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PRÉFACE

et de 1544. Le volume se termine à la page 271 recto, par la marque de l’imprimeur, qu’a reproduite de nos jours le grand imprimeur de Lyon, Louis Perrin : un génie soutenant une longue banderole entrelacée sur laquelle se trouve la devise Art est son Dieu, anagramme du nom de Jean de Tournes.

L’intérêt de ces fables d’Ésope, outre la curiosité qu’elles ont, ainsi que nous l’avons dit, d’être la première traduction ou paraphrase en vers publiée en France, réside encore dans la grande variété des rythmes employés par Corrozet. On peut dire que l’auteur s’est servi de presque toutes les formes de vers et de rythmes employés par ses confrères, les poètes du XVIe siècle, si savants en ces sortes de tours de force poétiques. À ce point de vue, la lecture et l’étude de ces fables sont fort curieuses. Un autre mérite, c’est la naïveté de l’auteur. Nous évitons à dessein d’écrire le nom de La Fontaine à propos de Corrozet, car le souvenir, je ne veux pas dire la comparaison, serait écrasant. Cependant, toutes proportions gardées, Corrozet peut être considéré, et ce n’est pas pour lui un mince honneur, comme un des précurseurs du Bonhomme. Quelquefois, comme lui, mais bien rarement cependant, il se met en scène ; il s’intéresse à ses personnages ; parfois il relie entre elles deux ou trois fables qui se suivent dans son recueil, comme par exemple les fables 2, le Loup et l’Agneau, et 6, le Loup et la Grue, où c’est l’os de l’Agneau qui est resté dans la gorge du Loup et qui l’étrangle. D’autres fois, comme dans la fable 85, des Deux Amis et l’Ourse, la moralité est