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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XXIII

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XXIII
Agrippa à un ami.

Genève, 3 octobre 1522.

Salut, homme d’un rang élevé. J’ai écrit naguère à Votre Hauteur une courte lettre, qu’a dû vous remettre le vénérable abbé de Bonmont. J’ai voulu encore une fois, dans cette courte missive, vous rappeler mon souvenir. Il me plairait que vous vous acquittiez à mon égard de ce que, suivant les renseignements que j’ai reçus, l’Illustre Prince[1] vous a chargé de faire. Veuillez me pardonner si je vous parle avec cette franchise. J’aime mieux être accusé d’arrogance, si toutefois il y en a dans mon fait, que d’entasser une foule de mots peu sincères, de chercher par des flatteries mensongères à vous circonvenir, pour tirer de vous quelque chose dans l’avenir, et de paraître ainsi pouvoir être accusé et convaincu de basse adulation. Aussi bien, je m’efforcerai plutôt de reconnaître tant en action qu’en paroles la reconnaissance que je vous dois et vous devrai par la suite. En somme, je vous supplie de faire tout de suite ce que vous devez faire pour moi. J’ai encore plus besoin de célérité dans l’affaire que de la chose elle-même. Adieu, très cher.

  1. Le duc de Savoie.