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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XXXIV

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XXXIV
Agrippa à Eustache Chapuys.

Lyon, 21 mai 1525.

J’ai beaucoup de choses à vous écrire sur les événements courants, comme l’exigeraient ma fidélité et ma religion à votre égard comme à l’égard du roi. Mais cela ne m’est pas permis, depuis que j’ai été admis aux secrets conseils de ma princesse[1], et, lors même que je le pourrais, ce ne serait pas utile. Car je sais que vous êtes en proie au schisme et aux divisions intestines, que beaucoup s’introduisent et vivent dans votre maison avec le seul but d’être à l’affût des nouveaux événements, et que, changeant de peau, ils se retirent ensuite et vont faire leurs dénonciations. Aussi vous me pardonnerez si vous ne recevez de moi que de rares et courtes lettres. Vous penserez que nous ne pouvons écrire en toute liberté, nous qui ne devons pas paraître ce que nous sommes, c’est-à-dire des amis pour toujours. Pour moi, je suis tel à votre égard que vous pouvez vous le promettre de moi, c’est-à-dire tout ce qu’on peut attendre de l’ami le plus fidèle. Portez-vous bien votre commère, mon épouse, vous souhaite une heureuse santé.

Maison de la Roche[2], à Lyon, 21 mai 1525.

  1. Louise de Savoie.
  2. Cette maison pourrait être le château Gaillard, placé non loin de la fortification nommée de la Roche, qui existait autrefois à Lyon, vers le point où actuellement se trouve la place du port Neuville. Dans les Epist., V, 12 septembre 1527. Agrippa dit : « Hospitatas in domo episcopali apud conventum fratrum Augustinianorum... »