Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Chien endormi et le Loup

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Chien endormi et le Loup.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 80-81).
184
LE CHIEN ENDORMI ET LE LOUP

Un chien dormait devant une ferme. Un loup fondit sur lui, et il allait faire de lui son repas, quand le chien le pria de ne pas l’immoler tout de suite : « À présent, dit-il, je suis mince et maigre ; mais attends quelque temps : mes maîtres vont célébrer des noces ; moi aussi j’y prendrai de bonnes lippées, j’engraisserai et je serai pour toi un manger plus agréable. » Le loup le crut et s’en alla. À quelque temps de là il revint, et trouva le chien endormi dans une pièce haute de la maison ; il s’arrêta en bas et l’appela, lui rappelant leurs conventions. Alors le chien : « Ô loup, dit-il, si à partir d’aujourd’hui tu me vois dormir devant la ferme, n’attends plus de noces. »  Cette fable montre que les hommes sensés, quand ils se sont tirés d’un danger, s’en gardent toute leur vie.