Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 2.djvu/241

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le général Lafayette a cru devoir donner sa démission. Je me flattais de le voir plus long-temps à votre tête, animant votre zèle par son exemple et par le souvenir des grands services qu’il a rendus à là cause de la liberté. Sa retraite m’est d’autant plus sensible, qu’il y a quelques jours encore, ce digne général prenait une part glorieuse au maintien de l’ordre public, que vous avez si noblement et si efficacement protégé pendant les dernières agitations. Aussi ai-je la consolation de penser que je n’ai rien négligé pour épargner à la garde nationale ce qui sera pour elle un sujet de vifs regrets, et pour moi-même une véritable peine.

Louis-Philippe. » xxxxxx

L’effet moral que produisit sur l’opinion la retraite de Lafayette trompa les espérances de la cour. La surprise fut universelle.

M. Dupont (de lEure), indigné, se démit aussitôt de ses fonctions de ministre de la justice. On désirait cette démission : elle fut acceptée avec empressement, M. Dupont (de l’Eure) n’étant plus nécessaire.

Le coup qui venait d’être frappé était le signal d’un mouvement contre-révolutionnaire qu’on se proposait de pousser aux extrêmes.

Au reste, les services de M. de Lafayette étaient trop connus pour qu’on les lui pardonnât. Tel est le vice des monarchies que, si on les sert d’une manière éclatante, on les menace. Le reproche d’ingratitude est frivole, adressé à la personne des rois ; c’est au principe même de la royauté qu’il convient