Cours d’agriculture (Rozier)/PRINTEMPS

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Hôtel Serpente (Tome huitièmep. 395-396).


PRINTEMPS. Saison de l’année qui commence dans les parties septentrionales de l’hémisphère, le jour que le soleil entre dans le premier degré du bélier, qui est ordinairement vers le 20 mars, & finit quand le soleil sort du signe des gémeaux, c’est-à-dire, le jour que le soleil paroit décrire le tropique du Cancer, pour s’approcher ensuite du pôle méridional.

En générale le printemps commence le jour auquel la hauteur de la distance méridienne du soleil au zénit, étant dans son accroissement, tient le milieu entre la plus grande & la plus petite.

Cette saison ranime la nature, & dès qu’une chaleur douce commence à se communiquer à l’atmosphère, les plantes, jusqu’à cette époque presque sans vie, sortent de leur léthargie, prennent de l’accroissement & se parent des plus belles couleurs. D’où vient cette prompte & brillante métamorphose, le renouvellement seul de la chaleur la produit-il ? Non, sans doute, mais il y concourt.

Depuis la fin de l’automne jusqu’au printemps, la terre n’a fait aucune évaporation de ses principes ; les pluies, au contraire, ont entraîné avec elles & porté dans son sein les émanations vagues & disséminées dans l’atmosphère ; les neiges ont recouvert la superficie du sol, la gelée en a formé une croûte épaisse & les émissions de l’air fixe n’ont trouvé aucun passage ; (consultez ce mot) mais comme la chaleur de l’intérieur de la terre travaille sans cesse, comme elle vaporise & sublime l’humidité qu’elle renferme, ainsi que les principes que cette dernière tient en dissolution, elle les accumule vers les racines des plantes qui en profitent pour travailler, grossir & se prolonger pendant l’hiver. (Consultez le mot Neige)

Lorsqu’une chaleur douce s’insinue dans la couche supérieure de la terre, auparavant froide ou glacée, ses pores s’ouvrent, l’évaporation commence & les feuilles environnées de cet air fixe qui s’échappe & qu’elles s’approprient, poussent avec la plus grande force. C’est à ces évaporations que sont dues les fortes rosées de mai. Le froid du soir & du matin les condense en gouttelettes dont une partie est absorbée pendant la nuit par les feuilles, & l’autre dissipée par le soleil levant, pour retomber au soleil couchant avec les évaporations qui ont eu lieu pendant la journée. Tant que la vaporisation à lieu dans l’intérieur de la terre, ses principes nourrissent les racines ; s’échappe-t-elle à travers ses pores, les feuilles se les approprient ; l’ont-elles réduites en rosée, toute la plante en absorbe une partie. À cette époque tous les canaux des plantes sont ouverts & leur texture est molle & herbacée, aussi leur transpiration est très-abondante, & c’est par elle que l’air est parfumé des plus douces odeurs.