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Essai sur les mœurs/Chapitre 141

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CHAPITRE CXLI.

Des découvertes des Portugais.

Jusqu’ici nous n’avons guère vu que des hommes dont l’ambition se disputait ou troublait la terre connue. Une ambition qui semblait plus utile au monde, mais qui ensuite ne fut pas moins funeste, excita enfin l’industrie humaine à chercher de nouvelles terres et de nouvelles mers.

On sait que la direction de l’aimant vers le nord, si longtemps inconnue aux peuples les plus savants, fut trouvée dans le temps de l’ignorance, vers la fin du XIIIe siècle. Flavio Goia[1], citoyen d’Amalfi au royaume de Naples, inventa bientôt après la boussole ; il marqua l’aiguille aimantée d’une fleur de lis, parce que cet ornement entrait dans les armoiries des rois de Naples, qui étaient de la maison de France.

Cette invention resta longtemps sans usage ; et les vers que Fauchet rapporte pour prouver qu’on s’en servait avant l’an 1300 sont probablement du XIVe siècle.

On avait déjà retrouvé les îles Canaries sans le secours de la boussole, vers le commencement du XIVe siècle. Ces îles, qui, du temps de Ptolémée et de Pline, étaient nommées les îles Fortunées, furent fréquentées des Romains, maîtres de l’Afrique Tingitane, dont elles ne sont pas éloignées ; mais la décadence de l’empire romain ayant rompu toute communication entre les nations d’Occident, qui devinrent toutes étrangères l’une à l’autre, ces îles furent perdues pour nous. Vers l’an 1300, des Biscayens les retrouvèrent. Le prince d’Espagne, Louis de La Cerda, fils de celui qui perdit le trône, ne pouvant être roi d’Espagne, demanda, l’an 1306, au pape Clément V, le titre de roi des îles Fortunées ; et comme les papes voulaient donner alors les royaumes réels et imaginaires, Clément V le couronna roi de ces îles dans Avignon. La Cerda aima mieux rester dans la France, son asile, que d’aller dans les îles Fortunées.

Le premier usage bien avéré de la boussole fut fait par des Anglais, sous le règne du roi Édouard III.

Le peu de science qui s’était conservé chez les hommes était renfermé dans les cloîtres. Un moine d’Oxford, nommé Linna, habile astronome pour son temps, pénétra jusqu’à l’Islande, et dressa des cartes des mers septentrionales, dont on se servit depuis sous le règne de Henri VI.

Mais ce ne fut qu’au commencement du XVe siècle que se firent les jurandes et utiles découvertes. Le prince Henri de Portugal, fils du roi Jean Ier, qui les commença, rendit son nom plus glorieux que celui de tous ses contemporains. Il était philosophe, et il mit la philosophie à faire du bien au monde : Talent de bien faire était sa devise.

A cinq degrés en deçà de notre tropique est un promontoire qui s’avance dans la mer Atlantique, et qui avait été jusque-là le terme des navigations connues : on l’appelait le Cap Non [2]; ce monosyllabe marquait qu’on ne pouvait le passer.

Le prince Henri trouva des pilotes assez hardis pour doubler ce cap, et pour aller jusqu’à celui de Boyador, qui n’est qu’à deux degrés du tropique ; mais ce nouveau promontoire s’avançant l’espace de six-vingts milles dans l’Océan, bordé de tous côtés de rochers, de bancs de sable, et d’une mer orageuse, découragea les pilotes. Le prince, que rien ne décourageait, en envoya d’autres. Ceux-ci ne purent passer ; mais en s’en retournant par la grande mer (1419), ils retrouvèrent l’île de Madère, que sans doute les Carthaginois avaient connue, et que l’exagération avait fait prendre pour une île immense, laquelle, par une autre exagération, a passé dans l’esprit de quelques modernes pour l’Amérique même. On lui donna le nom de Madère, parce qu’elle était couverte de bois, et que Madera signifie bois, d’où nous est venu le mot de madrier. Le prince Henri y fit planter des vignes de Grèce, et des cannes de sucre, qu’il tira de Sicile et de Chypre, où les Arabes les avaient apportées des Indes, et ce sont ces cannes de sucre qu’on a transplantées depuis dans les îles de l’Amérique, qui en fournissent aujourd’hui l’Europe[3].

Le prince don Henri conserva Madère ; mais il fut obligé de céder aux Espagnols les Canaries, dont il s’était emparé. Les Espagnols firent valoir le droit de Louis de La Cerda, et la bulle de Clément V.

Le cap Boyador avait jeté une telle épouvante dans l’esprit de tous les pilotes que, pendant treize années, aucun n’osa tenter le passage. Enfin la fermeté du prince Henri inspira du courage. On passa le tropique (1446) ; on alla à près de quatre cents lieues par delà jusqu’au Cap-Vert. C’est par ses soins que furent trouvées les îles du Cap-Vert et les Açores (1460). S’il est vrai qu’on vit (1461) sur un rocher des Açores une statue représentant un homme à cheval, tenant la main gauche sur le cou du cheval, et montrant l’Occident de la main droite, on peut croire que ce monument était des anciens Carthaginois : l’inscription, dont on ne put connaître les caractères, semble favorable à cette opinion.

Presque toutes les côtes d’Afrique qu’on avait découvertes étaient sous la dépendance des empereurs de Maroc, qui, du détroit de Gibraltar jusqu’au fleuve du Sénégal, étendaient leur domination et leur secte à travers les déserts ; mais le pays était peu peuplé, et les habitants n’étaient guère au-dessus des brutes. Lorsqu’on eut pénétré au delà du Sénégal, on fut surpris de voir que les hommes étaient entièrement noirs au midi de ce fleuve, tandis qu’ils étaient de couleur cendrée au septentrion. La race des nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l’est des lévriers. La membrane muqueuse, ce réseau que la nature a étendu entre les muscles et la peau, est blanche chez nous, chez eux noire, bronzée ailleurs. Le célèbre Ruysch fut le premier de nos jours qui, en disséquant un nègre à Amsterdam, fut assez adroit pour enlever tout ce réseau muqueux. Le czar Pierre l’acheta, mais Ruysch en conserva une petite partie que j’ai vue[4] et qui ressemblait à de la gaze noire. Si un nègre se fait une brûlure, sa peau devient brune quand le réseau a été offensé ; sinon, la peau renaît noire. La forme de leurs yeux n’est point la nôtre. Leur laine noire ne ressemble point à nos cheveux, et on peut dire que si leur intelligence n’est pas d’une autre espèce que notre entendement, elle est fort inférieure. Ils ne sont pas capables d’une grande attention ; ils combinent peu, et ne paraissent faits ni pour les avantages ni pour les abus de notre philosophie. Ils sont originaires de cette partie de l’Afrique, comme les éléphants et les singes ; guerriers, hardis et cruels dans l’empire de Maroc, souvent même supérieurs aux troupes basanées qu’on appelle blanches ; ils se croient nés en Guinée pour être vendus aux blancs et pour les servir.

Il y a plusieurs espèces de nègres : ceux de Guinée, ceux d’Éthiopie, ceux de Madagascar, ceux des Indes, ne sont pas les mêmes. Les noirs de Guinée, de Congo, ont de la laine ; les autres, de longs crins. Les peuplades noires qui avaient le moins de commerce avec les autres nations ne connaissaient aucun culte. Le premier degré de stupidité est de ne penser qu’au présent et aux besoins du corps. Tel était l’état de plusieurs nations, et surtout des insulaires. Le second degré est de prévoir à demi, de ne former aucune société stable, de regarder les astres avec admiration, et de célébrer quelques fêtes, quelques réjouissances au retour de certaines saisons, à l’apparition de certaines étoiles, sans aller plus loin, et sans avoir aucune notion distincte. C’est entre ces deux degrés d’imbécillité et de raison commencée que plus d’une nation a vécu pendant des siècles.

Les découvertes des Portugais étaient jusqu’alors plus curieuses qu’utiles. Il fallait peupler les îles, et le commerce des côtes occidentales d’Afrique ne produisait pas de grands avantages. On trouva enfin de l’or sur les côtes de Guinée, mais en petite quantité, sous le roi Jean II. C’est de là qu’on donna depuis le nom de guinées aux monnaies que les Anglais firent frapper avec l’or qu’ils trouvèrent dans le même pays.

Les Portugais, qui seuls avaient la gloire de reculer pour nous les bornes de la terre, passèrent l’équateur, et découvrirent le royaume de Congo : alors on aperçut un nouveau ciel et de nouvelles étoiles.

Les Européans virent, pour la première fois, le pôle austral et les quatre étoiles qui en sont les plus voisines. C’était une singularité bien surprenante que le fameux Dante eût parlé plus de cent ans auparavant de ces quatre étoiles. « Je me tournai à main droite, dit-il dans le premier chant de son Purgatoire, et je considérai l’autre pôle : j’y vis quatre étoiles qui n’avaient jamais été connues que dans le premier âge du monde. » Cette prédiction semblait bien plus positive que celle de Sénèque le Tragique, qui dit, dans sa Médée[5] « qu’un jour l’Océan ne séparera plus les nations, qu’un nouveau Typhis découvrira un nouveau monde, et que Thulé ne sera plus la borne de la terre ».

Cette idée vague de Sénèque n’est qu’une espérance probable, fondée sur les progrès qu’on pouvait faire dans la navigation ; et la prophétie du Dante n’a réellement aucun rapport aux découvertes des Portugais et des Espagnols. Plus cette prophétie est claire, et moins elle est vraie. Ce n’est que par un hasard assez bizarre que le pôle austral et ces quatre étoiles se trouvent annoncés dans le Dante. Il ne parlait que dans un sens figuré : son poëme n’est qu’une allégorie perpétuelle. Ce pôle chez lui est le paradis terrestre ; ces quatre étoiles, qui n’étaient connues que des premiers hommes, sont les quatre vertus cardinales, qui ont disparu avec les temps d’innocence. Si on approfondissait ainsi la plupart des prédictions, dont tant de livres sont pleins, on trouverait qu’on n’a jamais rien prédit, et que la connaissance de l’avenir n’appartient qu’à Dieu. Mais si on avait eu besoin de cette prédiction du Dante pour établir quelque droit ou quelque opinion, comme on aurait fait valoir cette prophétie ! comme elle eût paru claire ! avec quel zèle on aurait opprimé ceux qui l’auraient expliquée raisonnablement !

On ne savait auparavant si l’aiguille aimantée serait dirigée vers le pôle antarctique en approchant de ce pôle. La direction fut constante vers le nord (1486). On poussa jusqu’à la pointe de l’Afrique, où le cap des Tempêtes causa plus d’effroi que celui de Boyador ; mais il donna l’espérance de trouver au delà de ce cap un chemin pour embrasser par la navigation le tour de l’Afrique, et de trafiquer aux Indes : dès lors il fut nommé le cap de Bonne Espérance, nom qui ne fut point trompeur. Bientôt le roi Emmanuel, héritier des nobles desseins de ses pères, envoya, malgré les remontrances de tout le Portugal, une petite flotte de quatre vaisseaux, sous la conduite de Vasco de Gama, dont le nom est devenu immortel par cette expédition.

Les Portugais ne firent alors aucun établissement à ce fameux cap, que les Hollandais ont rendu depuis une des plus délicieuses habitations de la terre, et où ils cultivent avec succès les productions des quatre parties du monde. Les naturels de ce pays ne ressemblent ni aux blancs, ni aux nègres ; tous de couleur d’olive foncée, tous ayant des crins. Les organes de la voix sont différents des nôtres ; ils forment un bégayement et un gloussement qu’il est impossible aux autres hommes d’imiter. Ces peuples n’étaient point anthropophages ; au contraire, leurs mœurs étaient douces et innocentes. Il est indubitable qu’ils n’avaient point poussé l’usage de la raison jusqu’à reconnaître un Être suprême. Ils étaient dans ce degré de stupidité qui admet une société informe, fondée sur les besoins communs. Le maître ès arts Pierre Kolb, qui a si longtemps voyagé parmi eux, est sûr que ces peuples descendent de Céthura, l’une des femmes d’Abraham, et qu’ils adorent un petit cerf-volant. On est fort peu instruit de leur théologie ; et quant à leur arbre généalogique, je ne sais si Pierre Kolb a eu de bons mémoires[6].

Si la circoncision a dû étonner les premiers philosophes qui voyagèrent en Égypte et à Colchos, l’opération des Hottentots dut étonner bien davantage : on coupe un testicule à tous les mâles, de temps immémorial, sans que ces peuples sachent pourquoi et comment cette coutume s’est introduite parmi eux. Quelques-uns d’eux ont dit aux Hollandais que ce retranchement les rendait plus légers à la course ; d’autres, que les herbes aromatiques dont on remplace le testicule coupé les rendent plus vigoureux. Il est certain qu’ils n’en peuvent rendre qu’une mauvaise raison ; et c’est l’origine de bien des usages dans le reste de la terre.

(1497) Gama ayant doublé la pointe de l’Afrique, et remontant par ces mers inconnues vers l’équateur, n’avait pas encore repassé le capricorne, qu’il trouva, vers Sofala, des peuples policés qui parlaient arabe. De la hauteur des Canaries jusqu’à Sofala, les hommes, les animaux, les plantes, tout avait paru d’une espèce nouvelle. La surprise fut extrême de retrouver des hommes qui ressemblaient à ceux du continent connu. Le mahométisme commençait à pénétrer parmi eux ; les musulmans, en allant à l’orient de l’Afrique, et les chrétiens, en remontant par l’occident, se rencontraient à une extrémité de la terre.

(1498) Ayant enfin trouvé des pilotes mahométans à quatorze degrés de latitude méridionale, il aborda dans les grandes Indes au royaume de Calicut, après avoir reconnu plus de quinze cents lieues de côtes.

Ce voyage de Gama fut ce qui changea le commerce de l’ancien monde. Alexandre, que des déclamateurs[7] n’ont regardé que comme un destructeur, et qui cependant fonda plus de villes qu’il n’en détruisit, homme sans doute digne du nom de grand malgré ses vices, avait destiné sa ville d’Alexandrie à être le centre du commerce et le lien des nations : elle l’avait été en effet, et sous les Ptolémées, et sous les Romains, et sous les Arabes. Elle était l’entrepôt de l’Égypte, de l’Europe, et des Indes. Venise, au XVe siècle, tirait presque seule d’Alexandrie les denrées de l’Orient et du Midi, et s’enrichissait, aux dépens du reste de l’Europe, par cette industrie et par l’ignorance des autres chrétiens. Sans le voyage de Vasco de Gama, cette république devenait bientôt la puissance prépondérante de l’Europe ; mais le passage du cap de Bonne-Espérance détourna la source de ses richesses.

Les princes avaient jusque-là fait la guerre pour ravir des terres ; on la fit alors pour établir des comptoirs. Dès l’an 1500, on ne put avoir du poivre à Calicut qu’en répandant du sang.

Alfonse d’Albuquerque et d’autres fameux capitaines portugais, en petit nombre, combattirent successivement les rois de Calicut, d’Ormus, de Siam, et défirent la flotte du Soudan d’Égypte, Les Vénitiens, aussi intéressés que l’Égypte à traverser les progrès du Portugal, avaient proposé à ce Soudan de couper l’isthme de Suez à leurs dépens, et de creuser un canal qui eût joint le Nil à la mer Rouge. Ils eussent, par cette entreprise, conservé l’empire du commerce des Indes ; mais les difficultés firent évanouir ce grand projet, tandis que d’Albuquerque prenait la ville de Goa (1510) au deçà du Gange, Malaca (1511) dans la Chersonèse d’or, Aden (1513) à l’entrée de la mer Rouge, sur les côtes de l’Arabie Heureuse, et qu’enfin il s’emparait d’Ormus dans le golfe de Perse.

(1514) Bientôt les Portugais s’établirent sur toutes les côtes de l’île de Ceylan, qui produit la cannelle la plus précieuse et les plus beaux rubis de l’Orient. Ils eurent des comptoirs au Bengale ; ils trafiquèrent jusqu’à Siam, et fondèrent la ville de Macao sur la frontière de la Chine. L’Éthiopie orientale, les côtes de la mer Rouge, furent fréquentées par leurs vaisseaux. Les îles Moluques, seul endroit de la terre où la nature a placé le girofle, furent découvertes et conquises par eux. Les négociations et les combats contribuèrent à ces nouveaux établissements : il y fallut faire ce commerce nouveau à main armée.

Les Portugais, en moins de cinquante ans, ayant découvert cinq mille lieues de côtes, furent les maîtres du commerce par l’océan Éthiopique et par la mer Atlantique. Ils eurent, vers l’an 1540, des établissements considérables depuis les Moluques jusqu’au golfe Persique, dans une étendue de soixante degrés de longitude. Tout ce que la nature produit d’utile, de rare, d’agréable, fut porté par eux en Europe, à bien moins de frais que Venise ne pouvait le donner. La route du Tage au Gange devenait fréquentée. Siam et le Portugal étaient alliés.

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  1. Le vrai nom est Gioia. (B.)
  2. Voltaire écrit comme on prononce, et comme il le fallait pour l’explication qui termine sa phrase, explication qui peut se contester comme tant d’autres ; mais on écrit Cap Nun. ( B.)
  3. On sait que toutes ces découvertes des Portugais sont fort contestées aujourd’hui. Les Dieppois avaient, paraît-il, des comptoirs dès la fin du XIVe siècle, depuis le cap Vert jusqu’à la Mine. Sur un portulan de 1375, qui existe à la Bibliothèque de Paris, Madère et les Canaries sont tracées, ce qui oblige à les retrancher du nombre des découvertes portugaises, puisque Joao Gonçalès ne fut poussé par la tempête à Porto-Santo qu’en 1418. (G. A.)
  4. Voyez Introduction, paragraphe 11, tome XI, page 5.
  5. Acte II, scène iii : le texte est rapporté par Voltaire au mot Cyrus, dans le Dictionnaire philosophique.
  6. Pierre Kolben fut envoyé au Cap pour y faire des observations par le baron Van Krosich, conseiller privé de Frédéric de Prusse. Les directeurs de la Compagnie des Indes, auprès desquels il avait des recommandations, le nommèrent secrétaire des colonies de Stellenboch et de Drakenstein. Après huit ans de séjour dans le pays, il revint en Europe, et, en 1719, il publia à Nuremberg, en langue allemande, in-folio, le premier volume de l’État présent du Cap de Bonne-Espérance, avec carte et planches. Le second parut plus tard. (E. B.)
  7. Cette expression désigne peut-être Boileau : voyez dans le Dictionnaire philosophique l’article Alexandre.