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Essai sur les mœurs/Chapitre 58

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CHAPITRE LVIII.

De saint Louis, son gouvernement, sa croisade, nombre de ses vaisseaux, ses dépenses, sa vertu, son imprudence, ses malheurs.


Louis IX paraissait un prince destiné à réformer l’Europe, si elle avait pu l’être ; à rendre la France triomphante et policée, et à être en tout le modèle des hommes. Sa piété, qui était celle d’un anachorète, ne lui ôta aucune vertu de roi. Une sage économie ne déroba rien à sa libéralité. Il sut accorder une politique profonde avec une justice exacte, et peut-être est-il le seul souverain qui mérite cette louange : prudent et ferme dans le conseil, intrépide dans les combats sans être emporté, compatissant comme s’il n’avait jamais été que malheureux. Il n’est pas donné à l’homme de porter plus loin la vertu.

Il avait, conjointement avec la régente sa mère, qui savait régner, réprimé l’abus de la juridiction trop étendue des ecclésiastiques. Ils voulaient que les officiers de justice saisissent les biens de quiconque était excommunié, sans examiner si l’excommunication était juste ou injuste. Le roi, distinguant très-sagement les lois civiles auxquelles tout doit être soumis, et les lois de l’Église dont l’empire doit ne s’étendre que sur les consciences, ne laissa pas plier les lois du royaume sous cet abus des excommunications. Ayant, dès le commencement de son administration, contenu les prétentions des évêques et des laïques dans leurs bornes, il avait réprimé les factions de la Bretagne ; il avait gardé une neutralité prudente entre les emportements de Grégoire IX et les vengeances de l’empereur Frédéric II.

Son domaine, déjà fort grand, s’était accru de plusieurs terres qu’il avait achetées. Les rois de France avaient alors pour revenus leurs biens propres, et non ceux des peuples. Leur grandeur dépendait d’une économie bien entendue, comme celle d’un seigneur particulier.

Cette administration l’avait mis en état de lever de fortes armées contre le roi d’Angleterre Henri III, et contre des vassaux de France unis avec l’Angleterre. Henri III, moins riche, moins obéi de ses Anglais, n’eut ni d’aussi bonnes troupes, ni d’aussitôt prêtes. Louis le battit deux fois, et surtout à la journée de Taillebourg en Poitou. Le roi anglais s’enfuit devant lui. Cette guerre fut suivie d’une paix utile (1241). Les vassaux de France, rentrés dans leur devoir, n’en sortirent plus. Le roi n’oublia pas même d’obliger l’Anglais à payer cinq mille livres sterling pour les frais de la campagne.

Quand on songe qu’il n’avait pas vingt-quatre ans lorsqu’il se conduisit ainsi, et que son caractère était fort au-dessus de sa fortune, on voit ce qu’il eût fait s’il fût demeuré dans sa patrie ; et on gémit que la France ait été si malheureuse par ses vertus mêmes, qui devaient faire le bonheur du monde.

L’an 1244, Louis, attaqué d’une maladie violente, crut, dit-on, dans une léthargie, entendre une voix qui lui ordonnait de prendre la croix contre les infidèles. A peine put-il parler qu’il fit vœu de se croiser. La reine sa mère, la reine sa femme, son conseil, tout ce qui l’approchait, sentit le danger de ce vœu funeste. L’évêque de Paris même lui en représenta les dangereuses conséquences ; mais Louis regardait ce vœu comme un lien sacré qu’il n’était pas permis aux hommes de dénouer. Il prépara pendant quatre années cette expédition. (1248) Enfin, laissant à sa mère le gouvernement du royaume, il part avec sa femme et ses trois frères, que suivent aussi leurs épouses ; presque toute la chevalerie de France l’accompagne. Il y eut dans l’armée près de trois mille chevaliers bannerets. Une partie de la flotte immense qui portait tant de princes et de soldats part de Marseille ; l’autre, d’Aigues-Mortes, qui n’est plus un port aujourd’hui.

La plupart des gros vaisseaux ronds qui transportèrent les troupes furent construits dans les ports de France. Ils étaient au nombre de dix-huit cents. Un roi de France ne pourrait aujourd’hui faire un pareil armement, parce que les bois sont incomparablement plus rares, tous les frais plus grands à proportion, et que l’artillerie nécessaire rend la dépense plus forte, et l’armement beaucoup plus difficile.

On voit, par les comptes de saint Louis, combien ces croisades appauvrissaient la France. Il donnait au seigneur de Valéry huit mille livres pour trente chevaliers, ce qui revenait à près de cent quarante-six mille livres numéraires de nos jours[1]. Le connétable avait pour quinze chevaliers trois mille livres. L’archevêque de Reims et l’évêque de Langres recevaient chacun quatre mille livres pour quinze chevaliers que chacun d’eux conduisait. Cent soixante et deux chevaliers mangeaient aux tables du roi. Ces dépenses et les préparatifs étaient immenses.

Si la fureur des croisades et la religion des serments avaient permis à la vertu de Louis d’écouter la raison, non-seulement il eût vu le mal qu’il faisait à son pays, mais l’injustice extrême de cet armement qui lui paraissait si juste.

Le projet n’eût-il été que d’aller mettre les Français en possession du misérable terrain de Jérusalem, ils n’y avaient aucun droit. Mais on marchait contre le vieux et sage Mélecsala, soudan d’Égypte, qui certainement n’avait rien à démêler avec le roi de France. Mélecsala était musulman ; c’était là le seul prétexte de lui faire la guerre. Mais il n’y avait pas plus de raison à ravager l’Égypte parce qu’elle suivait les dogmes de Mahomet, qu’il n’y en aurait aujourd’hui à porter la guerre à la Chine parce que la Chine est attachée à la morale de Confucius.

Louis mouilla dans l’île de Chypre : le roi de cette île se joint à lui ; on aborde en Égypte. Le soudan d’Égypte ne possédait point Jérusalem. La Palestine alors était ravagée par les Corasmins : le sultan de Syrie leur abandonnait ce malheureux pays ; et le calife de Bagdad, toujours reconnu et toujours sans pouvoir, ne se mêlait plus de ces guerres. Il restait encore aux chrétiens Ptolémaïs, Tyr, Antioche, Tripoli. Leurs divisions les exposaient continuellement à être écrasés par les soldats turcs et par les Corasmins.

Dans ces circonstances il est difficile de voir pourquoi le roi de France choisissait l’Égypte pour le théâtre de sa guerre. Le vieux Mélecsala, malade, demanda la paix ; on la refusa, Louis, renforcé par de nouveaux secours arrivés de France, était suivi de soixante mille combattants, obéi, aimé, ayant en tête des ennemis déjà vaincus, un soudan qui touchait à sa fin. Qui n’eût cru que l’Égypte et bientôt la Syrie seraient domptées ? Cependant la moitié de cette armée florissante périt de maladie ; l’autre moitié est vaincue près de la Massoure. Saint Louis voit tuer son frère Robert d’Artois (1250) ; il est pris avec ses deux autres frères, le comte d’Anjou et le comte de Poitiers. Ce n’était plus alors Mélecsala qui régnait en Égypte, c’était son fils Almoadan. Ce nouveau soudan avait certainement de la grandeur d’âme ; car le roi Louis lui ayant offert pour sa rançon et pour celle des prisonniers un million de besants d’or, Almoadan lui en remit la cinquième partie.

Ce soudan fut massacré par les mameluks, dont son père avait établi la milice. Le gouvernement, partagé alors, semblait devoir être funeste aux chrétiens. Cependant le conseil égyptien continua de traiter avec le roi. Le sire de Joinville rapporte que les émirs même proposèrent, dans une de leurs assemblées, de choisir Louis pour leur Soudan.

Joinville était prisonnier avec le roi. Ce que raconte un homme de son caractère a du poids sans doute ; mais qu’on fasse réflexion combien dans un camp, dans une maison, on est mal informé des faits particuliers qui se passent dans un camp voisin, dans une maison prochaine ; combien il est hors de vraisemblance que des musulmans songent à se donner pour roi un chrétien ennemi, qui ne connaît ni leur langue ni leurs mœurs, qui déteste leur religion, et qui ne peut être regardé par eux que comme un chef de brigands étrangers, on verra que Joinville n’a rapporté qu’un discours populaire. Dire fidèlement ce qu’on a entendu dire, c’est souvent rapporter de bonne foi des choses au moins suspectes. Mais nous n’avons point la véritable histoire de Joinville ; ce n’est qu’une traduction infidèle, qu’on fit, du temps de François Ier, d’un écrit qu’on n’entendrait aujourd’hui que très-difficilement[2].

Je ne saurais guère encore concilier ce que les historiens disent de la manière dont les musulmans traitèrent les prisonniers. Ils racontent qu’on les faisait sortir un à un d’une enceinte où ils étaient renfermés, qu’on leur demandait s’ils voulaient renier Jésus-Christ, et qu’on coupait la tête à ceux qui persistaient dans le christianisme.

D’un autre côté ils attestent qu’un vieil émir fit demander, par interprète, aux captifs s’ils croyaient en Jésus-Christ ; et les captifs ayant dit qu’ils croyaient en lui : « Consolez-vous, dit l’émir ; puisqu’il est mort pour vous, et qu’il a su ressusciter, il saura bien vous sauver. »

Ces deux récits semblent un peu contradictoires ; et ce qui est plus contradictoire encore, c’est que ces émirs fissent tuer des captifs dont ils espéraient une rançon.

Au reste, ces émirs s’en tinrent aux huit cent mille besants auxquels leur soudan avait bien voulu se restreindre ; pour la rançon des captifs ; et lorsqu’en vertu du traité les troupes françaises qui étaient dans Damiette rendirent cette ville, on ne voit point que les vainqueurs fissent le moindre outrage aux femmes. On laissa partir la reine et ses belles-sœurs avec respect. Ce n’est pas que tous les soldats musulmans fussent modérés ; le vulgaire en tout pays est féroce : il y eut sans doute beaucoup de violences commises, des captifs maltraités et tués ; mais enfin j’avoue que je suis étonné que le soldat mahométan n’ait pas exterminé un plus grand nombre de ces étrangers qui, des ports de l’Europe, étaient venus sans aucune raison ravager les terres de l’Égypte.

Saint Louis, délivré de captivité, se retire en Palestine, et y demeure près de quatre ans avec les débris de ses vaisseaux et de son armée. Il va visiter Nazareth au lieu de retourner en France, et enfin ne revient dans sa patrie qu’après la mort de la reine Blanche, sa mère ; mais il y rentre pour former une croisade nouvelle.

Son séjour à Paris lui procurait continuellement des avantages et de la gloire. Il reçut un honneur qu’on ne peut rendre qu’à un roi vertueux. Le roi d’Angleterre, Henri III, et ses barons, le choisirent pour arbitre de leurs querelles. Il prononça l’arrêt en souverain ; et si cet arrêt, qui favorisait Henri III, ne put apaiser les troubles de l’Angleterre, il fit voir au moins à l’Europe quel respect les hommes ont malgré eux pour la vertu. Son frère, le comte d’Anjou, dut à la réputation de Louis, et au bon ordre de son royaume, l’honneur d’être choisi par le pape pour roi de Sicile, honneur qu’il ne méritait pas par lui-même.

Louis cependant augmentait ses domaines de l’acquisition de Namur, de Péronne, d’Avranches, de Mortagne, du Perche ; il pouvait ôter aux rois d’Angleterre tout ce qu’ils possédaient en France. Les querelles de Henri III et de ses barons lui facilitaient les moyens ; mais il préféra la justice à l’usurpation. Il les laissa jouir de la Guienne, du Périgord, du Limousin ; mais il les fit renoncer pour jamais à la Touraine, au Poitou, à la Normandie, réunis à la couronne par Philippe-Auguste : ainsi la paix fut affermie avec sa réputation.

Il établit le premier la justice de ressort ; et les sujets opprimés par les sentences arbitraires des juges des baronnies commencèrent à pouvoir porter leurs plaintes à quatre grands bailliages royaux créés pour les écouter. Sous lui, des lettrés commencèrent à être admis aux séances de ces parlements dans lesquels des chevaliers, qui rarement savaient lire, décidaient de la fortune des citoyens. Il joignit à la piété d’un religieux la fermeté éclairée d’un roi, en réprimant les entreprises de la cour de Rome par cette fameuse pragmatique qui conserve les anciens droits de l’Église, nommés libertés de l’Église gallicane, s’il est vrai que cette pragmatique soit de lui.

Enfin treize ans de sa présence réparaient en France tout ce que son absence avait ruiné ; mais sa passion pour les croisades l’entraînait. Les papes l’encourageaient. Clément IV lui accordait une décime sur le clergé pour trois ans. Il part enfin une seconde fois, et à peu près avec les mêmes forces. Son frère, Charles d’Anjou, que le pape avait fait roi de Sicile, doit le suivre. Mais ce n’est plus ni du côté de la Palestine ni du côté de l’Égypte, qu’il tourne sa dévotion et ses armes. Il fait cingler sa flotte vers Tunis.

Les chrétiens de Syrie n’étaient plus la race de ces premiers Francs établis dans Antioche et dans Tyr ; c’était une génération mêlée de Syriens, d’Arméniens et d’Européans. On les appelait Poulains, et ces restes sans vigueur étaient pour la plupart soumis aux Égyptiens. Les chrétiens n’avaient plus de villes fortes que Tyr et Ptolémaïs.

Les religieux templiers et hospitaliers, qu’on peut en quelque sens comparer à la milice des mameluks, se faisaient entre eux, dans ces villes mêmes, une guerre si cruelle que, dans un combat de ces moines militaires, il ne resta aucun templier en vie.

Quel rapport y avait-il entre cette situation de quelques métis sur les côtes de Syrie et le voyage de saint Louis à Tunis ? Son frère, Charles d’Anjou, roi de Naples et de Sicile, ambitieux, cruel, intéressé, faisait servir la simplicité héroïque de Louis à ses desseins. Il prétendait que le roi de Tunis lui devait quelques années de tribut ; il voulait se rendre maître de ces pays, et saint Louis espérait, disent tous les historiens (je ne sais sur quel fondement) convertir le roi de Tunis. Étrange manière de gagner ce mahométan au christianisme ! On fait une descente à main armée dans ses États, vers les ruines de Carthage.

Mais bientôt le roi est assiégé lui-même dans son camp par les Maures réunis ; les mêmes maladies que l’intempérance de ses sujets transplantés et le changement de climat avaient attirées dans son camp en Égypte désolèrent son camp de Carthage. Un de ses fils, né à Damiette pendant la captivité, mourut de cette espèce de contagion devant Tunis. Enfin le roi en fut attaqué ; il se fit étendre sur la cendre (1270), et expira à l’âge de cinquante-cinq ans, avec la piété d’un religieux et le courage d’un grand homme. Ce n’est pas un des moindres exemples des jeux de la fortune que les ruines de Carthage aient vu mourir un roi chrétien, qui venait combattre des musulmans dans un pays où Didon avait apporté les dieux des Syriens. A peine est-il mort que son frère le roi de Sicile arrive. On fait la paix avec les Maures, et les débris des chrétiens sont ramenés en Europe.

On ne peut guère compter moins de cent mille personnes sacrifiées dans les deux expéditions de saint Louis. Joignez les cent cinquante mille qui suivirent Frédéric Barberousse, les trois cent mille de la croisade de Philippe-Auguste et de Richard, deux cent mille au moins au temps de Jean de Brienne ; comptez les cent soixante mille croisés qui avaient déjà passé en Asie, et n’oubliez pas ce qui périt dans l’expédition de Constantinople, et dans les guerres qui suivirent cette révolution, sans parler de la croisade du Nord et de celle contre les Albigeois, on trouvera que l’Orient fut le tombeau de plus de deux millions d’Européans.

Plusieurs pays en furent dépeuplés et appauvris. Le sire de Joinville dit expressément qu’il ne voulut pas accompagner Louis à sa seconde croisade parce qu’il ne le pouvait, et que la première avait ruiné toute sa seigneurie.

La rançon de saint Louis avait coûté huit cent mille besants ; c’était environ neuf millions de la monnaie qui court actuellement (en 1778). Si des deux millions d’hommes qui moururent dans le Levant, chacun emporta seulement cent francs, c’est-à-dire un peu plus de cent sous du temps, c’est encore deux cent millions de livres qu’il en coûta. Les Génois, les Pisans, et surtout les Vénitiens, s’y enrichirent ; mais la France, l’Angleterre, l’Allemagne, furent épuisées.

On dit que les rois de France gagnèrent à ces croisades, parce que saint Louis augmenta ses domaines en achetant quelques terres des seigneurs ruinés. Mais il ne les accrut que pendant ses treize années de séjour, par son économie.

Le seul bien que ces entreprises procurèrent, ce fut la liberté que plusieurs bourgades achetèrent de leurs seigneurs. Le gouvernement municipal s’accrut un peu des ruines des possesseurs des fiefs. Peu à peu ces communautés, pouvant travailler et commercer pour leur propre avantage, exercèrent les arts et le commerce, que l’esclavage éteignait.

Cependant ce peu de chrétiens métis, cantonnés sur les côtes de Syrie, fut bientôt exterminé ou réduit en servitude. Ptolémaïs, leur principal asile, et qui n’était en effet qu’une retraite de bandits, fameux par leurs crimes, ne put résister aux forces du soudan d’Égypte Mélecséraph. Il la prit en 1291 : Tyr et Sidon se rendirent à lui. Enfin, vers la fin du XIIIe siècle, il n’y avait plus dans l’Asie aucune trace apparente de ces émigrations des chrétiens.

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  1. Ou 169,000 livres, si l’on entend la livre numéraire d’or ; elle était alors à la livre numéraire d’argent à peu près dans le rapport de 21 à 18. Cette différence entre l’évaluation des livres numéraires en or ou en argent vient de ce que le rapport entre les valeurs des deux métaux n’était pas le même qu’aujourd’hui ; celle de l’or était plus faible. Par la même raison, il faut augmenter (voyez la note vers la fin du chapitre li) d’environ un septième les 540,000 livres léguées par Louis VIII à sa femme, s’il a entendu des livres numéraires d’or. (K.)
  2. Deux éditions, consciencieusement et savamment annotées, furent publiées, en 1617, par Claude Mesnard, lieutenant en la prévôté d’Angers, et en 1668 par du Cange ; mais ils n’avaient point sous les yeux de manuscrit original. On n’en découvrit un qu’en 1700, et les bibliothécaires Mellot, Sallon et Capperonnier en donnèrent, en 1761, une édition qui a servi de point de départ aux éditions ultérieures, dont la plus complète est celle que F. Michel a publiée en 1858, avec des dissertations de M. Ambroise-Firmin Didot. On y trouve la prétendue proposition des émirs, mais rapportée comme un bruit, ainsi que Voltaire l’a judicieusement pensé : « Et, dit-on au roy que les amiraus avoient eu grant conseil de le faire soudanc de Babiloine. Et il me demanda si je cuidois que il eust pris le royaume de Babiloine, se ils li eussent présenté ; et je li dis que il eust moult fait que fol, à ce que ils avoient leur seigneur occis, et il me dit que vraiement il ne l’eust mie refusé. » (E. B.) — Il y a eu depuis une édition de M. N. de Wailly dont l’autorité est plus considérable.