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De la génération des vers dans le corps de l’homme (1741)/Compléments/Dissertation sur la génération de l’homme par les Vers spermatiques

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Traduction par Nicolas Andry de Boisregard.
Veuve Alix ; Lambert et Durand (Tome IIp. 734-771).

DISSERTATION
SUR
LA GENERATION
DE L’HOMME
Par les Vers Spermatiques,

Annoncée pag. 187.


I.

Si l’Homme tire son origine d’un Ver ?



Le mouvement, qui est le principe de la vie, est tout ensemble le principe de la mort. La vie consiste dans l’action réciproque des parties solides contre les fluides, & des parties fluides contre les solides ; & cette action même est ce qui détruit insensiblement les ressors dont nous sommes composés. La fermentation qui entretient dans le corps la fluidité des liqueurs, dissipe en même tems ce qu’il y a de plus subtil en nous. Cette perte inévitable fait que les liquides s’épaississent peu à peu, que les solides ont moins de force pour les repousser, & que les parties du corps perdant enfin leur jeu & leur souplesse, deviennent sujettes à la vieillesse & à la mort. Il semble que tout concoure à avancer ce terme : l’air que nous respirons, les alimens que nous prenons sans regle & sans mesure, le sommeil & les veilles dont nous abusons souvent, les passions continuelles qui nous agitent, & mille accidens dont nous ne sçaurions nous garantir, tout cela sert à abréger le cours naturel de nos jours. D’un autre côté, si nous considerons la composition de notre corps, la finesse de ses organes, la dépendance que tous ses ressorts ont les uns des autres ; en sorte qu’un seul arrêté les arrête presque tous, nous admirerons comment une machine si délicate peut se soutenir un moment, encore plus comment tant de sortes d’animaux que la mort ménace à chaque instant, peuvent se conserver par la multiplication, sans qu’il s’en perde une seule espéce : c’est un effet de la sagesse du Créateur, qui ayant fait le monde sujet à une continuelle vicissitude, a disposé les êtres corporels de telle maniere, que la destruction des uns est aussi-tôt réparée par la production des autres. Cette Providence est sur-tout admirable dans les plantes : on les voit se multiplier à l’infini, non seulement par le secours que leur fournit la nature dans ce fonds inépuisable de graines, mais encore par plusieurs ressources que l’art a découvertes, & qui ne sont toutes qu’une suite des semences. Virgile dans le second Livre des Georgiques, décrit en détail les différentes manieres dont on procure cette multiplication artificielle.

Elle se fait, dit-il, tantôt par des rejettons qu’on arrache du corps de l’arbre, & qu’on met dans des fosses ; tantôt par des souches qu’on enfoüit ; tantôt par des pieux plantés dont on a fendu la pointe en quatre, ou par des perches aiguisées par le bas, & qu’on enfonce dans la terre ; tantôt par des provins ou marcottes ; tantôt par des boutures, & quelquefois même, ainsi qu’il se pratique sur l’Olivier, par des tiges presque séches que l’on coupe, & qui étant mises en terre se renouvellent d’une maniere surprenante & poussent des racines.

Ajoutons à cette fécondité des plantes, celle qu’elles reçoivent par le retranchement de leur bois superflu ; fécondité qui nous fait voir sensiblement que chaque plante n’est autre chose au-dedans, qu’un tissu merveilleux d’une infinité d’autres plantes de même espéce.

Tandis que les végétaux ont tant de ressources pour leur reproduction, les animaux pour la leur n’en ont qu’une seule, qui est celle des semences, & qui leur est commune avec les plantes ; mais il ne leur en faut pas davantage pour se perpétuer, parce que veillant eux-mêmes à leur propre conservation, ils se défendent suffisamment des dangers où les plantes sont à toute heure exposées.

Ils se produisent donc par le seul moyen des semences. Ce moyen, ainsi que nous le montrerons, est le même en eux que dans les plantes. Il est vrai qu’il y paroît différent en quelques circonstances particulieres, mais il ne laisse pas d’être toujours uniforme essentiellement ; en sorte que pour bien connoître l’origine du corps de l’homme & celle de tous les animaux, il ne faut que bien examiner l’origine des autres corps vivans.


II.

On n’aura pas de peine à se convaincre de cette uniformité de la nature dans ce qui regarde la plus considérable fonction des corps vivans, qui est la génération, si l’on considere le rapport admirable qui se trouve entre ces mêmes êtres, dans ce qui concerne leurs autres fonctions principales & les organes nécessaires à leur vie. Les corps vivans, soit animaux ou plantes, vivent, se nourrissent & croissent tous de la même maniere. Les uns & les autres sont des tissus de vaisseaux arrosés par des liqueurs dont la fermentation continuelle entretient la vie : en un mot ils ont tous une même structure essentielle. Cette convenance, qui de l’aveu de tout le monde, paroît parfaite entre l’homme & les autres animaux, n’est pas moins entiere entre les animaux & les plantes. Les fibres des plantes sont de petits canaux qui conduisent chacun leurs liqueurs : ces canaux ont en dedans, des inégalités qui font le même office que les valvules dans le corps des animaux, c’est-à-dire, qui soutiennent les liqueurs, & en empêchent le reflux sur elles-mêmes. Un grand nombre de vesicules semblables aux glandes vesiculaires des animaux, & attachées les unes aux autres en maniere de chaîne, traversent les fibres dont nous parlons : ce sont des reservoirs où les fibres versent les sucs qu’elles apportent, & où ces mêmes sucs séjournent quelque tems, & acquièrent le dégré de perfection qu’il faut pour la nourriture de la plante.

Personne n’ignore que c’est l’air qui entretient dans les corps vivans le mouvement des sucs, & qui excite la fermentation nécessaire à la vie. Aussi tous les corps vivans sont-ils pourvûs de poumons ou d’organes propres à recevoir cet air par le moyen de la respiration. Si ces organes paroissent un peu différens, selon les différens sujets où ils se rencontrent, ils s’accordent tous en un point, qui est de tirer l’air & d’en transmettre la partie la plus subtile, dans le sang, ou dans les liqueurs qui en tiennent lieu.

Les animaux à quatre pieds ont aussi-bien que l’homme, deux poûmons composés de trachées & de vésicules membraneuses, sur lesquelles se répand un si grand nombre de vaisseaux sanguins, qu’elles en paroissent charnues. Le sang qui coule dans ces vaisseaux, est non-seulement broyé & divisé en passant entre les vésicules dont nous parlons, mais il y reçoit encore quelques parties subtiles de l’air qu’elles contiennent. Dans les oiseaux, outre ces sortes de poumons, on remarque des cavités membraneuses contenues dans la capacité du ventre, lesquelles renferment une grande quantité d’air destiné à d’autres usages. Dans les animaux amphibies, comme dans les Tortues, & dans les Grenouilles, les vésicules pulmonaires sont plus grandes à proportion que dans les animaux terrestres, & elles paroissent membraneuses, ou parsemées de moins de vaisseaux sanguins. Les Poissons ont des poumons d’une structure merveilleuse ; c’est ce qu’on appelle les ouies, ou les branchies : comme ces animaux ne peuvent respirer d’autre air que celui qui est mêlé entre les parties de l’eau où ils vivent, les organes de leur respiration sont faits de maniere, que cet air s’y sépare d’avec toutes les parties de l’eau. Ce sont des feuillets placés les uns sur les autres, quatre de chaque côté, composés chacun d’une grande quantité de petites lames osseuses, longues, étroites, doubles, rangées l’une contre l’autre comme les filets de la barbe d’une plume, & recouvertes d’une membrane qui est parsemée d’un nombre innombrable de ramifications d’artéres & de veines. L’eau qui entre dans la bouche du Poisson, & qui sort ensuite par les ouvertures des ouies, se filtre à travers les barbes de ces ouies ; elle s’y divise en plusieurs parcelles, & se séparant enfin de l’air qui y est mêlé, elle le laisse tout pur au Poisson. Cet air ainsi dégagé de toutes parties aqueuses, frappe immédiatement les vaisseaux sanguins, & lorsque les ouies viennent à se resserrer, la compression qu’il souffre entre leurs lames qui s’approchent alors les unes des autres, le pousse dans le sang. Les Poissons à coquilles, comme par exemple, les Huîtres, ont des ouies à peu près semblables, mais qui tiennent plus de volume que le reste du corps. Dans les Insectes, les organes de la respiration ne se trouvent pas rassemblés en une seule cavité comme dans la plûpart des autres animaux ; mais ils sont répandus par tout le corps, (c’est ce qu’on appelle Trachées,) on les voit tantôt longs & étroits comme des canaux, & tantôt dilatés en forme de cellules membraneuses. Ces organes distribuent à tout le corps de l’Insecte l’air nécessaire pour y animer & y faire couler certaines liqueurs grossieres & visqueuses. Les végétaux ont aussi leurs trachées, & ils en ont une si grande quantité qu’on y en découvre presque partout. Elles y paroissent faites par les différens contours d’une lame mince & un peu large, qui se roulant sur elle-même en ligne spirale, ou en maniere de vis, forme un tuyau assez long, tantôt large, & tantôt serré, tantôt uni dans sa longueur, & tantôt partagé en plusieurs cellules : l’air porté par ces conduits à toute la plante, pénétre la séve, la subtilise, & pour ainsi dire, la réveille, par la fermentation qu’il y excite. D’ailleurs les trachées venant à s’enfler par la raréfaction de l’air qui les remplit, & ensuite à s’affaisser par la condensation du même air, compriment, à diverses reprises, les Vaisseaux prochains ; & avancent par ce moyen la circulation des sucs.

Les plantes ont leurs viscéres comme les animaux. Ces viscéres sont les racines, le tronc, les feuilles, les fleurs & les fruits. Les trois premiers, sçavoir, les racines, le tronc & les feuilles, servent à la nourriture ; & les deux derniers, sçavoir, les fleurs & les fruits, servent à la génération. Les plantes ne pouvant aller chercher leur nourriture, suppléent à ce besoin, par le secours des racines qui puisent par leurs orifices comme par autant de bouches, le suc que la terre fournit. Ce suc reçoit sa premiere coction dans les racines ; il y est broyé & digéré par le mouvement continuel des trachées qui s’y rencontrent en abondance. L’air subtil avec lequel il se mêle, le fait fermenter dans des vésicules, qui sont comme autant de petits estomacs, où il est retenu jusqu’à ce qu’il ait acquis assez de subtilité pour s’insinuer dans les fibres du colet de la racine : car ces fibres font des lacis & des contours difficiles à pénétrer, & qui imitent parfaitement les glandes conglomérées des animaux. Le suc de la plante ainsi préparé, passe dans le tronc & dans les branches, où il se digère de plus en plus : il est porté de-là dans les feuilles qui achevent de le perfectionner, & de le rendre propre à nourrir tout le corps du végétal ; car il ne faut pas croire que les feuilles ne servent que d’ornement à la plante ; elles lui sont si nécessaires, qu’on ne sçauroit l’en dépouiller entièrement, sans lui causer un desséchement total. Ce sont des parties qui par leur structure & par leur office, ont beaucoup de rapport avec la peau des animaux ; & ce rapport, que nous examinerons ici en passant, servira encore à montrer la convenance merveilleuse qu’il y a entre les animaux & les plantes. La peau est un tissu d’extrémités de nerfs, d’artéres, de veines & de tendons. Elle est toute parsemée de glandes, & percée d’une multitude prodigieuse de canaux excrétoires ; les sucs qui y sont apportés, s’y filtrent à travers les glandes, & tandis que le superflu de ces sucs, devenu la matiere de la transpiration, s’échappe par les canaux excrétoires, les liqueurs duement préparées dans la peau, vont porter à tout le corps une nourriture convenable. Les feuilles des plantes ne sont tout de même, que des tissus de fibres, de trachées, de vésicules, & d’autres vaisseaux qui s’y réunissent. Les sucs qu’elles reçoivent s’y partagent en une infinité de routes, & présentant ainsi plus de surfaces à l’air, en sont plus aisément pénétrés. Par ce moyen, la fermentation d’abord commencée dans la racine, puis un peu ralentie dans le tronc, se ranime de nouveau ; & le superflu des sucs est obligé de sortir par la transpiration : ce qui se fait quelquefois, d’une maniere sensible, ainsi que dans les feuilles de l’Erable, sur lesquelles on voit souvent une liqueur mielleuse, échappée de leurs pores. La séve après avoir reçu sa derniere coction dans les feuilles, rentre dans le corps de la plante, descend même jusqu’aux racines, où elle se mêle avec le nouveau suc qui vient d’être puisé de la terre. Puis remontant par les mêmes canaux qui l’ont déjà conduite, elle suit un mouvement de circulation, assez semblable à celui qu’on a découvert dans le sang des animaux. Cette ancienne séve sert de levain au nouveau suc ; elle lui donne le premier changement, & on peut la comparer à la salive qui vient préparer l’aliment dans la bouche.

La Nature, comme on voit, suit en général un même plan dans ce qui regarde la structure, l’accroissement, & l’entretien de tous les corps vivans. Pourquoi voudra-t’on qu’elle se démente dans ce qui regarde leur génération ? N’y a-t’il pas en effet tout lieu de juger que puisque les animaux & les végétaux vivent, se nourrissent & croissent de la même maniere ; ils se reproduisent aussi tous d’une maniere semblable ? Or, comme nous montrerons que les plantes conçoivent par des germes, qui sont eux-mêmes autant de petites plantes, nous serons obligés de conclure que la conception de l’homme, se doit donc faire aussi par de petits corps organisés, qui soient eux-mêmes autant de petits animaux. Le récit de ce qu’on découvre par le microscope, dans l’humeur destinée à la génération des animaux, disposera par avance l’esprit à tirer cette conclusion.


III.

La génération des corps vivans, n’est que le dévelopement de leurs semences, & leurs semences ne sont que de petits corps vivans formés dès le commencement du Monde, & renfermés alors dans les premiers individus mâles de chaque espéce. La premiere plante mâle, par exemple, qui fut créée, se contenoit pas seulement la plante qui en devoit venir d’abord, mais elle renfermoit encore toutes les autres plantes, qui dans la suite des siécles, pouvoient sortir de celle-là, & les renfermoit toutes envelopées les unes dans les autres. Le premier homme, tout de même, contenoit en lui, non-seulement tous les descendans qui en sont sortis, & qui en sortiront, mais encore tous les descendans possibles. Cette regle s’étend sans exception, à toutes les différentes espéces de corps animés ; en sorte que la génération de chaque animal & de chaque plante, est moins la production d’un nouvel être, que le dévelopement d’un être très-ancien.

La génération a ses loix ; elle se fait dans l’homme & dans tous les animaux par le moyen des deux sexes : l’un & l’autre fournit une matiere absolument nécessaire à la conception. Celle que fournit le mâle, est une portion extraite du sang des artéres, & du suc des nerfs, travaillée dans une longue suite de vaisseaux fins & délicats, qui forment dans l’homme, & dans la plupart des autres animaux, deux pelotons ovales, situés l’un à côté de l’autre, & suspendus chacun au fond d’une envelope membraneuse faite comme une bourse.

Quelques Philosophes regardent seulement cette matiere comme une liqueur qui contient une grande abondance d’esprits ; mais si l’on consulte les découvertes de la Dioptrique, on la regardera comme contenant un amas infini de petits animaux qui sont faits comme des Vers. On les discerne dans l’homme, & dans la plûpart des bêtes. Ceux de l’homme ont la tête grosse, & le corps très-délié : ceux des brutes ont la tête plus petite, & le ventre plus gros : les uns & les autres sont dans un mouvement très-actif. Si l’on ouvre le corps d’un animal sain & vigoureux, & qu’avec le microscope on examine les vaisseaux séminaires, on appercevra dans la liqueur qu’ils contiendront, un si prodigieux nombre de Vermisseaux, qu’une petite portion de cette matiere, quand elle seroit moins grosse qu’un grain de sable, en laissera voir plus d’un million ; ou s’il arrive qu’on n’en découvre point, c’est que l’homme étoit stérile. Ces Vers tirés hors du cadavre avec la liqueur où ils nagent, & mis à part pour être conservés, vivent quelquefois jusqu’à quatre jours ; mais dans le cadavre ils ne passent pas vingt-quatre heures. Si l’on fait le même examen sur le cadavre d’un vieillard, on trouvera moins de ces Vers, encore seront-ils languissans, quelquefois même n’en trouvera-t’on point. Si c’est sur celui d’un enfant de douze à treize ans, il s’en présentera une grande quantité ; mais ils seront la plûpart pliés & envelopés comme des Insectes dans leurs nymphes : au lieu que dans les corps qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieux, on les trouve dévelopés & avec un mouvement très-sensible. Toutes circonstances, qui semblent déjà nous donner lieu de conjecturer que ces petits animaux pourroient bien être la matiere essentielle & immédiate de la génération, d’autant plus que les mêmes expériences faites sur des Coqs, sur des Chiens, & sur d’autres animaux qu’on peut ouvrir vivans, réussissent de la même maniere.

Quelques Médecins prennent pour matiere immédiate de la Génération, celle dont il se fait dans le sexe une évacuation réglée ; mais ils n’observent pas qu’elle ne contribue en rien à la formation de l’enfant. D’autres donnent ce nom à une humeur visqueuse que fournissent les glandes vaginales des femmes, mais c’est avec aussi peu de sujet ; puisque cette humeur ne sert qu’à ramollir les parties qu’elle arrose, & à les rendre glissantes conformément aux usages que la nature en doit faire. D’autres enfin, appellent ainsi une humeur épaisse, contenue dans les vessies qui composent les ovaires des femmes, & connue aujourd’hui, sous le nom d’œufs : ils prétendent que ces œufs renferment en petit, toutes les parties de l’enfant, comme la graine renferme la plante. Leur sentiment, quoique vraisemblable, n’est pas néanmoins vrai, puisque ces œufs, qui ne sont point encore fécondés, ne contiennent par conséquent aucune partie du fœtus ; au lieu que les graines des végétaux ausquelles ils les comparent, ont déjà reçu ce qui doit les rendre fécondes. Mais si l’œuf n’est point cette matiere immédiate dont nous parlons, il est toûjours le lieu où elle est admise & fomentée, & ainsi ne contribue pas peu à la génération. L’œuf est un corps membraneux, fait en forme de petit sac, & rempli d’une liqueur qui s’épaissit au feu. Il y a dessus, un point blanchâtre presque imperceptible, que l’on nomme Cicatricule. C’est une cellule propre à recevoir quelqu’un des Vermisseaux contenus dans la substance du mâle. Elle est faite de maniere à n’en pouvoir admettre qu’un seul. On la distingue fort sensiblement dans les œufs des Oiseaux. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que quand l’œuf a été fécondé par le mâle, on apperçoit dans la cicatricule un petit animal ; & que lorsqu’il ne l’a pas été, on n’y en apperçoit aucun. De sorte qu’il semble que la conception de l’enfant ne s’accomplisse, que lorsque parmi un si grand nombre de petits animaux renfermés dans la substance du mâle, il s’en introduit quelqu’un dans l’œuf de la femme, pour s’y déveloper ensuite, & y acquérir la figure d’homme. Cette hypothese, comme on va voir, ne suppose rien dont on ne trouve une fidelle image dans la maniere dont les plantes conçoivent.


IV.

La génération si variée en apparence dans les différentes espéces de corps vivans, ne suit essentiellement dans tous, que les mêmes loix. On observe dans tous diverses parties qui constituent les sexes, & sans lesquelles la génération est impossible. Ces parties se trouvent également dans l’homme, dans les animaux à quatre pieds, dans les Oiseaux, dans les Poissons, dans les Insectes, & dans les plantes ; avec cette circonstance toutefois, que les deux sexes ne se rencontrent ensemble que dans un petit nombre de sujets, qu’on nomme pour cette raison Hermaphrodites, ou Androgynes. Parmi les hommes, & parmi les animaux à quatre pieds, il n’y a point de parfait hermaphrodite, qui renferme exactement & distinctement les parties internes & les parties externes du mâle & de la femelle. Il n’y en a point non plus parmi les Oiseaux & parmi les Poissons connus ; mais on trouve les deux sexes réunis dans quelques espéces d’Insectes, entre lesquels sont les Limaçons de terre, les Sangsues, les Vers de terre, &c. Cependant aucun de ces Insectes ne peut concevoir sans le secours de l’autre. Ce qu’il y a seulement ici de particulier, c’est que les deux Insectes peuvent concevoir en même temps l’un de l’autre par un double accouplement. Les plantes ont leurs sexes aussi-bien que les animaux. Les parties mâles des plantes, sont les Etamines, garnies de leurs sommets ; & les parties femelles, sont les Pistiles. On entend par Etamines, ces petits filets placés ordinairement au milieu de la fleur : par Sommets, ce qui termine le haut des filets ; & par Pistiles, une petite tige verte qui s’éleve entre les filets dont nous parlons. Dans le Lis, par exemple, les petits corps jaunes qui occupent le milieu de la fleur, sont les sommets : les filets blancs qui les soûtiennent, sont les Etamines ; & ces parties ensemble sont les parties mâles. La poudre jaune qui se détache de ces sommets, & qui tient aux doigts quand on y touche, contient les germes du Lis. La tige verte & mince qui paroît entre ces petits corps jaunes, est ce qu’on nomme le Pistile. Cette tige est creuse & terminée en haut par trois coins arrondis & fendus ; elle reçoit les germes qui se détachent des sommets du lis, & elle les conduit jusqu’au réservoir des graines : car le bas du pistile cache dans sa cavité de petits œufs, ou autrement des vésicules séminaires, qui sont les graines de la plante. Ces graines deviennent fécondes par l’intromission des germes qu’elles reçoivent ; & toute la partie entiere qui comprend le haut & le bas du pistile, est la partie femelle du lis.

La plûpart des plantes portent sur la même fleur les deux sexes. On peut nommer celles-là Plantes androgynes. Il y en a d’autres espéces, où les deux sexes sont séparés en différens endroits du même pied ; & d’autres, où ils se trouvent sur des pieds différens, & tout-à-fait détachés. Entre ces dernieres on peut appeller mâles, celles qui portent les étamines garnies de leurs sommets ; & femelles, celles qui portent les pistiles. Parmi les plantes qui produisent sur le même pied, les parties mâles & les parties femelles séparées les unes des autres, on compte le Blé de Turquie, la Larme de Job, les espéces de Ricin, le Tournesol, l’Ambrosie, le Sapin, le Noisetier, le Chêne, l’Aune, &c. Entre celles dont les parties mâles & les parties femelles croissent séparément sur les différens pieds de la même espéce, on comprend la Mercuriale, le Chanvre, l’Epinard, l’Ortie, le Houblon, le Saule, le Peuplier, &c. Dans les fleurs à feuilles, les Etamines prennent leur origine des feuilles de la fleur. Dans celles qui sont sans feuilles, & qu’on nomme Chatons, comme par exemple, dans les fleurs du Noyer, elles partent du Pédicule, c’est-à-dire, de la queue même de la fleur, & quelquefois se trouvent si courtes, qu’à peine paroissent-elles. Pour ce qui est des sommets, il y a des fleurs où ils ne sont que l’extrémité même des Etamines, laquelle est élargie & applatie. En quelques autres, les sommets paroissent faits de l’union des filets ou Etamines, qui se confondant ensemble, forment un petit tuyau. La plûpart des sommets sont divisés en deux bourses, qui, le plus souvent s’ouvrent en deux par les côtés, comme une porte brisée. Elles renferment une poussiere fine & résineuse, qui étant soufflée au travers de la flamme d’une bougie, s’enflamme aisément. Cette poussiere, selon ce qu’elle paroît par le microscope, est un amas de petits globules, dont la couleur & la grosseur varient selon la diversité des plantes, & dont les surfaces sont quelquefois tout hérissées de pointes. On n’a pu jusqu’ici découvrir dans ces globules aucun germe de plante. Il y a néanmoins tout lieu de juger, par les effets qu’ils produisent, que chaque globule renferme en racourci une plante de la même nature que celle où il croît. Le pistile tient lieu des parties, qui dans les animaux femelles sont destinées à la génération : il occupe ordinairement le centre de la fleur. Il n’a pas la même figure dans toutes les plantes. En quelques-unes, il est rond ; en d’autres, quarré ; en d’autres, triangulaire, ovale, semblable à un fuseau, à un chapiteau, à une piramide. Cette partie est ordinairement fistuleuse, & ouverte en haut par plusieurs fentes garnies de petits poils, & enduites d’un suc gluant. Le fond du pistile est le réservoir des graines. Ce réservoir peut être appellé du nom d’ovaire, à cause du rapport qu’il a avec les ovaires des animaux. Il semble aussi que nous pouvons nommer Trompe, le canal qui sort de cet ovaire, & dont l’ouverture est à l’extrémité du pistile ; puisque par son usage il paroît semblable aux trompes de la matrice ; & ce sont aussi les termes dont nous nous servirons en parlant de ces mêmes parties. Nous remarquerons donc, que comme dans les animaux on rencontre autant de trompes que d’ovaires ; aussi dans les plantes on trouve presque toûjours autant de ces parties que nous y appellons Trompes, que de celles que nous y nommons Ovaires. A l’égard des fleurs, où les deux sexes sont réunis, le pistile est placé entre les étamines. Cette situation fait qu’il se couvre aisément de leur poussiere féconde, dont quelques grains s’insinuent dans la cavité de la trompe. Mais lorsque les parties mâles & les parties femelles, au lieu de se trouver ensemble, sont séparées en différens endroits d’un même pied, ou sur différens pieds d’une même espéce, c’est par l’entremise du vent que les plantes conçoivent. L’on comprend assez que les sommets venant à être secoués par le vent dans le temps de leur maturité, répandent la poussiere qui les couvre ; & que cette poussiere est ensuite portée par le moyen de l’air sur les pistiles, où la glue qu’elle y rencontre, sert à la retenir. C’est alors que ces petits globules, ou plûtôt ces petits germes de plantes, passant par les cavités des trompes, vont chacun s’insinuer dans une graine ou vésicule séminaire, dans laquelle ils se conservent comme dans un œuf, & commencent à prendre quelque accroissement. Les plantes femelles, où cette poussiere ne peut parvenir, demeurent stériles. Toutes les plantes dont les fleurs n’ont point de sommets, sont stériles aussi, comme on peut le remarquer dans la Pivoine à fleurs doubles, & dans le Grenadier sauvage. Il est vrai que la Pivoine à fleurs doubles produit quelquefois des gousses, où l’on voit des apparences de graines, mais ces prétendues graines ne viennent point à maturité. Nous ajoûterons, que si on ôte à une plante les sommets de ses fleurs, on lui ôte en même temps tout moyen de multiplier : c’est ce qu’il est facile d’éprouver sur le Blé de Turquie & sur le Ricin, en en coupant les étamines avant qu’elles soient mures ; car alors les pistiles, au lieu de porter des graines fécondes, ne porteront que quelques vésicules vuides ; qui ne tarderont pas même à sécher. Si entre les plantes d’une même espéce, dont les fleurs & les fruits croissent sur des pieds séparés, l’on en cultive en particulier quelqu’une de femelle, en sorte qu’elle ne soit point à portée de recevoir aucun grain de la poussiere qui se détache des fleurs du mâle ; cette plante solitaire, ou ne conduira point de fruits à maturité, ou n’en donnera que de stériles, qui seront semblables à ces œufs que font les Poules sans le secours du Coq, dans lesquels il n’y a point de germe. C’est une observation qui se peut faire aisément sur la mercuriale, sur le chanvre, & sur d’autres plantes. Que l’on considere avec soin les graines ou vésicules des végétaux avant qu’elles ayent été rendues fécondes, on ne les verra remplies que d’une liqueur claire, & on n’y remarquera jamais ce corps opaque que l’on discerne dans les autres, lequel se dévelopant à mesure que la graine croît, laisse assez voir qu’il est le principe de la plante, ou plûtôt la plante même en abrégé. Ajoûtons que lorsque les fleurs sont dans leur perfection, non-seulement les extrémités des pistiles se couvrent de la poussière qui échappe des sommets ; mais que si l’on ouvre les trompes des pistiles, on rencontre alors dans leurs cavités jusques vers les graines ou vésicules séminaires, une grande quantité de cette poussiere. Il ne reste plus qu’à découvrir par où le petit globule, ou autrement la petite plante, peut entrer dans la graine pour la rendre féconde. Ce passage est très-sensible dans la plûpart des graines : elles ont une petite ouverture près de l’endroit qui les attache. Cette ouverture est une cellule semblable à celle que l’on nomme Cicatricule, dans les œufs des animaux ; & elle n’est pour l’ordinaire capable de contenir qu’un seul germe. Soit donc que le petit globule de poussiere qui est arrivé par la trompe jusqu’à l’ovaire de la plante, s’introduise tout entier dans la cellule dont il s’agit, soit que la matiere résineuse du même globule venant à être dissoute par la liqueur qui enduit la trompe, laisse échapper la petite plante toute nue, cette plante s’insinue toûjours, d’une maniere ou d’une autre, dans la cellule. Il n’y a qu’à examiner les pois & les féves d’haricot, pour y distinguer sensiblement cet orifice, ou cette cicatricule, avec la jeune plante cachée dedans, laquelle semble en défendre l’entrée par sa petite racine.

Que ce qui se passe dans la génération des végétaux, serve donc à nous faire juger de ce qui se passe dans les autres corps vivans ; & puisque la conception des plantes se fait par des germes, qui sont eux-mêmes de petites plantes, & qui se détachant des parties mâles du végétal, entrent dans les œufs, ou autrement dans les graines de la plante ; la conception de l’Homme & des autres Animaux, se fait de même par de petits animaux, qui de la substance séminaire du mâle, dans laquelle on en découvre un si grand nombre, ainsi que nous l’avons remarqué, s’introduisent dans les œufs de la femelle, comme de petites plantes dans leurs graines.

Quand ces petits animaux se sont ainsi introduits dans leurs œufs, ils y croissent insensiblement, & y demeurent jusqu’à ce qu’ils ayent acquis un certain point de grandeur & de maturité. Ces œufs sont de deux sortes ; les uns envelopent & nourrissent le fœtus dans le corps même de la mere ; les autres l’envelopent & le nourrissent hors du corps de la mere. Les animaux qui produisent les premiers, sont appellés Vivipares, parce qu’ils enfantent leurs petits tout vivans. Ceux qui produisent les seconds, sont nommés Ovipares, parce qu’ils enfantent leurs petits encore enfermés dans l’œuf. L’Homme, les Animaux à quatre pieds, quelques Poissons, & quelques Reptiles, sont des animaux vivipares. Les Oiseaux, la plûpart des Poissons, & tous les Insectes sont des ovipares. Entre les œufs des ovipares, les uns sont fécondés dans le corps même de la mere, comme les œufs de tous les Oiseaux ; & les autres ne le sont que hors de la mere, comme ceux de presque tous les Poissons. Car parmi ces derniers, le mâle suit ordinairement la femelle dans le temps qu’elle pond, & il laisse échapper alors une liqueur qui rend féconds les œufs sur lesquels elle se répand.

Dans les œufs des Oiseaux, le blanc ou le suc glaireux fournit la nourriture au petit fœtus. Ce suc glaireux se fond peu à peu par la chaleur ; il passe ensuite par les deux cordons qui tiennent le jaune suspendu, & traversant ce jaune qui sert à l’Oiseau de Placenta, il se glisse par les vaisseaux umbilicaux, jusqu’au corps de l’Oiseau. Tous les petits des autres animaux ovipares se nourrissent dans l’œuf à peu près de la même maniere. Pour ce qui est des vivipares, leurs œufs rendus féconds dans les ovaires, venant à s’échapper de leurs loges, descendent par les trompes jusques dans la matrice ; ils n’y sont pas plûtôt tombés, qu’ils s’y attachent par l’endroit qui les lioit à l’ovaire ; puis par le moyen du cordon umbilical, & des petites bouches du placenta, le fœtus, toujours contenu dans l’œuf, tire sa nourriture des vaisseaux lactés de la matrice, comme le Poulet tire la sienne du blanc de l’œuf, par le moyen du jaune qui est son placenta.

Au regard des plantes, on peut dire qu’elles sont tout ensemble & ovipares, & vivipares. Elles sont ovipares, en ce qu’elles produisent des graines qui ne different guères des œufs des Oiseaux ; car la petite plante n’est-elle pas contenue dans la cellule de la graine, comme l’embrion dans la cicatricule de l’œuf ? Les lobes des semences ne renferment-ils pas la premiere nourriture de la plante, comme le blanc de l’œuf renferme celle du Poulet ? Les vaisseaux qui composent ces mêmes lobes, ne tiennent-ils pas lieu de placenta à la jeune plante en lui filtrant son suc nourricier ; & les conduits qui lui portent ce suc ainsi préparé, ne font-ils pas ce que fait dans le Poulet le cordon umbilical ? Elles sont aussi vivipares, puisqu’elles produisent des bourgeons, c’est-à-dire, des plantes déjà toutes écloses & toutes formées.

On ne finiroit pas, si l’on vouloit sur ce sujet examiner à fond toute la conformité qui se trouve entre les animaux & les végétaux. Elle est si grande dans ce qui regarde la loi essentielle de la génération, qu’à cet égard, on peut dire que ce qui se passe dans les uns, est une image de ce qui se passe dans les autres.


V.

On sçait, & on ne peut le considérer sans plaisir, avec quelle industrie les rejettons des plantes, garnis de leurs feuilles, de leurs fleurs & de leurs fruits, sont arrangés dans les bourgeons. On sçait que le plus petit œuf d’un Insecte, cache un Ver qui s’y dévelope d’abord peu à peu, & qui ensuite y quitte la forme de Ver pour sortir sous celle de Mouche, de Papillon, ou de quelque autre Insecte semblable. On sçait enfin que les œufs des animaux plus grands, renferment, dans une partie à peine visible, tout l’Animal qui en doit naître. La connoissance de ces merveilles doit diminuer l’étonnement où l’on pourroit être sur la Génération de l’Homme par le Ver Spermatique. Pour bien suivre une métamorphose d’abord si surprenante, il faut considérer ce Ver dans le corps d’un enfant.

Tandis que l’enfant est dans ses premieres années, le Ver Spermatique dont il s’agit, n’est encore qu’un Ver engourdi & sans action, tout replié sur lui-même, & qui pour se déveloper & se mouvoir, a besoin d’une nourriture plus convenable. L’enfant est-il parvenu à un âge plus fort, & a-t’il atteint le terme que la Nature a fixé à l’Homme pour se reproduire, le Ver réveillé alors par des sucs plus actifs, se débrouille ; il prend un mouvement sensible, & ne laisse plus douter de ce qu’il est. Il persévere dans le même état tout le reste du temps qu’il persévere dans le même lieu. Mais il change bien-tôt de sort, lorsque à la faveur du liquide où il nage, il vient à passer du corps de l’homme dans celui de la femme. Il est alors porté dans les trompes jusqu’à l’ovaire : l’œuf qui s’y trouve mur le premier, & dont la cicatricule est la plus ouverte, le reçoit sans peine ; le petit Ver s’attache par sa queue aux membranes de la cellule où il vient d’entrer. Cette queue est un cordon composé de plusieurs petits tuyaux, qui font déja le cordon umbilical de l’enfant, & par lesquels les sucs nourriciers sont portés de l’Animal à l’œuf, & de l’œuf à l’Animal. Dans ce commerce réciproque, l’Animal & l’œuf ne font qu’un seul corps, qui venant à croître, est obligé de s’échapper de l’ovaire, & de descendre par les trompes dans la matrice. L’œuf ainsi arrivé dans un lieu que la Nature lui a destiné particulierement, s’y colle par l’endroit qui auparavant l’unissoit à l’ovaire. L’Animal nourri alors par de nouveaux sucs, se développe de plus en plus ; & bien-tôt ce n’est plus un Ver Spermatique, mais un fœtus humain. L’œuf, de son côté, forme le placenta de l’enfant. La pellicule extérieure du Ver reçoit une extension considérable, & fait l’envelope que les Anatomistes appellent Amnios, laquelle renferme le fœtus immédiatement : la membrane de la cicatricule forme cette autre envelope que les mêmes Anatomistes nomment Chorion, & qui est par-dessus l’amnios. Quand plusieurs œufs se trouvent murs à la fois ; chacun de ces œufs reçoit son Ver Spermatique, & il se fait des jumeaux. La cicatricule, ainsi que nous l’avons remarqué, est construite de maniere à n’admettre ordinairement qu’un Ver ; mais si par quelque cas extraordinaire, il arrive qu’elle soit assez grande pour en admettre davantage, il se forme des monstres à plusieurs têtes, & dont les autres membres se multiplient plus ou moins, selon le nombre des Vers introduits.

Le fœtus est ordinairement neuf mois dans le sein de sa mere. Pendant ce temps, il croît & se perfectionne insensiblement : mais au bout du terme, il est si grand & si vigoureux, qu’il ne peut plus se contenir dans un si petit espace. Il cherche alors un séjour plus libre ; & après divers efforts pour se dégager de sa prison, il s’échappe, & commence à respirer, devenu homme enfin de Ver Spermatique qu’il étoit dans son commencement.

Fin de la Dissertation.

Cette These composée en Latin par Monsieur Geoffroy, de l’Académie Royale des Sciences de Paris, & Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, a été soûtenue sous la Présidence de ce Docteur, le Jeudi treiziéme jour de Novembre mil sept cent quatre. Il en est parlé au long dans le vingt-neuviéme Journal des Sçavans de mil sept cent cinq, & dans les Mémoires de Trévoux du mois de Novembre mil sept cent cinq, page 1846.