Correspondance de Voltaire/1766/Lettre 6387

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Correspondance : année 1766
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 44p. 327-328).
6387. — À MADAME GEOFFRIN,
à varsovie[1].
5 juillet.

Vous êtes, madame, avec un roi qui, seul de tous les rois, ne doit sa couronne qu’à son mérite. Votre voyage vous fait honneur à tous deux. Si j’avais eu de la santé, je me serais présenté sur votre route, et j’aurais voulu paraître à votre suite. Je ne peux mieux faire ma cour à Sa Majesté et à vous, madame, qu’en vous proposant une bonne action : daignez lire, et faire lire au roi, le petit écrit ci-joint[2]. Ceux qui secourent les Sirven, et qui prennent en main leur cause, ont besoin d’être appuyés par des noms respectés et chéris. Nous ne demandons qu’à voir notre liste honorée par ces noms qui encouragent le public. L’aide la plus légère nous suffira. La gloire de protéger l’innocence vaut le centuple de ce qu’on donne. L’affaire dont il s’agit intéresse le genre humain, et c’est en son nom qu’on s’adresse à vous, madame. Nous vous devrons l’honneur et le plaisir de voir un bon roi secourir la vertu contre un juge de village, et contribuer à extirper la plus horrible superstition. J’ai l’honneur d’être, etc.

  1. La réponse est sous le n° 6429.
  2. Ce qu’il appelle Petit Discours dans les lettres 6292, 6299, 6373.