Cours d’agriculture (Rozier)/PLANTE

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Hôtel Serpente (Tome huitièmep. 1-20).


PLANTE. Von-Linné la définit ainsi, corps organique, adhérent à d’autres corps par quelques-unes de ses parties, au moyen desquelles il reçoit la nourriture & l’accroissement. Je pense que l’on devroit ajouter : qui se reproduit avec le secours de ses parties sexuelles. Par cette addition on rapproche la plante du règne animal, & on la distingue mieux du règne minéral. Les minéraux croissent, & l’agglutination de leurs parties tient à leur cristallisation. Les végétaux croissent & vivent ; leur existence dépend de la continuation du mouvement alternatif de la séve ascendante & descendante ; les animaux vivent, croissent & sentent, & leur vie tient à la circulation du sang ou d’une liqueur qui le représente. L’homme vit, croît, sent, & il diffère de tous les autres êtres de la nature par ses idées intellectuelles.

L’analogie entre l’homme & la plante, est indiquée dans tous ses points, à l’article arbre ; il suffit donc d’examiner ici quelques-unes de ses particularités. Le règne végétal est naturellement divisé en sept grandes familles ; 1º. les fungus, tels que les agarics, les champignons, les truffes noires, les vesses de loup ; 2º. les algues, dont la racine, la feuille, & son attache, ne forment qu’un corps dont les parties se ressemblent ; 3 °. les mousses dont les anthères n’ont point de filets, & sont éloignés de la fleur femelle ; 4°. les fougères dont les parties de la fructification sont collées sur le dos des feuilles ; 5°. les graminées ; la plus nombreuse, & la plus utile famille, dont les tiges sont articulées, & la semence renfermée dans une balle ; 6°. les palmifères, dont la tige est simple & feuillée à son sommet, & dont les parties de la fructification sont renfermées dans une espèce de spath ; 7°. toutes les plantes de quelque nature qu’elles soient, & qui ne peuvent pas être comprises dans les six premières familles.

Ces grandes divisions en supposent nécessairement d’autres, aussi on divise les plantes en herbes proprement dites, dont la durée est souvent de quelques semaines, de quelques mois, d’une ou de plusieurs années ; ce qui a fait nommer les premières annuelles, parce qu’elles ne vivent qu’un an ; par biennes, on entend celles dont la durée est de deux ans ; par vivaces, celles dont la durée excède deux ans… En arbrisseaux & en arbres. (Consultez ces mots.) La nature qui marche toujours progressivement, n’a mis aucune distinction caractéristique entre le sous-arbrisseau & l’arbrisseau, ni entre l’arbrisseau & l’arbre, quoiqu’il y ait une disproportion de taille énorme entre le sapin altier & le gracieux rosier nain.

Le climat, le site, la nature du sol & la culture, influent singulièrement sur les plantes.

Dans les climats très-méridionaux, on trouve peu de plantes annuelles, proportion gardée avec le nombre des vivaces des arbres & des arbrisseaux ; dans les pays très-au nord, au contraire, les plantes annuelles sont plus multipliées que les arbrisseaux & que les arbres. Les plantes biennes ou vivaces du gros midi, transportées dans l’intérieur du royaume, ou au nord, deviennent annuelles, telles sont la capucine, le tabac, &c. parce que les hivers sont trop rudes, & elles ne trouvent plus la chaleur nécessaire à leur végétation dans l’air ambiant de l’atmosphère. L’art peut rendre biennes les plantes de nos climats, en s’opposant à leur fleuraison & à leur fructification par la suppression successive de leurs tiges, comme dans le froment, le seigle, l’avoine, &c. Cette prolongation de vie peut-elle s’étendre jusqu’à la troisième année ? Je ne l’ai pas essayé. La majeure partie des plantes potagères est annuelle ; mais l’art du jardinier consiste à en semer les graines à des époques données, & qui varient d’un climat à l’autre, afin que la plante participe d’une partie des deux années ; s’il avance ou s’il en retarde les semailles, la plante montera en graine dès la première année, & n’acquerra pas la qualité qu’elle doit avoir, par exemple, dans les provinces du midi, les épinards, &c. semés en mai, rempliront leur carrière dans l’espace de ce mois, & la plantule, en sortant de terre, se convertira tout de suite en tiges.

Dans les terrains aqueux, les feuilles inférieures pourrissent presque toujours ; dans les lieux montueux, au contraire, ce sont celles du sommet des tiges qui se fondent & qui disparoissent ; dans les sols aquatiques & noyés, les feuilles perdent leur forme ; de rondes ou de triangulaires, &c. qu’elles étoient, elles s’alongent comme les cheveux, telles sont les renoncules, & plusieurs espèces de saule. Dans les pays élevés, au contraire, les feuilles inférieures sont grandes, entières, & les supérieures plus découpées ; telle est la pimprenelle, &c. La ciguë d’une odeur si nauséabonde, diminue de virulence à mesure qu’elle s’éloigne du midi & se rapproche du nord, le raisin perd son parfum, la pêche acquiert de l’aquosité & devient fondante en perdant de son aromate, &c.

Par la culture, l’homme se crée, pour ainsi dire, de nouvelles productions. Il tire des marais le persil, le céleri, &c. Ils embaument l’air dans ses jardins, & font l’agrément de sa table, tandis que l’un & l’autre sont de véritables poisons dans leur pays natal.

Conduite par la main vigilante du fleuriste, l’humble violette produit une fleur dont la grosseur approche quelquefois de celle de la rose de Bourgogne ; la sauvage anémone, la simple renoncule sont métamorphosées en fleurs superbes, & qui font l’ornement des parterres ; le petit œillet à fleurs simples & chétives, étonne par son volume, sa forme, & la belle variété de ses couleurs. Toutes les plantes, en un mot, s’accroissent par ses soins, s’embellissent & se perfectionnent ; jusqu’au coquelicot même, au pied d’alouette, la peste des moissons, décorent les parterres des couleurs les plus variées & les plus surprenantes. Ô homme ! quelle est donc ta puissance, vois ce que tu opères, & considère ce que tu pourrois faire encore !

Le sol contribue singulièrement à perfectionner ou à dénaturer les plantes. Ici, le buis le dispute en hauteur à nos arbres fruitiers les plus élevés ; là, il est humble, & n’ose s’élever qu’à quelques pouces ; mais transportez-le dans son pays natal, il brise les chaînes de la servitude, & reprend sa première vigueur. Quelle distance immense entre les racines des carottes, des scorsonères, des salsifix, des betteraves, cultivées avec celles de ces individus, qui croissent spontanément dans les champs ! Quelle différence entre le cardon en fleur, dont la hauteur est de six à sept pieds dans les provinces du midi du royaume, & celle de ce même cardon qui y végète naturellement sur les lisières des grands chemins ! &c.

Certaines couleurs affectent le plus souvent certaines parties des plantes. Le noir est particulier à plusieurs racines & à plusieurs semences ; mais on ne connoît aucune fleur vraiment noire ; les couleurs sombres tiennent toujours du violet foncé. Les tiges, les feuilles & les calices, sont ordinairement verts, & très-rarement les fleurs ; le jaune est très-commun dans les étamines, & principalement dans les fleurs d’automne & dans celles composées de demi-fleurons ; le blanc très-fréquent dans les fleurs du printemps & dans les fruits doux ; le rouge, dans les fleurs d’été & dans les fruits acides. La couleur rouge des fleurs se métamorphose souvent en blanc, ainsi que la bleue, la rouge ; le blanc en pourpre ; le bleu en jaune, & le rouge en bleu ; mais quelle est la cause de tant de vicissitudes, & de l’inconstance de ces couleurs ? Le soleil y concourt pour beaucoup. C’est ne rien dire ; il reste à expliquer comment & par quels principes ces miracles s’opèrent. Je laisse ces problèmes à résoudre à de plus savans que moi.

Ces variétés dans les couleurs des fleurs, des feuilles, des tiges, des fruits, ont singulièrement multiplié les espèces jardinières du premier, & encore plus du second ordre ; (consultez ce mot) mais il n’est pas moins constant que personne ne peut encore désigner le nombre des véritables espèces, puisque les plantes de près de la moitié du globe sont inconnues. Plusieurs auteurs font monter le nombre des espèces réelles ou de leurs variétés à plus de trente mille.

Pour établir un ordre au milieu d’une si grande multitude d’individus, les anciens divisèrent les plantes en aquatiques marines, sauvages, domestiques ; quelques-uns en printanières, estivales, automnales & hivernales ; d’autres, en potagères farineuses & succulentes, enfin, en aromatiques alimenteuses, médicinales & vineuses. Ces distinctions sont trop vagues, trop générales. Beaucoup de plantes potagères ont été originairement domestiques ; celles qui fleurissent dans le printemps au midi, ne fleurissent qu’en été au nord ; le produit des substances farineuses, lorsqu’on le soumet à la fermentation, donne un vin tout aussi vin dans son espèce, que celui du raisin, des cerises, des groseilles, des poires, des pommes, &c. ; les défauts de ces divisions sont trop essentiels pour insister plus longtemps sur cet article. Afin de trouver le fil d’Arianne, & sortir avec son secours de ce cahos, de ce labyrinthe, les modernes ont établi des méthodes plus faciles, par le moyen desquelles on peut en très-peu de temps reconnoître l’individu qui fixe nos regards. Ces méthodes, ou du moins les deux principales, seront développées à l’article système de botanique. Nous n’entrerons également ici dans aucun détail sur les propriétés alimentaires des plantes ; elles sont présentées dans chaque article ; & à la fin de celui-ci on trouvera des observations sur leurs propriétés médicinales.

De la sympathie & antipathie dans les végétaux.

C’est par ces mots semblables à ceux d’attraction & de répulsion, que les anciens expliquoient pourquoi certaine plante périssoit dans le voisinage d’une autre, tandis que la même plante semée ailleurs vegétoit à merveilles. Ces phénomènes tiennent à trois causes principales ; 1°. à la manière d’être des racines ; 2°. à la manière d’absorber les principes répandus dans l’atmosphère ; 3°. à la transpiration de certaines plantes.

Les racines sont pivotantes du fibreuses, & presqu’à la superficie du sol. Si la luzerne n’étouffoit pas par son ombre les plantes à racines fibreuses de son voisinage, celles-ci y croîtroient très-bien ; mais la racine pivotante de la luzerne fera périr l’arbre auprès duquel elle se trouvera. Le smilax, si commun dans les provinces du midi, les clématites, &c. font périr tous les arbres & arbrisseaux des haies, non qu’il règne entr’eux aucune antipathie, mais uniquement parce que ces plantes, semblables à des manteaux étendus sur les branches, les privent des influences de l’air & de la lumière du soleil. L’arbuste sarmenteux, appelé bourreau des arbres, les fait périr en s’entortillant en spirale autour de leur tronc, & les serre avec une telle force, que bien-tôt il s’enfonce dans leur propre substance, & finit par intercepter le cours de la séve. Plusieurs chèvre-feuilles produisent le même effet sur les arbres & sur les arbrisseaux ; & toutes les espèces de liserons sur les herbes.

La vigne, dit-on, est en sympathie avec l’ormeau, avec l’érable, avec le cerisier, ce fait n’est pas plus vrai qu’avec tel autre arbre, même avec le noyer. Dans la partie de France du côté des Échelles, en Savoie, on marie la vigne avec le noyer, malgré son épais feuillage ; en Italie avec le peuplier, &c. ; mais il faut observer que les sarmens ne portent du fruit que dans la partie qui jouit directement des bienfaits de l’atmosphère. L’olivier se plaît avec l’aloès, c’est que cette dernière plante concentre sous ses larges & épaisses feuilles, une certaine humidité ; d’ailleurs l’aloès, ainsi que toutes les plantes grasses, depuis l’aloès à toile d’araignée, jusqu’au cierge du Pérou, qui s’élève à la hauteur de plusieurs étages, se nourrissent presque entièrement des principes disséminés dans l’air. L’humidité de la terre est au contraire très-préjudiciable à ces plantes. On dit que l’agaric se plaît avec le cèdre, l’asperge avec les roseaux ; que le cacao croît avec vigueur sous l’ombrage de l’ébénier ; que la férule prospère sous les arbres résineux, & les aconits & les solanum près des ifs ; que le pavot colore les moissons, le nénuphar aime la renoncule, & la rue aime le nénuphar ; que le lys s’élève orgueilleusement près de la rose, que celle-ci à côté de l’ail semble plus brillante & plus parfumée, & par un effet contraire, ne se plaît pas près de l’oignon. On dit encore que le basilic sèche près de la rue, que le chou se flétrit près du cyclamen ou pain de pourceau ; que le chêne n’aime pas l’olivier ; que la vigne fuit le laurier, & que la ciguë périt près de la vigne. Je ne réponds d’aucun de ces faits ; mais s’ils sont aussi vrais qu’on le prétend, il faut observer si le sol n’est pas la cause de ces contrastes, & je puis répondre avoir vu une très-belle ciguë dans une vigne dont le sol étoit humide. Il n’est pas étonnant qu’une plante aquatique dépérisse dans une vigne pour laquelle on choisit avec raison le sol le plus sec & le plus aéré.

Je suis bien éloigné de nier que toutes les plantes se plaisent mutuellement dans le voisinage les unes des autres. À coup sûr, la nombreuse famille des plantes grasses attirera plus puissamment l’humidité & les principes de l’air que les plantes sèches, telles que les giroflées, &c. qui seront dans leur voisinage. Les sédum, les joubarbes, végètent sur les murs, ainsi que quelques politrics, le nombril de vénus, &c. ; & si l’on plaçoit à côté d’eux d’autres plantes moins attractives de l’humidité, elles périroient. Preuve bien convaincante de la sagesse de l’Être suprême, qui a désigné à chaque végétal la place qu’il doit occuper sur le globe. Pourquoi le saule, le peuplier, &c. aiment-ils par-dessus tout le bord des marais, des fossés, où l’eau croupit ? c’est que la loi de sa végétation le soumet au besoin d’absorber une certaine quantité d’air inflammable : (consultez ce mot) or, les marais, les eaux stagnantes, en fournissent beaucoup, & l’on observe que pour la fabrique de la poudre à canon, le charbon fait avec ces arbres, est préférable à tous les autres, parce qu’il contient une plus grande quantité, d’air inflammable. Ce n’est pas par sympathie que le guy croît plutôt sur l’amandier, sur le prunier, que sur le chêne, ou sur tel autre arbre, mais parce qu’il y est moins ombragé que sur l’ormeau. Il en est ainsi de la cuscute sur le lin ; qu’elle trouve un autre support, elle s’y attachera également. Le seigle, dit-on, est l’ennemi des autres plantes ; oui, il l’est, mais c’est par son fanage épais, & par sa prompte croissance, qui s’opposent à la végétation des graines dont le germe ne se développe pas aussi promptement que le sien. Il en est ainsi des vastes forêts de pins & de sapins ; leur sommet forme une voûte impénétrable aux rayons du soleil, & à l’exception d’un très-petit nombre de plantes, toutes les autres périssent sous leur ombrage ; mais si les pins & les sapins renfermoient en eux une vertu antipathique, on ne verroit pas sur les lisières de ces forêts un grand nombre de plantes végéter chacune à leur manière, & avoir chacune leur constitution particulière.

Les plantes, ainsi que l’homme, sont pourvues de pores absorbans, & de pores exhalans ; en un mot, elles transpirent, & elles aspirent, (consultez les mots arbres, feuilles, fleur) ; personne ne peut plus révoquer en doute cette vérité ; il est donc vrai que ces émanations doivent être différentes en raison & de la configuration de la plante, & du levain séveux que l’humide de la terre rencontre à l’orifice des racines lorsqu’il s’y introduit. (Consultez les mots Agriculture, Amendement, chapitre dernier.)

L’émanation de certaines plantes est douce, agréable, souvent dangereuse, & même mortelle si la plante ou des masses de fleurs sont renfermées dans un appartement ; l’effet que ces émanations produisent sur l’homme, doit être le même sur un grand nombre de plantes, & leur odeur doit les affecter d’une manière particulière ; tel se pâme en sentant une rose, une violette, tandis que tel autre se plaît à les flairer avec sensualité.

Il est certain que dans le voisinage des ifs, placés autrefois dans les jardins, les fleurs réussissoient très-mal, & même, plusieurs années après avoir fait arracher ces arbres, on a beaucoup de peine à leur substituer des arbres fruitiers, à moins qu’on n’ait enlevé toute la vieille terre qui couvroit leurs racines. Les plantes à odeur & à transpiration assoupissantes, ont toutes une physionomie sombre ; la couleur brune ou jaune, mais indécise de leurs fleurs, avertit de se tenir en garde contre elles.

Du sommeil & de la sensibilité des plantes.

Dans la comparaison du mécanisme de l’homme & du végétal, cette propriété, ou plutôt ce besoin a déjà été annoncé. À l’article fleur, en a réuni une horloge de flore, publiée en 1755, par Von-Linné, c’est-à-dire, un tableau de l’heure de l’épanouissement d’un certain nombre de fleurs, & de l’heure à laquelle elles se ferment. Ce qui est dit des fleurs s’applique également à un très-grand nombre de feuilles, principalement aux feuilles ailées, telles que celles des pois, des luzernes, des trèfles, de la sensitive, &c. ; l’immortel Von-Linné est le premier qui ait décrit ce phénomène. Son ami, M. de Sauvage, la gloire de l’université de Montpellier, lui avoit envoyé le lotier à pied d’oiseau, lotus ornithopodioides. Lin. II le recommanda à son jardinier, parce qu’il n’avoit donné que deux fleurs, & qu’il n’avoit pu les examiner dans le courant de la journée. Il fut très étonné le soir de ne plus voir ces fleurs : le lendemain matin elles reparurent, & se cachèrent de nouveau sur le soir ; enfin, notre naturaliste observa que trois feuilles les enveloppoient tellement pendant la nuit qu’elles les déroboient aux yeux les plus clair-voyans. Cette observation heureuse l’engagea à entreprendre dans le jardin d’Upsal des herborisations nocturnes, & une lampe à la main, chaque plante fut soigneusement examinée. Il vit avec cette joie que les botanistes seuls peuvent goûter, que chaque plante est affectée d’un sommeil particulier, & qu’elles imitent en quelques manières, par leur attitude, celle que les différens animaux offrent depuis long-temps aux observateurs. Bientôt un examen plus réfléchi augmenta les résultats.

Von-Linné s’assura 1°. que les jeunes plantes étoient plus dormeuses que celles qui tendoient à la vieillesse. M. Hill a été ensuite d’un sentiment contraire, comme on le verra bientôt. 2°. Que l’absence seule de la lumière causoit ce phénomène ; que le froid de la nuit n’en étoit pas la seule cause, puisque celles qui étoient dans les serres chaudes, étoient, comme celles du dehors, soumises à cette espèce de repos. 3°. Que les feuilles, suivant qu’elles étoient simples ou composées, disposées en anneaux, ou confuses, ou alternes, présentoient différentes formes pendant le sommeil, c’est-à-dire, se replioient d’une manière différente. 4°. En examinant la situation des boutons des feuilles ou des fleurs, prêts à se développer respectivement aux feuilles déjà épanouies, il crut saisir l’intention de la nature dans ce mouvement des feuilles, appelé sommeil. Von-Linné pensa que par ce resserrement les jeunes pousses étoient sûrement mises à couvert des injures de l’air, des rosées nocturnes, des froids brusques, imprévus, &c. D’après ces observations, le botaniste Suédois distingua les plantes en météoriques, en tropiques, en équinoxiales. (Consultez le mot Fleur, Tome IV, p. 661.)

Il paroissoit très-difficile d’expliquer les phénomènes du sommeil & de la sensibilité des plantes ; on hasarda plusieurs conjectures, dont la plupart n’expliquent rien. M. Hill, anglois de nation, entreprit de lever le voile, & il écrivit à M. Von-Linné les détails suivans.

Les plantes dormeuses & les plantes sensitives ont beaucoup d’affinité entre elles. Leurs mouvemens, quoique différens, dépendent du même principe. Plusieurs dormeuses ont à peu près les mêmes qualités que les sensitives, & ces dernières en ont qui leur sont propres. Si je puis fermer les feuilles de l’abrus à midi, glicine abrus, Lin. pois d’Éthiopie, & les rouvrir lorsqu’il me plaira, on conviendra que je connois la cause de leur changement de position. Si je puis fermer de même celles de la sensitive sans les toucher, en écartant la cause qui les tient droites & ouvertes, on conviendra que je connois la cause de leur mouvement.

À l’aide d’un bon microscope, on découvre les plus petits vaisseaux des feuilles, & l’on voit entre leurs deux pellicules qui sont des continuations de l’enveloppe extérieure de la tige, ramper une infinité de grosses fibres, & quantité de petites, dont la forme est extrêmement variée. Les plus gros vaisseaux sont d’une substance ligneuse, creux, & vont en diminuant à commencer de la base de la feuille. Il se rétrécissent dans le pétiole, & c’est la moelle de l’arbre qui le fournit… Ils servent à soutenir la feuille dans sa position naturelle ; & cette position change lorsque quelque cause interne ou externe les affecte… Telle est la structure de la partie soumise à l’influence dont je parle ; il ne s’agit plus que de connoître ce qui l’affecte, & pour y parvenir, il nous reste à examiner ce qui a le pouvoir de le faire.

Les feuilles ainsi construites, sont toujours environnées d’air, & alternativement soumises à l’action de la chaleur, de la lumière & de l’humidité. Comme l’air varie sans cesse, on doit regarder les altérations qu’il éprouve comme les causes subordonnées de ce changement… Ce ne sont pas là les seules causes qui agissent & influent sur les plantes ; c’est parmi ces agens que l’on doit chercher la cause du changement dans les feuilles. Ils sont naturellement compliqués, & il y a des occasions où ils agissent tous ensemble. Il faut donc observer les effets qui résultent de leurs combinaisons mutuelles dans leur état naturel.

C’est dans les feuilles ailées, qui sont composées de plusieurs lobes ou de feuilles plus petites, portées par un même pétiole, que ce changement de position est sur-tout remarquable. Tenons-nous-en donc à celles-ci.

Les quatre agens dont je viens de parler sont répandus dans l’univers ; mais leurs effets varient suivant les climats. En Angleterre, pays tempéré, les plantes qui ont des feuilles ailées, ont leurs lobes parallèles à l’horizon, & elles montrent peu de sensibilité. Dans les régions orientales, où la chaleur est plus grande, ces lobes ont la pointe tournée en haut, & changent aisément de position ; la plupart de celles d’Égypte en changent aussi ; dans les contrées septentrionales, au contraire, leur position est très-rarement horizontale, & ne change presque jamais. Les mêmes observations nous montrent que ces feuilles ne sont pas moins affectées dans le même royaume, dans les saisons sèches & pluvieuses. Dans les endroits où les pluies sont fréquentes, un changement de position dans les plantes ailées, est sûr & immanquable. Celles dont les lobes forment dans le beau temps un angle obtus en dessus, en forment autant en dessous dans un temps pluvieux. Les voyageurs attribuent ces effets à la chaleur, & les botanistes, à l’humidité ; mais on s’est convaincu du contraire.

On a vu ci-dessus, que la même chose arrive aux plantes qui sont dans des serres chaudes, où la chaleur est toujours la même. J’ai arrosé quelques plantes au point de les noyer, j’en ai laissé d’autres à sec, & je n’y ai apperçu aucun changement. Les feuilles se sont ouvertes & épanouies le matin, & se sont fermées le soir à la même heure, & au même degré.

Il suit de là que deux de ces quatre agens naturels, la chaleur & l’humidité, n’ont aucune part à cet effet. L’air est trop universel, & dépend trop de celles-ci pour pouvoir l’admettre dans notre examen ; il faut donc s’en tenir à la lumière, & je me suis convaincu par plusieurs expériences, que le changement de position dans les feuilles des plantes, dans les différens périodes du jour & de la nuit, provient de cet agent.

Prenons pour exemple de cet effet une des plantes d Égypte, parce que l’action de celles-ci est plus sensible, sur-tout dans l’abrus.

La feuille de cette plante est composée de 13 paires de lobes, attachées par des pétioles courts & minces au pétiole général, & celui-ci à la tige de la plante. En examinant la structure interne avec le microscope, on apperçoit nombre de fibres délicates, qui naissent du centre de la principale tige, & qui montent obliquement à travers les parties intermédiaires, jusqu’à la surface extérieure de l’écorce. Elles grossissent en cet endroit, se répandent en descendant de chaque côté, & forment sous l’enveloppe de la tige, la base du pétiole commun ; de là elles montent sous la forme d’un petit faisceau serré vers l’extrémité de la côte ; & comme il n’y a point de lobe interne pour terminer la feuille, elles se terminent en une pointe couverte par les tégumens communs. De chaque côté de cette côte du milieu naissent les pétioles des lobes séparés ; ils sont formés d’une multitude de petits vaisseaux extrêmement serrés & renfermés dans une enveloppe, qui est une continuation de l’écorce de la plante. Il y a à la base de chaque lobe un autre faisceau de fibres qui vont aboutir à son extrémité, & qui envoient des branches minces dans les différentes parties de la feuille. Cette description des parties sert à expliquer le changement qu’éprouvent les lobes dans leur position & sous les différentes influence de la lumière.

La lumière est un corps subtil, actif & pénétrant ; la petitesse de ses parties, fait qu’elle pénètre les corps, & son mouvement est si violent qu’elle produit sur eux les changemens les plus étranges. Ces effets ne sont point durables, parce que les rayons qui les occasionnent se perdent & s’amortissent… Les corps peuvent agir sur la lumière sans la toucher, parce que les rayons se réfléchissent lorsqu’ils en approchent ; il n’en est pas de même de la lumière, & ses rayons se perdent lorsqu’elle vient à les toucher. Le changement que produit la lumière dans la position des feuilles, est l’effet du mouvement qu’excitent ses rayons dans leurs fibres ; mais il faut pour cela que la lumière les touche, & dans ce cas elle s’incorpore avec le corps, & s’éteint.

Ce sont-là les propriétés invariables de la lumière, & en conséquence, les changemens qu’on lui attribue, ayant une fois lieu, ils doivent subsister aussi long-temps qu’elle subsiste.

L’élévation des lobes dans les feuilles dont nous parlons, est l’effet des rayons qui les frappent ; ceux-ci se dissipent, à la vérité, mais ils sont remplacés par d’autres pendant tout le temps que l’air qui environne la plante, est éclairé. Aussi voit-on qu’en plein jour les lobes restent droits, & qu’ils penchent à mesure que le jour baisse. Ce que je dis ici est l’effet de l’action de la lumière & de la structure des feuilles.

On a vu que les pétioles de ces lobes sont des faisceaux de fibres qui naissent du centre de la tige, qui pénètrent dans les lobes, & les soutiennent dans la position où elles se trouvent. L’effet de la lumière sur ces fibres, est de les tenir dans une vibration continuelle. C’est là l’effet naturel de l’impulsion & de l’extinction des corpuscules dont elle est composée, & de la nouvelle impulsion de celles qui leur succèdent.

Il est impossible que les fibres ainsi ébranlées, n’éprouvent une vibration, & cette vibration est plus ou moins forte, selon que la lumière est forte ou foible. Cette vibration est simple dans les fibres détachées ; mais elle varie dans les groupes qui sont placés à la base de la principale côte & des pédicules des lobes. C’est de l’action de la lumière sur ces faisceaux de fibres, que dépendent le mouvement & les différentes positions que les feuilles prennent ; & en conséquence ce mouvement varie selon la structure de ces faisceaux.

Ces faisceaux sont épais & lâches dans l’abrus, & de là vient que ses lobes sont susceptibles de trois positions différentes. Ces fibres sont plus compactes dans le tamarin, dans la robine à larges feuilles, ce qui fait que le mouvement de leurs feuilles se réduit à s’épanouir & à se fermer de côté ; c’est à quoi contribue la direction des fibres ; ils sont plus petits dans la parkinsonia aculeata ; aussi tout le mouvement de leurs lobes se réduit à s’épanouir & à se fermer par-dessus.

Il suit de là que les effets de la lumière varient selon la différence des feuilles ailées ; elle fait dresser les lobes de quelques-unes, par exemple de l’abrus ; elle ouvre, elle dilate celles de quelques autres ; telles sont celles de la parkinsonia. L’impression de la lumière, & les vibrations qu’elle excite, sont les mêmes dans tous ces cas ; mais la direction du mouvement qu’elle produit dans les lobes, dépend de la direction des fibres ; & sa quantité dans un degré égal de lumière, de la structure des faisceaux réticulaires des feuilles des plantes. C’est de quoi l’on s’aperçoit en examinant ces faisceaux avec le microscope & le mouvement des lobes. Ce mouvement est plus grand à proportion qu’ils sont plus longs & moins compactes, & moindres dans le cas où ils sont plus courts & plus serrés. De cette théorie passons aux expériences qui la confirment.

Je retirai, le 7 août au soir, une plante d’abrus de sa serre, & je la plaçai dans mon cabinet, dans un endroit où le jour étoit assez modéré pour que le soleil n’agît point dessus. Ce degré de lumière est le plus égal & le plus naturel, & par conséquent le plus propre aux premières expériences.

Les lobes des feuilles penchoient alors perpendiculairement, & ils étoient fermés par dessous. Ces feuilles restèrent dans cet état pendant la nuit, & dans un parfait repos. Demi-heure avant le point du jour, elles commencèrent a s’ouvrir, & un quart d’heure après le lever du soleil, à l’entrée de la nuit, elles se refermèrent par-dessous.

Je transportai le lendemain la plante dans une chambre qui n’étoit presque point éclairée ; les lobes s’ouvrirent le matin, sans prendre une position horizontale, & elles se refermèrent à l’entrée de la nuit.

Je la plaçai, le troisième jour, sur une fenêtre située au midi, & sur laquelle se soleil donnoit en plein. Dès le matin les feuilles prirent une position horizontale, & se redressèrent considérablement à neuf heures ; elles restèrent dans cet état jusqu’au soir qu’elles reprirent peu à peu leur situation horizontale, & se refermèrent de nouveau… Le soleil ne parut point le quatrième jour, les lobes prirent sur le matin leur situation horizontale sans se redresser, & se refermèrent vers le soir à leur ordinaire.

Je plaçai, le cinquième jour, la plante dans une chambre moins éclairée, & sur les neuf heures les feuilles se penchèrent, & formèrent un angle obtus par-dessous. Je la transportai dans un endroit où le jour étoit plus grand, & au bout d’un quart d’heure, elles prirent une position horizontale. Je la mis alors sur une fenêtre où le soleil donnoit, & les feuilles se redressèrent comme auparavant ; mais l’ayant transportée dans la chambre, elles retombèrent de nouveau. Tous ces changemens eurent lieu depuis neuf heures du matin jusqu’à deux heures après-midi ; le temps étoit le même, & je ne fis que changer la plante de place. Je la tins, le sixième jour, dans un jour modéré, & ses feuilles prirent une position horizontale ; le sixième jour au soir, je plaçai ma plante sur une tablette de ma bibliothèque, où le soleil donnoit, je fermai la porte, & abandonnai le tout à la nature. Le temps fut très-beau le lendemain, les feuilles qui s’étoient inclinées le soir, & qui étoient restées dans cet état pendant la nuit, commencèrent à s’ouvrir dès la pointe du jour ; elles quittèrent à neuf heures leur position horizontale ; & se redressèrent à l’ordinaire. Je fermai alors la porte de ma bibliothèque, la plante resta dans l’obscurité, & l’ayant ouverte une heure après, je trouvai les feuilles aussi inclinées qu’elles l’étoient à minuit. Elles changèrent de position dès que j’eus ouvert la porte, & elles se redressèrent au bout de vingt minutes. J’ai répété cette expérience plusieurs fois, & elle m’a toujours réussi. Ces expériences prouvent que la lumière seule est la cause de ce changement.

Du mouvement de la sensitive. Il dépend en grande partie des mêmes principes. Cette plante, outre la propriété singulière qu’elle a de fermer ses feuilles, & de les ouvrir lorsqu’on la touche, est sujette aux mêmes changemens que l’abrus.

J’ai observé ces mouvemens naturels & accidentels dans la sensitive commune, dans un degré inférieur, & sur plusieurs autres plantes qu’on appelle dormeuses. J’avois pris une branche de tamarin, elle fermoit ses feuilles lorsque je la secouois, & elles étoient aussi fermées que celles de la sensitive lorsqu’on la touche. Un abrus n’éprouva aucun changement dans ces mêmes circonstances. Les plantes qui subissent ces changemens de la part de la lumière, les éprouvent aussi, quoique moins généralement, de sa part du mouvement, & toutes celles qui sont susceptibles de ce dernier, changent lorsque la lumière vient à leur manquer. La lumière donne à leurs feuilles cette position que le tact leur fait perdre, & son absence produit le même effet que le toucher, quoique d’une manière plus foible.

La sensitive a les feuilles droites & épanouies à midi ; les pédicules forment un angle aigu avec la principale tige, & les deux feuilles qui naissent de chaque côté des premières ou des plus basses, sont écartées l’une de l’autre. Les lobes qui composent celles-ci, sont au nombre de douze paires, dont la position est pareillement horizontale : telle est la position de la jeune plante à midi : vers le soir les feuilles commencent à se redresser comme dans la parkinsonia, & leurs côtés se rapprochent ; la nuit venue, les feuilles se ferment par le haut, de même que celles de l’abrus par le bas ; les deux côtés se joignent, & le pédicule qui les soutient se fane. Tel est l’état de repos dans lequel la sensitive se trouve naturellement tous les soirs & on peut le lui procurer à midi, de même qu’à l’abrus, en les plaçant dans un endroit obscur.

Il y a à la base du pédicule qui tient à la tige principale, un faisceau de fibres qui naissent de la partie médullaire, & qui percent les parois ligneuses de la tige. Les fibres montent de là en ligne droite, jusqu’à l’extrémité du pédicule, d’où naissent deux feuilles, & où se trouve un autre faisceau pareil au premier. Ces dernières fibres rampent le long de la côte principale, & forment de chaque côté d’autres faisceaux à la base de chaque lobe… D’autres fibres plus déliées aboutissent à la feuille, & poussent des jets de côté & d’autre.

Pendant la nuit le tact ne fait aucune impression sur la sensitive, parce que ses feuilles sont déjà fermées, comme si on les avoit touchées ; elles se redressent & s’épanouissent pendant le jour, & c’est alors qu’on s’aperçoit de l’effet dont il est question. La lumière développe les feuilles, sépare les côtes & redresse les pédicules, en y excitant un mouvement de vibration. On a vu que cet effet est produit dans l’abrus, par les faisceaux de fibres placés à la base des pédicules. Comme ces faisceaux sont au nombre de trois dans la sensitive, le même principe doit produire de plus grands effets que dans l’abrus où il n’y en a qu’un.

Une preuve que le mouvement de la sensitive est occasionné par la lumière, c’est que ses feuilles ne changent de position que lorsqu’elles sont entièrement ouvertes. Les jeunes, lors même qu’elles ont six lignes de long, n’éprouvent aucun mouvement, quelque fort qu’on les touche. Pour que ce mouvement se perpétue dans les feuilles qui sont en état de l’éprouver, il faut que les fibres qui sont à leur base, aient acquis la solidité requise. En effet, lorsque les jeunes feuilles sont une fois ébranlées, elles se ferment à l’instant qu’on les touche, mais le pédicule n’éprouve cet effet qu’après qu’il a acquis plus de force. Le tact, quelque rude qu’il soit, n’agit sur le pédicule que lorsque la jeune feuille est développée ; d’où il suit qu’il faut, pour que les fibres situées à la base des lobes, & celles qui sont au sommet de la principale tige, se meuvent, qu’elles aient acquis leur consistance. Comme les fibres ont besoin d’une certaine solidité pour être susceptibles de mouvement & pour le transmettre, il faut aussi un concours de circonstances favorables pour les maintenir dans l’état où elles doivent être pour agir. Le froid durcit les fibres & les rend moins susceptibles de mouvement ; de là vient que la sensitive perd une partie de sa sensibilité lorsqu’on la tire de sa serre.

Une obscurité totale fait plus d’impression sur la sensitive que le tact le plus rude ; celui-ci ne fait que fermer les feuilles séparées, & recourber leurs pétioles ; les deux feuilles restent écartées l’une de l’autre. L’effet de l’obscurité est infiniment plus fort ; les deux feuilles se collent & paroissent n’en former qu’une. Cela prouve que l’expansion de ces parties dépend entièrement de l’effet de la lumière, & que, quoiqu’on puisse la retarder par le moyen d’un coup violent, il n’y a que l’obscurité qui puisse l’empêcher.

Une preuve que le toucher n’affecte les feuilles qu’en leur imprimant un mouvement plus grand que leur vibration interne, c’est que lorsque l’on se contente de les toucher avec le doigt sans les remuer, elles ne se ferment point, & que le contraire arrive lorsqu’on les agite. Si on secoue le pot sans toucher la plante, les feuilles se ferment, & leurs pétioles se courbent ; le vent produit le même effet.

Dans les pays orientaux, les feuilles de la sensitive sont étendues, non point à cause de la chaleur, mais parce que la lumière y est forte. Dans les contrées du nord elles se ferment, non point parce qu’il y fait froid, mais parce que le jour est plus foible. Elles se ferment pareillement dans les temps pluvieux, non point à cause qu’il fait humide, mais parce que le temps est sombre. Si elles restent ouvertes en égypte, c’est moins parce qu’il n’y pleut jamais, que parce que le temps y est toujours serein. Pour se convaincre de ce que j’avance, on n’a qu’à placer l’abrus sur une fenêtre exposée au midi, on verra que l’expansion & l’élévation de ses feuilles sont toujours proportionnées au degré de la lumière, qu’elles se ressentent également du beau & du mauvais temps, quoiqu’on laisse la plante dans le même endroit.

Les feuilles commencent à s’ouvrir avant que le soleil soit au-dessus de l’horizon, parce que l’air est éclairé à proportion ; elles commencent à se fermer avant qu’il soit couché, parce que la fenêtre dont on parle, étant au midi, la plante se trouve dans l’ombre que forme le bâtiment. Dans les temps pluvieux les plantes se ferment de meilleure heure le soir & s’ouvrent plus tard le matin.

Lorsque la sensitive a été pendant quelques jours hors de la serre, & qu’elle a perdu une partie de sa sensibilité, on peut la toucher à plusieurs reprises sans que ses feuilles se retirent ; mais pour peu qu’on frappe dessus, elles se ferment à l’instant. On peut également déterminer, par ce moyen, l’étendre & les progrès du mouvement, selon la force qui le cause. On sait, par exemple, qu’un coup léger n’agit que sur les lobes qu’on touche, & qu’un plus fort agit sur tous les lobes opposés & sur toute la plante.

Ce que M. Hill vient de dire sur ces plantes, peut également, & jusqu’à un certain point, s’appliquer à toutes les plantes à feuilles ailées & trifoliées de nos climats. Les exemples cités sont les plus remarquables ; mais pour peu que l’on observe, on obtiendra en diminutif les mêmes effets sur les plantes à feuilles ailées de nos pays. Avant de terminer cet article, le lecteur verra avec plaisir comment M. Comus a rendu la sensitive paralytique.

« De toutes les plantes dormeuses que j’ai soumises à l’électricité, dit notre physicien, j’ai observé que la sensitive étoit celle qui présentoit le plus de singularité. »

» 1°. En la touchant avec un morceau de métal poli, garni de deux boules aux extrémités, les feuilles le ferment ; en la touchant avec un morceau de verre de même forme, elle paroît insensible, & les feuilles ne se ferment point. Si au contraire on électrise le morceau de verre par frottement ou communication, & qu’on touche la plante, les feuilles se ferment. »

» 2°. En approchant l’atmosphère d’une bouteille de Leyde électrisée, un demi-pouce d’une branche, toutes les feuilles soutenues par le pétiole commun, se ferment en un instant, & ce pétiole commun tombe sur la tige, comme si on l’avoit cassé dans sa charnière. »

» 3°. En donnant la commotion à la plante par le moyen d’une chaîne qui touche d’un bout à la tige, & de l’autre à la bouteille de Leyde électrisée, on tire ensuite une étincelle de l’extrémité de la plante pour lui donner la commotion. Après plusieurs commotions, toutes les feuilles se ferment, & les pétioles communs se couchent tous sur les tiges, comme dans l’expérience précédente. Ces branches quittent la direction horizontale, pour prendre la perpendiculaire aussi brusquement que si on lâchoit un ressort qui tînt toutes ces branches ensemble. »

» 4°. En électrisant la plante isolée, cela ne produit aucun effet ; j’ai remarqué seulement que les feuilles se redressoient un peu pendant l’opération, & qu’elles reprenoient ensuite leur première position. »

» 5°. J’ai observé que cette plante à force d’être électrisée, perdoit peu à peu de sa délicatesse, & qu’elle devenoit moins sensible sans rien perdre de sa fraîcheur ; ses feuilles conservant toujours leur verdure. Après l’avoir électrisée pendant plusieurs jours de suite, elle est devenue aussi insensible qu’une autre plante, en sorte que l’attouchement ne lui fait plus fermer ses feuilles ; elle est devenue de même insensible à toutes les expériences électriques. »

L’effet opéré par l’électricité dans les expériences de M. Comus, je l’ai produit également en touchant souvent dans une journée chaude & d’un beau soleil, une plante de sensitive ; c’est-à-dire, qu’aussitôt que les feuilles, après le premier attouchement, avoient repris leur position diurne, je les touchai de nouveau & ainsi de suite. À la fin du second elles ne furent plus sensibles.

Des propriétés des plantes.[1]

Qualités, vertus, usages des plantes. Expressions qu’on rend souvent synonymes en médecine, & qui ne devroient pas l’être. Chacun de ces mots a sa valeur, en voici la signification.

La propriété est le rapport qu’il y a entre les principes constituans de telle plante, & la disposition du corps animal auquel nous l’appliquons, soir comme aliment, soit comme remède. On peut dire, en général, que toutes les plantes ont des propriétés particulières, quoiqu’elles ne nous soient pas connues. La propriété annonce qu’une plante a une vertu déterminée, laquelle est décidée dans les spécifiques ; c’est sa qualité particulière.

La qualité dit quelque chose de plus vague. Plusieurs plantes ont des qualités communes. C’est ainsi qu’on range par classes les purgatives, les astringentes, les émollientes, &c. La manne, la rhubarbe, le séné & la catapuce ont toutes des qualités purgatives. Mais elles les possèdent à différens degrés à raison des principes qui leur sont propres, & c’est en quoi consiste leur propriété ; l’une est un purgatif fort doux, l’autre est moyen, & le dernier est très-actif.

La qualité s’entend des choses bonnes, comme des mauvaises, tandis que la propriété est quelque chose d’essentiellement utile. Propriété & qualité s’appliquent également aux substances des trois règnes de la nature. Vertu des plantes est un terme générique plus affecté aux productions végétales. Il annonce que telle plante à la faculté d’agir, par conséquent qu’elle a des qualités & des propriétés médicinales.

Sous le titre de plantes usuelles on comprend, non-seulement les plantes dont la médecine tire quelques secours, mais encore toutes celles qui sont d’un usage quelconque. Ainsi, en démontrant les plantes usuelles, un botaniste distingue celles qui sont médicinales, économiques, alimentaires, celles, qui servent de fourrage, ou de matériaux aux arts. En cela, elles sont toutes de quelque usage. Le titre de plantes usuelles sépare celles que nous qualifions telles dans nos distinctions conventionnelles, 1°. de celles que nous croyons être inutiles, parce que nous n’en savons pas faire usage ; 2°. de celles que nous nommons mauvaises, respectivement à celles que nous cultivons & auxquelles elles nuisent ; 3°. enfin de celles qui sont réputées vénéneuses & dont nous évitons de faire usage, parce qu’elles nous sont suspectes. 4°. On pourroit comprendre dans la division des plantes non-usuelles celles que nous regardons comme simplement curieuses, soit à cause de leur rareté, soit parce qu’elles ne sont qu’orner les jardins, & que dans le vrai elles ne servent à aucun de nos besoins.

En médecine, l’usage des plantes s’entend de l’administration qu’on en fait dans tel & tel cas ; & cet usage est fondé sur leur vertu ou leur propriété. La préparation est la méthode d’en faire un bon usage.

M. Villars, qui a admis la même distinction entre les mots propriété & qualité, l’a rendue bien sensible par des exemples que nous emprunterons de lui. « L’absynthe & la coloquinte (dit ce médecin botaniste, dans son histoire des plantes du Dauphiné, Tome I, p. 89.) ont une qualité amère qui leur est commune, tandis que leurs propriétés sont bien différentes, puisque la première nous donne de l’appétit, nous fortifie, & la seconde nous dégoûte, purge & affoiblit ; le camphre & l’esprit de térébenthine ont une qualité très-inflammable, tandis que le premier a la propriété de nous calmer ; qu’il tempère, rafraîchit, résiste à la pourriture ; le second échauffe, irrite, provoque les urines, leur donne une odeur de violette… Les propriétés des plantes, continue M. Villars, sont relatives à nos usages, à notre constitution, à nos maladies ; mais leurs qualités physiques, quoique subordonnées à leur âge, au climat, leur sont propres. »

Si l’on veut encore un exemple qui embrasse les trois objets, je dirai qu’une plante vénéneuse a décidément une mauvaise qualité, qu’on peut ne pas lui connoître de propriété médicinale, & qu’elle peut être d’usage pour certains arts.

La distinction que nous venons d’établir, & qui sera saisie par les médecins, n’empêche pas que dans l’usage ordinaire on ne confonde les qualités & les propriétés médicinales ; & c’est pour se conformer à cette manière de s’exprimer, trop généralement reçue, qu’à chaque article des plantes on a entendu parler dans ce Dictionnaire, de leurs qualités générales & de leurs propriétés particulières, c’est-à-dire, de leur aptitude à quelque usage médicinal.

La manière de connoître les propriétés des plantes n’est pas facile. Le hasard, l’analogie, l’affinité & l’expérience, quelquefois périlleuse, en ont fait découvrir plusieurs ; l’observation suivie en a constaté les vertus.

Les qualités des plantes se distinguent au goût, à l’odorat, quelquefois à la vue, moins sûrement par l’analyse chimique ; les unes sont amères, les autres douces ; celles-ci sont acides, celles-là âcres, piquantes. Plusieurs sont suaves, aromatiques, elles exhalent différentes sortes de parfums ; beaucoup sont inodores ; il en est de fétides & de nauséabondes. Enfin, les unes sont très-agréables & flattent la vue, tant par leur couleur que par leur élégance ; les autres sont sombres, livides, on les suspecte, on les évite, on les rejette.

La couleur peut servir à juger, jusqu’à un certain point, de la vertu des plantes. La pâleur annonce en général, qu’elles sont insipides ; la couleur verte désigne la crudité ou immaturité ; la jaune est presque propre à ce qui est amer ; les fruits rouges sont acides ; ce qui est blanc est doux pour l’ordinaire ; le noir n’indique rien d’agréable ni de salutaire.

Les qualités sont donc inhérentes au végétal, & ses propriétés varient selon l’usage que nous en faisons, & l’impression qu’elles opèrent sur nous. Les qualités servent d’induction pour les propriétés. On ne s’attache pas ordinairement à découvrir des propriétés dans une plante qui n’a ni odeur, ni saveur.

Nos connoissances sont encore bien bornées sur les véritables propriétés des plantes. Bien plus, on hésite assez souvent sur le nom propre des plantes ; (voyez le mot Simples) on sait seulement que l’action des remèdes & des poisons qui ne diffèrent que du plus au moins, se porte tantôt sur les nerfs, tantôt sur les fibres musculaires, ou sur le sang & les autres fluides. Les uns agissent sur certains organes, d’autres, sur telle partie. Les uns augmentent la sécrétion des urines, les autres, celle de la transpiration, de la salive, des glandes intestinales, &c. ; cette action est souvent autant mécanique que physique, lorsque le remède agit à raison de la figure & du poids de ses parties constituantes.

Les qualités des plantes changent suivant les époques de la végétation, suivant la saison, le climat, le sol, l’exposition & la culture, c’est la même loi que dans les plantes nutritives. La propriété change aussi avec l’état de la maladie. La même plante a quelquefois plusieurs vertus, & chacune de ses parties peut en avoir une particulière. Le buis a ses feuilles astringentes, & son bois est frigorifique. L’orange, le citron, ont un suc acide, rafraîchissant ; l’écorce en est douce, aromatique, cordiale ; la graine en est amère, vermifuge.

On a remarqué que les plantes avoient, selon l’état où on les prend, & celui où se trouve le corps vivant, des qualités contraires. Un fruit commence par être acerbe, il devient acide, puis doux ; un légume est savoureux, tendre, & plein de suc lorsqu’il est à son point ; s’il passe, il est insipide, sec, coriace ; une fleur est inodore avant son développement ; laissez-la épanouir, elle répandra une odeur suave, ou une odeur forte ; ses principes odorans se dissiperont en séchant, elle restera sans vertu.

En quoi consistent les principes médicamenteux ? la chimie en a découvert quelques-uns, les autres sont encore inconnus, & leurs combinaisons forment les différentes saveurs & odeurs qu’il n’est pas possible de déterminer d’une manière précise ; on les compare entre elles & on les définit vaguement.

On fait que parmi les plantes, les unes abondent en principes aqueux ; dans les autres, c’est le principe huileux qui domine. On trouve dans plusieurs, différens sels, soit naturels, soit qu’ils résultent de l’analyse. La terre & l’air entrent toujours pour beaucoup dans la structure végétale, & contribuent à donner quelques qualités aux plantes.

Les anciens avoient distingué plusieurs degrés dans les qualités des plantes & de toute chose. Ainsi ils auroient dit qu’une telle plante est échauffante ou rafraîchissante, amère ou douce à tel & à tel degré. On a trop négligé cette manière d’apprécier les qualités des médicamens, ou plutôt d’évaluer le degré de nos sensations. Il faut espérer qu’on y reviendra un jour, en laissant tout ce que les anciens avoient introduit d’hypothétique dans la connoissance des remèdes & des alimens.

Les végétaux fournissent le plus grand nombre des substances de la matière médicale ou de l’histoire des drogues ; ce sont aussi les remèdes les plus simples, & souvent les plus efficaces. Les produits de ces mêmes substances, & leurs différentes combinaisons sont du ressort de la pharmacie & de la chimie, il en résulte au moyen de certaines manipulations, des remèdes composés.

Il s’en faut beaucoup que toutes les plantes soient admises à cet usage. À peine y en a-t-il la quarantième partie, puisqu’on connoît environ vingt-deux mille plantes, & qu’il n’y en a à peu près que douze cents d’usuelles, parmi lesquelles on en compte seulement cinq ou six cents dont les vertus médicinales sont avouées, tant bien que mal. Il y auroit une grande réduction à faire, si l’on recherchoit toutes celles dont les propriétés sont encore incertaines, & qui ont été trouvées en défaut en bien des cas. L’observation ne confirme pas tout ce qu’une première expérience & la prévention suggèrent.

On a classé différemment les plantes médicinales & les médicamens en général, quoique ordinairement relativement à leurs effets. On ne s’en tient plus à la signatura des plantes, c’est-à-dire, à la fausse ressemblance, au rapport qu’elles paroissent avoir avec les parties affectées de quelque maladie. Ce seroit une voie bien sûre pour guérir, si elle n’étoit démentie par l’observation. On a rangé quelquefois les plantes médicinales d’après l’ordre naturel ou l’ordre des familles ; mais il reste bien des lacunes. Tout se réduit à trouver des évacuans & des altérans.

Ces sortes de divisions & de subdivisions, tiennent de la combinaison, & sont infinies. Chaque auteur a presque la sienne. Pour en fournir un exemple, & le mettre plus à la portée des lecteurs, nous choisirons la classification qu’à admise M. Vitet dans sa Pharmacopée de Lyon, ouvrage qui, au mérite de la précision, joint celui d’avoir inspiré des doutes sur une infinité de plantes & de remèdes dont les propriétés trop vantées n*ont pas obtenu la sanction de tous les observateurs. Les classes des médicamens de cet auteur sont établies sur leurs effets généraux, & il en a formé dix-sept.

Classe 1ere. Vomitifs.
2. Purgatifs.
3. Diurétiques.
4. Sudorifiques.
5. Emménagogue.
6. Expectorans.
7. Sternutatoires.
8. Salivaires.
9. Vésicatoires.
10. Caustiques.
11. Astringens.
12. Sanguivores.
13. Rafraîchissans.
14. Relâchans.
15. Nutritifs.
16. Assoupissans.
17. Fortifians.

La plupart de ces classes ont des soudivisions ; par exemple, la dernière qui est des fortifians, se divise en fortifians amers & en fortifians aromatiques. Parmi les premiers on comprend les ordres qui suivent : les détersifs, les antiseptiques, les anthelmintiques, les séléniques, les hépatiques. Parmi les seconds, on range les résolutifs, les stimulans, les toniques, les corroborans, les échauffans, les céphaliques, les aphrodisiaques, les balsamiques, les antispasmodiques, les alexitères, les cardiaques, les carminatifs, les exanthématiques, les fondans.

L’usage médicinal des plantes & de tous les remèdes, est en général fondé sur une suite d’expériences & d’observations que les médecins de tous les siècles & de différens pays ont confirmées. La prévention, l’enthousiasme, la cupidité, ont pu accréditer pendant quelque temps certains remèdes, mais leur réputation chancelante n’a pu que rarement se soutenir.

Le plus beau problème à résoudre pour le salut des humains, seroit celui-ci : une plante étant connue, en découvrir les propriétés. Ce seroit une suite de cet autre problème non moins important, & non moins difficile à résoudre : une maladie étant donnée, en reconnoître le vrai remède, ou, s’il est possible, le spécifique. Il est affligeant, & c’est beaucoup encore, de savoir qu’il est un grand nombre de maladies qui n’admettent que des palliatifs. Il est humiliant de voir des malades incurables. Cependant les maladies sont mieux connues que les remèdes qui pourroient leur être convenables. Il faut l’avouer, la médecine doit plus à cet égard au hasard, & au pur empirisme, qu’au raisonnement. L’empirique dit : tel remède a telle propriété & je m’en sers, n’importe comme qu’il agisse ; la médecine rationnelle recherche le pourquoi & le comment. Quelquefois elle approche du vrai, le plus souvent elle rencontre faux. Le quinquina est un puissant fébrifuge ; on veut savoir comment il agit ; sachons plutôt en quoi consiste la matière fébrile. Chaque explication de la cause de la maladie décidera par une raison différente de l’action du remède ; ce qu’il en résultera de plus certain, c’est qu’il aura produit un tel effet. Quand l’auteur inimitable du Malade imaginaire a fait un jeu de mots latins sur la propriété soporifique de l’opium, il a dit tout ce qu’il étoit possible de dire en aussi peu de paroles, à des gens qui ne sont pas médecins, & nous ne leur en apprendrions pas davantage ; nous voudrions au contraire pouvoir rendre plus circonspects ceux qui croyent tout savoir, & qui expliquent tout avec assurance, & faire naître à d’autres de la méfiance pour les écrits séducteurs que les charlatans jettent dans le public, dans lesquels ils prônent avec impudence les propriétés supposées de leurs arcanes admirables contré tous les maux possibles. Ils en expliquent aussi facilement les effets qu’ils ont l’art de duper le peuple, & trop souvent des gens raisonnables.

Puissent ces réflexions rendre les gens de la campagne, & ceux qui les dirigent, (en faveur desquels nous insérons cet article) bien circonspects dans l’emploi qu’ils feront des plantes, tant pour eux-mêmes que pour les bestiaux. La plante doit leur être assez connue, & ses propriétés confirmées par des expériences antérieures, avant d’en faire aucun usage ; sinon, qu’ils consultent les gens de l’art, plutôt que de s’en tenir à leurs foibles lumières. A. X.


  1. Cet article nous a été fourni par M. Amoreux, fils, Docteur en Médecine à Montpellier. Ceux que l’on trouvera marqués A. X., sont de lui.