Essai sur les mœurs/Addition

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ADDITION.

Voici plusieurs lettres écrites de la main de Henri IV à Corisande d’Andouin, veuve de Philibert, comte de Grammont. Elles sont toutes sans date ; mais on verra aisément, par les notes, dans quel temps elles furent écrites. Il y en a de très-intéressantes, et le nom de Henri IV les rend précieuses[1].

PREMIÈRE LETTRE.

Il ne se sauve point de laquais, ou pour le moins fort peu quia ne soient dévalisés, ou les lettres ouvertes. Il est arrivé sept ou huit gentilshommes de ceux qui étaient à l’armée étrangère, qui assurent comme est vrai (car l’un est M. de Monlouet, frère deb Rambouillet, qui était un des députés pour traiter), qu’il n’y a pas dix gentilshommes qui aient promis de ne porter les armes. M. de Rouillon n’a point promis : bref, il ne s’est rien perdu qui ne se recouvre pour de l’argent. M. de Mayennec a fait un acte de quoi il ne sera guère loué : il a tué Sacremore (lui demandant récompense de ses services) à coups de poignard ; l’on me mande que ne le voulant contenter, il craignit qu’étant mal content, il ne découvrit ses secrets, qu’il savait tous, même l’entreprise contre la personne du roi, de quoi il était chef de l’exécution[2]. Dieu les veut vaincre par eux-mêmes, car c’était le plus utile serviteur qu’ils eussent : il fut enterré qu’il n’était pas encore mort. Sur ce mot vient d’arriver Morlans, et un laquais de mon cousin qui ont été dévalisés des lettres et des habillementsd. M. de Turenne sera ici demain : il a pris autour de Syjac dix-huit forts en trois jours ; je ferai peut-être quelque chose de meilleur bientôt, s’il plaît à Dieu. Le bruit de ma mort allant à Pau et à Meaux a couru à Parise et quelques prêcheurs en leurs sermons la mettaient pour un des bonheurs que Dieu leur avait promis. Adieu, mon âmef. Je vousg baise un million de fois les mains.

De Montauban, ce 14 janvier.


Variantes.

a Qu’ils ne soient dévalisés. — b Frère des Rambouillet. — c M. Dumeyne (du Maine). — d De lettres et d’habillements. — e Allant à Pau et Maux, courut à Paris. — f Ces mots : Adieu, mon âme, sont omis dans le « Mercure ». — g Je te baise, etc.

DEUXIÈME LETTRE. [3]

Pour achever de me peindre, il m’est arrivé una des plus extrêmes malheurs que je pouvais craindre, qui est la mort subite de M. le Prince. Je le plains comme ce qu’il me devait être, non comme ce qu’il m’était : je suis à cette heure la seule butte où visent tous les perfides de la messeb. Ils l’ont empoisonné, les traîtres ; si est-ce que Dieu demeurera le maître, et moi par sa grâce l’exécuteur ? Ce pauvre prince, non de cœur, jeudi ayant couru la bague, soupa se portant bien ; à minuit lui prit un vomissement très-violent qui lui dura jusqu’au matin ; tout le vendredi il demeura au lit, le soir il soupa, et ayant bien dormi, il se leva le samedi matin, dîna debout, et puis joua aux échecs ; il se leva de sa chaisec, se mit à se promenerd par sa chambre, devisant avec l’un et l’autre : tout d’un coup il dit : « Baillez-moi ma chaise, je sens une grande faiblesse ; » il ne fut pas assise qu’il perdit la parole, et soudain après il rendit l’âme assis. Les marques duf poison sortirent soudain ; il n’est pas croyable l’étonnement que cela a apporté en ce pays-là. Je pars dès l’aube du jour pour y aller pourvoir en diligence. Je me vois en chemin d’avoir bien de la peine ; priez Dieu hardiment pour moi : si j’en échappe, il faudra bien que ce soit lui qui m’ait gardé jusqu’au tombeau, dont je suis peut-être plus près que je ne pense. Je vous demeurerai fidèle esclave. Bonsoir, mon âme, je vous baise un million de fois les mains.


Variantes.

a L’un.b De la M...c "De sa chère... ma chère (chaire). — d Se mit à promener. — e Il ne fut assis, etc. — f Les marques de poison.


TROISIÈME LETTRE [4]

Il m’arriva hier, l’un à midi, l’autre au soir, deux courriers de Saint-Jean d’Angelya : le premier rapportait comme Belcastel, page de madame la princesse, et son valet de chambre s’en étaient fuis soudain, après avoir vu mort leur maître, avaient trouvé deux chevaux valant deux cents écus, à une hôtellerie du faubourg, que l’on y tenait, il y avait quinze jours, et avaient chacun une mallette pleine d’argent ; enquis l’hôte, dit que c’était un nommé Brillant[5] qui lui avait baillé les chevaux, et lui allait dire tous les jours qu’ils fussent bien traités ; que s’il baillait aux autres chevaux quatre mesures d’avoine, qu’il leur en baillât huit, qu’il payerait aussi le doubleb. Ce Brillant[6] est un homme que madame la Princesse a mis en la maison, et lui faisait tout gouverner. Il fut tout soudain pris, confessa avoir baillé mille écus au page, et lui avoir acheté ses chevaux par le commandement de sa maîtresse pour aller en Italie. Le second confirme, et dit de plus, que l’on avait fait écrire une lettre par ce Brillantc au valet de chambre, qu’on savait être à Poitiers, par où il lui mandait être à deux cents pas de la porte, qu’il voulait parler à lui. L’autre sortit soudain ; l’embuscade qui était là le prit, et fut mené à Saint-Jean. Il n’avait été encore ouïd ; mais bien, disait-il à ceux qui le menaient : « Ah ! que madame est méchante ! que l’on prenne le tailleur, je dirai tout, sans gêne ; » ce qui fut fait.

Voilà ce que l’on en sait jusqu’à cette heure ; souvenez-vous de ce que je vous en ai dit autrefoise : je ne me trompe guère en mes jugements ; c’est une dangereuse bête qu’une mauvaise femme. Tous ces empoisonneurs sont papistesf ; voilà les instructions de la dame. J’ai découvert un tueur pour moi[7], Dieu m’en garderag, et je vous en manderai bientôt davantage. Le gouverneur et les capitaines de Taillebourg m’ont envoyé deux soldats, eth écrit qu’ils n’ouvriraient leur place qu’à moii, de quoi je suis fort aise. Les ennemis les pressent, et ils sont si empressés à la vérification de ce fait qu’ils ne leur donnent nul empêchement ; ils ne laissent sortir homme vivant de Saint-Jean que ceux qu’ils m’envoient. M. de la Trimouille y est, lui vingtième seulement. L’on m’a écritj que si je tardais beaucoup il y pourrait avoir du mal, et grand : cela me fait hâter, de façon que je prendrai vingt maîtres, et n’y en irai jour et nuit pour être de retour à Sainte-Foi, à l’assemblée. Mon âme, je me porte assez bien du corps, mais fort affligé de l’esprit. Aimez-moi, et me le faites paraître ; ce me sera une grande consolationk ; pour moi, je ne manquerai point à la fidélité que je vous ai vouée : sur cette vérité, je vous baise un million de fois les mains.

D’Aynset, ce 13 mars.


Variantes.

a D’Angely est en note dans le « Mercure ». — b Au double. — c À ce Brillant. — d Il n’avait encore été ouï. — e D’autresfois. — f Sont P..... — g Dieu me gardera. — h Ce mot et est omis dans le « Mercure ». — i Leur place à personne qu’à moi. — j L’on m’écrit. — k Ce sera une grande consolation pour moi ; je ne, etc.


QUATRIÈME LETTRE [8].

J’arrivai hier au soir en ce lieua de Pons, où il m’arriva des nouvelles de Saint-Jean par où les soupçons croissent du côté que les avez pu juger. Je verrai tout demain ; j’appréhende fort la vue des fidèles serviteurs de la maison, car c’est à la vérité le plus extrême deuil qui se soit jamais vu. Les prêcheurs romains prêchent tout haut par lesb villes d’ici autourc qu’il n’y en a plus qu’un à avoird, canonisent ce bel acte et celui qui l’a fait, admonestent tout bon catholique de prendre exemple à une si chrétienne entreprise, et vous êtes de cette religion ! Certes, mon cœur, c’est un beau sujete pour faire paraître votre piété et votre vertu ; n’attendez pas à une autre fois à jeter le frocf aux orties ; mais je vous dis vrai. Les querelles de M. d’Espernon avec le maréchal d’Aumont et Crillon troublent fort la cour, d’où je saurai tous les jours des nouvelles, et vous les manderai. L’homme de qui vous a parlé Briquesière m’a fait de méchants tours que j’ai sus et avérés depuis deux jours. Je finis là, allant montera cheval ; je te baise, ma chère maîtresse, un million de fois les mains.

Ce 17 mars.



Variantes de l’édition de Kehl.

a J’arrivai hier au soir au lieu de Pons. — b Dans. — c À l’entour.d Qu’il n’y en a plus qu’une à voir.e C’est un beau sujet que notre misère pour. — f Jeter ce froc.


CINQUIÈME LETTRE.

Dieu sait quel regret ce m’est de partir d’ici sans vous aller baiser les mains ; certes, mon cœur, j’en suis au grabat. Vous trouverez étrange (et direz que je ne me suis point trompé) ce que Lyceran vous dira. Le diable est déchaîné, je suis à plaindre, et c’est merveille que je ne succombe sous le faix. Si je n’étais huguenot, je me ferais turc. Ah ! les violentes épreuves par où l’on sonde ma cervelle ! je ne puis faillir d’être bientôt un fol ou habile hommea ; cette année sera ma pierre de touche ; c’est un mal bien douloureux que le domestique. Toutes les géhennes queb peut recevoir un esprit sont sans cesse exercées sur le mien, je dis toutes ensemble. Plaignez-moi, mon âme, et n’y portez point votre espèce de tourment ; c’est celui que j’appréhende le plus. Je pars vendredi, et vais à Clayrac : je retiendrai votre précepte de me taire. Croyez que rien qu’un manquement d’amitié ne me peut faire changer la résolution que j’ai d’être éternellement à vous, non toujours esclave, mais oui bien forçatc. Mon tout, aimez-moi ; votre bonne grâce est l’appui de mon esprit au choc de mon afflictiond; ne me refuse ce soutien. Bonsoir, mon âme ; je te baise les pieds un million de fois.

De Nérac, lee 8 mars, à minuit.



Variantes.

a Bientôt ou fou ou habile homme. — b Toutes les peines.c Mais oui bien forcere.d Au choc des afflictions.e Ce.

SIXIÈME LETTRE.

Ne vous manderéa jamais que prises de villes et forts. En huit joursb se sont rendus à moi Saint-Mexant et Maille-Saye, et espère devant la fin du moisc que vous oyerez parler de moi[9]. Le roi triomphe ; il a fait garrotter en prison le cardinal de Guise, puis montre sur la place vingt-quatre heures le président de Neuilly, et le prévôt des marchands pendus, et le secrétaire de feu M. de Guise et trois autres. La reine sa mèred lui dit : « Mon fils, octroyez-moi une requête que je vous veux faire. — Selon ce que serae, madame. — C’est que vous me donniez M. de Nemours et le prince de Guisef ; ils sont jeunes, ils vous feront un jour service. — Je le veux bien, dit-il, madame ; je vous donne les corps et retiendrai les têtes. » Il a envoyé à Lyon pour attraper le duc de Mayenneg ; l’on ne sait ce qu’il en est réussi. L’on se bat à Orléans, et encore plus près d’ici, à Poitiers, d’où je ne serai demain qu’à sept lieues. Si le roi le voulait, je les mettrais d’accordh. Je vous plains, s’il fait tel temps où vous êtes qu’ici, car il y a dix jours qu’il ne dégèle point. Je n’attends que l’heure d’ouïr dire que l’on aura envoyé étrangler la reinei de Navarre[10] ; cela, avec la mort de sa mère, me ferait bien chanter le cantique de Siméon. C’est une trop longue lettre pour un homme de guerre. Bonsoir, mon âme, je te baise un millionj de fois ; aimez-moi comme vous en avez sujet.

C’est le premier de l’an.

Le pauvre Caramburuk est borgne, et Fleurimont s’en va mourir.

Variantes.

a Ne vous manderége.b Anuyt (la nuit). — c De ce mois. — d La reine mère.d Selon ce que ce sera. — f Genville.g Dumeyne.h Je les mettrais bien d’accord. — i La feue reine de N... — j Cent millions.k Harambure.


SEPTIÈME LETTRE [11].

Mon âme, je vous écris de Blois[12] où il y a cinq mois que l’on me condamnait hérétique, et indigne de succéder à la couronne, et j’en suis à cette heure le principal pilier. Voyez les œuvres de Dieu envers ceux qui se sont fiés en lui, car y avait-il riena qui eût tant d’apparence de force qu’un arrêt des états ? cependant j’en appelais devant celui qui peut tout (ainsi font bien d’autres), qui a revu le procès, ab cassé les arrêts des hommes, m’a remis en mon droit, et crois que ce sera aux dépens de mes ennemis ; tant mieux pour vous ! ceux qui se fient en Dieu et le servent ne sont jamais confusc ; voilà à quoi vous devriez songer. Je me porte très-bien, Dieu merci, vous jurant avec vérité que je n’aime ni honore rien au monde comme vous ; il n’y a rien qui n’y paraisse, et vous garderai fidélité jusqu’au tombeau. Je m’en vais à Boisjeancy, où je crois que vous oyerez bientôt parler de moi, je n’en doute point, d’une ou autre façon. Je fais état de faire venir ma sœur bientôtd ; résolvez-vous de venir avec elle. Le roi m’a parlé de la dame d’Auvergne ; je crois que je lui ferai faire un mauvais saut. Bonjour, mon cœur, je te baise un million de fois. Ce 18 mai, celui qui est lié avec vous d’un lien indissoluble.


Variantes de l’édition de Kehl.

a Car il y avait rien. — b Qui a revu le procès et cassé les arrêts. — a Ceux qui se fient en Dieu il les conserve et ne sont jamais confus. — d De

moi ; je n’en doute point : d’une autre façon, je fais état, etc.
HUITIÈME LETTRE.

Vous entendrez de ce porteur l’heureux succès que Dieu nous a donné au plus furieux combat[13] qui se soit fait de cette guerre : il vous dira aussi comme MM. de Longueville, de La Noue, et autres, ont triomphé près de Paris. Si le roi use de diligence, comme j’espère qu’il le feraa, nous verrons bientôt les clochers de Notre-Dame de Paris. Je vous écrivis il n’y a que deux jours par Petit-Jean. Dieu veuille que cette semaine nous fassions encore quelque chose d’aussi signalé que l’autre ! Mon cœur, aimez-moi toujours comme vôtre, car je vous aime comme mienneb : sur cette vérité, je vous baise les mains. Adieu, mon âme.

C’est de Boisjeancy, le 20 maic.


Variantes.

a Qu’il fera.b Au lieu de ces mots : comme vôtre, car je vous aime comme mienne, on lit dans le « Mercure » : comme vous nestes à moi ny moi à vous.c C’est le xxie may. De Boyjancy.


NEUVIÈME LETTRE.

Renvoyez-moi Criquesière, et il s’en retournera avec tout ce qu’il vous faut, hormis moi. Je suis très-affligéa de la perte de mon petit[14], qui mourut hier : à votre avis ce que serait d’un légitimeb ! Il commençait à parler. Je ne sais si c’est par acquit que vous m’avez écrit pour Doysit, c’est pourquoi je fais la réponse que vousc verrez sur votre lettre, par celui que je désire qui vienne : mandez-m’en votre volonté. Les ennemis sont devant Montégu, où ils seront bien mouillés : car il n’y a couvert à demi-lieue autour. L’assemblée sera achevée dans douze jours. Il m’arriva hier force nouvelles de Blois ; je vous envoie un extrait des plus véritables : tout à cette heure me vient d’arriver un homme de Montégu ; ils ont fait une très-belle sortie, et tué force ennemis ; je mande toutes mes troupes, et espère, si ladite place peut tenir quinze jours, y faire quelque bon coup. Ce que je vous ai mandé de ne vouloir mal à personne est requis pour votre contentement et le mien ; je parle à cette heure à vous-même étant mienned. Mon âme, j’ai un ennui étrange de vous voire. Il y a ici un homme qui porte des lettres à ma sœur du roi d’Écosse ; il me presse plus que jamais du mariage ; il s’offre à mef venir servir avec six mille hommes à ses dépens, et venir lui-même offrir son service ; il s’en va infailliblement être roig d’Angleterre ; préparez ma sœur de loin à lui vouloir du bien, luih remontrant l’état auquel nous sommes, la grandeuri de ce prince avec sa vertu. Je ne lui en écris point, ne lui en parlez que comme discourant, qu’il est temps de la marier, et qu’il n’y a parti que celui-là, car de nos parents, c’est pitié. Adieu, mon cœur, je te baise cent millions de fois[15].

Ce dernier décembre j.


Variantes.

a Fort affligé.b Ces mots : à votre avis ce que serait d’un légitime ! sont omis dans le « Mercure ». — c Ce mot vous est omis dans le « Mercure ». — d Je parle à cette heure à vous comme étant mienne (cette leçon paraît préférable). — e J’ai un ennui de vous voir étrange.f Il s’offre de.g Il s’en va infailliblement roi. — h Ce mot lui est omis dans le « Mercure ». — i Et la grandeur. — j Ce dernier novembre.

__________

  1. Les neuf lettres suivantes font partie d’un recueil de quarante-une lettres de Henri IV, publiées en 1788, en 1 volume in-12 de 75 pages : sept seulement se trouvent imprimées dans le Mercure de France de 1765 et 1766, parmi beaucoup d’autres lettres de Henri IV. Comme les deux textes sont assez différents, je les donne ici conformes au recueil de 1788, avec les variantes du Mercure. Pour les deux qui ne sont point dans le Mercure, je donne les variantes de l’édition de Kehl, dont le texte a été reproduit dans la plupart des nouvelles éditions de Voltaire. (Note de M. Lequien.)
  2. Rien n’est si curieux que cette anecdote. Ce Sacremore était Birague de son nom. Cette aventure prouve que le duc de Mayenne était bien plus méchant et plus cruel que tous les historiens ne le dépeignent : ce qui n’est pas extraordinaire dans un chef de parti. La lettre est de 1587. (Note de Voltaire.)
  3. Mars 1588. (Note de Voltaire.)
  4. Celle-ci est du mois de mars 1588, (Id.)
  5. Brillant, contrôleur de la maison du prince de Condé, est mal à propos nommé Brillaud par les historiens. (Note de Voltaire.)
  6. Il fut écartelé à Saint-Jean-d’Angely, sans appel, par sentence du prévôt ; et par cette même sentence la princesse de Condé fut condamnée à garder la prison jusqu’après son accouchement. Elle accoucha au mois d’auguste de Henri de Condé, premier prince du sang. Elle appela à la cour des pairs ; mais elle resta prisonnière, sous la garde de Sainte-Même, dans Angely, jusqu’en l’an 1596. Henri IV fit supprimer alors les procédures. (Id.)
  7. C’est à Nérac qu’on découvrit un assassin, Lorrain de nation, envoyé par les prêtres de la Ligue. On attenta plus de cinquante fois sur la vie de ce grand et bon prince :

    Tantum relligio potuit suadere malorum !

    Lucrèce, I, 102.

    (Note de Voltaire.)

  8. Celle-ci n’est point dans le Mercure.
  9. Cette lettre doit être écrite trois on quatre jours après l’assassinat du duc de Guise ; mais on le trompa sur l’exécution prétendue du président Neuilly et de La Chapelle-Marteau. Henri III les tint en prison ; ils méritaient d’être pendus, mais ils ne le furent pas. Il ne faut pas toujours croire ce que les rois écrivent ; ils ont souvent de mauvaises nouvelles. Cette erreur fut probablement corrigée dans les lettres qui suivirent, et que nous n’avons point. Ce Neuilly et ce Marteau étaient des ligueurs outrés, qui avaient massacré beaucoup de réformés et de catholiques attachés au roi, dans la journée de la Saint-Barthélemy. Rose, évêque de Senlis, ce ligueur furieux, séduisit la fille du président Neuilly, et lui fit un enfant. Jamais on ne vit plus de cruautés et de débauches. (Note de Voltaire.)
  10. C’est de sa femme dont il parle ; elle était liée avec les Guises, et la reine Catherine, sa mère, était alors malade à la mort. (Id.)
  11. Celle-ci n’est point dans le Mercure.
  12. C’est sûrement sur la fin d’avril 1589. Il était alors à Blois avec Henri III. (Note de Voltaire).
  13. Ce combat est celui du 18 mai 1589, où le comte de Châtillon défit les ligueurs dans une mêlée très-acharnée. (Note de Voltaire.)
  14. C’était un fils qu’il avait de Corisande. (Id.)
  15. Voilà une anecdote bien singulière, et que tous les historiens ont ignorée : cela veut dire qu’il serait un jour roi d’Angleterre, parce que la reine Élisabeth n’avait point d’enfants. C’est ce même roi que Henri IV appela toujours depuis maître Jacques. Cette lettre doit être de 1588. (Note de Voltaire.)