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Bourdaret - En Corée, 1904/Chapitre II

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Librairie Plon (p. 34-58).


CHAPITRE II


Description de Seoul. — Fondation de cette ville. — Le rôle des géomanciens. — Les portes et la muraille. — Promenade en car électrique. — Les artères principales. — Physionomie des rues. — Malpropreté. — Les chapeaux coréens. — Barbarie et civilisation. — Le tombeau de la reine Mine.


Avant de visiter Seoul et d’en montrer au lecteur les particularités, je crois nécessaire de dire quelques mots de l’histoire de cette ville, et les circonstances qui déterminèrent la préférence qu’on accorda à ce site pour en faire une capitale.

À la chute de la dynastie de Ko-ryo, le général Yi-taï-tjo, à qui un bonze célèbre avait prédit qu’il serait roi, monta sur le trône. C’était en 1392. Le nouveau roi, après une vie aventureuse passée dans les batailles, avait alors cinquante-sept ans. Il était né en 1335 à Heuk-Sok, localité voisine de Gensane, dans le Hame-Kion-Pouk-To (province de Hame-Kion du nord), et son premier soin, en s’installant dans son palais de Song-To (capitale de Ko-ryo), fut d’abord de s’assurer l’approbation de l’empereur de la dynastie Ming de Chine. Il envoya à Nanking une ambassade pour lui expliquer les raisons de son accession au trône, et lui demander, en même temps que des titres posthumes de rois pour ses ancêtres, de choisir un nom nouveau pour son royaume. Il voulait appeler le pays « Terre de la Clarté matinale », puisqu’il se trouve à l’Orient asiatique, ou « Pays de la Paix harmonieuse ». Mais la cour répondit à l’ambassade que l’ancien nom de Tchosen qui datait du temps de Tane-Koun (personnage mythique qui commence l’histoire de la Corée, en 2332 avant J.-C.) était préférable. Son royaume s’appela donc Tchosen.

Ce roi fut un grand constructeur, après avoir été un brillant général, et il désira tout de suite avoir une capitale bâtie par lui-même. À cet effet, il fit rechercher le célèbre bonze Mou-hak qui lui avait prédit si exactement son avenir glorieux, sur l’explication d’un rêve, et lui ordonna de lui trouver un site convenable.

Avant de se fixer sur Hane-yang qui n’était à cette époque qu’un centre de commerce important, à cause de son fleuve, on avait commencé des travaux à Kaï-ryong-sane, plus au sud ; mais le roi les fit suspendre à la suite d’un rêve pendant lequel une voix lui avait dit de chercher ailleurs ; qu’il commettait un sacrilège (cet emplacement avait été choisi en effet comme future capitale de la famille Tcheung). Mou-hak choisit alors, comme propice, Houang-Chim-Ni, à cinq kilomètres à l’est de la capitale actuelle. Mais la tradition dit que là encore les travaux furent empêchés, des inscriptions écrites par une main mystérieuse informant Mou-hak qu’il se trompait (ce qui dut le mortifier, je pense) et des voix disant aux ouvriers qu’ils étaient trop à l’est. Enfin Hane-Yang fut adopté, et dans la douzième lune de la troisième année du règne de Taï-tjo (1394) les travaux furent commencés.

Ainsi s’accomplissaient des prophéties antérieures qui avaient désigné Hane-yang comme appelée au rôle de capitale.

Le choix d’une capitale, plus encore que celui d’une maison ou de l’emplacement d’une tombe, est confié aux géomanciens, et, en règle générale, pour qu’une ville soit dans une situation heureuse, il faut qu’elle s’étale dans le fond d’une vallée traversée par un fleuve, de préférence coulant à l’est ; qu’elle soit dominée par une montagne au nord, une autre au sud, et des collines à l’est et à l’ouest. Seoul réalise toutes ces conditions, ce qui a sans doute préservé, jusqu’à présent, la dynastie d’une chute mortelle, mais ne lui a pas épargné les vicissitudes et les luttes acharnées contre les envahisseurs.

Dès la fin de l’année 1394, le palais de Kiong-bok (Kiong-bok-koung), ainsi que le temple des Tablettes ancestrales étaient terminés, et la cour venait s’installer à Hane-Yang, à quatre-vingts kilomètres au sud de Song-To.

Immédiatement, avec le concours de deux cent mille hommes (cent vingt mille venant du nord et quatre-vingt mille du sud), les murs de la capitale furent élevés sous la direction de Tcho-Tcheung (un Vauban coréen), en neuf ou dix mois. Ce sont les murs actuels qui donnent à la ville un air de forteresse imprenable. Rien n’y a été changé et des réparations y ont seulement été faites pendant la régence du Taï-ouen-koun, le père de l’empereur actuel, qui fit couvrir de dalles les crêtes ébréchées de la muraille, et placer quelques-uns de ces magnifiques blocs de granit que l’on voit aux portes de la ville.

Cette enceinte barre à l’est et à l’ouest la vallée, et s’élève au nord et au sud sur les pics qui entourent Seoul. Elle les escalade jusqu’à la crête, et n’a pas moins de sept à huit mètres de hauteur, et dans certains points davantage, du côté extérieur, et un développement de dix-huit ou vingt kilomètres. Du côté intérieur un remblai élève le chemin de ronde à la hauteur des créneaux. C’est une promenade intéressante tout indiquée pour un bon marcheur et un bon grimpeur, qui peut en une journée faire le tour des murailles de Seoul[1]. Il y a là un panorama peu banal dont les yeux se réjouissent et des coins d’un pittoresque achevé, particulièrement le long des pentes du Name-sane, couvertes de pins et de fleurs dans la belle saison.

Le roi fut si satisfait de la rapidité avec laquelle avait été achevé cet énorme travail qu’il remit les taxes aux habitants (et sans doute aux travailleurs qui devinrent ensuite les habitants) pour trois années consécutives. Chose curieuse, on s’est montré si respectueux de cette faveur qu’aujourd’hui encore les habitants de Seoul, qui sont cependant les plus favorisés de l’empire, ne payent pas d’impôts.

La muraille fut percée de huit portes : portes de l’ouest, de l’est, du sud et du nord ; les trois premières étant les plus fréquentées ; la petite porte de l’ouest et la petite porte de l’est réservées aux convois funèbres qui ne peuvent passer sous les autres portes de la ville[2] ; enfin la porte du nord-est et la petite porte du nord, cette dernière réservée à l’empereur, en cas de rébellion, pour lui assurer sa retraite dans la forteresse du Pouk-hane, la grande montagne dentelée située au nord de la capitale.

Ces portes s’appellent encore, respectivement, et ces dénominations se retrouvent en Chine :

1o À l’ouest, porte de la Ferme-Droiture (Tone-houi-moun) ;

2o À l’est, porte de l’’Humanité-Élevée (Heung-hine-tchi-moun) ou Tong-tai-moun (grande porte de l’est) ;

3o Au sud, porte de la Haute-Cérémonie (Soung-hiei-moun), ou Name-tai-moun (grande porte du sud) ;

4o Au nord, porte de la Solennelle-Tranquillité (Souk-tchon-moun) ;

5o Au nord-ouest, porte de la Brillante-Loyauté (Tchang-houi-moun) ;

6o Au sud-est, porte des Morts (Si-gou-moun), appelée encore aussi porte de la Royale-Splendeur (Kouane-koui-moun) ;

7o À l’est encore, porte de la Sortie-de-la-Royale-Faveur (Yé-houa-moun) ;

8o À l’ouest, petite porte de la Droiture-Éclatante. (C’est par cette porte que doivent sortir les condamnés aux exécutions.)

Ce fut Tai-tjo qui commença à bâtir au centre de la ville le quartier de Tchong-no. En 1398, après sept ans de règne, il céda son trône à son second fils, et mourut en 1409. Il fut enterré à Yang-tjou, à quinze kilomètres à l’est de Seoul. Son portrait est conservé dans le district où il est né, ainsi qu’à Tchoug-tjou, dans le sud de la Corée.

Si, à propos de Seoul, j’ai parlé longuement de Tai-tjo, c’est qu’il est un des personnages les plus intéressants de l’histoire de Corée, et qu’il est le premier représentant de la dynastie actuelle des Yi qui a aujourd’hui cinq cent douze ans d’existence (1392-1904).



La première nuit passée en Corée ne manque pas d’impressionner le voyageur, par le bruit étrange qu’il entend et qui semble sortir de terre ou de la maison voisine, puis s’éloigner sous un autre toit de chaume, puis revenir et éclater enfin partout à la fois. C’est un roulement d’abord lent, puis un galop sourd, infernal, un ra-pa-ta-pa-ta-pa-ta-pa-ta-pan prolongé, infini, qui cesse et recommence longtemps, et très tard dans la nuit, comme une gigantesque mécanique qui fonctionnerait partout à la fois.

Ce roulement rapide est produit tout simplement par les repasseuses. Elles préparent, à l’heure où tout Ie monde dort dans la maison, et sans que cela interrompe le sommeil de personne, les vêtements du mari et des enfants.

Le repassage se fait en frappant rapidement le linge sur une pierre plus ou moins cylindrique, avec deux bâtons parfaitement lisses de la forme de ceux des agents de police parisiens, et ce battage, auquel les femmes et les filles s’exercent dès le plus jeune âge, donne à l’étoffe l’apprêt et le glacé du neuf.

Avant de laver et de repasser les vêtements, il faut d’abord les découdre et les décoller complètement, car les morceaux sont collés, puis cousus ensemble.

Pour laver un petit filet d’eau suffit, propre si cela se peut (et en voyant les canaux de la ville, on se rend compte que cela ne se peut pas toujours). Le lavage demande encore une pierre plate et une sorte de battoir moins large que celui de nos blanchisseuses ; enfin un baquet de bois pour empiler le linge lavé, sans savon bien entendu.

On entend chaque soir, chaque nuit, dans les rues de la capitale, comme on disait poétiquement au temps de Tai-tjo, résonner les quarante mille pierres des quarante mille maisons, avec une activité et un entrain dignes d’admiration. Les ménagères peuvent ainsi, pendant des heures entières, produire un roulement précipité des bâtons sans devenir folles, car cet exercice, qui s’acquiert par l’habitude, leur demande une infernale agilité du bras ! Elles ne l’interrompent que pour déplacer la pièce d’étoffe, ou allaiter leur enfant. Celui-ci d’ailleurs n’est nullement réveillé par ce galop auquel il est habitué.

Cette absence de nerfs et de besoin de confort est remarquable en effet chez les Coréens et les Chinois. On voit fréquemment des gens dormir en plein soleil, coucher sur un tronc d’arbre ou quelque autre lit aussi incommode, la tête pendante, la bouche ouverte, dévorés par les mouches, sans qu’ils semblent en ressentir la moindre gêne, sans faire un geste.

Les quarante mille pierres peuvent résonner n’importe où, autour de n’importe quel bruit, le Coréen, le Chinois dormiront très tranquilles. Le lit indigène se compose d’une natte sur laquelle l’homme s’allonge, presque nu, ou — en hiver — sous une couverture ouatée, le cou appuyé sur un chevet en bois, ou une pierre qui lui sert d’oreiller. En hiver comme en élé, le sol de la chambre à coucher est chauffé, et on n’a pas idée des températures qui règnent parfois dans ces dortoirs où s’entassent les uns contre les autres tous les membres d’une famille. Le sol est formé de dalles très minces recouvrant des canaux de fumée qui traversent la chambre ou la maison d’un bout à l’autre. Le foyer de la cuisine généralement est à une extrémité, et à l’autre émerge dans la ruelle voisine la cheminée, formée d’un simple tuyau de poterie ou de fer blanc. Elle vomit sur le passant la fumée qui a chauffé les dalles des chambres à coucher.

Le sol de la chambre est couvert de papier huilé ; néanmoins des interstices oubliés s’échappent souvent, dans les vieilles baraques surtout, des torrents de fumée au milieu desquels toute la famille dort quand même, grillée par-dessous, empoisonnée par-dessus, ronflant avec accord. D’ailleurs les fenêtres et les portes suffisent à une ventilation relative de la chambre. Le vent entre en vainqueur à travers les glissières, les châssis non jointifs de ces habitations en bois et en papier, véritables boîtes de carton, divisées en compartiments cubiques de deux mètres vingt environ de côté, disposées autour d’une petite cour intérieure, où se passe la vie des femmes coréennes.



Une promenade jusqu’au tombeau de la reine Mine s’impose — dès le premier Jour — au nouvel arrivé, car elle lui fait connaître la grande artère ouest-est de la ville, longue de quatre kilomètres environ. Et comme en cette saison le soleil déjà chaud amène le dégel et transforme en boue gluante les rues en simple terre non macadamisée, je ferai avec le lecteur cette promenade rapide en tramway électrique, le mode de locomotion le plus pratique de Seoul.

Le réseau du tramway n’a pas moins de seize kilomètres de longueur et dessert bien la ville et ses faubourgs. C’est le système du trolley aérien qui a été adopté, et rien n’est plus disgracieux que la profusion de poteaux de pin qu’a nécessité ce transport de courant. Les voitures, de fabrication américaine, sont petites mais bien faites et assez confortables. Elles comprennent deux classes. Le trafic est considérable les jours de fête, et ces jours sont nombreux en Corée, comme en Chine. Les soirs d’été, les cars sont envahis par des bandes de jeunes gens. Ils s’en vont au bout de la ligne, dans une bonzerie ou au fleuve Hane, pour y chanter les grands airs nationaux. Ceux-ci vantent les exploits des anciens guerriers et l’héroïsme d’une patriote qui se précipita dans les flots avec un général japonais qu’elle tenait emprisonné dans ses bras.

Pour revenir à mon tramway, j’ajouterai que les conducteurs et les « wattmen » sont tous des Coréens dressés à ce métier, dont ils s’acquittent fort bien, sans accident, malgré l’encombrement de la voie par les bœufs, les piétons, les enfants et les ivrognes, populace nonchalante qui se dérange à regret de ce chemin entre rails, mieux entretenu, plus propre, que la large voie.

Le jour de l’inauguration du tramway, malgré la cloche d’avertissement, il y eut, malheureusement, un homme écrasé, et la foule, devenue tout à coup furieuse, brisa le car criminel. Mais l’énergie des directeurs américains de la Société mit fin à l’émeute. Après quelques jours d’interruption, et une bonne somme donnée à la famille de l’écrasé, le service a depuis toujours fonctionné avec régularité.

Installé dans un de ces cars, pris à la porte de l’Ouest, je m’apprête à parcourir la cité remplie de temples du Ciel, de la Terre, de la Guerre, des Ancêtres, de palais inhabités, tous pleins de souvenirs historiques et de légendes merveilleuses.



Voici d’abord, près de la porte de l’Ouest, un pont à peine achevé, destiné à réunir le palais impérial actuel à l’emplacement du palais des Mûriers, devenu aujourd’hui le champ de manœuvre où l’empereur vient — aux grandes solennités — passer la revue de ses troupes.

De ce palais des Mûriers, il ne reste qu’un seul pavillon remis à neuf pour abriter l’état-major aux jours de revue et un immense terrain entouré de murs.

Vient ensuite l’École militaire transformée depuis peu en une nouvelle caserne à ajouter à celles — déjà nombreuses — qui sont en ville. Seoul prend — de plus en plus — un air de place forte. Du matin au soir, s’entendent les sonneries et les commandements des compagnies en exercice, tandis qu’on voit défiler les piquets de garde, les relèves. C’est qu’en effet la capitale renferme six mille hommes de troupes sur les dix mille qui composent environ toute l’armée coréenne.

À côté de l’ex-Ecole est le théâtre, innovation qui date de quelques mois seulement. Nous y viendrons un soir que nous éprouverons le besoin d’entendre un peu de bonne musique.

De ce point, jusqu’à la porte de l’Est, la grande voie s’allonge presque en ligne droite : c’est la rue du commerce, des corporations diverses.

Voici la grande artère, nord-sud, dite avenue des Ministères, large de soixante mètres et longue de six cents, sur laquelle s’échelonnent à droite et à gauche, les différents ministères : postes et télégraphes, justice, police, guerre, Affaires étrangères, etc., et tout au fond, en avant et au pied du Pouk-sane, la porte du palais dit Kyong-bok-Koung, le plus ancien de tous, auquel nous ferons, un jour, une visite spéciale.

Au sud, la rue se prolonge moins large, passe sur un pont de bois le canal de la ville, et conduit au nouveau palais et au quartier japonais. On y voit un pavillon élevé en commémoration du quarantième anniversaire du règne de S. M. Yi Hion.

PAVILLON COMMÉMORATIF

Le car poursuivant sa course nous amène à Tchong-no, le centre de la ville, et le pont de croisement pour la route du sud. La baraque du contrôleur a pour vis-à-vis la « grosse cloche » en cage, un des personnages importants du pays dont je parlerai plus tard.

C’est autour de Tchong-no que sont installées les plus importantes corporations de la ville, dans des bâtiments appartenant au gouvernement. Dans ces locaux à étages sont répartis — par éventaires distincts — tous les corps de métiers et de vendeurs. Tchong-no est le rendez-vous des mécontents aux jours de manifestation, et le matin — comme en ce moment — ce grand espace est envahi de bœufs chargés de branches de pin, de bois de chauffage, de marchands de légumes, de fruits, de bimbeloterie, de chapeaux de crin et de bambou, aussi extravagants qu’incommodes, ces fameux chapeaux qui sont une des curiosités du pays. Tout cela constitue un grouillement plein de vie et de pittoresque baroque, d’une esthétique douteuse, mais à laquelle on se fait. On arrive même assez vite à reconnaître dans la foule les élégants, les aristocrates, rien qu’aux reflets et au moirage de leur chapeau : ce qui prouve — une fois de plus — qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, pas même les fameux « tout reflets », des élégants de Paris. Les Coréens payent même plus cher que ces derniers le chic de leur coiffure. L’instabilité de ce couvre-chef trop léger et haut perché explique, en partie, la démarche lente, mesurée des « yang-banes »[3] que rien ne saurait émouvoir quand ils vont à pas comptés, les pieds en dehors, à travers les rues, suivis par un ou plusieurs domestiques à quelques pas d’intervalle.

Voici le joli bâtiment de la Seoul electric Railway and Light Co, qui a son histoire aussi ; car, à peine inauguré, en 1902, il prenait feu par une cause tout à fait accidentelle, et il n’en resta que les murs. Il fut immédiatement reconstruit, et huit mois après les bureaux s’y installaient de nouveau.

Passons le local de la musique militaire dirigée par un Allemand dont les élèves font merveille. Nous apercevons, au bord d’une longue avenue, le palais de Tchang-tok, appelé à tort par les Européens le « Vieux Palais ». Il se dresse dans un site magnifique, surtout en été, car ses constructions s’étagent sur les derniers contreforts du Pou-hak-sane, et sont noyées dans la verdure. Ce palais était habité par l’empereur actuel pendant la régence de son père.

Sur la grande route qui conduit à la porte du Nord-Est se trouve le palais de Kiang-mo-tcheun. Des missionnaires américains occupent des villas répandues, çà et là, sur de petites collines contre la muraille de l’est.

Dans ce pays si étrange, de perpétuels contrastes s’offrent à la vue de l’Européen. À côté de la porte de l’Est, d’allure imposante dans son architecture chinoise, et dont la vue seule évoque tout un passé de vieille ville orientale, une grande cheminée vomit des torrents de fumée noire dans le ciel limpide, symbole bien moderne de l’activité humaine. C’est l’usine électrique alimentée par du charbon japonais.

Les assises et la voûte de la porte de l’Est sont formées de remarquables cubes de granit. La porte est en bois blindé de tôle, mais pour faire passer la voie du tramway, il a fallu en baisser le seuil, et cette énorme porte ne se ferme plus.

Cette longue promenade dans la ville donne le coup d’œil d’ensemble qu’il est difficile d’avoir sur cette capitale établie dans la plaine, et qui n’offre — à première vue — qu’un amas de masures où alternent les toits de tuiles et de chaume, les premiers relevés aux angles à la chinoise : aspect déconcertant, sans caractère, que l’on ne comprend pas, à moins de parcourir le dédale de ses rues. D’un point élevé des murailles, Seoul apparaît comme une mer de toits gris ou jaunes, rayée par les grandes artères de la ville. Il faut avouer que le touriste n’éprouve à contempler cette vue aucune sensation de beauté, ni de pittoresque. L’art n’a pas secondé la nature dans le tracé de cette ville qui n’a rien d’attrayant, et ne justifie pas son titre de capitale, du moins à première vue.

Dans le faubourg de l’Est, la route est bordée d’auberges, de restaurants, de masures à l’aspect misérable, couvertes de chaume, tandis que dans la grande rue Est-Ouest se voient encore de nombreux toits de tuile.

Dans la journée, le mouvement de cette voie est considérable : petits chevaux coréens chargés de bois, bœufs majestueux qui s’enlizent dans la boue des après-midi ensoleillées ; piétons qui s’entre-croisent sans cesse, et s’engouffrent pêle-mêle, sous la porte, dans un désarroi comique, quand la cloche du tramway se fait entendre. Mais ici les masures sont lamentables, et les gens accroupis devant les auberges sont horriblement sales. Les bœufs sont vraiment les seuls êtres d’une beauté incontestable.

La cause de tout cela est dans la pauvreté des Coréens. Malgré ce mouvement qui anime les quartiers populaires, le commerce ne rapporte que de maigres bénéfices, et leurs masures de boue et de paille — un capital pour eux — ne valent guère plus de 200 francs !

Nous apercevons maintenant les toits du temple de la Guerre bâti en 1600. Enfin nous voici à l’extrémité du faubourg et les premières rizières apparaissent dans une plaine basse traversée par le canal de la ville. Le Pouk-hane se détache bien dans le fond avec ses trois pics. En été, et surtout vus de loin, car de près c’est toujours le même aspect misérable, ces villages semés au pied des collines, cachés sous les grands arbres que respecte encore la hache du bûcheron, sont très coquets et dominés tantôt par la masse granitique des contreforts du Pouk-hane, tantôt par des bois de pins. Ceux-ci abritent quelques tombeaux de personnages illustres. Ils forment au tableau de Seoul, vu à vol d’oiseau, un fond de paysage d’une réelle beauté.

Mais voici que tout près de la route résonne avec furia un gong de bronze. C’est probablement une sorcière (car nous sommes dans le pays par excellence de la sorcellerie, du chamanisme le plus primitif) en train de pacifier l’esprit malin qui s’est emparé du corps d’un pauvre agonisant et comme le tapage augmente, on a dû lui payer une forte somme. D’ici quelques instants, le démon sera enfermé dans une bouteille et le malade guéri, à moins qu’il ne meure de ce vacarme étourdissant.

Le tramway court à travers de petites vallées au fond desquelles sont cachées des bonzeries, dans des sites délicieux, et traverse de grandes rivières, desséchées maintenant, mais qui, après les pluies torrentielles, gonflent en quelques heures et après bien des détours extravagants s’en vont se jeter dans le fleuve Hane. Enfin le car quitte la grande route qui continue encore sur une largeur de seize mètres et une longueur de vingt kilomètres. C’est une voie magnifique. Elle doit conduire au nouvel emplacement choisi par les astrologues et les sorciers du palais, pour y transférer les restes de la reine Mine, à moins que d’ici quelque temps le lieu ne soit plus reconnu favorable.

La ligne passe à présent au pied de quelques coteaux couverts de pins où les écureuils, les faisans, les pigeons ramiers ont élu domicile. Des lèvres aussi se font quelquefois tuer par nos Nemrods que ce voisinage de la gent emplumée et poilue taquine quelque peu.

Voici le terminus, et un portique en bois rouge qui indique un lieu ou un bâtiment officiel. D’ailleurs une sentinelle en garde l’entrée. C’est le tombeau de la reine Mine. Mais la consigne est sévère. On ne peut pénétrer dans cet enclos réservé. Toutefois on aperçoit suffisamment, en avant d’un grand bois de pins, les toits en zinc du temple des sacrifices, les bâtiments couverts en tuiles des fonctionnaires de haut grade, gardiens de ce tombeau, et le tombeau lui-même sur un tertre déboisé, avec quelques pierres sculptées et une table pour les offrandes, comme en possèdent tous les monuments funéraires de grands personnages.

Mon voyage est terminé. Il ne me reste plus qu’à retourner vers la ville, non sans signaler certaine source — là-bas — sous un grand arbre, provenant du lit sablonneux de la rivière voisine et dont l’eau limpide et fraîche, — chose rare dans le pays — attire, en été, la plupart des Européens. Les Coréens ne dédaignent pas d’y venir aussi en pique-nique, mais les inclinaisons inquiétantes qu’ils prennent avec la verticale, en s’en allant, prouvent qu’ils mettent du vin[4] dans leur eau.

Des vols de faisans indiquent que ces superbes oiseaux apprécient la quiétude du lieu vénéré où ils établissent en grand nombre leurs quartiers. Le fusil meurtrier ne viendra pas les y relancer, étant donné que la chasse est interdite dans tout le terrain réservé au tombeau de la reine.

Mêlé à la foule, je regagne à pied le quartier des Légations, intéressé par le mouvement des grandes rues de cette ville de deux cent mille âmes, sillonnées par le mélange le plus hétéroclite qui se puisse imaginer : antiques chars à deux roues en bois, cerclées de fer, cahotantes et grinçantes, tirés par de paisibles bœufs ; des « illiokos » ferraillent et bondissent sur les pierres ou les dalles des ponceaux, obligeant les clients de ces minuscules équipages à se servir des bras et des jambes pour éviter les plus fortes secousses ; de longues files de petits chevaux rageurs trottinent les uns derrière les autres en se mordant et se battant, s’ils ne sont pas tout à fait écrasés sous leur charge. Au milieu de cet encombrement passent les tramways électriques ; les chaises à porteurs des ministres, des personnages de la ville, des élégantes qui s’en vont en visite ; des compagnies de soldats coréens, un peu en débandade. Au retour d’une promenade militaire, il n’est pas rare de voir des traînards à qui la plus large avenue suffit à peine, à cause des nombreuses libations qu’ils ont faites, et à côté d’eux un camarade obligeant et de sang-froid, porteur de plusieurs fusils, accessoires bien lourds et bien dangereux en ce moment, entre les mains de ses compagnons.

Je vois là, se promenant d’un air grave et digne, au milieu de cette cohue de voitures, de chevaux et de porteurs, évitant avec soin les places boueuses, à cause de leurs chaussettes et de leurs souliers blancs, de braves fonctionnaires, le serre-tête décoré du bouton de jade ou d’or. Quelques-uns, de grande taille, au vêtement blanc immaculé, recouvert du tcham-bok (pardessus sans manches) de soie bleue ou marron, ont grand air, et obtiendraient un légitime succès sur nos boulevards, s’ils y venaient en costume national.

Ici, ce vêtement convient parfaitement à cette légion de fonctionnaires, de « yang-banes » méticuleux, que des domestiques entourent pour les aider aux passages difficiles, pour porter leur pipe quand ils ne daignent plus fumer.

Quand il pleut, pour protéger son chapeau de crin, le Coréen ajuste, par-dessus, un cône de papier huilé, qui a exactement la forme d’un filtre, se replie et se glisse dans la poche lorsqu’il fait beau temps. La robe est garantie par un vaste manteau également en papier huilé, et rien n’est plus surprenant que cette superposition d’habits d’un nouveau genre, dans lesquels se promènent, étrangement engoncés, les graves citadins qui ne circulent pas en chaise.

Il me faudrait tout un chapitre pour raconter la fabrication de ce fameux papier coréen, fort résistant, indéchirable, et ses nombreux usages. On en fait des vitres, des portes, presque des maisons, des vêtements, des souliers, des cordes avec lesquelles on confectionne des paniers, des corbeilles, que sais-je encore ? Il y a du papier fin comme de la soie pour les livres, d’autre épais comme du carton, qui, huilé pour le rendre imperméable, sert à recouvrir le plancher des habitations, les chaises à porteurs (les jours de pluie), les lanternes des domestiques précédant leurs maîtres dans les rues de la ville. Bref, le papier et la paille ont des usages innombrables en Corée.

Peu d’Européens résistent au fou rire quand tout à coup passe à côté d’eux une bonne femme qui s’en va — quelle que soit la température — avec son « boléro » trop court laissant les seins nus. C’est à cette particularité que l’on reconnaît les servantes, pauvres femmes dont la vie tout entière se passe à travailler péniblement. C’est le « chic » de la basse classe d’avoir les seins libres, de prendre le frais à leur aise, et ils s’ébattent quelquefois très bas, ce qui rend le spectacle peu réjouissant. Les jolis sont cachés sous la large ceinture et la robe empire des dames de distinction.

Les femmes de la classe moyenne portent un manteau vert sur la tête, de sorte que les manches en sont inutilisées. Elles prennent soin de se cacher le visage, le plus possible, par coquetterie plus que par obligation, pas assez cependant pour les empêcher de satisfaire leur curiosité et la nôtre. Les dames coréennes, décemment vêtues, sont assez mignonnes malgré leur visage trop fardé. Leurs pieds surtout semblent très, très petits dans leurs chaussures de soie jaune ou rouge (celles-ci réservées aux fiancées) des plus gracieuses. Malheureusement certains détails laissent à désirer, telle la grande tache graisseuse formée — dans le dos de leur corsage — par leurs cheveux trop pommadés. Je parlerai, plus tard, des danseuses du palais, gentilles dans leur accoutrement bizarre, et plus timides — quoique plus habillées — que les petits rats de l’Opéra.



C’est dans la grande artère Ouest-Est, et dans quelques rues qui y aboutissent, que se trouvent les marchands, les corporations. Mais quelles boutiques ! quels étalages ! Voici celui d’un marchand de sucre d’orge et de marrons bouillis ou rissolés, disposés en petits tas de quatre, cinq ou six sur une planche. Une vieille natte en paille fichée sur trois bâtons abrite le marchand des rayons du soleil ou de la pluie indifféremment, et le voilà installé gravement, la pipe aux dents, pour toute la journée, sans faire une seule fois l’article aux jeunes clients qui sont là, tout autour, hésitant à donner quelques sapèques trouées en échange d’un sucre d’orge ou d’un petit tas de marrons.

RUE DE L’OUEST

Vainement, attendrait-on jusqu’au soir pour voir la physionomie du marchand exprimer le dépit d’une mauvaise journée ou la joie d’une bonne recette. Cette impassibilité est la caractéristique de tous les commerçants coréens, et en général de tous les Asiatiques.

Cependant j’ai remarqué que ce commerce de marrons cuits, de fruits, et en particulier des savoureux « kakis » ou des melons dont le peuple fait une énorme consommation en été et en automne, est souvent fait par de jeunes garçons qui, plus débrouillards ou moins dignes, crient à tue-tête leurs produits rangés en lignes serrées dans des boîtes plates. Celles-ci, le soir venu, sont placées les unes sur les autres et emportées au domicile sur la hotte d’un porteur, généralement le marchand lui-même.

Dans la rue du Commerce, se voient les boutiques de ferraille ; celles où l’on débite du bois, tout à côté d’un étalage mieux pourvu, dans lequel il y a un peu de tout : des serviettes japonaises (chaque ouvrier a toujours sur lui sa serviette pour enlever la sueur ou se laver le matin au premier ruisseau qu’il rencontrera), de vieux vêtements, de la vaisselle de cuivre, des pipes, des livres, des réveille-matin, des lunettes montées sur écaille, que sais-je encore ? Le marchand trône dans le fond de la boutique, accroupi comme un bouddha, sur le banc d’étalage, au milieu de pots en serpentine et de blagues à tabac aux couleurs voyantes (c’est encore un des usages du papier coréen), très occupé à lire le journal de son quartier.

Cette lecture se fait à haute et intelligible voix, de sorte que les voisins peuvent entendre, et s’ils ne savent pas lire l’eun-moun (caractères coréens, différents du chinois), ils profitent, sans bourse délier, de toutes les nouvelles du jour. Celles-ci comportent les événements les plus saillants de la vie coréenne : confiscation à la douane de faux nickel importé par les Japonais ; démission présentée à Sa Majesté par le nouveau ministre (un ministre qui vient d’être nommé doit régulièrement refuser trois fois cet honneur, sous forme de démission, laquelle n’est pas acceptée, après quoi il prend en main le portefeuille)… Le journal annonce que M. Pak… change de nom parce que le sien ne lui plaît plus ; un décret accorde un titre posthume à tel personnage mort depuis cent ans, et autres faits divers de moindre importance, paysans pillés par une bande de brigands. Ceux-ci, armés de gourdins, s’en vont parfois explorer de fond en comble un pauvre village isolé dont les habitants, loin d’opposer la moindre résistance qui mettrait en fuite les pillards, abandonnent prestement leurs marmites de riz et leurs poules, toute leur fortune, et reviennent quand le soleil a chassé les voleurs. Ceux-ci, pour la circonstance, se barbouillent de noir. Quel dommage que je ne connaisse pas un Alexandre Dumas coréen !

Que d’histoires de brigands se répètent le soir, à la veillée, dans les auberges de la longue route, dans les cours des maisons. Pendant que les bras exécutent le roulement de bâtons du repassage, les langues des ménagères et des servantes, non moins agiles, racontent les histoires qui de génération en génération se sont dites sous le même toit. Les enfants en bayent… de ravissement ou d’épouvante… mais… je reprends ma description des étalages.

Maintenant ce sont les marchands de riz, installés le jour en plein vent, au milieu de la rue, devant le magasin, simple entrepôt pour la nuit. Ce sont ces magasins que les moineaux préfèrent, et ils sont nuées à Seoul. Les marchands comptent les mesures en chantant à tue-tête les nombres avec des modulations variées.

Plus loin une bonne vieille a installé un restaurant en plein air, au pied du mur du canal, où elle peut mieux abriter ses clients et son feu de la brise glacée, et pour être, sans doute, plus près de l’eau avec laquelle elle fait cuire son riz. Un consommateur accroupi déguste un bol de riz aux haricots, tandis que les badauds (ils sont légion ici) restent des heures entières à contempler cette auberge improvisée et à humer le peu d’air chaud qui monte du foyer. C’est une scène absolument typique. La bonne vieille, assise à la bouddha sur une natte de paille, souffle gravement son feu.

RESTAURANT EN PLEIN AIR

Pour reconnaître un débit de vin (lequel vin est de l’alcool de riz) il suffit de lever la tête, pas très haut, car les maisons sont assez basses pour qu’on en puisse toucher les tuiles ou le chaume avec la main, et partout où l’on voit des paniers en osier se balancer à l’extrémité d’une perche, avec un drapeau au-dessous, on peut frapper sans crainte de se tromper. Mais je ne conseille guère d’entrer au voyageur qui espère trouver là une « maison de thé » japonaise, une « tchaya » où de gracieuses servantes donnent gentiment, avec forces sourires, le saké brûlant dans de minuscules tasses, pendant que les mousmés chantent en s’accompagnant du « shamissen ». Chez le marchand d’alcool coréen, point n’est besoin de quitter ses chaussures afin de ne pas souiller les « tatamis » ou nattes de paille blanche de l’établissement. Ici, point d’étage, point de plancher, point de nattes ; une étable peut très bien devenir, sans aucune réparation, un luxueux débit de vin.

Cet alcool (il y en a plusieurs qualités) a un arrière-goût de pétrole et une odeur fade très désagréable. J’en ai bu, pourtant — et de première qualité — chez un fonctionnaire qui m’avait invité à un diner indigène préparé chez lui avec le plus grand soin. De très nombreux plats furent servis, depuis la soupe à la viande, les morceaux de viande entourés d’omelette, le « kim chi » ou choux salés et fermentés, le poisson frais, et le poisson sec, jusqu’aux sucreries : gâteaux à la farine de riz sucrée, gélatines rouges ou vertes, fruits de la saison, le tout servi sur de petites tables devant lesquelles on s’accroupit à la turque. Le riz et tous les mets étaient excellents, et j’ai fait ce jour-là honneur à la cuisine coréenne, sinon au vin qui eut peu de succès, et que l’aimable amphitryon eut d’ailleurs le bon goût de remplacer par de la bière et du champagne.

À propos des enseignes et des marchands de vin, je dois ajouter qu’il y a plusieurs sortes de débits. Ceux qui ont des paniers ou des lanternes sont tenus par des hommes ou des femmes, des prostituées vêtues comme des danseuses ou des chanteuses, très maquillées, dans le but d’attirer les clients. En outre, des affiches alléchantes vantent les qualités du vin et des mets servis dans l’auberge.

Lorsqu’on puise du vin dans une jarre, pour ne pas prendre dans le broc les résidus de la fermentation, on se sert d’un panier en guise de filtre. D’où son usage comme enseigne.

Les naï-houen-soul-tchip sont des maisons reconnaissables aussi au panier d’osier porté au bout d’une perche ; mais elles n’ont point de lanterne. Elles sont plus « select ». La particularité de ces cabarets, c’est que la femme qui est à leur tête (c’est un des métiers permis aux femmes honnêtes) ne se montre pas. Dans une salle de la maison, l’entrée généralement, des nattes et des coussins sont disposés pour les clients qui s’y installent, appellent un serviteur, lui demandent du vin ou un repas que celui-ci apporte de l’intérieur sans que la propriétaire paraisse. Il y a aussi des maisons où l’on fabrique en gros le vin vendu aux petits marchands. Dans les auberges de campagne, on ne vend généralement que du vin trouble.

  1. Ce nom est employé improprement pour désigner Hane-yang car il signifie simplement « la capitale ».
  2. Parmi les multiples coutumes protocolaires auxquelles est astreint l’empereur comme l’ont été ses ancêtres, celle-ci est très importante. Il ne doit jamais, non seulement voir de cadavres, mais se trouver sur leur chemin ; aussi, comme Sa Majesté, dans ses sorties aux temples de la Guerre, par exemple, doit passer par une des portes de la ville, les convois funèbres ne peuvent sortir que par ces deux portes, sous lesquelles jamais le cortège impérial ne les rencontrera.
  3. Aristocrates.
  4. Le vin coréen est un mauvais alcool de riz.