Cours d’agriculture (Rozier)/PUTOIS

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PUTOIS, (Mustela putorius Lin.) quadrupède fort ressemblant à la Fouine. (Voyez ce mot.) On ne le distingue de la fouine que par sa queue plus courte, son nez plus pointu, son poil plus épais et plus noir, et par la teinte blanche répandue sur son front et son museau. Ces dissemblances, peu sensibles à l’extérieur, sont accompagnées d’une propriété très-remarquable ; c’est l’odeur fétide que le putois exhale, au lieu que celle de la fouine n’est point désagréable.

Plus glouton et plus agile que la fouine, le putois est un dangereux commensal dans les habitations champêtres où il se retire en hiver, et qu’il vient visiter en brigand pendant l’été. Les basses-cours se dépeuplent bientôt, s’il peut s’y glisser, et il étend ses ravages jusque dans les ruches, qu’il attaque pour manger le miel dont il est fort avide. Dans les champs, il fait une guerre continuelle aux lapins, dont il est naturellement l’ennemi mortel, comme le furet ; il dévore aussi le gibier et les petits oiseaux ; sa voracité, qui le porte sans cesse au carnage, fait quelquefois de cet animal redouté un animal utile, lorsqu’il se jette sur les taupes, les rats et les mulots, dont il diminue le nombre ; mais les dégâts qu’il occasionne l’emportent de beaucoup sur le bien qu’il fait ; aussi est-il généralement haï, repoussé, proscrit.

On dresse des pièges, tels que le quatre de chiffre, le traquenard, l’arbalète, etc. ; on y place une volaille, un œuf, un morceau d’agneau, dont les cris ou l’odeur allèchent les putois, et les entraînent vers des instrumens où une mort certaine est préparée sous les dehors d’une pâture de choix.

« Il y a des gens ; (disent plusieurs auteurs, et particulièrement celui de la Chasse au fusil, et je cite leurs expressions, parce que je n’ai jamais rencontré de ces gens-là) il y a des gens qui font métier de chasser les fouines et les putois, et qui courent les campagnes, de ferme en ferme, pour les détruire. Ils ont de petits bassets dressés pour cette chasse, et instruits à monter par des échelles, à l’aide desquelles ils poursuivent ces animaux sous les toits des granges et greniers, et vont les relancer sous les sablières, dans les trous des murailles, et dans les tas de paille et de foin où ils se réfugient ; ce qui les oblige de se découvrir de temps en temps, et donne les moyens de les tirer, en prenant la précaution de se servir, pour bourrer le fusil, de tampons de bourre qui ne s’enflamme point ». (S.)