Cours d’agriculture (Rozier)/SOLE

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Hôtel Serpente (Tome neuvièmep. 256-258).


SOLE. Médecine Vétérinaire. Nous avons parlé assez au long de la sole dans la division que nous avons faite du pied du cheval (voyez pied.) il nous reste seulement à traiter des maladies qui affectent cette partie.


Maladies de la sole.

Sole échauffée. Rien de plus fréquent dans les campagnes, que de voir les maréchaux appliquer des fers rouges, sur les pieds des chevaux. Cette méthode venant plutôt de la paresse qu’ils ont à abbattre le pied, que de l’intention de faire porter les fers, occasionne non seulement une altération dans le sabot, mais même une inflammation. D’autres maréchaux, faute d’expérience, laissent long-tems le fer, qui, sans être pourtant rouge, échauffe tellement les parties du sabot, qu’il produit les mêmes accidens.

Quel doit donc être le seul but du maréchal, lorsqu’il présente son fer sur le pied ? C’est de voir, s’il n’est pas trop juste, S’il ne garnit pas trop, s’il ne porte pas sur la sole, s’il prend bien la tournure du pied.

Curation. Les remèdes propres à la sole échauffée, consistent à humecter cette partie avec des emmiellures ou de la terre glaise très-liquide imbibée d’eau, ou bien avec des cataplasmes émolliens.

Sole battue. Toutes les fois que la sole de corne porte à terre, elle comprime la sole charnue, l’inflammation survient, & le cheval boite : C’est ce qu’on appelle sole battue. Cet accident a lieu, lorsque le pied a été trop paré par le maréchal, & qu’il vient à se desserrer ; la muraille s’éclate, n’ayant plus de soutien de la part de la sole de corne.

Curation. Mettez un vieux fer léger, attachez-le avec de petits cloux dont les lames soient minces, appliquez par dessus des onctueux tels que la remulade, l’onguent de pied, &c. Mais si la sole est entièrement foulée, s’il y a hémorrhagie, & si la claudication est considérable, dessolez l’animal. (Voyez dessolure.)

Sole charrue comprimée. Si le cheval prend son point d’appui sur la partie antérieure de l’os du pied, il chasse, par le moyen de ses condyles, le tendon en arrière & en bas : ce qui occasionne une inflammation considérable à la sole charnue, & quelquefois un arrêt de la synovie, les glandes ayant été comprimées par ce dérangement. La synovie s’épaissit par son séjour, corrode les cartilages de l’os du pied, de l’os coronaire, & produit une ankilose. (Voyez ce mot.)

Voulez-vous reconnoître la compression de la sole charnue ; commencez à parer le pied bien uniment, & rendez la sole de corne fort mince : dans cette action, le cheval marque de la sensibilité ; ensuite, sondez avec les tricoises, en commençant en pince, & allant successivement vers les talons, mais ayez l’attention sur-tout de ne pas serrer les tricoises, plus dans un endroit que dans l’autre ; c’est par ce moyen que vous découvrirez la compression de la sole charnue ; c’est encore par cette voie que l’on découvre, dans la plupart des autres maladies du pied, l’endroit où le cheval a été piqué, & la partie qui a été blessée & contuse.

Curation. Pour remédier à la compression, parez le pied à la rosée, (voyez ferrure) ou bien saignez à la pince, (voyez saignée des animaux) & mettez dans le pied & autour du sabot, quelques cataplasmes émolliens, afin d’humecter & de relâcher les parties qui sont distendues, & de diminuer la compression de la sole charnue. Laissez reposer le cheval pendant quinze ou vingt jours ; ce temps passé, faites-le promener jusqu’à parfaite guérison.

Sole de corne comprimée par le fer. L’inflammation survient à la sole par la compression du fer, et occasionne du pus dans cette partie ; cet accident arrive, pour l’ordinaire, de l’ajusture du fer, ou, pour mieux dire, de ce que l’on n’a pas assez entolé le fer. Si la compression est légère, la serrure y remédie aisément ; (voyez ferrure) si au contraire, il y a de la matière, échancrez le fer, et traitez la plaie avec la térébenthine.

Sole foulée, foulure de la sole. C’est ainsi qu’on appelle la compression que la sole a soufferte à la suite d’un caillou, d’une pierre, &c. qui s’est logée entre le fer et la sole de corne, ou bien d’un amas de sable ou de terre, qui, en séjournant, auront formé un mastic. Il résulte de cette contusion, à peu près le même accident que de fortes éponges sur les talons.

La foulure de la sole n’auroit pas lieu, si le maréchal n’avoit pas trop paré le pied : par cette méthode, il excite une espèce de creux, qui loge le sable ou le caillou, &c.

Curation. Ôtez le fer, enlevez les corps qui compriment la sole charnue, tenez le pied bien humecté avec du cataplasme émollient, & ne le parez point.

Sole brûlée. Voyez brûlure de la sole, 2 pag. 476. M. T.