Description de la Chine (La Haye)/Le Tchun tsiou, quatrième livre canonique du premier ordre

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Scheuerleer (2p. 380-381).

LE TCHUN TSIOU.


Quatrième livre canonique du premier ordre.


Le Tchun tsiou n’a été mis au rang des King, que sous la famille des Han. C’est un livre compilé du temps de Confucius. Il est par conséquent fort inférieur aux trois autres, qui de tout temps ont été reconnus pour King véritables, sans qu’il y ait jamais eu sur cela deux sentiments : au lieu qu’il y a de grandes disputes touchant le Tchun tsiou. Les uns, et c’est le plus grand nombre, disent que c’est l’ouvrage de Confucius : les autres soutiennent que ce philosophe n’en est pas l’auteur : plusieurs veulent que ce soit l’histoire du royaume de Lou, qui était la patrie de Confucius, et qui est présentement la province de Chan tong : d’autres prétendent que c’est un abrégé de ce qui s’est passé dans les divers royaumes qui partageaient la Chine, avant que Tsin tchi hoang les eût tous réunis sous une même monarchie. C’est pourquoi Vang ngan che homme savant, grand politique, et ministre d’État voulait dégrader le Tchun tsiou, et le réduire aux King de la seconde classe. Cependant les Chinois ont un goût particulier pour cet ouvrage, et ils en font un cas extraordinaire.

On y décrit les actions de plusieurs princes, et on expose comme dans un miroir leurs vices et leurs vertus, la punition des uns et les récompenses des autres. Il commence à l’année 49 de l’empereur Ping vang, qui était le treizième de la race des Tcheou, et comprend tout ce qui s’est passé pendant 241 ans sous dix rois. On parle d’abord d’Yn cong, qui occupait le royaume de Lou et l’on finit par Ngai cong douzième roi, avec lequel se termine ce morceau d’histoire.

Ce livre est intitulé le Printemps et l’Automne, pour donner à entendre qu’un empire se renouvelle et devient florissant, lorsqu’il est gouverné par un prince sage et vertueux ; de même qu’au printemps la nature renaît en quelque sorte et se ranime par l’agréable verdure, dont la terre et les arbres commencent à se revêtir ; au lieu que sous un prince vicieux et cruel, l’empire languit, et paraît être sur son déclin, ainsi qu’en automne les arbres se dépouillent de leurs ornements, les feuilles et les fleurs se fanent, et la nature semble être mourante. Un disciple de Confucius, nommé Co chi a fait un savant commentaire sur cet ouvrage, qu’il a intitulé : Koue yu, c’est-à-dire, les maximes du gouvernement.