Correspondance de Voltaire/1766/Lettre 6395

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Correspondance : année 1766
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 44p. 333-334).

6395. — À M. HENNIN.
Jeudi matin.

Ma foi, monsieur, les beaux esprits se rencontrent. Vous ne me dites point que messieurs les plénipotentiaires avaient employé la même formule que moi chétif, quand je vous montrai mon édit émané contre le col tord ou tors[1]. Si on lui donne une attestation de vie et de mœurs, il sera de ces gens qu’on pend avec leur grâce au cou. Avez-vous le gendre du roi d’Angleterre aujourd’hui ? avez-vous vu le grand kan des Cosaques ? comment me tirerai-je d’un hetman et d’un prince héréditaire ? Si vous ne venez à mon secours avec M. le chevalier de Taulès, qui est de la taille du grand kan, je suis perdu. Mettez-moi toujours aux pieds de Son Excellence, et ayez pitié du pauvre vieillard qui vous aime de tout son cœur.

  1. Vernet ; voyez page 316, note 2.