Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/Tome 2/161-170

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Fascicules du tome 2
pages 151 à 160

Dictionnaire de Trévoux, 1771
Tome 2, pages 161 à 170

pages 171 à 180


Caissons, c’est ainsi qu’on appelle sur mer les coffres qui sont attachés sur le revers de l’arrière du vaisseau. Capsæ nauticæ.

CAISTRE. Voyez Caystre.

☞ CAITHNESS ou CATHNESS. Province la plus méridionale de l’Ecosse. Elle est fertile en blés & en pâturages. Weik en est la capitale.

CAÏUS. s. m. Prénom latin que nous conservons en son entier dans notre langue. Les Romains ne l’exprimoient souvent que par un C, & nous en usons de même. C. César, surnommé Caligula, fils de Garmanicus, fut le quatrième Empereur de Rome. Caïa étoit le prénom pour les femmes. Les Romaons le marquoient par un C renversé. Quelquefois Caïus n’est pas prénom, mais nom. Caïus, disciple de S. Paul, dont il est parlé aux actes des Apôtres XIX, 29, XX, 4. S. Caïus, Pape étoit originaire de Dalmatie, &, à ce que l’on croit, parent de Dioclétien. Ce nom n’a point de pluriel. Ainsi l’on dit, il y a deux Caïus Patriarches de Jérusalem. Quelquefois in trouve Gaïus pour Caïus, parce qu’en grec on dit ΓΑΙΟΣ (GAIOS).

CAJUTES. s. f. Terme de Marine. Ce sont les lits des vaisseaux, qui sont la plupart emboîtés autour du navire. On le appelles aussi camagnes & capites. Lectuli nautici.

☞ CAIWANI. Sauvages de l’Amérique, qui habitent les Iles qu’on trouve dans l’embouchure de la grande rivière de l’Orenoque.

CAIXE. s. m. Sorte de monnoie qui a cours au Japon. Caixa, Caixus. Pour lui ménager ces audiences, on lui demandoit cent mille caixes, qui font six cents écus de notre monnoie. Bouhours, Xav. L, V. Par conséquent chaque caixe vaut 4 den.

☞ CAIZUNU. L’une des cinq Provinces qui font la division de l’Île Espagnole, en Amérique. Ce mot dans le langage du pays signifie, front ou gouvernement.

CAKERLAC. s. m. Nom d’un insecte qui se trouve dans l’Amérique méridionale. Cakerlacus. Les fourmis sont ennemies des Cakerlacs, & les détruisent.

☞ CAKET. Ville & petit Royaume, dans le Gurgistan. Ce Royaume, qui est l’Ibérie des anciens, obéit au Roi de Perse.

CAL.

CAL ou CALUS. s. m. Durillon qui vient aux pieds, aux mains & aux genoux. Callus, callum. Il vient des calus aux mains à force de travailler, & des calus aux pieds à force de marcher.

Le cal est aussi le nœud qui joint un os fracturé. Dionis. La formation du cal. Id. Le cal se fait en cette manière. Le suc qui nourrit les os coulant le long des fibres osseuses, suinte par l’endroit où ces fibres se trouvent rompues, & venant à s’arrêter, & à s’amasser autour des extrémités de l’os fracturé, il s’y dessèche, & les unit comme si c’étoit de la colle forte, de manière qu’il n’y reste plus qu’une petite inégalité à l’endroit où le cal s’est formé. Id.

Dans les essais & observations de l’Académie d’Edeimbourg, Tom. I, p. 184, il est parlé d’un cal extraordinaire, qui répare la perte d’une grande partie du tibia.

☞ CALA ou KALA. Ancien palais des Rois de France, dans le territoire de la ville de Paris, auprès du lieu où a été fondée l’abbaye de Chelles. Ce fut à Cala, selon Grégoire de Tours, que le Roi Chilpéric fit emprisonner son fils Clovis, & qu’il permit à la Reine Frédégonde, sa belle-mere, de le faire mourir. Le crime fut cependant commis à Noisy sur la Marne. C’est encore à Cala que fut tué Chilperic. Le Roi Robert assembla un Concile à Cala l’an 1008. Le bourg de Chelles a été bâti des ruines de cette Maison-Royale.

CALABA. s. m. Arbre gommeux des Indes. Il a la fleur en rose, composée de plusieurs pétales placés dans un ordre circulaire. Il s’éleve de son fond un pistil qui devient ensuite un fruit sphérique, charnu, & qui contient un noyau de la même forme. Il sort du tronc de cet arbre & de ses branches une gomme claire, à peu près semblable au mastic, dont elle porte le nom, & aux usages duquel on le substitue dans quelques endroits.

CALABERNO. Voyez Carabouron.

CALABOURNO. Nom d’un Cap situé à dix mille au sud-est de Salonique. P. Feuillée.

☞ CALABRA-CURIA. La cour Calabre, bâtie par Romulus, sur le mont Palatin, selon Varron, ou selon d’autres, près du Capitole. Elle fut appelée calabra, du mot calare, qui signifie convoquer, parce que Romulus destina ce lieu pour les assemblées du peuple. Depuis ce temps-là le Roi des sacrifices y convoquoit le Sénat & le peuple pour leur annoncer les jours des jeux & des sacrifices. Voyez Macrobe, Ch. 15, & Festus.

CALABRE. Nom d’une Province du Royaume de Naples, laquelle a titre de Duché. Calabria. La Calabre a été nommée anciennement Messapie, Messapia, de Messapus ; & Pencétie, Pencetia, de Pencétius frere d’Oënotrus. Ensuite elle a pris le nom de Calabre, qui est très-ancien, & que quelques-uns tirent du grec καλὸς (kalos), beau, bon, & βρίθω (brithô), je suis chargé, parce qu’elle est chargée, c’est-à-dire, pleine de toutes sortes de biens. Mais Bochart veut qu’il vienne de l’hébreu קלב. Car, dit-il, Chanaan, Livre II, chapitre 33, & קלבא, Kalab & Kalba, signifient de la poix ; or la Calabre est pleine de picea, & d’autres arbres d’où coule la poix ; & c’est même pour cela que les Grecs l’ont nommée Pencetie, πανκετία, car πανκύ, signifie picea. Ainsi selon lui Pencétie & Calabre ne sont que la même chose.

Le P. Briet montre que la Calabre n’étoit autrefois qu’une partie de l’ancienne Messapie qui comprenoit les Salentins & les Calabrois. Aujourd’hui la Calabre est une grande contrée que l’on prend quelquefois pour une des quatre parties générales du Royaume de Naples ; mais qui dans sa signification propre & commune est une presqu’île baignée au couchant par la mer Thirrene, ou de Naples ; au midi par celle de Sicile, au levant par la mer Ionienne, ou de Grèce ; & qui a au nord la Basilicate. Elle se divise en deux parties ; la Calabre citérieure ou supérieure, & la Calabre ultérieure ou inférieure. La Calabre citérieure, Calabria citerior ou superior, est la partie qui est au nord, & touche à la Basilicate, & s’étend de-là environ vingt lieues au midi. Sa capitale est Cosenza. La Calabre ultérieure est le reste, Calabria ulterior ou inferior, ou la partie méridionale de la Calabre générale. La capitale de la Calabre ultérieure est San-Severino. La Calabre d’aujourd’hui n’est point la Calabre de Ptolomée, de Tite-Live, ni de Pline. Elle en est même assez éloignée ; car celle-ci étoit une partie de ce qu’on appelle aujourd’hui la terre d’Otrante.

La mer de Calabre est la partie de la mer Ionienne qui baigne les côtes de Calabre & de Sicile, qui s’étend jusqu’ Santa-Maria de Leuca. Voyez sur la Calabre Cluvier, Liv. III, & Leand. Desc. Italiæ.

On dit, battre la Calabre ; pour dire, battre la campagne. Ho, pour cette fois-ci, il faut battre la Calabre ! Abbé de Choisy.

CALABROIS, OISE. s. m. & f. Qui est de Calabre. Calaber. S. François de Paule étoit Calabrois.

☞ CALAC. Ville d’Afrique, dans la province de Béni-Arax, Royaume de Trémecen.

☞ CALACIA. Ville de la Tartarie, au Royaume de Tanguth, capitale de la province d’Egrigaia.

☞ CALCAOROLY. Royaume d’Afrique dans la Nigritie, au haut de la rivière de Saint Domingue.

CALADARIS. Voyez Calladaris.

CALADE. s. f. Terme de Manège. C’est la pente d’une éminence, d’un terrain élevé, par où l’on fait descendre plusieurs fois un cheval au petit galop, pour lui apprendre à plier les hanches, & à former son arrêt, avec les aides du gras des jambes, du soutien de la bride, & du caveçon employée à propos. Clivius. On l’appelle aussi basse. Pavimentum declive, declivitas.

Ce mot vient de calada, qui signifioit autrefois pavé, & se dit encore à Montauban ; & est dérivé de l’hébreu kala, qui signifie une pierre. On appelle encore calade en plusieurs Villes, & sur-tout dans le Lyonnois, le parvis qui est au-devant de l’Eglise, où se promenent les fainéans.

CALAF. s. m. Espèce de saule qui croît en plusieurs endroits de l’Egypte, sur-tout dans les lieux humides. Salix Ægyptiaca. Voyez Collafe, car c’est ainsi qu’il faut dire, & non pas calaf.

CALAHORRA. Ville épiscopale d’Espagne. Calaguris. Elle est dans la vieille Castille, aux confins de la Navarre, sur le bord de l’Ebre, à l’endroit où ce fleuve reçoit la rivière nommée Cicados di Castilla, antre Lagrono & Tudela. L’Evêque de Calahorra étoit autrefois suffragant de Tarragone. Il l’est aujourd’hui de Burgos.

☞ CALAJATE. Ville de l’Arabie-Heureuse, vers le Golfe-Persique, dans la contrée d’Osman, détruite par les Portugais.

CALAIS. Calæum. Ville & port de mer en Picardie, province de France. Calais est capitale du pays reconquis, petite contrée de Picardie au septentrion, & le long de la mer. Cette ville n’est pas grande, mais elle est bien bâtie & fort peuplée, à cause du commerce qu’y attire la bonté de son port. Calais est une des plus fortes villes de France, étant presque toute environnée ou par la mer, ou par des marais, à quoi l’art a ajouté un grand nombre de bastions, une bonne citadelle, & un fort appelé le Risband, qui défend l’entrée de son port. Les Anglois prirent Calais l’an 1347, & l’on gardé jusqu’en 1558, que le Duc de Guise la reprit. Maty. Quelques savans croient que Calais est l’Iccius portus de César. Les Caletes des anciens ne sont pas Calais, c’est le pays de Caux ; mais ces Caletes, ou une partie de ces Caletes s’étant établis à Calais, lui ont donné le nom. Baudouin IV, Comte de Flandre, sur la fin du dixième siècle, est celui qui a commencé à faire travailler au port de Calais. Philippe, Comte de Boulogne, au treizième siècle, fit fortifier la ville. Edouard III, Roi d’Angleterre, la prit en 1347. Le Duc de Guise la reprit en 1558. En 1596, l’Archiduc Albert la prit. Deux ans après elle fut rendue à Henri IV, par la paix de Vervins. Voyez Du Chesne, Ant. des villes de France, L. I, c. 110. Valois. Notit. Gall. p. 114 & 115, où il montre que Caletum n’est point Calais. Le nom de Calais vient, à ce que quelques personnes croient, de Caletes, nom latin d’un peuple, dont parle César, & qui habitoient dans le pays de Caux, & sur cette côte. Vigenère & quelques autres, ont cru que Calais étoit le Portus Iccius de Ptolémée & de César ; mais aujourd’hui ce sentiment est abandonné.

Le pas de Calais, fretum Gallicum, ou Caletanum. C’est un détroit qui sépare la mer de Bretagne de celle d’Allemagne, & qui est entre les côtes du pays reconquis en France, & du Comté de Kent en Angleterre. Il peut avoir 7 à 8 lieues de long & autant de large ; si bien qu’avec des lunettes d’approche, on peut de Calais voir les Anglois qui marchent sur les côtes. Maty.

Calais est au 50e degré 57 minutes de latitude nord, & au 19e degré 28 minutes de longitude, selon Mrs de l’Académie des Sciences.

Calais diffère du méridien de Paris de 0° 32′ 30″. Cassini : & conséquemment il a 20° 24′ 0″ de longitude. L’élévation du pôle est de 50° 57′ 0″. Cassini.

CALAIS. s. m. Nom d’homme. Carilefus. S. Calais ou Carilef, fut Moine du monastère de Micy, à deux lieues d’Orléans, fondé par Clovis. S. Calais ou Carilef, étoit natif d’Auvergne, & ayant été élevé dans le monastère de Menat, il en sortit avec S. Avit, pour se mettre sous la conduite de S. Maximim près d’Orléans. Ensuite ils se retirerent dans une solitude du Perche, où, par la liberalité du Roi Childebert, ils bâtirent un monastère, qui porte encore le nom de S. Avit ; mais il est à présent habité par des Religieuses. S. Calais passa dans le Maine, & des bienfaits du même Roi, fonda un monastère près de la rivière d’Anisole, aujourd’hui Anille, dont il prit le nom ; mais dans la suite on lui a donné celui de S. Calais, qui mourut vers l’an 540. Fleury. Baillet écrit Calais ou Calès. Il ne faut point dire Carilef en françois, comme fait M. Fleury ; mais toujours Calais ; c’est l’usage.

CALAIS. s. m. Terme de Mythologie. Fils de Borée & d’Orithye. Il étoit ailé, aussi-bien que son frere Zéthès. Ils partirent tous deux pour la conquête de la Toison d’or. Ayant été bien reçus du Roi Phinée, ils chasserent les Harpies qui infectoient la table de ce Prince malheureux. Ils furent tués par Hercule, & changés en vents, qui commencent à souffler environ huit jours avant le lever de la canicule. Leurs noms signifient, qui souffle fort, & qui souffle doucement.

CALAISON. s. f. On nomme ainsi dans les ports de la province de Guyenne, particulièrement à Bourdeaux, la profondeur d’un vaisseau depuis le premier pont jusqu’au fond de cale. Jauger la calaison, c’est-à-dire, en jauger la profondeur.

CALALOU. Ragoût que préparent les Dames Créoles en Amérique, avec les herbes potagères du pays, beaucoup de pimant, & de la volaille, du bœuf, ou du jambon, les jours où l’on fait gras, & avec des crabes & des poissons, en maigre. Encyc.

CALAMANDRE. s. f. Nom de femme. Calamandis. Sainte Calamandre est honorée à Calaffe en Catalogne. Chastelain. Martyrol. 5e Févr..

CALAMBA. s. m. C’est la plus excellente sorte de bois d’aloës, qui n’est destiné que pour les Rois des Indes, & qui rend une odeur admirable, lorsqu’on le remue seulement entre les mains. Xyloaloë. On l’appelle aussi calampart. Voyez Bois d’Aloes.

CALAMBOUR. s. m. C’est une espèce de bois des Indes que l’on vend chez les Droguistes en bûche, & dont les Ebénistes se servent dans leurs ouvrages de marqueterie. Il est verdâtre, & d’une odeur si agréable, que l’on s’en sert dans les bains de propreté.

On en fait aussi des chapelets & d’autres ouvrages.

CALAMÉDON, sous-entendu fracture. Terme de Chirurgie, emprunté du grec. espèce de fracture transversale qui s’étend jusqu’au bord de l’os, dont l’un des bouts est éclaté en manière d’ongle ou de bec de flûte. Ce mot est un adverbe grec καλαμηδὸν, in modum calami, en manière de roseau taillé en bec de flûte : de κάλαμος, roseau, flûte. On appelle aussi cette fracture en grec εἰς ὄνυχα, de ὄνυξ, ongle.

CALAMENT, s. m. ou CALAMENTE. s. f. Terme de Botanique. Nepeta. C’est une plante dont les feuilles, qui naissent de tiges & de branches, carrées, sont de la longueur d’un pouce, ou d’un pouce & demi, légèrement découpées tout autour, velues, & d’une odeur assez bonne. Ses fleurs viennent en bouquets dans les aisselles des feuilles : elles sont en gueule, de couleur de pourpre & d’un odeur agréable. En latin, calamentha vulgaris, du grec καλὸς, beau, μενθη, mente, comme qui diroit belle mente. Cette plante est chaude & âcre : elle est propre pour l’estomac, pour provoquer les mois des femmes, l’urine, & contre la toux. Il y a plusieurs autres espèces de calamente. Il y en a une qui a l’odeur du pouliot ; il y en a une autre dont les feuilles ressemblent à celles du basilic, & qui est nommées par cette raison Calamintha ocimi foliis.

CALAMINAIRE. adj. m. & f. Qui appartient à la calamine. Calaminarius, a, um. Cadmiæus. Je préfère les matières minérales, telles que la pierre calaminaire, le minium ou le vermillon, pour les injectons rouges. Demours, Acad. d’Edimb. T. I, p. 124. Aux environs d’Aix il y a beaucoup de mines de pierres calaminaires. Acad. 1700. Hist. p. 59. Voyez l’article suivant.

CALAMINE, s. f. Espèce de cadmie naturelle, qui est privée de parties métalliques. Terre fossile & bitumeuse, qui affine le cuivre avec lequel on la jette dans la fonte, & l’augmente de plus d’un tiers en l’affinant. Cadmia. C’est une terre forssile de couleur jaunâtre, qui n’est pas fort dure, & qui jette, losqu’on la brûle, une fumée jaune : elle est dessicative, détersive & astringente. On la mêle aussi avec le cuivre pour le rendre jaune, & pour augmenter son poids. Avec tout autre métal elle s’évapore ; & si on la met toute seule dans le feu, elle devient cendre. Sa trop grande quantité mêlée dans l’airain, le rend fragile : il redevient rouge, si on le fond cinq ou six fois. Il y en a une espèce nommée calamine blanche, qu’on trouve au haut du creuset, quand on fond le cuivre avec la pierre calaminaire. On l’appelle pampolix ou capnites. Ce n’est, à proprement parler, qu’une suie métallique.

☞ En 1561, sous le règne d’Elisabeth, on fit en Angleterre la découverte des mines de cette terre. Larr. On trouve aussi de la calamine, en Allemagne & dans plusieurs provinces de France, où il y a des mines de plomb & de cuivre, au milieu desquelles elle existe. Voyez Galien, Pline, Dioscoride, Agricola, Gonæus, Savot, &c. Voyez Cadmie.

CALAMISTRER. v. a. Friser, mettre les cheveux en boucles. Il est du style familier. Crispare comam.

CALAMISTRÉ, ÉE. part. frisé, mis en boucles. Horace oppose incomptos capillos, les cheveux négligés de Curius aux cheveux frisés & calamistrés qu’on vit dans les siècles suivans, & qui furent après regardés comme des marches de mollesse. Dacier sur Hor.

☞ Les Vocabulistes, d’après l’Académie, disent que calamistrer, c’est friser, poudrer. Poudrer, non : ce mot est formé du latin, & calamistrare signifie seulement friser des cheveux, les mettre en boucles. Calamistrum, fer à friser.

CALAMITE. s. f. C’est un des noms que l’on a donné à la pierre d’aimant, & ensuite à la boussole. Magnes, lapis magnesius. Ce mot a signifié proprement en françois une grenouille verte, à cause qu’elle vit volontiers parmi les roseaux ; & il a été donné à l’aiguille aimantée, parce qu’avant qu’on eût trouvé l’invention de la suspendre sur un pivot, on l’enfermoit dans une phiole de verre demi-pleine d’eau, sur laquelle on la faisoit floter par le moyen de deux fétus comme une petite grenouille, Calamita, Rana calamita, Diophyta. D’autres dérivent ce mot à chalybe amata. Il vient de καλάμη, stipula, paille, parce que cette pierre attire la paille.

Calamite. adj. Epithète que l’on donne quelquefois au styrax, à cause qu’on le mettoit autrefois dans des roseaux appelés calami pour le conserver.

☞ On donne aussi le nom de calamite à une pierre qui imite un roseau.

☞ CALAMITÉ. s. f. Evénement facheux, grand malheur qui accable quelqu’un & ruine entièrement ses affaires. Calamitas. Il est tombé dans une affreuse calamité. D’Ablan. Il semble pourtant que ce mot, suivant sa propre signification, & même celle qu’on lui attache dans l’usage ordinaire, désigne un malheur public qui afflige un Etat, une Province. Toutes les calamités publiques passent dans l’esprit des superstitieux pour des vengeances du Ciel irrité. Flech. Les Païens accusoient les Chrétiens d’être la cause de toutes les calamités qui affligeoient l’Empire. Menage. Quelle est la cause, demande un Rabbin, de notre calamité présente, qui dure depuis plus de mille ans, vu que Dieu n’a puni les horribles idôlatries, le massacre des Prophetes & les autres crimes affreux de nos peres, que par une captivité de soixante & dix ans à Babylone ?

Ce mot vient du Latin calamitas, qui vient de calamus, le tuyau du bled. On appeloit du nom de calamité, la grêle qui brisoit & coupoit les bleds. Calamum terere.

CALAMITEUX, EUSE. Adj. Infortuné, misérable. calamitosus. Il ne se dit guère que des tems de trouble & de guerre, qu’on appelle temps calamiteux. Regne calamiteux. Maucroix. Dans ce sens-là même il vieillit, & ne pourroit être employé qu’en poësie.

CALAMUS, en terme d’Anatomie, est la pointe ou l’extrémité du quatrième ventricule de la tête du côté de l’épine du dos. On l’appelle ainsi, parce que cette extrémité de ce ventricule se termine en façon de plume à &crire, en Latin. calamus. Calamus scriptorius.

CALAMUS AROMATICUS. s. m. Plante qui est de deux sortes. Il y a le vrai calamus aromaticus des Anciens, qui vient dans les Indes Orientales, & qui est une espèce de roseau ; & celui des boutiques.

☞ Le Calamus Aromaticus Verus nous vient des Indes Orientales en petites bottes. Il s’élève à la hauteur d’environ trois pieds. Sa tige est de la grosseur d’une plume médiocre, & contient une moëlle blanche, d’un goût un peu amer & d’une assez bonne odeur. Ses feuilles sont longues & pointues. Ses fleurs de couleur jaune, naissent aux sommités, disposées en ombelles.

Le Calamus Aromaticus des boutiques est bien différent du premier. Il a une racine qui rampe presque à fleur de terre, & qui jette beaucoup de filamens ; elle est fort nouées, de la grosseur du doigt, blanche, tirant sur la couleur de chair, d’une substance rare & légère, d’un goût mordicant & un peu amer, & d’une odeur forte, mais assez agréable. Ses feuilles sont semblables à celle de la flambe, mais plus longues, d’un goût acre & aromatique. Il n’y a que la racine qui soit en usage ; elle est bonne pour l’estomac, contre la colique, & contre les obstructions du foie & de la rate.

☞ CALANDA. Petite ville du Royaume d’Arragon en Espagne, sur la rivière de Guadaloupe.

CALANDES. Voyez Calendes.

CALANDRE. s. f. Terme de Manufacture. Machine dont on se sert pour presser & lustrer les draps, les toiles & autres étoffes. Machina poliendis lævigandisque telis & holosericis comparata. Elle sert aussi pour y faire ces ondes qui sont sur le tabis & les moires. Elle est composée de deux gros rouleaux de bois, autour desquels on roule les pièces d’étoffe. On les met entre deux gros madriers de bois dur, large, épais & fort poli. Celui de dessous sert de base. Celui de dessus est mobile par le moyen d’une roue telle que celle des grues. Un cable est attaché à un tour qui compose son axe. Cette partie du dessus est d’un poids prodigieux, quelquefois de 50 ou 60 milliers. C’est cette pesanteur qui fait les ondes sur les étoffes qui sont autour des rouleaux, par le moyen d’une légère gravure qu’ils contiennent. On met & on ôte ces rouleaux, en inclinant un peu la machine.

Ce mot vient du Latin cylindrus, parce que tout l’effet de la machine vient du cylindre. Borel dit que ce nom lui vient d’un petit oiseau de même nom, parce que les marques qu’elle imprime sont semblables à ses plumes. Les Auteurs de la basse latinité l’ont appelée celendra.

Calandre. Petit oiseau du genre des alouettes, qui n’a point de crête. Alauda non crystata, ou corydalus minima. Conrad de Montpellier, de Montepuellarum, Chanoine de Ratisbonne, qui florissoit vers l’an 1390, dans la vie de S. Erard qu’il a écrite, ch. I. appelle calandre un petit oiseau qui chante agréablement dans les bruyeres. Calandrus dulcisonans in mirica. On l’appelle aussi calandre de bocage. La calandre a la voix très-haute ; si elle l’avoit moins, il y auroit peu d’oiseaux qui égalassent la beauté de son chant. Ceux qui en veulent nourrir, doivent les avoir du mois d’Août & jeunes, afin qu’elles fassent leur première mue en cage ; & elles deviendroient aussi privées, que si elles avoient été prises au nid. Elles auront leur chant naturel, & imiteront celui des autres oiseaux que l’on mettra auprès d’elles. Les vieilles sont farouches ; il faut leur lier les aîles pour les apprivoiser plus facilement. On leur donne du froment, ou de la composition de l’alouette ; quelquefois de la chicorée pilée, parce que quand cet oiseau est en liberté, il s’en sert pour se purger. Pour élever une calandre niaise, on lui donne du cœur & de la pâte ; & soit la niaise, soit la bocag§re, on l’éleve comme l’alouette commune. Elle est sujette à se dépiter comme l’alouette commune. Elle est sujette à se dépiter lorsqu’on la change de lieu ; & elle cesse de chanter jusqu’à ce qu’on l’ait remise au lieu où elle étoit.

Le mâle a la tête & l bec plus gros que la femelle. Son collier va ordinairement tout autour du cou. La calandre fait son nid pour l’ordinaire dans des lieux secs par terre, & dans des champs ensemencés, sous quelque motte bien couverte d’herbes. Elle fait quatre ou cinq petits, & jusqu’à trois nids par an ; savoir au commencement de Mai, au mois de Juin, & à la mi-Juillet comme l’alouette & le cochevis.

Belon dit que la calandre est une espèce d’alouette sans huppe, qui approche de la grandeur de l’étourneau ; & quelques-uns l’appellent grande alouette. Elle approche de l’alouette par son chant & par son plumage. Les aîles & la queue sont de même ; elle a les mêmes mœurs & les mêmes façons. Les calandres volent en troupe, & sont oiseaux de passage.

Calandre. Petit ver qui se fourre dans le blé, & le mange ; on l’appelle aussi charençon ou patépelue. Curculio, calandrus. Les Allemands l’appellent kalender. Voyez Charençon.

CALANDRER. v. a. Mettre une étoffe sous la calandre pour la presser ou tabier. Telas, holoserica, expolire, lævigare.

CALANDRÉ, ÉE. part.

CALANDREUR. s. m. Nom de l’ouvrier qui conduit la calandre, qui met les étoffes & les toiles sous la calandre.

CALANE ou CATANE. s. f. Le Roi de Siam avoit envoyé deux Catanes ou sabres du Japon, garnis de tambague, pour le présent du Roi. Abbé de Choisy, Journ. du Voyage de Siam, in 12, p. 193. Deux Calanes du Japon, garnies de tambague, qui sont deux lames de sabre très-larges, au bout d’un bois bien long. Cheval. de Chaum. p. 14, Présens du Roi de Siam à Monseigneur.

CALANDRIER. Voyez Calendrier.

CALANGUÉ. Voyez Calé.

☞ CALANTIQUE. s. f. Ornement de tête dont se servoient les femmes Romaines. Cicéron n’en dit rien de plus. Vous ajoutez, dit-il, à Clodius, la Calantique à sa tête. Calantica.

☞ CALAPATE. Ville de la presqu’île de l’Inde, en deçà le Gange, dans le Royaume de Bisnagar, sur la côte de Coromandel.

CALATAYUD. Ville du Royaume d’Arragon en Espagne. Bilbilis, Calatayada. Elle est située sur une montagne sur le Xalon, au Nord de Sarragosse. Calatayud est assez grande ; c’est une belle ville. Calatayud n’est point l’ancienne Bilbilis ; mais on en voit les ruines à un mille de Calatayud, sur une montagne près d’un lieu nommé Baubula. Bilbilis étoit la patrie du Poëte Martial.

☞ CALATAR-BELLOTA. Ville de Sicile, sur la rivière de ce nom, dans la vallée de Mazate, près de la côte de la mer d’Afrique.

☞ CALATA-FIMI. Ville de Sicile, dans la vallée de Mazare, entre Mazare & Castel.

☞ CALATA-GIRONE. Calata hieronum. Ville de Sicile, dans la vallée de Noto, près de la rivière de Drille.

☞ CALATA-NISSETA. Ville de Sicile, dans la vallée de Noto, sur les confins de celle de Mazare.

☞ CALATE-XIBETA. Petite ville de Sicile, presque au milieu de l’Île, dans la vallée de Noto, sur les confins de celle de Démone, & de Mazare.

☞ CALATISME. s. m. Danse des anciens dont il ne nous est resté que le nom. Encyc.

CALATRAVA. Ville d’Espagne, dans la nouvelle Castille ; elle est sur la Guadiane, à trois lieues de Ciudad Real. Calatrava. Il y a à Calatrava, non-seulement des Chevaliers, mais aussi des Religieuses de Calatrava. Monniales de Calatrava. Elles furent instituées en 1219, par D. Martin Fernandès, Grand Maître de l’Ordre de Calatrava. Ces Religieuses ont le titre de Commendatrices, & doivent faire les mêmes preuves que les Chevaliers de Calatrava. Elles sont habillées comme les Religieuses de Cîteaux, & ne sont distinguées que par la Croix de l’Ordre de Calatrava, qu’elles portent sur le scapulaire. Elle furent d’abord établies au couvent de S. Felix, proche d’Amaya, dans un lieu appelé Barrios, où elles ont demeuré pendant près de 350 ans. Philippe II, Roi d’Espagne, & administrateur de cet Ordre, les transféra dans la ville de Burgos, l’an 1538. P. Helyot, Tome VI, c. 4.

Calatrava. (la nouvelle) Nom d’un lieu de la nouvelle Castille en Espagne, à huit lieues de Calatrava la vieille. Ce lieu fut ainsi nommé par D. Martin Fernandès, Grand Maître de l’Ordre de Calatrava, parce qu’il y transporta le principal couvent de son Ordre, vers les commencement du XIIIe siècle.

CALATRAVA. Ordre militaire, institué sous le règne de Sanche III, Roi de Castille en 1558. Le bruit s’étant répandu que les Arabes venoient attaquer avec une armée puissante, la petite ville de Calatrava, en Castille, les Templiers, à qui on avoit confié la garde de la forteresse, craignant de ne la pouvoir défendre, la remirent au Roi Dom Sanche. Diégo Vélasquez, Moine de Cîteaux, homme de qualité, qui avoit été élevé à la Cour, & qui avoit servi long-temps dans les armées avec beaucoup de valeur & de gloire, persuada à Raimond, Abbé de Fitère, Monastère de Cîteaux, de demander Calatrava au Roi. Malgré la répugnance qu’il y eut d’abord, & contre l’opinion de bien des gens, il le fit & l’obtint. L’Archevêque de Tolède, nommé Jean, contribua à cet établissement, & fit exciter les peuples dans les prédications à aller défendre Calatrava. Raimon & Diégo s’y rendirent, & bien des gens vinrent à leur secours. Les Arabes, ou perdant l’espérance de forcer Calatrava, ou occupés ailleurs, abandonnèrent leur entreprise & ne parurent point. Plusieurs de ceux qui étoient venus au secours de la ville entrèrent dans l’Ordre de Cîteaux, sous un habit plus propre aux exercices militaires que celui des Moines, & ils commencèrent à faire des courses sur les Arabes, & à leur livrer des combats, que Dieu bénit. C’est ainsi que s’établit l’Ordre de Calatrava, qui, comme l’on voit, sur une branche de celui de Cîteaux, sous Morimond, dont Fitère étoit venu. Le premier Grand Maître fut Garcias, sous le gouvernement duquel Alexandre III confirma l’Ordre en 1164, six ans après son établissement, & Innocent III en 1199, le 28e d’Avril. Ferdinand & Isabelle en 1489, du consentement du Pape Innocent VIII, réunirent à la Couronne la grande Maîtrise de l’Ordre de Calatrava, dont les Rois d’Espagne se qualifient Administrateurs perpétuels. Les Chevaliers portent sur l’estomac une croix de gueule fleurdelisée de sinople, acostée en pointe de deux entraves ou menotes d’azur.

La règle qui leur fut donnée par l’Abbé de Cîteaux, étoit celle de Cîteaux, quand ils n’étoient point en campagne, le vivre, le silence, les jeûnes, les macérations du corps, les veilles, l’oraison, la psalmodie, &c. Leur habit fur aussi le même que celui des Moines de Cîteaux, mais accommodé aux exercices & à la vie militaire. Ils avoient le scapulaire, & un capuce ; mais qu’ils ne mettoient point en tête. Ils prétendirent dans la suite que ce capuce ne les distinguoit point assez, & Benoît XIII, l’anti-Pape, la troisième année de son prétendu Pontificat, leur permit de le quitter, & de porter à la place une croix. Manrique, qui rapporte ceci, Cisiere. Ann. T.II, à l’an 1158, c. 2, n° 7, ajoute qu’on ne peut douter qu’à raison de leurs exercices, on n’eût accourci leur habit, & qu’après même qu’on leur eût permis dans la suite de prendre l’habit séculier, on leur ordonna de le porter de même étoffe & de même couleur qu’auparavant. L’Abbé Justiniani, dans son Tome I, c. 27, p. 390, traite fort au long de cet Ordre, & indique à son ordinaire les Auteurs qui en ont écrit. François de Rades, Chevalier de Calatrava, a fait l’Histoire des Ordres de S. Jacques, de Calatrava & d’Alcantara, aussi-bien que François Charles de Totrès ; & Jérôme Mascaregnas a écrit une apologie pour cet Ordre.

On juge aisément par ce qui vient d’être dit, que cet Ordre a tiré son nom de la ville, pour la défense de laquelle il s’établit, & dans laquelle il commença. Voyez Manrique, Hist. d’Esp. Liv. XI, c. 6, & Manrique, Hist. de Citeaux, Tome II, à l’an 1158, c. 1, 2, &c.

☞ CALAVON ou CALAON. Petite rivière de France dans la Provence. Elle a sa source au diocèse de Sisteron, passe à Apt, coupe le diocèse de Cavaillon, & se jette dans la Durance.

☞ CALAZZOPHILACES. s. m. Certains Prêtres parmi les Grecs, dont les fonctions étoient de prendre garde aux grêles & aux tempêtes, pour les détourner par le sacrifice d’un agneau ou d’un poulet. Si ces animaux leur manquoient, ou s’ils n’en tiroient qu’un mauvais augure, ils se découpoient le doigt avec un canif ou une espèce de poinçon, croyant ou voulant faire croire qu’ils appaiseroient les Dieux par l’effusion de leur propre sang. Ils avoient été institués par Cléon, comme le remarque Gerald au Liv. des Dieux des Payens. Ce mot vient du grec χάλαζα, grêle, & de φυλάσσω, j’observe. On trouve dans l’Histoire bien des exemples de semblables charlatans. Voyez Baal & Bellonaires.

☞ CALB. Ville d’Allemagne, dans la vieille Marche de Brandebourg, entre Domitz & Magdebourg.

☞ CALBA. Ville d’Asie, dans le Turquestan, vers l’embouchure de la rivière de Tachosca.

☞ CALBOTIN. s. m. Terme de Cordonnier. Voyez Calebotin.

☞ CALCAIRE. adj. de t. g. qui concerne la chaux. Calcarius. On appelle pierres & terres calcaires, celles que l’action du feu peut changer en chaux-vive, & qui se dissolvent par les acides. Telles sont la craie, le marbre, la pierre à chaux, les coquilles, les stalactites calcinables, &c.

CALCAMAR. s. m. Oiseau du Brésil. Calcamarus. Il est de la grosseur d’un pigeon. Il nage sur la mer, & ne vole point. Ces sortes d’oiseaux vont en troupes.

CALCANEUM. s. m. Terme d’Anatomie. C’est le second os du tarse, & le plus grand de tous. Il empêche que le corps ne tombe en arrière, étant situé à la partie postérieure du pied. Quelques-uns l’appellent l’os de l’éperon. vient du Latin calcaneum. C’est à lui que s’insère le tendon d’Achille.

CALCANTHUM. s. m. C’est le vitriol rubifié, selon le fameux Droguiste Pomet.

☞ CALCAR. Ville d’Allemagne, dans le cercle de Westphalie, au Duché de Cleves, sur le ruisseau de Men.

☞ CALCEDOINE. Ville. On prononce ainsi, & l’on écrit Chalcedoine. Voyez ce mot

Calcédoine. s. f. Pierre. L’Académie écrit ainsi. Voyez aussi Chalcédoine.

CALCET. s. m. Terme de Marine. Assemblage de planches élevées & clouées sur le haut des arbres d’une galère, & qui sert à renfermer les poulies de bronze qui sont destinées au mouvement des antennes. Carchesium.

CALCHAQUIN, INE. f. Nom d’un peule de l’Amérique méridionale. Calchaquinus, a. Il y a dans l’Amérique méridionale deux vallées qui portent le nom des Calchaquins, & habitées toutes deux par un peuple de ce nom, soit que ce soit le même, divisé en deux parties, soit que ce soient deux peuples différens du même nom. La première vallée Calchaquine est située dans les Andes, montagnes qui bornent le Pérou & le Chili du coté du levant, & elle en est bornée presque des deux côtés. Elle s’étend 30 lieues du nord au septentrion, & n’a que fort peu de largeur. Elle aboutit d’un côté vers Saltée, & de l’autre vers Londres (Londinum) petites villes du Tucuman. On a cru avoir bien des raisons de dire que les Calchaquins, habitans de cette vallée, étoient originairement Juifs. Les principales sont que, lorsque les Espagnols arrivèrent chez ce peuple, ils trouvèrent bien des Calchaquins qui portoient les noms de David & de Salomon. Que les vieillards disoient qu’autrefois leurs ancêtres avoient la circoncision. Que quand un frere étoit mort sans enfans, son frere lui en donnoit en prenant sa veuve, comme chez les Juifs. Qu’ils portent une robe traînante jusqu’à terre, & liée d’une ceinture comme les Juifs. Que Joseph Acosta rapporte que bien des gens croyoient que les Américains étoient sortis des Juifs. Que toute la nation des Calchaquins, aussi-bien que la nation Juive, est très-superstitieuse, qu’ils adorent les arbres ornés de plumes ; de sorte que l’on peut dire d’eux, ce que l’on disoit de la Synagogue : Vous vous prosterniez sous tous les arbres feuillus. Qu’ils font des monumens à leurs ancêtres de monceaux de pierres qu’ils honorent. Quoiqu’il en soit, si ces peuples ont été Juifs, ils avoient beaucoup changé. Ils adoroient le soleil pour première divinité, & le tonnerre & l’éclair pour divinités secondaires. Ils avoient des Magiciens pour Médecins & pour Prêtres. Ces Magiciens vivoient dans des espèces de chapelles séparées des cabanes des autres : là ils consultoient le démon, ou faisoient semblant de le consulter. Toutes leurs cérémonies ou assemblées sont pleines des plus grandes fureurs, telles qu’on en peut attendra de gens toujours ivres ; jamais ils n’en sont plus transportés que dans les funérailles de leurs morts. Tous les parens & amis d’un malade courent à sa cabane, & y boivent tant que la maladie dure. Ils entourent le lit du malade d’une infinité de flèches, qu’ils fichent en terre, afin que la mort n’ose pas s’approcher. Quand le malade est mort, ils se lamentent en criant de toutes leurs forces. Ils placent le cadavre sur un siège, & mettent devant lui toutes sortes de mets & du vin, comme s’il devoit manger & boire ; ils allument des feux & jettent dedans, au lieu d’encens, je ne sais quels morceaux de bois ou branches d’arbres. Pour exciter la pitié des assistans, les hommes & les femmes montrent toutes les choses qui ont été à l’usage du mort. Pendant ce temps-là, d’autres en dansant & en sautillant, portent des viandes à la bouche du mort, comme s’il devoit les prendre, & les mangent eux-mêmes. Ces cérémonies insensées durent huit jours ; après quoi ils mettent le corps en terre, & avec lui, ses chiens, ses chevaux, tous ses meubles, & des habits que ses amis lui offrent. Ensuite ils brûlent la cabane du défunt, pour que la mort n’y revienne plus. Après un an de deuil, ils célèbrent l’anniversaire de la même manière ; & pour ne point faire de faute contre cet extravagant cérémonial, ils ont un maître des cérémonies. Ils croient que personne ne meurt de mort naturelle, mais toujours de mort violente : de-là soupçons, inimitiés, combats perpétuels entr’eux. Ils croient que les ames des morts se changent en astres, & en astres d’autant plus brillans, qu’ils ont été plus illustres pendant leur vie, ou par leur rang, ou par leurs actions. Ils ont des fêtes, & ces jours-là ils se couronnent de plumes de différentes couleurs. Ils ont des cheveux qui leur pendent jusqu’à la ceinture, qu’ils tressent, & qu’ils nouent comme des femmes. Ils portent des brassarts d’argent ou de cuivre, qui leur couvrent les bras jusqu’au coude, qui leur servent à tirer l’arc, & sont aussi pour eux un ornement. Les principaux de la nation ont un cercle d’argent ou de cuivre, ils y passent un diadème & s’en ceignent le front. Ils se détruisent eux-mêmes par de continuelles dissentions. Ce sont les femmes qui font la paix. Ces barbares accordent tout à un sexe qui les a alaités & nourris. Histoire Parag. Liv. 5, c. 23.

L’autre vallée des Calchaquins commence vers la ville de Sainte Foi, du côté qu’elle regarde le Paraguay ; elle s’étend jusqu’au fleuve de la Plata, & a en ce sens 100 lieues de long. Elle est habitée par les plus cruels de tous les hommes. Ibid. Liv. 4, c. 2.

CALCHAS. s. m. Surnommé Thestorides, c’est-à-dire, fils de Thestor, qui fut un des Argonautes, passoit pour le plus éclairé des devins de son temps. Il sçavoit, dit Homère, le présent, le passé & l’avenir ; & à cause des grandes connoissances dont Apollon l’avoit favorisé, il avoir été choisi pour conduire à Troye les vaisseaux grecs. Calchas étoit dans l’armée des Grecs, en qualité de grand Prêtre & de Devin : comme grand Prêtre, il offroit les sacrifices, & on le consultoit comme Devin.

☞ Le Destin avoit réglé que Calchas mourroit quand il trouveroit un Devin plus habile que lui ; ce qui s’accomplit dans la ville de Colophon, où il trouva le Devin Mopsus.

☞ CALCINABLE. adj. de t. g. Qui peut être calciné, réduit dans l’état de chaux par la violence du feu. Les matières terreuses ou lapidifiques, que les esprits acides dissolvent sur le champ avec chaleur & ébullition, sont ordinairement calcinables : celles sur lesquelles ces esprits ne font aucune impression, font vitrifiables.

CALCINATION. s. f. Action par laquelle on réduit en chaux & en poudre très-subtile les métaux, les minéraux, avec un feu violent. Résolution d’un mixte en poudre par le moyen du feu, ou de quelque autre chose de corrosif, comme le mercure, l’eau forte, &c. Calcinatio, exustio rei metallicæ. La calcination actuelle se fait seulement par le feu. La potentielle se fait par le moyen des esprits corrosifs, qui les pénétrent & les dissolvent, comme l’argent & l’or, par les eaux fortes & l’eau régale ; & cette calcination est appelée immersive.

Quand on a pendu des cornes, des os, de la corne du pied des chevaux, & autres choses semblables au-dessus d’une eau bouillante, ou de quelqu’autre liqueur, & que ces corps ont perdu leur mucilage, c’est-à-dire, toute la matière grasse & onctueuse qu’ils avoient, & qu’ils peuvent être aisément pulvérisés, quelques Chimistes appellent cela calcination philosophique. Harris.

Ce mot vient du Latin calx, qui vient du Grec χάλιξ, qui, selon le Glossaire grec-latin, signifie pierre, ciment.

☞ La calcination des métaux imparfaits, exposée au feu, est de la seconde espèce. Ils sont décomposés, ils perdent leur forme métallique, parce que le feu les dépouille de leur phlogistique. La première calcination se fait donc par l’évaporation des parties volatiles & la seconde par la destruction du principe inflammable.

CALCINER. v. a. Terme de Chimie. Réduire les métaux ou les minéraux en chaux, ou poudre très-subtile, par le moyen du feu. Torrere, exurere, in calcem redigere. L’or se calcine au feu du réverbère avec le mercure & le sel ammoniac ; l’argent avec le sel commun & le sel alkali, le cuivre avec le sel & le soufre ; le fer avec le sel ammoniac & le vinaigre ; l’étain avec l’antimoine ; le plomb avec le soufre ; le mercure avec l’eau forte ; il se calcine aussi tout seul par le feu. Tous les autres minéraux se calcinent au feu sans addition d’aucune drogue. On calcine les pierres à fusil, le cristal & le caillou, en les faisant rougir au feu, & les jetant alors dans l’eau froide, ou dans du vinaigre. Car après qu’on a fait cela quatre ou cinq fois, ces corps deviennent friables, & se réduisent aisément en poudre. Harris. Le vitriol le calcine aussi en le mettant sur le feu dans un vase de terre : il s’y dissout d’abord en une espèce d’eau ; puis quand il a bouilli jusqu’à ce que toute l’humidité soit consumée, ou qu’il soit réduit en une masse grisâtre, alors on l’appelle vitriol calciné jusqu’à la blancheur. Ensuite si on le laisse longtemps sur un feu violent, il rougit : on le nomme Colcothar. Idem.

☞ On calcine les corps, ou pour leur enlever quelques substances volatiles, ou pour détruire leur principe inflammable. La calcination des pierres & terres calcaires exposées au feu pour les convertir en chaux, est de la première espèce. Ces terres ne se calcinent que parce que le feu les dépouille du principe aqueux qu’elles contiennent. Il en est de même du gypse, de l’alun, du borax & de plusieurs autres sels. Les minéraux sont aussi dépouillés, par l’action du feu, des parties sulfureuses, arsénicales & autres matières volatiles qu’ils contiennent.

CALCINÉ, ÉE. part. pass. & adj. Tostus, exustus.

CALCIS. s. m. Faucon de nuit. Belon, après Aristote, rapporte que cet oiseau ne vole que de nuit, ayant la vue trop foible le jour. Il a guerre perpétuelle avec l’Aigle, & on les trouve quelquefois attachés par leurs serres. Il fait son nid dans des lieux remplis de rochers, où il y a des cavernes, & ne pond que deux œufs. Il ne quitte guère les montagnes & les lieux déserts où il fait son nid. Il a le champ de son pennage noir, & est de la taille d’un faucon. Les Ioniens l’appeloient Cymindis ou Cybendis ; on le nommoit aussi Ptinx. Homère en fait mention dans son Iliade. Il porte un collier de plumes sous la gorge, de même que le hibou. Dans les hautes montagnes du Dauphiné, il se trouve un oiseau de nuit que les habitans du Pays appellent Arpens, qui fait son nid dans des pays de montagnes escarpées, dans les ouvertures des rochers. Il pouroit bien être de cette espèce.

CALÇON. Voyez Caleçon.

CALCUL. s. m. Supputation de plusieurs sommes ajoutées, sbustraites, multipliées, ou divisées. Computatio. L’erreur de calcul ne se couvre jamais ni par arrêts, ni par transactions ; c’est-à-dire qu’on est toujours en droit de revenir contre l’erreur de calcul. Quand on arrête un compte, on sous-entend toujours sauf erreur de calcul.

Calcul se dit aussi des supputations qui se font en Astronomie & en Géométrie. Supputatio. Il faut un long calcul pour faire des Tables Astronomiques, des Ephémérides, des Logarithmes, des Sinus & Tangentes.

Dans la nouvelle Géométrie, il y a le calcul différentiel, & le calcul intégral. Calculus differentialis, calculus integralis. Le calcul différentiel, est la méthode de différentier les quantités ou grandeurs ; c’est-à-dire, la méthode de trouver une quantité infiniment petite, qui prise une infinité de fois, égale une quantité ou grandeur donnée. Ce que nous appelons différences, les Anglois l’appellent fluxions. Le calcul intégral, est la manière de former les différences, c’est-à-dire, la somme ou la grandeur égale à une infiniment petite donnée, prise une infinité de fois. Les Anglois l’appellent la méthode inverse des fluxions. Dans la nouvelle Géométrie, on conçoit que toutes les grandeurs finies se résolvent en grandeurs infiniment petites, qui en sont les élémens, ou les différences. On appelle calcul différentiel, l’art de trouver ces grandeurs infiniment petites, d’opérer sur elles, & de découvrir par leur moyen d’autres grandeurs finies ; car ce qui rend la connoissance des infinimens petits si utile & si féconde, c’est qu’ils ont entr’eux des rapports, que n’ont pas les grandeurs finies, dont ils sont les infiniment petits, & que par ces mêmes rapports ils conduisent à découvrir d’autres finis. Par exemple, dans une courbe qu’elle qu’elle soit, les différences infiniment petites de l’ordonnée & de l’abscisse, ont entre-elles le rapport, non de l’ordonnée & de l’abcisse, mais de l’ordonnée & de la soutangente ; & par conséquent l’abscisse & l’ordonnée seules connues, donnent la soutangente inconnue, ou ce qui revient au même, la tangente, pourvu qu’on passe par les infiniment petits.

☞ En rebroussant chemin, il faudroit que la tangente ou soutangente menue d’une courbe inconnue donnât les infiniment petits de l’abscisse & de l’ordonnée, qui l’ont produite, & par conséquent l’abscisse & l’ordonnée, qui sont des grandeurs finies dont le rapport fait toute l’essence de la courbe. Cet art de retrouver par les grandeurs infiniment petites les grandeurs finies, à qui elles appartiennent, est ce qui s’appelle le Calcul intégral.

Le calcul différentiel descend du fini à l’infiniment petit, & le calcul intégral remonte de l’infiniment petit au fini. L’un, pour ainsi dire, décompose une grandeur, & l’autre la rétablit ; mais ce que l’un a décomposé, l’autre ne le rétablit pas toujours, & par conséquent l’intégral est imparfait & borné, du moins jusqu’à présent. S’il cessoit de l’être, la Géométrie seroit arrivée à sa dernière perfection.

Dès qu’il s’agit de mesurer une surface, c’est au calcul intégral à le faire. La base d’un parallélogramme multipliée par l’élément infiniment petit de sa hauteur, fait un parallélogramme infiniment petit, qui est l’élément du parallélogramme fini, & qui est répété une infinité de fois, c’est à-dire, autant de fois qu’il y a de points dans la hauteur du parallélogramme fini. Pour avoir ce parallélogramme fini par le moyen de son élément, il le faut donc multiplier par cette hauteur, & c’est-là le calcul intégral, qui remonte de l’infiniment petit au fini ; & quand il s’agit de surfaces terminées ou entièrement ou en partie par des courbes, cette méthode devient nécessaire, ou du moins préférable à toute autre.

Que l’on compare dans une parabole, par exemple, l’espace renfermé entre deux ordonnées infiniment proches, une portion infiniment petite de l’axe, & un arc infiniment petit de la courbe, il est certain que cette surface infiniment petite, n’est pas un parallélogramme, car les deux ordonnées parallèles qui la terminent chacune de son côté, ne font pas égales, & l’arc de la courbe oppose à la petite portion de l’axe ne lui est le plus souvent ni égal ni parallèle. Cependant par les principes de la nouvelle Géométrie cette surface qui n’est pas un parallélogramme, peut en toute rigueur géométrique, être traitée comme si elle en étoit un, parce qu’elle est infiniment petite, & par conséquent pour la mesurer, il n’y a qu’à multiplier une ordonnée de la parabole, par la portion de l’axe infiniment petite qui lui répond. Voilà l’élément de la surface de cette parabole. Cet élément devenu infiniment grand par le calcul intégral, ou ce qui est la même chose, changé en une grandeur finie, est la surface entière parabolique.

La Géométrie nouvelle emploie la même chose pour les solides. Une surface à laquelle on donne une hauteur infiniment petite, est l’élément d’un solide, & cet élément se transforme en ce solide même par le calcul intégral.

Les centres de pesanteur, de percussion & d’oscillation, qui font une partie des plus difficiles questions de la Géométrie, se peuvent rapporter à cette même méthode, & y deviennent des questions plus aisées.

M. le Marquis de l’Hôpital a traité du calcul différentiel dans son Analyse des infiniment petits, & M. Carré, du Calcul intégral dans sa Méthode pour la mesure des surfaces.

On dit proverbialement, qu’un homme se trompe en son calcul, quand il se trompe sur l’objet dont il est question, quand il raisonne sur des principes ou des suppositions fausses.

Le mot calcul vient du latin calculus ; une pierre, parce que les anciens se servoient de petits cailloux ; au lieu de jetons, pour faire leurs supputations est Astronomie & en Géométrie. Les Rois de Lacédémone donnoient leurs suffrages avec deux petites pierres : & les Romains marquoient les jours heureux d’une pierre blanche & les malheureux d’une pierre noire. D’où vient l’expression d’Horace, dies albo notanda lapillo, & l’expression si ordinaire aux latins, calculo comprobare ; donner son suffrage. Antiq. Grecq. & Rom.

Calcul, en termes de Médecine, c’est la maladie de la pierre dans la vessie, ou dans les reins. Calculus. Le calcul est une maladie qui vient de ce que nous avons des carrières dans nos corps, dont les matériaux sont bien plus propres à détruire le bâtiment naturel qu’à l’entretenir. Trésor de la prat. de Médec.

Calcul, se prend aussi pour la pierre qui se forme dans nos corps. Le calcul est un corps solide & dur, coagulé en forme de pierre, d’une humeur terrestre & saline, causant de la stupeur, des obstructions & des distentions. Il n’y a point de partie dans notre corps où il ne se puisse engendrer : car la tête, la langue, le poumon, le cœur, l’estomac, le foie, la vésicule du fiel, les intestins, le mésentère & la matrice, n’en sont pas exemts ; néanmoins quand on parle du calcul, on entend par antonomase, celui de la vessie ou des reins, à cause qu’il s’engendre plus souvent en ces parties-là qu’ailleurs. Les causes du calcul sont la crapule, les crudités, les agitations du corps à contre-temps, surtout après le repas, & celles où l’on a le dos courbé, les alimens grossiers, le vin vert, noir, grossier, le vin nouveau, la bierre nouvelle & mal dépurée, aller à cheval, la danse, la débauche avec les femmes, enfin, une disposition naturelle qu’on apporte en naissant, & qui est comme héréditaire.

Les signes du calcul des reins sont une douleur fixe dans les lombes, l’urine crue, ténue & aqueuse, & quelquefois teinte de sang, l’engourdissement de la jambe qui est du côté du rein où est le calcul & la nausée & le dégoût pour tous les alimens, &c. Les signes du calcul dans la vessie sont l’éjection fréquente, ou la suppression de l’urine, le ténesme, la douleur tout le long de l’uretère, le sédiment fabuleux dans l’urine, &c.

Il y a une infinité de remèdes pour le calcul. Le plus efficace est la lithotomie, ou extraction du calcul par incision : cette opération se pratique aujourd’hui avec beaucoup de succès par les Chirurgiens François. Voyez Degoti dans le Trésor de la pratique de Médecine, & les Auteurs qu’il cite, Jean-B. Montanus, Félix Platerus, Horatius Augenius, Pierre Forestus, Jean Crato, Martin Acacia, Hiérôme Donzelius, Domin. Panarolle, Hippocrate, Reiner Solimander, Jean Zecchius, Cardan, Jule Scaliger, Avenzoar, Zacutus, Jean Hollet, Jean Helmont, Lazare Rivière, Jean Hartman, Volfang Hoefer, Paul Barbette, Fréderic Deckers, Barthelemi Montagnana, Guillaume Fabrice Hildanus, Jean Prevôt Médecin de Padoue, Robert Boyle, Daniel Sennert, Pierre Borel, le Journal des Savans de 1670, Observ. 107, p. 245, & Obs. 115, p. 277, & de l’an 1672. Bernard Stieberg, Greg. Horstius, Thomas Erastus, Jean Wierus, Othon Heurnius, &c. Voyez aussi M. Dionis dans son Anatomie, & dans son Traité des Opérations, &c.

Si le calcul est dans la vessie, on l’appelle lithiasis ; s’il est dans les reins, on l’appelle néphrétique.

Le mot calcul vient du latin calculus.

Ce qu’on appelle calcul en Médecine, s’appelle pierre dans l’usage ordinaire.

CALCULABLE. adj. Terme d’Arithmétique. Qui se peut calculer. Le frottement de toutes les parties d’une machine composée est calculable. Brémond, 1732, p. 88.

CALCULATEUR. s. m. Celui qui calcule. Ratiocinator, calculator, computator. Adrien Vlaq étoit un grand calculateur. Origan, Képler, Argolus, ont été de grands calculateurs. Robert de Suiset a été surnommé le calculateur, & a été mis par Cardan au nombre des douze Auteurs les plus subtils qui aient jamais été.

☞ On donnoit chez les Romains le nom de calculateur aux maîtres de condition libre qui apprenoient aux enfans à compter avec des jetons, calculi, & ils appeloient calculones les esclaves ou les nouveaux affranchis qui exerçoient la même profession.

CALCULER. v. a. Supputer. ☞ Appliquer les régles de l’arithmétique ou de l’algèbre, ou les unes & les autres, à la détermination de quelque quantité. Computare, supputare. Il a calculé toutes les sommes qui lui sont dues sur son registre. Les Astronomes calculent les Eclipses, & prédisent au juste celles, qui arriveront.

CALCULÉ, ÉE. part.

☞ On le dit absolument. Cet homme calcule beaucoup, Il calcule juste, il fait calculer.

CALCULEUX. s. m. Calculosus. Qui a le calcul, qui est tourmenté de la gravelle, de la pierre. Les Calculeux, dit Pline, doivent s’abstenir des eaux métalliques. Pline s’est trompé là aussi-bien qu’ailleurs, quand il s’est mêle du métier d’autrui. Gui Patin. Ce mot n’est pas d’usage.

Calculeux, euse. adj. Pierreux, graveleux. Rien n’est si commun chez les Médecins, tant anciens que modernes, qui ont écrit de la pierre du rein ou de la vessie, que le mot de concretion calculeuse. Concretio calculosa, concretiones calculosæ, lit-on en cent endroits de leurs ouvrages. Journ. des Sav. Août 1731.

CALDERINO. Montagne d’Espagne. Mons Calderinus. Le Comte Julien ayant résolu d’introduire les Maures en Espagne pour venger l’affront que Rodrigue, dernier Roi des Goths, avait fait a sa fille Caba, il assembla ses amis sur une montagne appelée depuis d’un mot Arabe, la montagne de Calderino, c’est-à-dire, la montagne de la Trahison, parce que ce fut là, en effet, que fut tramée la plus honteuse trahison qui fût jamais. P. d’Orléans.

Ce mot vient de l’Arabe עדר, ngadar, qui signifie trahir. Ngaddar, trahison. De là changeant le premier d, en l pour adoucir la prononciation, on a fait ngaldar, caldar.

☞ CALDERON. s. m. Poisson presque aussi gros que la Baleine, dont il a la peau, la graisse, la chair & les dents. C’est une espèce de Souffleur.

CALE. s. f. Terme de Marine. C’est le lieu le plus bas du vaisseau, la partie qui entre dans l’eau sous le franc tillac, & qui est dans un bâtiment de mer, ce qu’est la cave dans un bâtiment de terre. Elle s’étend de poupe en proue. Infimum navis tabulatum. ☞ Cette partie du vaisseau est divisée en plusieurs autres parties, où l’on renferme les poudres, le biscuit, les voiles, les cables, les futailles, &c. Ces différentes cales s’appellent joûtes ou fosses, & prennent leur dénomination des choses qu’elles renferment. Joûte au pain, joûte aux poudres, cale à l’eau, fosse aux cables, &c. Quand on combat, on enferme les Esclaves, les gens suspects, sous le tillac, à fond de cale.

Cale est aussi l’action par laquelle on plonge quelqu’un dans l’eau. Immersio. Ce fut autrefois un passe-temps dont usoient les Goths par forme d’exercice, comme ledit Olaüs Magnus ; mais c’a été un supplice chez les Celtes & les François. Les Allemands l’ont pratiqué contree les infâmes & les fainéans, au rapport de Tacite. A Marseille & à Bourdeaux les hommes & les femmes, de mauvaise vie font condamnés à la cale, ou à être baignés : & pour cela on les enferme nus en chemise dans une cage de fer amarrée à la vergue ou au palan d’une chaloupe, & calée plusieurs fois dans la rivière. On en fait autant à Toulouse aux blasphémateurs : & à Marseille, c’est aussi un supplice, ou plutôt un châtiment de gens de mer. On les attache à une corde, & on les jette dans la mer du haut de la vergue du grand mât : ce qui se fait une ou plusieurs fois suivant la qualité de la faute. Quelquefois on leur attache un boulet de canon aux pieds, pour rendre la chute plus rapide, & le supplice plus rude. On appelle la cale sèche, lorsque le patient est suspendu à une corde racourcie qui ne descend qu’à cinq ou six pieds de la surface de la mer ou de la terre : c’est une espèce d’estrapade. Ce châtiment est rendu public par un coup de canon qu’on tire, pour avertir ceux de l’escadre ou de la flotte d’en être spectateurs.

La grande cale, ou la cale par-dessous la quille, est une sorte de supplice en usage parmi les Hollandois. On attache le coupable à une corde par le milieu du corps, puis on le jette à la mer ; alors quelques matelots des plus forts, qui sont de l’autre côté du vaisseau, tirent promptement la corde qui est passée par-dessous la quille, & font ainsi passer sous le vaisseau le coupable qui est attaché à la même corde. La grande cale est un supplice rude & dangereux.

Du Cange dit qu’on a appelé cela dans la basse Latinité accabussare, & qu’il vient du mot gascon cabussa, signifiant faire la culbute, se jeter la tête la première.

Cale est aussi un abri ou rade qu’on trouve sur la côte derrière quelque terrain éminent, qui peut mettre de petits bâtimens à couvert des vents & des flots. Apricæ sauces, promontorium. On l’appelle autrement calangue. Ce mot n’est en usage que sur la Méditerranée.

Cale est aussi une espèce de talus sur le bord de la mer, en sorte qu’on y monte facilement, pour tirer les vaisseaux à terre quand il est question de les radouber. Acclivitas, declivitas.

Cale se dit encore d’un plomb qui fert à la pêche de la morue, pour faire enfoncer l’hameçon au fond de l’eau. Bolis.

Cale est aussi une espèce de coiffure de femme, un bonnet plat par en haut, qui vient couvrir les oreilles, & est échancré par-devant avec une petite bordure de velours. Toutes les Servantes de Brie portent des cales. Calantica.

Cale est aussi un bonnet d’homme fait en rond & plat, qui couvre seulement le haut de la tête. Pileus. Tous les Clercs portoient autrefois la cale, & ils le font encore aujourd’hui à la chambre des Comptes. Les Bédeaux, les Pâtissiers, les petits Laquais, quelques garçons de métiers portent des cales. Voiture avoit aimé depuis le sceptre jusqu’à la houlette, & depuis la couronne jusqu’à la cale. Saras.

Borel dérive ce mot d’écaille, aussi-bien que celui de calotte.

Cale, chez les Artisans, est une pièce de bois ou d’autre matière, en forme de petit coin, qu’on met entre deux pierres, ou deux pièces de bois, pour les serrer & presser. Assula.

☞ On appelle plus communément cale, un morceau de bois plat, ou d’autre matière, qu’on met sous une table ou sous quelqu’autre chose, pour la mettre de niveau.

☞ Les Vocabulistes disent élégamment, morceau de bois plat qu’on place dessous une pierre, une poutre, &c.

☞ CALEB. Contrée de la Palestine, dans la Tribu de Tuda.

CALEBAS ou CALBAS, CARGUEBAS ou CARQUEBAS. s. m. Terme de Marine. C’est un cordage qu’on amarre par un bout au racage de l’un des pacfis, & par l’autre bout à un arganeau qui est au pied du mât ; ce cordage sert à guinder, & à amener les vergues de pactis. Funis antennarum erectivus. C’est aussi un petit palan dont on se sert pour rider le grand étai.

☞ CALECHAUBON. Cordage qui appuie les mâts des hunes & des perroquets sur lesquels il est capelé. Il est fixé par un bout sur les capmoutons par des rides ou cordes.

CALEBASSE. s. f. Terme de Botanique. Cucurbita lagenaria. Prononcez Calbace, plante cucurbitacée, dont la racine est blanche, branchue, & périt toutes les années. Elle jette plusieurs tiges tendres, grosses comme le petit doigt, anguleuses, longues de plusieurs brasses, couchées par terre lorsqu’elles ne trouvent point de corps voisins auxquels elles puissent s’entortiller & s’attacher par le moyen de leurs vrilles. Les feuilles sont alternes, arrondies, d’un demi-pied environ de diamètre, velues, mollasses, d’une odeur puante & tenant du musc, & soutenues par deux queues longues de cinq à six pouces. Ses fleurs sont blanches, grandes, d’une seule pièce, découpées profondément sur leurs branches en cinq parties. Ces fleurs sont ou stériles, ou fertiles : celles-ci ont à leur partie postérieure un embryon, qui leur sert de calice : il devient par la suite un fruit charnu fait en forme de bouteille ancienne, c’est-à-dire, formée par deux espèces de panse, dont l’inférieure est plus grosse que la supérieure, l’une grande, l’autre petite. La chair de ces fruits est blanchâtre, & contient six ordres de semences, oblongues, étroites, obtuses par un de leurs bouts. Ces semences sont du nombre de celles qu’on nomme semences froides. Il y a quelques Provinces où on appelle ces fruits des courles bouteilles ; mais ce mot n’est pas François. On appelle la calebasse une gourde.

☞ De la calebasse des îles d’Amérique, quand elle est dans sa maturité, on extrait une liqueur qu’on regarde comme spécifique contre les maux de poitrine. C’est ce qu’on appelle syrop de calebasse. On s’en sert aussi, comme de limonade, pour se rafraîchir. Voyez Calebassier.

Calebasse se prend le plus souvent pour le fruit qui est de différente grosseur, & qui étant bien desséché & vidé de ses semences, peut contenir du vin ou d’autres liqueurs, & servir aux voyageurs. Les Pélerins sont dépeints avec une calebasse attachée à leur bourdon, ou à leur côté. Il marchoit le bourdon à la main & la calebasse au côté. Bouhours. Les Pélerins, les soldats, se servent de calebasses pour porter du vin. Les calebasses servent pour apprendre à nager. Ce mot selon quelques-uns est Arabe.

On dit proverbialement, frauder la calebasse, illudere, fallere, pour dire, tromper son compagnon, boire ce qui est dans la calebasse en son absence.

Calebasse, en termes de jardinage, est une prune qui au lieu de grossir, & de conserver son vert, devient large & blanchâtre, & enfin tombe sans venir à maturité. La Quint. & Liger. Les Jardiniers disent, voilà des prunes qui viennent toutes en calebasse ; & on se sert de ce terme, à cause que pour lors elles en ont la figure. Liger.

CALEBASSIER. s. m. Cucurbitifera arbor Americana. Arbre qui croît à la hauteur de nos pommiers, & à-peu-près de la même grosseur ; son tronc est tortueux, couvert d’une écorce grise & raboteuse, divisé en plusieurs branches composées d’autres plus petites, chargées de feuilles pointues, longues d’un demi-pied sur un pouce de largeur, plus larges dans le milieu que par l’une ou l’autre de leurs extrémités, lisses, glabres, d’un vert clair en dessous, & plus obscur en dessus, & qui naissent comme par bouquets. Ses fleurs, qui sortent du tronc ou des branches, sont d’une seule pièce, blanchâtres, en forme de cloche, irrégulières, longues d’un pouce & demi sur un pouce de largeur, pointillées sur leur surface, & d’une odeur désagréable. Ses étamines sont blanches, & le calice de la fleur est verdâtre, à deux feuilles arrondies, du milieu desquelles s’élève un pistil qui devient un fruit semblable aux calebasses & au potiron, de différente figure & grosseur, composé d’une écorce dure & épaisse, d’une couleur blahchâtre, & de semences pareilles à celles du concombre, mais brunes. On nomme communément ce fruit couit ou calebasse. C’est de ce fruit qu’on extrait le syrop de calebasse. Il y a plusieurs espèces de callebassiers dans nos Iles d’Amérique. Maigr. Du Tertre, Rochefort, Plumier.

Cet Arbre fournit la plus grande partie des petits meubles du ménage des Indiens, & des habitans étrangers, qui font leur demeure en ces Iles. Les Chasseurs des Iles se servent de son fruit pour étancher leur soif, au besoin, & ils disent qu’il a le goût du vin cuit ; mais qu’il resserre trop le ventre. Les Indiens polissent l’écorce & leémaillens si agréablement avec du roucou, de l’indigo & plusieurs autres belles couleurs, que les délicats peuvent manger & boire sans dégoût dans les vaisseaux qu’ils en forment. Il y a aussi des curieux qui ne les estiment pas indignes de tenir place entre les rareté de leurs cabinets.

CALEBOTIN ou CALBOTIN. s. m. Espèce de petit panier sans anse, en forme de picottin ; ou un cul de chapeau où les Cordonniers mettent le fil & les alênes. Quafillus sutorius.

CALÈCHE. s. f. Petit carrosse coupé, qui a d’ordinaire plusieurs ornemens. Rheda minor, pilentum. Il sert aux jeunes hommes qui veulent marcher en parade. Ainsi Molière a dit dans les Fâcheux :

Marquis, allons au cours faire voir ma calèche.
Elle est bien entendue, & c.

On appelle aussi calèche, une sorte de carrosse léger, entouré de mantelets, & dont on se sert pour se promener dans les jardins.

CALEÇON. Quelques-uns disent Calçon, d’autres Caneçon, mais ces derniers parlent mal. C’est un vêtement qui couvre les cuisses, qu’on attache à la ceinture, & qu’on met sur la chair nue, enfermant néanmoins dedans le bas de la chemise. Interiora seminalia, interius subligar, subligaculum. Il est ordinairement de toile mais on en fait aussi de chamois, de taffetas, &c. Il se faut garder des femmes qui portent le caleçon ; c’est à-dire, qui dominent leurs maris.

On dit aussi des caleçons au pluriel, quoiqu’il n’y ait qu’un simple caleçon.

Ce mot est tiré du Latin calceare.

CALEÇONIER. s. m. Ouvrier qui fait des caleçons. On le dit plus particulièrement de celui qui fait des caleçons de chamois. Les maîtres Boursiers prennent cette qualité dans leurs Statuts.

CALÉDONIEN, ENNE. s. Calédonius, a. Les Historiens Romains Dion-Cassius & Hérodien, divisent les Ecossois en deux nations principales, à la première desquelles ils donnent le nom de Méates, & à la seconde celui de Calédoniens. Quelques Modernes croient que ce sont les mêmes que les Historiens du pays nomment Pictes. Les Calédoniens habitoient la partie Septentrionale de l’Ecosse. Il y avoit une vaste forêt appellée Caledonia silva, fameuse par la grandeur des ours qu’elle nourrissoit.

Cambden dérive ce mot de Kaled, ancien nom Breton, qui signifie dur, & qui vient de & גלד, galad, qui signifie s’endurcir, en Hébreu, en Syriaque, & en Arabe. Lloyd approuve cette étymologie. Les Calédoniens étoient des gens durs, grossiers, barbares ; & leur pays, qu’on appeloit Caledonia, est tout hérissé de montagnes. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui les Provinces de Brai, d’Albain, d’Athol & de Perth. Ils s’étenditent ensuite au-delà du Tay, & donnerent aussi le nom de Calédonie à ces nouvelles terres qu’ils occupèrent.

Calédonien, enne. adj. Qui appartient aux Calédoniens, ou au pays des Calédoniens. Caledonius, a. La forêt Calédonienne. Sylva Caledonia. Elle s’étendoit dans les Provinces de Mentheit, & de Sterling, & coupoit la montagne Grampe, aujourd’hui Grandzbaine, par la moitié, tirant de l’Est à l’Orient. Larrey. L’Océan Calédonien, Oceanus Caledonius, ou Deucaledonius, c’est la partie de l’Océan septentrional, qui s’étend depuis les côtes septentrionales de l’île de la Grande Bretagne, jusqu’aux côtes méridionales de l’Islande.

CALEFACTION. s. f. Terme didactique. Chaleur causée par l’action du feu. Calefactus, iis. On l’emploie particulièrement en Philosophie, & en termes de Pharmacie, où l’on fait différence de la caléfaction d’avec la coction. Celle-là se dit des choses qu’on chauffe seulement sans les cuire.

☞ CALEMAR. Voyez Calmar.

Calemar. Poisson. Voyez Calmar.

CALEMENT. s. m. Calaminta. Cette plante est aromatique. Ses racines sont vivaces, branchues, chevelues, & n’ont presque point d’odeur ; elles donnent des tiges carrées, hautes de deux pieds, branchues, un peu velues & garnies de feuilles opposées, longues d’un pouce ou un pouce & demi sur un peu moins de largeur, légèrement velues, dentelées sur leurs bords, d’une odeur forte & aromatique, & soutenues par des queues assez courtes. De leurs aisselles sortent des pédicules branchus, terminés par des fleurs purpurines en gueules divisées en deux lèvres, dont la supérieure est arrondie & fendue en deux, & l’inférieure est partagée en trois. Chaque fleur a son calice, qui est un tuyau long d’environ quatre à cinq lignes, vert & dentelé à son extrémité. Il contient quatre semences dans son fond. Ce genre renferme plusieurs espèces ; celle-ci est nommée par Gaspar Bauhin, Calaminta vulgaris, vel Officinarum Germaniœ. On peut à son défaut employer celles des autres espèces qui ont une odeur aromatique. Le Calement entre dans la Thériaque.

CALENCAS. s. m. Toile peinte qui vient des Indes & de Perse. C’est la plus estimée de toutes les Indiennes ; aussi son nom signifie-t-il faite avec la plume, pour la distinguer de celles qui ne sont que simplement imprimées. Il s’en fait un grand négoce à Smyrne.

CALENDA. s. m. C’est le nom d’une danse qui est en usage parmi les Espagnols de l’Amérique. Les postures & les mouvemens de cette danse sont si lascifs, qu’ils choquent toutes les persones qui ont de la pudeur. Elle se fait au son du tambour. Une file d’hommes d’un côté & une file de femmes de l’autre viennent à la rencontre les uns des autres, puis reculent & se rapprochent plusieurs fois, jusqu’à ce qu’un certain son de tambour les avertisse de se joindre, ce qu’ils font en se frapant les cuisses les uns contre les autres, c’est-à-dire, les hommes contre les femmes, avec une posture indécente. Il semble que ce soit des coups de ventre qu’ils se donnent : cependant il n’y a que les cuisses qui supportent ces coups, mais les mouvemens n’en sont pas moins luxurieux. Ce qu’il y a de plus extraordinaire dans cette danse, c’est qu’elle entre jusque dans leurs dévotions. Le P. Labat qui en fait la description, dit qu’ils la dansent dans leurs églises & à leurs processions, & que les Religieuses ne manquent guère de la danser la nuit de Noël sur un théâtre élevé dans leur chœur, vis-à-vis de leur grille, qui est ouverte, afin que le peuple ait sa part de la joie qu’elles témoignent pour la naissance du Sauveur. Il est vrai qu’elles la dansent entre’elles, & sans y admettre des hommes ; mais les postures & les mouvemens sont toujours les mêmes, & ne peuvent manquer de réveiller l’idée du plaisir, & de faire impression sur les Spectateurs.

CALENDAIRE. s. m. Espèce de ver qui ronge le froment.

Calendaire. s. m. C’est le nom d’un registre que l’on conservoit dans les Eglises, où l’on inscrivoit le nom des bienfaiteurs & le jour de leur mort. On y enregistroit aussi la mort des Abbés, Prieurs & Religieux. C’est la même chose que le Nécrologe.

CALENDER. s. m. Nom d’une espèce de Derviches, ou Religieux de Perse & de Turquie. Calenderus. Les Calenders tirent leur nom de Santon Calendri leur fondateur. C’est une secte d’Epicuriens, plutôt qu’une société de Religieux. Ils ne s’adonnent qu’aux plaisirs, ne croyant pas qu’un cabaret soit un lieu moins saint qu’une mosquée. Comme ils ne sont pas moins voleurs que débauchés & charlatans, pour ne les point recevoir dans les maisons, on a bâti de petites chapelles proche des mosquées, où on les oblige de se retirer. Malgré tous leurs vices, outre le nom de Calenders, on leur donne encore celui d’Abdallas, c’est-à-dire, serviteurs de Dieu. Castel dit que ce n’est qu’en Perse qu’on leur donne ce beau nom. Voyez d’Herbelot à ce mot & Vigenère dans ses Descript. des Magistrats & Officiers Turcs, p. 23, où il les représente comme très-austères, au moins en apparence.

Ce nom כלנדר, Calender ; selon Meninski, signifie un solitaire, un Moine Mahométan, ou bien un vagabond, qui se rase la barbe & les cheveux. Castel dit qu’il signifie un homme qui renonce au mariage, à sa famille, à tout ; Meninski admet encore cette signification. Ainsi, selon Castel, il vient de קל, mis apparemment pour כל, tout, & אנדר, quatrième conjugaison arabe de נדר, dans laquelle il signifie ôter, retrancher. Calender est celui qui se retranche tout, & je ne vois pas où les Auteurs du Moréri ont pris que les Calenders ont été appelés Kalanderans, parce qu’ils mangent tout ce que leurs Auditeurs leur donnent, & prennent tout l’argent qu’on leur présente. Je ne trouve rien dans les langues orientales qui conduise à cette interprétation ou à cette étymologie.

CALENDES. s. f. C’est ainsi que les Romains nommoient le premier jour de chaque mois. Calendæ. On se sert encore aujourd’hui dans la Chancellerie Romaine de cette façon de compter, & on y date toutes les provisions des Bénéfices, des Calendes de Janvier, de Février, quand on les accorde les premiers jours de ces mois-là. C’étoit aux Calendes de Mars que les Romains avoient coutume de faire leurs contrats, parce que l’année avoit commencé par ce jour-là, lorsque les Romains ne donnoient que dix mois à leur année.

Ce mot est venu du latin calare, parce que le jour des Calendes, qui étoit le premier jour du mois, le Pontife publioit à haute voix quel jour seroient les Nones, ou le cinq ou le sept du mois ; ou plutôt, parce que dans les commencemens le petit Pontife avoit la charge d’observer quand le croissant de la lune commençoit à paroître, pour l’annoncer au peuple, ce qu’ils appeloient calar. Macrob. L. I, ch. 15 & 16. Calare venoit apparemment du grec καλέω, voco, qui vient de l’hébreu קול, voix, d’où s’est fait en arabe קל, Cala, c’est-à-dire, parler. Les Calendes étoient dédiées à Junon, selon Varron. C’étoit un jour fatal pour les débiteurs, parce que le terme des contrats expiroit ce jour-là ; c’est pourquoi Horace les appelle tristes & incommodes. On les comptoit en rétrogradant, en sorte que le 14, Décembre étoit marqué le 19 avant les Calendes de Janvier. Voyez Mois. Pour trouver le quantième que nous avons des Calendes, il faut voir quel nombre de jours il reste au mois dans lequel on est, & ajouter deux à ce nombre. Par exemple, si l’on est au 22e d’Avril, on est au 10e des Calendes de Mai, car Avril a 30 jours ; de 30, otez 22, reste 8 ; ajoutez 2, reste 10.

Quelques Grecs ignorans ne voyant pas d’où venoit ce mot imaginèrent que sous un des Antonins, ils ne disent pas lequel, il y eut une grande famine à Rome ; que trois hommes, nommés Calendus, Nonus & Idus, nourrirent la ville, l’un pendant dix-huit jours, & l’autre pendant huit, & le troisième


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