains de marchandises, qui font le trajet d’un bout à l’autre, me saluent comme une vieille connaissance, tant souvent ils me dépassent, et ils me prennent apparemment pour quelque employé : ce que je suis. Moi aussi me verrais-je volontiers réparateur de la voie quelque part dans l’orbite de la terre.

Le sifflet de la locomotive pénètre dans mes bois été comme hiver, faisant croire au cri d’une buse en train de planer sur quelque cour de ferme, et portant à ma connaissance que nombre de marchands agités de la grand’ville arrivent dans l’enceinte de la petite, ou d’aventureux commerçants de la campagne s’en viennent de l’autre versant. En atteignant un horizon, ils crient leur avertissement pour livrer la voie à l’autre, entendu parfois de l’enceinte de deux villes. Voici venir votre épicerie, campagnes ; vos rations, campagnards ! Il n’est pas d’homme assez indépendant sur sa ferme pour être capable de leur dire nenni. Et en voici le paiement ! crie le sifflet du campagnard ; le bois de charpente comme de longs béliers se ruant à vingt milles à l’heure à l’assaut des murs de la cité, et des chaises assez pour asseoir tous les gens fatigués, accablés sous le faix, qui habitent derrière eux. C’est la politesse énorme et encombrante avec laquelle la campagne tend une chaise à la ville. Toutes les collines indiennes à myrtils se voient dépouillées, tous les marais couverts de canneberges se voient ratissés dans la ville. S’en va le coton, s’en vient le tissu, s’en va la soie, s’en vient le lainage ; s’en vont les livres, mais s’en vient l’esprit qui les écrit.

Lorsque je rencontre la locomotive avec son train de wagons qui s’éloigne d’un mouvement planétaire, – ou, plutôt, à l’instar d’une comète, car l’observateur ne sait si avec cette vitesse et cette direction elle revisitera jamais ce système, puisque son orbite ne ressemble pas à une courbe de retour, – avec son nuage de vapeur, bannière flottant à l’arrière en festons d’or et d’argent, tel maint nuage duveteux que j’ai vu, haut dans les cieux, déployer ses masses à la lumière, – comme si ce demi-dieu en voyage, cet amonceleur de nuages, devait ne tarder à prendre le ciel du couchant pour la livrée de sa suite ; lorsque j’entends le cheval de fer éveiller de son ébrouement comme d’un tonnerre les échos de la montagne, de ses pieds ébranler la terre, et souffler feu et fumée par les narines (quelle espèce de cheval ailé ou de dragon jeteur de feu mettra-t-on dans la nouvelle Mythologie, je ne sais), c’est comme si la terre avait enfin une race digne aujourd’hui de l’habiter. Si tout était comme il semble, et que les hommes fissent des éléments leurs serviteurs pour de nobles fins ! Si le nuage en suspens au-dessus de la locomotive était la sueur de faits héroïques, ou portait le bienfait de celui qui flotte au-dessus des champs du fermier, alors les éléments et la Nature elle-même accompagneraient de bon cœur les hommes en leurs missions et leur seraient escorte.

Je guette le passage des wagons du matin dans le même sentiment que je fais le lever du soleil, à peine plus régulier. Leur train de nuages qui s’étire loin derrière et s’élève de plus en plus haut, allant au ciel tandis que les wagons vont à Boston, dérobe le soleil une minute et plonge dans l’ombre mon champ lointain, train céleste auprès duquel le tout petit train de wagons qui embrasse la terre n’est que le barbillon du harpon. Le palefrenier du cheval de fer était levé de bonne heure en ce matin d’hiver à la lueur des étoiles emmi les montagnes, pour donner le fourrage et mettre le harnais à son coursier. Le feu, lui aussi, était éveillé pareillement de bonne heure pour lui communiquer la chaleur vitale et l’enlever. Si l’aventure était aussi innocente qu’elle est matinale ! La neige est-elle épaisse, qu’ils attachent au coursier ses raquettes, et avec la charrue géante tracent un sillon des montagnes à la mer, dans lequel les wagons, comme un semoir à la suite, sèment tous les hommes agités et toute la marchandise flottante dans la campagne comme une graine. Tout le jour le coursier de fer vole à travers la campagne, ne s’arrêtant que pour permettre à son maître de se reposer, et je suis réveillé à minuit par son galop et son ébrouement de défi, lorsqu’en quelque gorge écartée des bois il fait tête aux éléments sous son armature de glace et de neige et ce n’est qu’avec l’étoile du matin qu’il regagnera sa stalle, pour se lancer de nouveau en ses voyages sans repos ni sommeil. Ou peut-être, le soir, l’entends-je en son écurie, qui chasse de ses poumons l’énergie superflue de la journée, afin de se calmer les nerfs, se rafraîchir le sang et la tête durant quelques heures d’un sommeil de fer. Si l’aventure était aussi héroïque, aussi imposante qu’elle est prolongée, qu’elle est infatigable !

Au loin à travers des bois solitaires situés sur les confins de villes, là où jadis seul le chasseur pénétrait de jour, dans la nuit la plus sombre dardent ces salons éclatants à l’insu de leurs hôtes ; en ce moment qui s’arrêtent à quelque brillante gare, dans la ville, dans le bourg, où s’est rassemblée une foule courtoise, tout à l’heure dans le Marais Lugubre, effarouchant hibou et renard. Les départs et les arrivées des wagons font aujourd’hui époque dans la journée du village. Ils vont et viennent avec une telle régularité, une telle précision, leur sifflet s’entend si loin, que les fermiers règlent sur eux leurs horloges, et qu’ainsi une seule institution bien conduite règle tout un pays. Les hommes n’ont-ils pas fait quelque progrès en matière de ponctualité depuis qu’on a inventé le chemin de fer ? Ne parlent-ils et ne pensent-ils plus vite dans la gare qu’ils ne faisaient dans les bureaux de la diligence ? Il y a quelque chose d’électrisant dans l’atmosphère du premier de ces endroits. J’ai été surpris des miracles accomplis par lui ; que certains de mes voisins, qui, je l’aurais une fois pour toutes prophétisé, ne devaient jamais atteindre à Boston, grâce à si prompt moyen de transport, soient là tout prêts quand la cloche sonne. Faire les choses « à la mode du chemin de fer » est maintenant passé en proverbe ; et cela en vaut la peine, d’être si souvent et sincèrement averti par une autorité quelconque d’avoir à se tenir éloigné de sa voie. Pas d’empêchement à lire la loi contre les attroupements, pas de feu de mousqueterie au-dessus des têtes de la foule, en ce cas. Nous avons bâti de toutes pièces un destin, un Atropos, qui jamais ne se détourne. (Que ce soit là le nom de votre machine.) Les hommes sont avertis qu’à certaine heure et minute ces flèches seront lancées vers tels points cardinaux ; encore ne gêne-t-il les affaires de personne, et les enfants vont-ils à l’école sur l’autre voie. Nous n’en vivons que sur un pied plus ferme. Nous sommes ainsi tous élevés à nous voir les fils de Tell. L’air est rempli de flèches invisibles. Tout sentier qui n’est pas le vôtre est le sentier du destin. Gardez donc votre voie.

Ce qui me recommande le commerce, c’est sa hardiesse et sa bravoure. Il ne joint pas les mains pour prier Jupiter. Je vois ces gens chaque jour aller à leur affaire avec plus ou moins de courage et de contentement, faisant plus même qu’ils ne soupçonnent, et peut-être mieux employés qu’ils ne pouvaient sciemment imaginer. L’héroïsme qui les fit tenir bon toute une demi-heure sur le front de bataille à Buena Vista[2], me touche moins que la ferme et joyeuse vaillance de ceux qui font de la charrue à neige leurs quartiers d’hiver ; qui ne se contentent pas du courage de trois heures du matin, lequel Bonaparte tenait pour le plus rare, mais dont le courage ne va pas se reposer de si bonne heure, qui ne vont dormir que lorsque dort la tempête ou que les muscles de leur coursier de fer sont gelés. En ce matin de la Grande Neige, peut-être, encore en plein courroux et qui glace le sang des hommes, j’entends l’accent assourdi de leur cloche de locomotive sortir du banc de brouillard que forme leur haleine refroidie, pour annoncer que les wagons arrivent, sans plus de délai, nonobstant le veto d’une tempête de neige nord-est de la Nouvelle-Angleterre, et j’aperçois les laboureurs couverts de neige et de frimas, la tête pointant au-dessus d’un versoir qui retourne autre chose que des pâquerettes et les nids de mulots[3], tels ces quartiers de roche de la Sierra Nevada, qui occupent une place à part dans l’univers.

Le commerce est contre toute attente confiant et serein, alerte, aventureux et inlassable. Il est très naturel en ses méthodes, d’ailleurs, beaucoup plus que maintes entreprises fantastiques et sentimentales expériences, d’où son singulier succès. Je me sens ragaillardi et tout épanoui, lorsque le train de marchandises me dépassant avec fracas, je flaire les denrées qui vont dispensant leurs parfums tout le long de la route depuis le Long Embarcadère[4] jusqu’au lac Champlain, et me parlant de pays étrangers, de récifs de corail, et d’océans indiens, et de ciels des tropiques, et de l’étendue du globe. Je me sens davantage un citoyen du monde à la vue de la feuille de palmier qui couvrira tant de têtes blondes de la Nouvelle-Angleterre l’été prochain, du chanvre de Manille et des enveloppes de noix de coco, du vieux cordage, des balles de café, de la ferraille et des clous rouillés. Ce plein wagon de voiles déchirées est plus instructif et plus intéressant aujourd’hui que si elles étaient transformées en papier et bouquins imprimés. Qui saurait comme l’ont fait ces déchirures écrire avec ce pittoresque l’histoire des tempêtes qu’elles ont essuyées ? Elles sont les épreuves qui n’ont besoin de nulle correction. Voici aller le bois de charpente des forêts du Maine, qui ne s’en alla pas à la mer hors de la dernière crue, renchéri de quatre dollars le mille à cause de ce qui s’en est allé ou s’est brisé en éclats ; pin, sapin noir, cèdre, – première, seconde, troisième et quatrième qualités, si récemment tous d’une seule qualité pour onduler au-dessus de l’ours, de l’élan et du caribou. Après vient la chaux de Thomaston, un lot de choix qui sera là-bas, tout au fond des montagnes, avant de s’éteindre. Ces chiffons en balles, de toutes nuances et qualités, la plus basse condition à laquelle descendent la cotonnade et la toile, le résultat final de la toilette, – de dessins qui ne sont plus aujourd’hui prisés, à moins que ce ne soit dans le Milwaukee, comme ces splendides articles, indiennes, guingans, mousselines, anglais, français, américains, etc., – ramassés dans tous les quartiers tant du beau monde que de l’indigence, s’en vont se convertir en papier d’une seule couleur ou seulement de peu de teintes, sur lequel, parbleu, on écrira des contes de la vie réelle, haute et basse, et fondés sur le fait ! Ce wagon fermé sent le poisson salé, le fort arôme de la Nouvelle-Angleterre et du commerce, m’évoquant les Grands Bancs et les Pêcheries. Qui n’a vu un poisson salé, fumé à fond pour la durée de ce monde, en sorte que rien ne saurait le corrompre, forçant à rougir la persévérance des saints ? avec quoi se peut balayer ou paver les rues, et fendre le menu bois, derrière quoi le voiturier s’abritera du soleil, du vent comme de la pluie, lui et son chargement, – et que le commerçant, comme fit une fois un commerçant de Concord, peut pendre à sa porte en guise d’enseigne lorsqu’il s’établit, et laisser là jusqu’à ce qu’il devienne impossible à son plus ancien client de dire si la chose est animale, végétale ou minérale, encore qu’elle sera restée aussi pure qu’un flocon de neige, et que mise au pot à bouillir elle en sorte excellent poisson doré pour un dîner du samedi[5]. Ensuite, des peaux espagnoles, la queue encore tordue et à l’angle d’élévation qu’elle avait lorsque les bœufs qui en étaient porteurs couraient par les pampas du territoire espagnol, – marque de toute opiniâtreté, preuve qu’à peu près désespérés et incurables sont tous les vices constitutionnels. J’avoue que pratiquement parlant lorsque j’ai appris la vraie disposition d’un homme, je ne nourris nul espoir de la changer pour une meilleure ou une pire en cette condition-ci d’existence. Comme disent les Orientaux : « Chauffez, comprimez, entourez de ligatures la queue d’un roquet, qu’au bout de douze années consacrées à ce labeur encore reprendra-t-elle sa forme naturelle. » Le seul remède efficace à des maux invétérés comme ceux qu’exhibent ces queues est de faire d’elles de la glu, ce dont je crois que d’ordinaire on en fait, sur quoi elles restent en place et collent. Voici un foudre de mélasse ou d’eau-de-vie adressé à John Smith, Cuttingsville, Vermont, quelque négociant au fond des Montagnes Vertes, qui importe pour les fermiers voisins de son défrichement, et se tient peut-être à l’heure qu’il est sur les volets de sa cave[6] à penser aux dernières arrivées sur la côte, à la façon dont elles peuvent affecter les prix pour lui, racontant à ses clients en ce moment même, comme il le leur a raconté vingt fois avant ce matin, qu’il en attend de première qualité par le prochain train. Elle est annoncée dans le Cuttingsville Times.

Pendant que tout cela s’en va d’autres choses s’en viennent. Averti par le bruit sifflant, je lève les yeux de dessus mon livre et aperçois quelque grand pin, coupé là-bas sur les collines du nord, qui a pris son vol par-dessus les Montagnes Vertes et le Connecticut, lancé comme flèche d’un bout à l’autre du territoire de la commune en dix minutes, et c’est à peine si un autre œil le contemple ; s’en allant


_______« to be the mast
Of some great ammiral[7]. »


Et écoutez ! voici venir le train de bestiaux porteur du bétail de mille montagnes[8], parcs à moutons, étables, et cours de ferme en l’air, les conducteurs armés de leurs bâtons, les petits bergers au centre de leurs troupeaux, tout sauf les pâturages des monts, emporté dans un tourbillon tel les feuilles qu’enlèvent aux montagnes les coups de vent de septembre. L’air est rempli du mugissement des veaux, du bêlement des moutons, du bruit de tassement des bœufs, comme si passait par là quelque vallée pastorale. Lorsque le vieux sonnailler qui est en tête fait retentir sa sonnette, les montagnes, oui-da, sautent comme des béliers, et les collines comme des agneaux[9]. Un plein wagon de bouviers aussi, au milieu, actuellement au niveau de leurs troupeaux, leur emploi disparu, bien que cramponnés encore à leurs inutiles bâtons comme à l’insigne de leurs fonctions. Mais leurs chiens, où sont-ils ? C’est pour eux la panique ; ils ont, cette fois, perdu la voie ; bel et bien en défaut sont-ils. M’est avis que je les entends aboyer derrière les monts de Peterborough, ou haleter à l’ascension du versant occidental des Montagnes Vertes. Ils ne seront pas à l’hallali. Leur emploi, à eux aussi, est perdu. Voilà leur fidélité, leur sagacité au-dessous du pair. Ils se glisseront au retour dans leur chenil la queue basse, ou peut-être deviendront sauvages et feront trêve avec le loup comme avec le renard. Ainsi déjà loin passée en tourbillon est votre vie pastorale. Mais la cloche sonne, et il me faut m’écarter de la voie pour laisser passer les wagons :


What is the railroad to me ?
I never go to see
Where it ends.
It fills a few hollows,
And makes banks for the swallows,
It sets the sand a-blowing,
And the blackberries a-growing.[10]


mais je la franchis comme on franchit un sentier de charrettes dans les bois. Je n’aurai, non, les yeux crevés plus que les oreilles déchirées par sa fumée, et sa vapeur, et son sifflet.


Maintenant que les wagons sont passés et avec eux tout le turbulent univers, que dans l’étang les poissons ne sentent plus leur grondement, je suis plus seul que jamais. Tout le reste du long après-midi, peut-être, mes méditations ne sont interrompues que par le roulement ou le cliquetis affaiblis d’une voiture ou d’un attelage tout là-bas le long de la grand’route.

Parfois, le dimanche, j’entendais les cloches, la cloche de Lincoln, d’Acton, de Bedford ou de Concord, lorsque le vent se trouvait favorable, comme une faible, douce, et eût-on dit, naturelle mélodie, digne d’importation dans la solitude. À distance suffisante par-dessus les bois ce bruit acquiert un certain bourdonnement vibratoire, comme si les aiguilles de pin à l’horizon étaient les cordes d’une harpe que ce vent effleurât. Tout bruit perçu à la plus grande distance possible ne produit qu’un seul et même effet, une vibration de la lyre universelle, tout comme l’atmosphère intermédiaire rend une lointaine arête de terre intéressante à nos yeux par la teinte d’azur qu’elle lui impartit. Il m’arrivait, en ce cas, une mélodie que l’air avait filtrée, et qui avait conversé avec chaque feuille, chaque aiguille du bois, telle part du bruit que les éléments avaient reprise, modulée, répétée en écho de vallée en vallée. L’écho, jusqu’à un certain point, est un bruit original, d’où sa magie et son charme. Ce n’est pas simplement une répétition de ce qui valait la peine d’être répété dans la cloche, mais en partie la voix du bois ; les mêmes mots et notes vulgaires chantés par une nymphe des bois.

Le soir, le meuglement lointain de quelque vache à l’horizon par-delà les bois résonnait doux et mélodieux, pris par moi tout d’abord pour les voix de certains ménestrels qui m’avaient parfois donné la sérénade, peut-être en train d’errer par monts et vallées ; mais je ne tardais pas à me trouver, non sans plaisir, désabusé s’il se prolongeait en la musique à bon compte et naturelle de la vache. J’entends non pas faire de la satire, mais donner mon appréciation du chant de ces jeunes gens, lorsque je déclare avoir clairement observé qu’il était apparenté à la musique de la vache, et qu’il ne s’agissait à tout prendre que d’une seule articulation de la Nature.

Régulièrement à sept heures et demie, en certaine partie de l’été, le train du soir une fois passé, les whip-pour-wills chantaient leurs vêpres durant une demi-heure, installés sur une souche à côté de ma porte, ou sur le faîte de la maison. Ils commençaient à chanter presque avec la précision d’une horloge, dans les cinq minutes d’un temps déterminé, en relation avec le coucher du soleil, chaque soir. J’avais là une occasion rare de faire connaissance avec leurs habitudes. Parfois j’en entendais quatre ou cinq à la fois en différentes parties du bois, par accident l’un en retard d’une mesure sur l’autre, et si près de moi que souvent je distinguais en plus du gloussement qui suivait chaque note ce bourdonnement singulier qu’on dirait d’une mouche dans une toile d’araignée, quoiqu’en proportion plus élevé. Parfois il arrivait que l’un d’eux tournât et tournât en cercle autour de moi dans les bois à quelques pieds de distance comme attaché par une ficelle, lorsque probablement je me trouvais près de ses œufs. Ils chantaient à intervalle d’un bout à l’autre de la nuit, pour redevenir plus mélodieux que jamais un peu avant l’aube et sur le coup de son apparition.

Lorsque les autres oiseaux se taisent les chats-huants reprennent le chant, telles les pleureuses leur antique ou-lou-lou. Leur cri lugubre est véritablement Ben-Jonsonien[11]. Sages sorciers de minuit ! Ce n’est pas l’honnête et brusque tou-ouït tou-whou des poètes, mais, sans plaisanter, un chant de cimetière on ne peut plus solennel, les consolations mutuelles d’amants qui se suicident rappelant les affres et les délices de l’amour supernal dans le bocage infernal. Encore aimé-je entendre leur plainte, leurs répons dolents, trillés le long de la lisière du bois ; me rappelant parfois musique et oiseaux chanteurs ; comme si de la musique ce fût le côté sombre et en larmes, les regrets et les soupirs brûlant d’être chantés ? Ce sont les esprits, les esprits abattus et les pressentiments mélancoliques, d’âmes déchues qui jadis sous forme humaine parcouraient nuitamment la terre et se livraient aux œuvres de ténèbre, en train d’expier aujourd’hui leurs péchés de leurs hymnes ou thrénodies plaintives sur la scène de leurs iniquités. Ils me donnent un sentiment nouveau de la vérité et de la capacité de cette nature, notre commune demeure. Ouh-ou-ou-ou que me vaut de n’être mor-r-r-r-t ! soupire l’un d’eux sur ce bord-ci de l’étang, et d’un vol circulaire s’en va gagner avec l’inquiétude du désespoir quelque nouveau perchoir sur les chênes chenus. Alors – Que me vaut de n’être mor-r-r-r-t ! répète un autre en écho sur la rive opposée avec une frémissante sincérité, et – mor-r-r-r-t ! s’en vient comme un souffle de tout là-bas dans les bois de Lincoln.

J’avais aussi la sérénade d’un grand-duc. Là, à portée de la main, vous l’eussiez prise pour le son le plus mélancolique de la Nature, comme si elle entendait par lui stéréotyper et rendre permanentes en son chœur les lamentations dernières d’un être humain, – quelque pauvre et faible reste de mortalité qui a laissé derrière elle l’espérance, et hurle comme un animal, quoique avec des sanglots humains, en pénétrant dans la vallée sombre, sanglots que rend plus affreux certain caractère de mélodie gargouillante, – je me trouve moi-même commencer par les lettres gl quand j’essaie de l’imiter, – expression d’un esprit qui a atteint le degré gélatineux de moisissure dans la mortification de toute pensée saine et courageuse. Cela me rappelait les goules, les idiots, les hurlements de fous. Mais en voici un qui répond du fond des bois sur un ton que la distance rend vraiment mélodieux, – Houou, houou, houou, houreu, houou ; et en vérité la plupart du temps cela ne suggérait que d’aimables associations d’idées, qu’on l’entendît de jour ou de nuit, été ou hiver.

Je me réjouis de l’existence des hiboux. Qu’ils poussent la huée idiote et maniacale pour les hommes. C’est un bruit qui sied admirablement aux marais et aux bois crépusculaires que nul jour n’embellit, suggérant une nature vaste et peu développée, non reconnue des hommes. Ils représentent les pensées tout à fait crépusculaires et insatisfaites, propre de tous. Tout le jour le soleil a lui sur la surface de quelque farouche marais, où le sapin noir se dresse tendu de lichens, les petits éperviers circulant au-dessus, où la mésange zézaie parmi les verdures persistantes, et la gelinotte, ainsi que le lapin se tiennent cachés dessous ; mais voici qu’un jour plus lugubre et plus approprié se lève, et qu’une race différente d’êtres s’éveille afin d’exprimer le sens de la Nature là.

Tard le soir j’entendais le grondement des wagons sur des ponts, – bruit qui s’entendait de plus loin que presque nul autre la nuit, – l’aboi des chiens, et parfois encore le meuglement d’une vache inconsolable dans quelque distante cour de ferme. Dans l’intervalle tout le rivage retentissait de la trompette des grenouilles géantes, les esprits opiniâtres d’anciens buveurs et fêtards, restés impénitents, essayant de chanter une ronde dans leur lac stygien – si les nymphes de Walden veulent me pardonner la comparaison, car, malgré la rareté des herbes, il y a là des grenouilles, – qui volontiers maintiendraient les règles d’hilarité de leurs joyeuses tables d’antan, quoique leurs voix se soient faites rauques et solennellement graves, raillant l’allégresse, que le vin ayant perdu son bouquet ne soit plus que liqueur à distendre la panse, et que la douce ivresse n’arrivant jamais à noyer la mémoire du passé, ne soit plus qu’une simple saturation, un engorgement d’eau, une distension. La plus « aldermanique »[12], le menton sur une feuille de potamot, qui sert de serviette à bouche baveuse, sous cette rive septentrionale ingurgite une longue gorgée de l’eau jadis méprisée, puis passe à la ronde une coupe en éjaculant tr-r-r-ounk, tr-r-r-ounk, tr-r-r-ounk ! et de quelque crique éloignée s’en vient droit sur l’eau, le même mot de passe répété, là où celle qui vient après en âge et en ceinture a englouti à fond sa part ; et quand cette observance a fait le tour des rives, alors éjacule le maître des cérémonies, avec satisfaction, tr-r-r-ounk ! sur quoi chacune à son tour de faire écho à l’autre sans qu’y manque la porteuse de panse la moins gonflée, la plus percée, la plus flasque, afin qu’il n’y ait pas d’erreur ; et la coque passe et repasse à la ronde jusqu’à ce que le soleil dissipe le brouillard du matin, moment où le patriarche, le seul qui ne soit pas alors sous l’étang[13], continue à mugir vainement trounk de temps à autre, en quêtant dans les pauses une réponse.

Je ne suis pas sûr d’avoir jamais entendu de mon défrichement le bruit du cocorico, et je pensai qu’il vaudrait la peine d’entretenir quelque cochet rien que pour sa musique, en qualité d’oiseau chanteur. L’accent de cet ex-faisan sauvage de l’Inde est certainement le plus remarquable qu’émette aucun oiseau, et si l’on pouvait acclimater les coqs sans les domestiquer, ce deviendrait bientôt le bruit le plus fameux de nos bois, surpassant la trompette aiguë de l’oie et la huée du hibou ; alors, imaginez le caquet des poules pour remplir les temps d’arrêt lorsque se reposeraient les clairons de leurs maîtres et seigneurs ! Pas étonnant que l’homme ait ajouté cet oiseau à son fonds domestique, – pour ne rien dire des œufs et des cuisses de poulet. Se promener par un matin d’hiver dans un bois où ces oiseaux abonderaient, leurs bois natifs, et entendre les cochets sauvages cocoriquer sur les arbres, clairs et stridents sur des milles à travers la terre retentissante, couvrant la note plus faible des autres oiseaux, – pensez-y ! Cela mettrait les nations sur le qui-vive. Quel homme ne serait matinal, et ne le serait de plus en plus chaque jour successif de sa vie, jusqu’à devenir indiciblement sain, riche et sage ?[14] Ce chant d’oiseau étranger est célébré par les poètes de tous pays parallèlement aux chants de leurs chantres naturels. Tous les climats agréent au vaillant Chantecler. Il est plus indigène même que les naturels. Sa santé toujours est parfaite ; ses poumons sont solides, ses esprits jamais ne s’affaissent. Il n’est pas jusqu’au marin sur l’Atlantique et le Pacifique qui ne s’éveille à sa voix ; mais jamais son bruit strident ne me tira de mon sommeil. Je n’entretenais chien, chat, vache, cochon, ni poule, de sorte que cela vous eût paru manquer de bruits domestiques ; ni la baratte, ni le rouet, ni même le chant de la bouillotte, ni le sifflement de la fontaine à thé, ni cris d’enfants, pour vous consoler. Un homme de l’ancien régime en eût perdu la tête ou fût mort d’ennui. Pas même de rats dans le mur, car la faim les avait fait fuir, ou plutôt nul appât ne les y avait attirés, – rien que des écureuils sur le toit et sous le plancher, un whip-pour-will sur le faîte, un geai bleu criant sous la fenêtre, un lièvre ou une marmotte tapis sous la maison, un petit-duc, ou un grand-duc, domiciliés derrière elle, une troupe d’oies sauvages, ou un plongeon avec son rire sur l’étang, et un renard pour aboyer dans la nuit. Il n’était même pas une alouette des prés, pas un loriot, ces doux oiseaux de la plantation, pour jamais visiter mon défrichement. Pas de coqs pour cocoriquer en ce moment ni de poules pour caqueter dans la cour de ferme. Pas de cour de ferme ! mais la libre Nature venant battre à votre seuil même. Une jeune forêt poussant sous vos fenêtres, les sumacs sauvages et les ronces forçant votre cave ; de résolus pitchpins frottant et craquant contre les bardeaux, en quête de place, leurs racines en train de gagner le dessous même de la maison. En guise de seau à charbon ou de volet que le vent a fait tomber, – un pin cassé net ou les racines en l’air derrière votre demeure pour combustible. En guise de pas de sentier conduisant à la barrière de la cour d’entrée pendant la Grande Neige, – pas de barrière, – pas de cour d’entrée – et pas de sentier vers le monde civilisé !


  1. « Oui-da, voilà notre village un but
    Pour l’un de ces prompts traits de fer, et sur
    Notre vaste et paisible plaine
    Le bruit calmant en est – Concord. »
    ______(Tiré d’un poème de W. E. Channing, ami de Thoreau).
  2. Bataille remontant à la guerre mexicaine de 1847.
  3. Allusion à deux poèmes de Robert Burn.
  4. À Boston.
  5. C’était la coutume, jadis, en Nouvelle-Angleterre, de faire un dîner de poisson salé le samedi.
  6. Cave à entrée extérieure adossée à la maison.

  7. « ... être le mât
    De quelque grand amiral. »
    ________(Milton, Paradis perdu.)
  8. Psaumes, L, 10.
  9. Psaumes, CXIV, 4.

  10. Que me fait le chemin de fer, à moi ?
    Jamais je ne vais voir
    Où il aboutit.
    Quelques creux il remplit,
    Fait des terrasses pour les hirondelles
    Le sable se soulever,
    Et la ronce pousser.
  11. Ben Jonson, poète du temps de Shakespeare.
  12. De alderman – magistrat municipal, toujours représenté goitreux et pansu.
  13. Comme « sous la table ».
  14. Benjamin Franklin.